Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

janv. 08, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 8 janvier 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • L’euro marque une pause et corrige de nouveau ce lundi après la publication d’une contraction surprise des commandes industrielles en Allemagne au mois de novembre (-0,4% M/% vs consensus 0,5%).
  • La paire EUR/USD retombe sous le niveau de $1,20 après avoir échoué la semaine dernière à franchir le cap de $1,21.
  • L’EUR/CAD poursuit sa chute après un recul de près de 1% vendredi. Après avoir brisé le support de C$1,50 ; la paire oscille ce matin sous le niveau de C$1,49.
  • Correction modeste de la paire EUR/CHF alors que les chiffres d’inflation publiés ce matin en Suisse restent bien en deçà des standards recherchés par les responsables monétaires helvètes (0,8% A/A vs objectif BNS de 2,0%). La paire revient vers doucement vers le niveau de1,17.
  • Paire EUR/GBP stable au-dessus du support de £0,8850. Les investisseurs restent prudents en attendant les futures annonces de remaniement du cabinet ministériel de Theresa May.
  • Le dollar australien est le seul à ne pas profiter de la faiblesse de l’euro. Le gouvernement australien table sur un recul des prix du minerai de fer de l’ordre de 20% cette année.

Résumé de la séance précédente (vendredi 5 janvier 2018) : Recul de l’inflation en Zone Euro et correction de l’EUR/USD…Intérêt mesuré des investisseurs à l’égard du dollar après des chiffres de l’emploi mitigés…Le chômage au Canada chute à son plus bas niveau depuis 1976 !

Après avoir approché de ses plus hauts niveaux en 3 ans lors de la séance de jeudi (pic recensé à $1,2089 vs $1,2092 le 8 septembre dernier), les chiffres décevants d’inflation publiés vendredi en Zone Euro – recul de l’indice général de 1,5% à 1,4% et indice de base stable à 1,1% - sont venus calmer les ardeurs des investisseurs et leur rappeler le long chemin qu’il reste à parcourir avant que les responsables monétaires mettent fin définitivement à leur soutien monétaire et envisagent une première hausse de taux. À cette occasion, l’euro a cédé du terrain face à l’ensemble de ses pairs du G10, dont le dollar américain (-0,32%), la livre sterling (-0,45%), le yen japonais (-0,04%) ou encore le franc suisse (-0,19%). La paire EUR/USD a donc corrigé vendredi d’un peu plus de 0,3% mais se maintient toujours au-dessus du seuil psychologique des $1,20 (clôture à $1,2028), pour la simple et bonne raison que les investisseurs restent globalement sceptiques à l’égard du dollar américain. La réforme fiscale maintenant passée et la Fed ne semblant pas disposée à accélérer son processus de resserrement monétaire en 2018, les leviers haussiers sur le dollar se font rares en ce début d’année. Et ce ne sont pas les propos de l’économiste en chef de la Maison Blanche, Kevin Hassett, estimant que l’économie américaine n’a pas besoin que la banque centrale bouscule son agenda (trois hausses de taux prévues en 2018), ou encore les derniers chiffres de l’emploi publiés vendredi en-dessous des attentes des économistes (148k vs consensus 190k) qui devraient assurer un regain de flamme des investisseurs pour le billet vert. Si on peut tout de même se réjouir de voir des pressions haussières significatives sur les salaires (+0,3% M/M en décembre), la révision à la baisse des estimations de novembre vient à nouveau mettre la lumière sur le phénomène d’absence « mystérieuse » (cf. Janet Yellen) de signes d’accélération de l’inflation aux Etats Unis malgré un taux de chômage qui reste en décembre à son plus bas niveau depuis 17 ans (4,1%). Les marchés restent donc prudents et devraient attendre les nouvelles statistiques d’inflation publiées le vendredi 12 prochain avant de reconsidérer leurs positions à l’égard du dollar. Le grand gagnant de la séance de vendredi a été le dollar canadien, qui s’est respectivement apprécié de près de 1,0% face à l’euro et de plus de 0,6% face au dollar américain après un rapport sur l’emploi bien au-delà des attentes des économistes (78,6k embauches en décembre vs consensus +1,0k) et une chute surprise du taux de chômage de 5,9% à 5,7%, soit le plus bas niveau observé dans le pays depuis 1976. Si une nouvelle hausse de taux semble pour l’heure encore trop prématurée alors que se profile la semaine prochaine la première réunion monétaire en  2018 de la Banque du Canada (mercredi 17 janvier), néanmoins le sujet pourrait y être débattu par les responsables monétaires. Sous l’impulsion de nouvelles spéculations monétaires, le cours EUR/CAD a réussi à briser le support de C$ 1,50 au-dessus duquel il fluctuait depuis la mi-novembre (clôture vendredi à C$ 1,4923 – plus bas niveau depuis le 14 nov. 2017).

