Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

janv. 04, 2018 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 janvier 2018 - L’humeur des marchés (fin de séance asiatique/début de séance européenne) :

  • Réouverture des marchés japonais en 2018. L’EUR/JPY consolide sa position au-dessus du niveau de ¥135 sur fond de reprise de contact entre Séoul et Pyongyang.
  • L’EUR/USD reprend sa marche en avant alors que les investisseurs ne semblent pas avoir été convaincus par les Minutes de la Fed et la volonté des responsables monétaires américains à poursuivre en 2018 une politique de hausse graduelle des taux d’intérêt. L’inflation reste toujours une inconnue majeure.
  • Forte accélération de l’activité du secteur tertiaire chinois en décembre d’après l’enquête PMI menée par l’institut Caixin. Pas de réel impact sur le yuan (léger rebond de l’EUR/CNH de 0,2% au-dessus de ¥7,8150) ou les devises liées à la croissance chinoise comme le dollar australien (EUR/AUD stable à A$1,53).
  • Les prix du pétrole continuent de monter après un rebond de près de 2% la veille.

Résumé de la séance précédente (mercredi 3 janvier 2018) : Le dollar amorce un timide rebond…Les acheteurs d’euro rassurés par les chiffres de l’emploi allemand mais un « risque italien » fait surface…Le pétrole consolide ses gains et soutient les devises pétrolières

Grâce à l’appui de solides fondamentaux (rebond  notamment plus important que prévu de l’indice ISM d’activité dans le secteur manufacturier au mois de décembre) et aux échos positifs en provenance de la Fed ; dont un grand nombre de membres affichent une velléité de poursuivre en 2018 une politique de rehaussement graduel des taux d’intérêt d’après le compte rendu publié mercredi soir des débats tenus lors de la réunion de décembre (Minutes de la Fed) ; le dollar a stoppé l’hémorragie après 4 séances de recul face à un panier de devises et s’est renforcé mercredi de 0,3%. Le rebond de la devise américaine reste néanmoins timides puisque l’absence mystérieuse de pressions inflationnistes ressort à nouveau comme une préoccupation majeure aux yeux les banquiers centraux américains, et apparaît donc pour les investisseurs un risque important en ce qui concerne la réalisation de l’agenda monétaire tablant sur 3 hausses de taux en 2018. Par ailleurs, les prises d’achat en dollar restent freinés par la perspective d’un possible « shutdown » (ou fermeture des agences fédérales américaines) le 19 janvier prochain alors que républicains et démocrates s’opposent actuellement au Congrès au sujet l’adoption de mesures budgétaires pour 2018. Donald Trump va à nouveau tenter de libérer du budget pour la construction de son mur entre la frontière américaine et mexicaine et d’augmenter le budget de la Défense.

Alors que l’euro semblait marquer le pas après un important rallye de fin d’année, les investisseurs ont trouvé de nouvelles raisons de rester optimistes à l’égard de la devise européenne à travers la lecture des chiffres de l’emploi allemand et de la chute surprise du chômage à un plus bas historique de 5,5% dans le pays lors des mois de novembre (chiffre révisé à la baisse) et décembre. La réduction du marché de l’emploi au sein de la première économie de la région, malgré la légère baisse de confiance des entreprises (cf. récente enquêtes) et les difficultés rencontrées par Angela Merkel pour former une nouvelle coalition gouvernementale, apparaît comme un signe fort de la dynamique de redressement en Zone Euro et soutient la solide valorisation actuelle de l’euro. Néanmoins, au milieu de ce ciel ensoleillé apparaît quelques nuages, notamment venu d’Italie. Alors que la formation populiste, le Mouvement 5 Etoiles, apparaissait aux yeux des investisseurs comme le seul épouvantail du scrutin italien à venir en mars (élections législatives le 4 mars), une nouvelle menace a fait surface mercredi. Le parti politique italien la Ligue du Nord, par le biais de son responsable aux questions économiques, a rappelé que le projet du parti restait de « se séparer de l’euro le plus rapidement possible ». L’alliance de centre-droit que compte former le parti de l’ancien premier ministre Silvio Berlusconi, Forza Italia, avec la Ligue du Nord et la formation conservatrice Frères d’Italie pourrait arriver en tête du scrutin de mars, mais sans obtenir une majorité absolue au parlement (crédité d’environ 35% des voix), si l’on en croit les derniers sondages publiés fin décembre. Alors que l’on pensait les craintes de fracture de la Zone Euro évanouis depuis les élections françaises du printemps dernier, celles-ci pourraient accompagner la campagne électorale italienne et venir peser sur l’euro au premier trimestre 2018.

