Actualités du marché des devises

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déc. 19, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Le cours EUR/USD oscille autour de sa moyenne mobile 100j de $1,18 (0,2%) alors que les investisseurs affichent un regard plus nuancé à l’égard de la réforme fiscale (voir Focus #1 de la veille) dont le vote au Congrès est programmé ce mardi.
  • L’EUR/GBP fait son retour ce matin au-dessus de £0,88 (+0,2%) en amont de la réunion de Theresa May et de son gouvernement pour dessiner les contours de la future relation commerciale recherchée avec l’UE (voir Focus #1 du jour).
  • Le gouvernement suisse prédit une accélération de la croissance économique dans le pays sous l’impulsion d’un franc déprécié (exportations plus compétitives). Le franc recule légèrement face à l’euro ce matin (-0,1%) après 6 séances de hausses en 7 jours. Le franc reste la cible d’un nouvel intérêt d’investisseurs européens qui craignent de nouveaux troubles politiques en Europe (voir Focus #2 de la veille).
  • L’EUR/ZAR panse ses plaies (+0,5%) et retourne au-dessus de ZAR 15,10 après un recul de plus de 5% sur les deux dernières séances (voir Focus #3 de la veille).
  • La RBA se veut confiante en une accélération de l’économie australienne en 2018 d’après le compte rendu de la réunion de décembre publié ce matin (voir Focus #3 du jour). L’EUR/AUD reste insensible à ce rapport et se maintient au niveau de A$1,54 (+0,0%)

 Les trois faits marquants de la séance de lundi 18 décembre 2017: #1 Enthousiasme nuancé à l’égard de la réforme fiscale américaine , #2 Un retour des incertitudes politique en Europe qui profite au franc suisse, et #3 Les investisseurs exultent face à la victoire de C. Ramaphosa en Afrique du Sud

#1 – Etats Unis (USD) :  L’euphorie a laissé place aux premiers questionnements. C’est à travers cette grille de lecture que l’on observe les récents mouvements du dollar et donc son repli lors de cette première séance de la semaine. Alors qu’il ne semble plus faire aucun doute que le projet de réforme fiscal devrait être (enfin) approuvé par les deux chambres du Congrès et officiellement adopté d’ici la fin de la semaine, les investisseurs américains ont affiché lundi un regard plutôt nuancé à l’égard des supposés bénéfices économiques offerts par cet assouplissement de la fiscalité. Durant le weekend, de nombreuses personnalités du secteur financier ont fait part de leurs doutes à l’égard de ce projet de loi qui intervient dans un contexte économique favorable et dont la structure semble davantage privilégier les grandes entreprises et les ménages aisés que les PME et les familles aux revenus modestes. Parmi elles, l’homme d’affaire Mickael Bloomberg a d’ailleurs qualifié cette réforme de « couac à $1,0Trn » prétextant que les entreprises américaines n’avaient pas besoin de ce coup de pouce fiscal pour investir étant donné qu’elles disposent déjà d’une trésorerie conséquente. Plutôt que d’être reversés dans l’économie réelle, les gains acquis grâce à cette réduction de la fiscalité pourraient être utilisés par les entreprises dans le cadre de politiques de dividendes, de rachats de leur titres ou encore de réduction de leur dette. Une telle stratégie favoriserait exclusivement les détenteurs de titres américains et non les ménages dans le besoin, ce qui sous-entend un possible élargissement des disparités dans le pays soulignent certains observateurs aux critiques acerbes à l’égard de cette réforme.  Le cours EUR/USD a effacé les pertes accumulées lors de la séance de vendredi et s’est apprécié lundi de près de 0,3% à $1,1781, enregistrant au passage une pointe à $1,1834 en séance européenne. Les pressions haussières restent néanmoins contenues, la faute probablement à la présence d’un niveau technique important à $1,18, la moyenne mobile 100j du cours de change, dont la cassure apparaît difficile.  

#2 – Suisse (CHF) :   Si l’on est bien loin des périodes de tumultes dont a récemment souffert l’Europe, la stabilité de la région reste très fragile alors que l’on voit poindre une série d’évènements susceptibles de ranimer de vieux fantômes. En Autriche, le nouveau gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, fruit d’une coalition avec le parti d’extrême-droite FPÖ à l’orientation politique eurosceptique, a officiellement pris ses fonctions ce lundi. En Italie, le leader du parti contestataire Mouvement 5 Etoiles, actuellement en tête des sondages en marge des élections législatives du 1er semestre 2018, a de nouveau fait planer ce dimanche la menace d’une organisation d’un référendum sur une sortie de l’euro si son parti était amené à diriger le pays en cas de désaccord avec Bruxelles sur la renégociation de certains traités européens. En Espagne, les élections régionales anticipées de jeudi en Catalogne restent très indécises et pourraient réveiller des désirs d’autonomie en cas de victoire finale des indépendantistes. En Allemagne, si Angela Merkel se veut confiante à l’égard des négociations actuellement menées pour former à nouveau une « Grande coalition » avec le SPD, cela fait malgré tout trois mois que le pays ne parvient pas à former son gouvernement. La menace de nouveaux troubles politiques en Europe pousse les investisseurs à rester prudents et à anticiper ces risques potentiels. Cela se traduit pas une hausse de la demande en franc suisse, devise traditionnellement favorisée lors de périodes d’aversion au risque. Le franc vient d’enregistrer 6 séances de gains face à l’euro sur les 7 dernières séances, soit une appréciation de 0,8% sur cette période. Le cours EUR/CHF oscille actuellement dans la partie basse de la fourchette de prix de ₣1,1550-1,1750 dans laquelle elle évolue depuis désormais deux mois, la paire approchant lundi tout proche du niveau de ₣1,16 (point bas enregistré à ₣1,1609 lundi) .  