Vos rendez-vous clés de la semaine (8-14 janvier 2018)  : Dernière chance pour Angela Merkel pour former une nouvelle coalition…Première rencontre officielle en 2 ans entre la Corée du Nord et la Corée du Sud…Minutes de la BCE et inflation aux Etats Unis à suivre en fin de semaine 

Allemagne (fil rouge en Europe) : Ce dimanche en Allemagne ont officiellement débuté les négociations entre les responsables de la CDU (Union Chrétienne Démocrate), de la CSU (Union Chrétienne Sociale) – partenaire bavarois historique de la CDU - et du SPD (Parti Social-Démocrate) pour tenter de former une nouvelle « Grande coalition ». Les membres du SPD avait initialement refusé de s’allier avec Angela Merkel après plus de quatre ans de coalition, mais face à l’échec des premières négociations de la chancelière allemande avec les libéraux et les écologistes (coalition « jamaïcaine ») cette option est de nouveau remise sur la table. La situation devient urgente pour la chancelière allemande, car en cas de nouvel échec, celle-ci n’aurait d’autres choix que de former un gouvernement minoritaire ; une option à laquelle elle a toujours dit se refuser ; ou organiser un nouveau scrutin. Ce dernier scénario, aussi bien CDU que SPD souhaite l’éviter. Car les deux grands partis traditionnels allemands ont tous deux obtenu un score historiquement bas lors des dernières élections et souffert de la hausse de popularité du parti d’extrême-droite AfD (Alternative pour l’Allemagne), lequel avec près des 13% des voix est devenue en septembre la 3ième force politique du pays. Ces deux partis pourraient à nouveau perdre des voix au détriment de cette formation en cas de nouvelle élection, d’où l’hypothèse très plausible d’une entente finale. Néanmoins, rien n’est gagner puisque de nombreux sujets de divergences prédominent, notamment en matière d’immigration et au niveau social. Si Angela Merkel a d’ores et déjà prévenu que « la formation d’un gouvernement stable »ne devrait pas voir le jour avant mars, il faudra surveiller avec attention la date du 21 janvier prochain, jour durant lequel le SPD tiendra un congrès extraordinaire durant lequel les militants seront sondés au sujet de ce projet de coalition.

Rencontre officielle entre la Corée du Sud & Corée du Nord (mardi) : Pour la première fois depuis 2015, responsables politiques sud-coréen et nord-coréen seront réunis à la même table et tenteront de trouver un terrain d’entente pour mettre fin aux tensions militaires qui secouent le continent asiatique depuis plusieurs mois.  La rencontre se tiendra dans une petit village de Corée du Nord situé à quelques mètres de la frontière intercoréenne. Si l’objet principal des discussions de mardi demeure la participation d’athlètes nord-coréen aux prochains jeux olympiques d’hiver qui se tiendront les 9 et 25 février prochain dans la ville sud-coréenne de PyeongChang, on espère que les débats dériveront sur la question de l’arrêt du programme nucléaire mené par Pyongyang et l’amélioration de la relation entre les deux pays. Cibles principales des menaces nord-coréennes ces derniers mois, responsables politiques américains et japonais seront très attentifs aux échanges tenus lors de cette réunion.

Minutes de la BCE (jeudi à 13h30) : Ce jeudi, la banque centrale européenne publiera le compte rendu de la dernière réunion monétaire de 2017 qui s’est tenue les 6 et 7 décembre derniers. Ce sera l’occasion d’observer les différents rapports de force au sein du comité directoire de la banque, et notamment les débats en marge des nouvelles projections économiques publiées lors de cette réunion. L’équipe d’économistes de la BCE a fortement révisé à la hausse ses projections de croissance sur la période 2017-19 (projections de 2,4% en 2017 et 2,3% en 2018, soit +0,2% et +0,5% par rapport aux estimations publiées en septembre) mais reste globalement pessimiste quant à la capacité de l’inflation à revenir rapidement, de manière stable et durable, au niveau de 2% en Zone Euro. Selon les dernières projections publiées par la banque en décembre, la croissance des prix devrait rester en-deçà de ce niveau au moins jusqu’à 2020 (projection de 1,7% en 2020). On a vu l’euro, en ce début d’année 2018, très largement bénéficié des spéculations des investisseurs de fin à venir du programme de rachats d’actifs de la BCE, cependant la banque pourrait jeter un voile d’incertitude à l’égard de ce scénario optimiste et rappeler les nombreux obstacles qui restent à surmonter dans la région.