Le pétrole a consolidé ses gains – rebond d’environ 2% pour le brut léger américain qui s’approche des $62,0 tandis que le Brent frappe lui désormais à la porte des $68,0 – sur fond de tensions sociales en Iran. Aux yeux des marchés, ces troubles politiques pourraient venir perturber la production de pétrole du 5ième plus gros producteur mondial. Les devises pétrolières ont été à la fête et se sont significativement renforcées face à l’euro ce mercredi. En premier lieu, les devises qui s’étaient fortement dépréciés face à l’euro lors de la fin d’année 2017 comme le peso mexicain (+1,2% vs EUR mercredi), le rouble russe (+1,0%) ou encore la couronne norvégienne (+0,7%). Le dollar canadien (+0,2%) s’est montré peu sensible aux pressions haussières sur les prix de l’énergie, celles-ci ne constituant pas, dans le contexte actuel de renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), un levier assez important pour lui permettre de casser le seuil support de C$1,50 que l’on observe depuis la mi-novembre.

Vos rendez-vous clés de la séance du 4 janvier 2018 : #1 Indices PMI des services en Europe, au Royaume-Uni et aux Etats Unis, # 2 Rapport ADP aux Etats Unis (14h15)

#1 – PMI dans le secteur tertiaire  : La séance de jeudi sera principalement marquée par la publication des enquêtes d’activité du secteur privé au mois de décembre dans un grand nombre de régions telles que la Zone Euro, le Royaume-Uni ou encore les Etats Unis. En première estimation, l’enquête menée par l’institut Markit faisait état d’un pic de 80 mois de l’activité du secteur privé en Zone Euro au mois de décembre et à l’inverse un ralentissement de l’activité à son plus faible rythme en 15 mois aux Etats Unis sur la même période. Au Royaume-Uni, les économistes sondés en amont de cette enquête tablent sur une dynamique similaire à celle entrevue en novembre dernier (consensus : 53,8).

#2 – Chiffres ADP (USD): Le rapport ADP de création d’emplois dans le secteur privé américain, publié cette après-midi à 14h15 (heure de Paris), donnera le ton avant la publication vendredi des statistiques officielles du ministère de l’emploi. Les économistes anticipent une solide dynamique en décembre avec un volume similaire à celui déjà entrevu en novembre de 190k créations. Si la corrélation avec les chiffres officiels de l’emploi n’est pas toujours parfaite, un bon ou un mauvais rapport ADP pourrait venir alimenter cette après-midi des spéculations sur le dollar.

 Remarque : La volatilité sur les marchés des changes pourraient néanmoins rester limitée ce jeudi, et sujet à des mouvements principalement techniques. En effet, un certain attentisme pourrait s’emparer des marchés en attendant les rendez-vous majeurs de vendredi (inflation en Zone Euro et rapport sur l’emploi aux Etats Unis).