#3 – Afrique du Sud (ZAR) :   Au coude à coude durant toute la campagne électorale, les deux candidats à la présidence de l’ANC ; et indirectement à la succession de Jacob Zuma à la tête du pays en 2019 ; se sont livré une bataille terrible dans les urnes. C’est finalement le candidat de l’aile modérée du parti, l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa, qui est ressorti gagnant de ce scrutin, avec moins de 200 voix d’écart sur sa rivale Nkosazana Dlamini Zuma (2440 voix contre 2261). Proche du milieu des affaires, Ramaphosa porte sur ses épaules l’espoir d’une nouvelle politique centrée sur le redressement économique du pays et de lutte contre la corruption. Fort d’un profil de réformateur, son élection vient rassurer les investisseurs qui voient en lui (et espèrent) une possible rupture avec la politique menée par Jacob Zuma depuis son accession à la présidence du pays en 2009. Le rand sud-africain s’est, pour la seconde séance consécutive, renforcé de manière significative face à l’euro (+2,6%), et atteint lundi en amont des résultats officiels un pic de 5 mois à ZAR 14,81. Au total, la devise sud-africaine s’est appréciée de 5,4% sur les deux dernières séances ou encore de plus de 11% depuis son dernier point bas atteint à la mi-novembre. Les résultats tombés, la devise sud-africaine pourrait corriger quelque peu et se stabiliser dans un nouveau couloir de ZAR 15,0-16,0.

Les trois évènements clés à suivre de la séance de mardi 19 décembre 2017 – #1 Theresa May et son gouvernement doivent définir leur future relation avec l’UE, #2 Vote de la réforme fiscale au Congrès américain & #3 La banque centrale australienne affiche un visage plus optimiste…porte ouverte à un premier resserrement monétaire en 2018

GBP

Theresa May et son gouvernement se réuniront aujourd’hui pour définir les contours de la future relation commerciale qu’ils souhaitent construire avec l’Union Européenne. Il s’agit d’un véritable numéro d’équilibriste que doit mener la première ministre britannique, c’est-à-dire faire une proposition favorable à l’économie britannique qui puisse être acceptée par Bruxelles sans pour autant heurter la sensibilité des membres les plus conservateurs de son parti, favorables à une rupture brutale avec l’Union Européenne. Bruxelles, via son négociateur en chef, Michel Barnier, a  été le premier à lancer les hostilités en rappelant Londres à ses responsabilités. Déjà évoqué dans le passé, il a précisé dans une entretien au Guardian qu’un « accord à la carte » est totalement exclu. Alors que Londres pourrait tenter d’acquérir un accès spécifique au marché commun européen pour son industrie de services financiers, fer de lance de son économie, Michel Barnier a fermé la porte à cette éventualité. Si le plus dur reste à faire, les investisseurs restent pour l’heure en position d’observation et attendent de voir les positions des différents partis avant d’accroître/réduire leur exposition en livre sterling. La paire EUR/GBP reste pour le moment stable autour de £0,88 (couloir étroit de £0,8750-0,8850), mais la volatilité sur la paire pourrait s’intensifier dans les prochaines heures/jours.

USD

Après avoir procédé à des modifications de dernières minutes en fin de semaine dernière, un consensus semble avoir été trouvé dans le camp républicain, aussi bien dans les rangs des représentants que des sénateurs, autour de la dernière version du texte de réforme du code fiscal. Sujet à risque, le vote au Sénat, où le parti républicain dispose d’une faible majorité (51 sièges vs 49 aux démocrates), semble avoir été sécurisé grâce à l’ajout de provisions répondant aux exigences des derniers frondeurs. Preuve de cet optimisme, le sénateur républicain John McCain, sujet à d’importants problèmes de santé, ne devrait pas faire le déplacement mardi pour voter cette réforme. Les deux chambres du Congrès voteront ce mardi le projet de loi, qui en cas d’approbation serait envoyé dès mercredi sur le bureau du président américain pour qu’il y appose sa signature et officialise son adoption. Pour l’heure, cette perspective ne semble plus autant enthousiasmer les investisseurs (voir Focus #1 de la veille) et donc pourrait laisser le dollar insensible à la nouvelle, laquelle est depuis maintenant quelques jours déjà intégrée par les marchés.

AUD

Le compte rendu de la réunion monétaire de décembre met en lumière le visage plus optimiste des banquiers centraux australiens, lesquels demeurent confiants en une accélération continue et graduelle de la croissance et de l’inflation en 2018. Néanmoins, ces derniers continuent de rester alertes à l’égard de la consommation des ménages compte tenu de leur haut niveau d’endettement et de la faiblesse combinée de la croissance des salaires. Celle-ci reste un facteur de risque important pour l’économie australienne et justifie le maintien, pour le moment, de conditions bancaires accommodantes. Malgré ce rappel à l’ordre, la tonalité du discours se veut encourageante. La confiance affichée par la banque centrale à l’égard d’une poursuite de la dynamique de redressement économique du pays dans les prochains mois pourraient à terme se matérialiser en une première hausse de taux l’année prochaine. Celle-ci reste néanmoins dépendante d’une accélération des salaires dans le pays, condition sine qua non à une croissance soutenue de la consommation domestique et une accélération de l’inflation. On observe peu d’évolutions ce matin sur le dollar australien, celui-ci restant stable autour du niveau de A$1,54 face à l’euro. Une action de la RBA demeurant sous condition, les investisseurs préfèrent pour le moment limiter de nouvelles prises de position.


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