Inflation aux Etats Unis (vendredi à 14h30) : L’année 2017 a été en partie marquée par le décalage entre les attentes des marchés et observateurs en matière d’inflation et la réalité. Alors que l’inflation aurait « du » naturellement accélérer sous la pression d’une supposée hausse des salaires provoquée par une réduction importante du marché de l’emploi (taux de chômage à un plus bas depuis 17 ans), cette accélération des prix n’a finalement pas eu lieu, et laissé les responsables monétaires américains très perplexes. Du côté de la réserve fédérale américaine on reste plus ou moins convaincue que cette accélération a été « mystérieusement » retardée mais devrait montrer le bout de son nez en 2018. Si l’espoir demeure, il reste néanmoins pour le moins essentiel que ces attentes se matérialisent dans les statistiques officielles sinon il pourrait être difficile pour la Fed de justifier son agenda monétaire (3 hausses de taux en 2018 et 2 hausses de taux en 2019). L’absence à nouveau de signes d’accélération des prix en décembre, comme le marché l’anticipe actuellement (consensus : recul de l’indice général de 2,2% à 2,1% et indice de base qui se maintient à un niveau stable de 1,7%), pourrait conforter le scepticisme actuel des marchés à l’égard des ambitions monétaires de la Fed et venir accentuer le mouvement baissier actuellement visible sur le dollar américain.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

La correction amorcée vendredi sur la paire de change se prolonge ce lundi et l’EUR/USD retombe ce matin sous le niveau de $1,20 (-0,3%). L’euro subit de plein fouet un léger réajustement de l’optimisme des investisseurs après des chiffres d’inflation décevants en Zone Euro et engrange de nouvelles pertes ce matin en réaction à la publication ce matin d’une contraction non-attendue des commandes industrielles en Allemagne au mois de novembre. L’euro pourrait néanmoins limiter ses pertes si les statistiques de ventes au détail et de sentiment économique publiées en fin de matinée en Zone Euro confirment la bonne dynamique économique de la région.  Ce mouvement baissier semble néanmoins « naturel » tant la hausse du cours de change ces dernières séances paraissait un brin démesuré, et fortement lié à un très large sentiment de défiance à l’égard des Etats Unis et du dollar. Si on peut légitimement douter du réel apport de la réforme fiscale sur l’économie américaine et de l’agenda de la Fed, pour le moment les chiffres économiques ne laisse percevoir aucun réel fléchissement de l’économie américaine. Le contexte politique en Europe reste toujours incertain, aussi cet affaiblissement du cours apparaît comme plutôt « naturel ».   Peu de chiffres majeurs à suivre aux Etats Unis en ce début de semaine, aussi l’attention devrait principalement se porter sur l’évolution des débats au Congrès sur les nouvelles mesures à adopter pour éviter une fermeture des agences fédérales d’ici le 19 janvier prochain, ainsi que sur les échos des responsables monétaires américains qui se succèderont cette semaine. Ce lundi, trois présidents d’antenne régionale de la Fed ; dont deux disposant d’un droit de vote en 2018 (Botic de la Fed d’Atlanta et Williams de la Fed de San Francisco) ; participeront à des évènements durant lesquels ils pourraient exprimer leurs sentiments à l’égard de la politique monétaire.