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

EUR/USD

Malgré une légère correction mercredi (-0,4%), l’euro reste toujours « chassé » par les investisseurs qui voient dans les bons fondamentaux de la Zone Euro un signe avant-coureur d’une possible fin du programme quantitatif de la BCE cette année (échéance en septembre). La solide valorisation du cours de change reste néanmoins soutenue par la faiblesse passagère du dollar américain liée principalement au scepticisme des marchés à l’égard de la politique de la Fed (scénario de 3 hausses de taux actuellement jugé ambitieux) et le risque de « shutdown » du gouvernement américain en janvier qui maintient pour le moment le flou sur l’agenda de la Maison Blanche en 2018. Si l’euro reste sous la menace de risques politiques, notamment en amont du scrutin italien (lire le résumé de la séance de mercredi), ceux-ci ne semblent pas actuellement réellement pris en compte par les investisseurs…cela pourrait n’être qu’une question de temps avant qu’une correction s’opère. La volatilité sur la paire de change pourrait demeurer très modeste ce jeudi en l’absence de véritables éléments catalyseurs. Les marchés préfèreront probablement attendre la séance de vendredi (inflation en Zone Euro & emploi aux Etats Unis) pour prendre de nouvelles positions.

EUR/GBP

Faute d’un manque de leviers évidents – les deux enquêtes PMI publiées cette semaine (secteurs manufacturier et de la construction) se sont avérées plus décevantes que prévu et n’ont pas rassuré les investisseurs sur l’état de l’économie britannique dont la croissance reste handicapée par le maintien d’importantes incertitudes concernant les conditions de sortie du pays hors de l’UE en mars 2019 – le cours EUR/GBP a buté sur le support de £0,8850 avant de rebondir et prendre la direction de £0,89. Autre possible raison de l’échec de tentative de rebond de la livre sterling, l’intervention du secrétaire au commerce international, Liam Fox, qui depuis la Chine où il était en voyage official a nuancé les propos relayés par le journal Financial Times selon lesquels le Royaume-Uni aurait pour dessein de rejoindre le partenariat de libre-échange transpacifique. Selon lui, une telle annonce apparait prématurée néanmoins il ne ferme pas la porte à cette éventualité. Le cours de change est depuis deux semaines dans un certain état de « léthargie » faute de statistiques économiques majeures et de nouvelles annonces liées au Brexit. L’enquête PMI des services, indicateur très suivi par les marchés compte tenu de l’importance de ce secteur dans l’économie britannique, pourrait offrir ce jeudi l’occasion à la paire de change de sortir de cette bande étroite de £0,8850-0,8900.

EUR/JPY

La réouverture des marchés japonais ce jeudi vient légèrement accentuer la volatilité de la paire de change. La dynamique reste globalement haussière compte tenu de l’élargissement des écarts de rendements obligataires entre les taux européens et japonais, fruit de bons fondamentaux en Zone Euro et de spéculations de fin du programme quantitatif de la BCE en 2018, et de la baisse des tensions géopolitiques en Asie depuis la reprise de la communication entre Séoul et Pyongyang. Après avoir été coincé pendant quelques mois dans une bande de fluctuation de ¥131-¥134, l’année 2018 pourrait marquer l’entrée de la paire dans une nouvelle fourchette de prix de ¥135-¥140. Cette tendance nécessite néanmoins confirmation.

EUR/CHF

Alors que l’on imaginait que la paire EUR/CHF était en bonne voie pour corriger et revenir sous le niveau de ₣1,17 sous l’impulsion de bons fondamentaux en Suisse (secteur manufacturier suisse à un pic d’activité de plus de 7 ans en décembre), les bons fondamentaux économiques en Zone Euro ; et plus particulièrement la chute du chômage en Allemagne à un plus bas historique ; ont fait échoué cette tentative et renvoyé la paire EUR/CHF à la hausse. Après avoir échoué à casser le seuil de ₣1,17 dans la matinée de mercredi, la paire est repartie en direction de ces récents pics de la fin d’année dernière (₣1,1776 le 27 déc. dernier). Le contexte actuel, et le désintérêt actuel des marchés à l’égard des risques politiques en Europe, semblent offrir l’opportunité à la paire d’approcher ces sommets. Le manque de données économiques majeures lors de cette séance semble limiter néanmoins le potentiel haussier sur la paire et l’occasion de toucher le seuil de ₣1,18 pour la première fois depuis janvier 2015.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.