EUR/GBP

La paire EUR/GBP continue de naviguer en eau trouble, entre les niveaux de £0,88 et £0,89, en l’absence de nouvelles évolutions concernant le Brexit. Les fondamentaux économiques restent mitigés, les enquêtes PMI du mois de décembre mettant la semaine dernière en lumière un ralentissement de l’activité dans les secteurs manufacturier et de la construction, et à l’inverse une accélération dans le secteur des services. Il apparaît désormais clair que la première ministre va insuffler un nouveau souffle à son mandat et procéder dans les prochains jours à un renouvellement important de son gouvernement, les investisseurs restent cependant en position d’attente et se refusent pour le moment de prendre de nouvelles positions sur la livre sterling. L’absence de volatilité tient surtout du fait que selon les différentes rumeurs publiées dans les médias, aucun des éléments clés du gouvernement actuel – P. Hammond aux finances, B. Johnson aux affaires étrangères ou encore D. Davis en charge des négociations du Brexit -  ne semblent actuellement en danger. Alors que la semaine s’annonce plutôt calme en termes de publications économiques - la séance de mercredi avec la publication des statistiques commerciales et de production industrielle pourrait être la plus mouvementée – les éventuelles annonces faites par Theresa May cette semaine, et leur accueil par les différents observateurs, pourraient venir agiter la paire EUR/GBP cette semaine.  Le support de £0,8850 reste un niveau important qui refreine depuis plus de 2 semaines les pressions baissières sur la paire de change. Si ce niveau devait être franchi, dès lors le cours pourrait prendre la direction de son prochain niveau clé de £0,8760.

EUR/CHF

La paire EUR/GBP continue de naviguer en eau trouble, entre les niveaux de £0,88 et £0,89, en l’absence de nouvelles évolutions concernant le Brexit. Les fondamentaux économiques restent mitigés, les enquêtes PMI du mois de décembre mettant la semaine dernière en lumière un ralentissement de l’activité dans les secteurs manufacturier et de la construction, et à l’inverse une accélération dans le secteur des services. Il apparaît désormais clair que la première ministre va insuffler un nouveau souffle à son mandat et procéder dans les prochains jours à un renouvellement important de son gouvernement, les investisseurs restent cependant en position d’attente et se refusent pour le moment de prendre de nouvelles positions sur la livre sterling. L’absence de volatilité tient surtout du fait que selon les différentes rumeurs publiées dans les médias, aucun des éléments clés du gouvernement actuel – P. Hammond aux finances, B. Johnson aux affaires étrangères ou encore D. Davis en charge des négociations du Brexit -  ne semblent actuellement en danger. Alors que la semaine s’annonce plutôt calme en termes de publications économiques - la séance de mercredi avec la publication des statistiques commerciales et de production industrielle pourrait être la plus mouvementée – les éventuelles annonces faites par Theresa May cette semaine, et leur accueil par les différents observateurs, pourraient venir agiter la paire EUR/GBP cette semaine.  Le support de £0,8850 reste un niveau important qui refreine depuis plus de 2 semaines les pressions baissières sur la paire de change. Si ce niveau devait être franchi, dès lors le cours pourrait prendre la direction de son prochain niveau clé de £0,8760.

EUR/CAD

La paire EUR/GBP continue de naviguer en eau trouble, entre les niveaux de £0,88 et £0,89, en l’absence de nouvelles évolutions concernant le Brexit. Les fondamentaux économiques restent mitigés, les enquêtes PMI du mois de décembre mettant la semaine dernière en lumière un ralentissement de l’activité dans les secteurs manufacturier et de la construction, et à l’inverse une accélération dans le secteur des services. Il apparaît désormais clair que la première ministre va insuffler un nouveau souffle à son mandat et procéder dans les prochains jours à un renouvellement important de son gouvernement, les investisseurs restent cependant en position d’attente et se refusent pour le moment de prendre de nouvelles positions sur la livre sterling. L’absence de volatilité tient surtout du fait que selon les différentes rumeurs publiées dans les médias, aucun des éléments clés du gouvernement actuel – P. Hammond aux finances, B. Johnson aux affaires étrangères ou encore D. Davis en charge des négociations du Brexit -  ne semblent actuellement en danger. Alors que la semaine s’annonce plutôt calme en termes de publications économiques - la séance de mercredi avec la publication des statistiques commerciales et de production industrielle pourrait être la plus mouvementée – les éventuelles annonces faites par Theresa May cette semaine, et leur accueil par les différents observateurs, pourraient venir agiter la paire EUR/GBP cette semaine.  Le support de £0,8850 reste un niveau important qui refreine depuis plus de 2 semaines les pressions baissières sur la paire de change. Si ce niveau devait être franchi, dès lors le cours pourrait prendre la direction de son prochain niveau clé de £0,8760.


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