Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

déc. 18, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • La réforme fiscale américaine semble en très bonne voie (voir Focus #2 du weekend) mais cela n’empêche pas l’EUR/USD de reprendre des couleurs ce lundi (+0,3% à $1,1790).
  • Le plus dur reste à faire pour Londres alors que le second volet des négociations du Brexit a été officialisé vendredi dernier (Focus #1 du weekend). Les investisseurs préfèrent rester prudents (+0,1% à £0,8830 pour l’EUR/GBP) en attendant l’annonce mardi des volontés britanniques  en matière d’accord (voir Focus #1 de la semaine).
  • Deux directions différentes pour le yen (-0,4% à ¥132,8) et la couronne suédoise (+0,3% à SEK 9,97) ce lundi avant les derniers rendez-vous monétaires de l’année 2017 attendus cette semaine au Japon et en Suède (voir Focus #2 de la semaine).
  • Le rand continue de se renforcer (+0,3% à ZAR 15,40) après un rebond de presque 3% ce vendredi. Les investisseurs spéculent sur une victoire finale ce lundi du candidat réformateur lors de la conférence annuelle du parti de l’ANC (voir Focus #3 de la semaine).

 Les trois faits marquants de la séance de vendredi 15 décembre 2017/du weekend : #1 Les européens officialisent les avancées sur le Brexit et l’ouverture d’une seconde phase de négociation , #2 La réforme fiscale américaine toute proche d’être adoptée, et #3 Luigi di Maio (M5E) refait planer la menace d’un « Itexit »

#1 – Brexit part 1. (GBP) :  La nouvelle était dans les tuyaux depuis déjà une semaine mais elle n’avait pas encore été officialisée. C’est désormais chose faite depuis vendredi. À l’occasion du dernier sommet européen de l’année à Bruxelles, les responsables des 27 pays membres ont confirmé l’accord trouvé avec la première ministre Theresa May concernant les trois prérequis de sortie – maintien des droits des expatriés européens, règlement d’une facture de sortie et statut juridique de la frontière en Irlande – et l’ouverture d’une seconde phase de négociationdavantage portée sur les problématiques économiques et commerciales. Le plus dur commence donc maintenant. Après avoir gagné le droit de débattre de l’éventuelle mise en place d’un accord commercial une fois le Brexit effectif le 29 mars 2019, Londres a désormais 15 mois pour en dessiner la structure, en discuter les termes avec ses voisins européens et le faire voter et approuver par les différents parlements nationaux. La livre sterling a subi vendredi un mouvement de type « achetez la rumeur, vendez la nouvelle »  et reculé de près de 0,6% face à l’euro à £0,8820 (pic recensé vendredi à £0,8859). Aux yeux des investisseurs, le lancement de cette seconde phase était évident aux vues des informations qui avaient filtré depuis plusieurs jours dans la presse, le contraire aurait été à l’inverse plus surprenant. Pour de nombreux observateurs, si un obstacle vient d’être franchi, d’autres encore plus importants se profilent, aussi la prudence reste évidemment de mise.

#2 – Etats Unis (USD) :   On n’a jamais été aussi près depuis le début de l’automne, et l’introduction des premiers débats sur le sujet, de l’adoption par le Congrès américain de la réforme fiscale, laquelle constitue une des promesses phares du programme de campagne de Donald Trump. Surtout ce serait pour lui la première vrai grande victoire (matérielle) de son mandat de président après presque 11 mois au pouvoir. Les derniers frondeurs républicains, et notamment quelques sénateurs qui laissaient planer le doute sur l’issue de leur de vote, ont obtenu gain de cause ce weekend. L’expansion du crédit impôt à l’enfance – déduction fiscale plus importante pour les familles modestes ayant des enfants (hausse du plafond de $1000/enfant à $2000) – pourrait  finalement convaincre les derniers frondeurs de soutenir ce texte. Disposant d’une très faible majorité au Sénat (51 sièges vs 49 depuis la victoire la semaine dernière d’un candidat démocrate dans l’Etat d’Alabama), les responsables républicains ont travaillé ont démultiplié les efforts  pour sécuriser ce scrutin et limiter le risque de blocage du projet de loi, comme cela a déjà pu être observé un peu plus tôt dans l’année lors des débats autour de la suppression de l’Obamacare. Dans le contenu de cette version finale, on peut y retrouver entre autre une réduction du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 21% et du plafond fiscal des ménages de 39,6% à 37%, une baisse du montant déductible sur les emprunts hypothécaires (de $1Mln à $750k), et donc une hausse du crédit impôt à l’enfance. Cette dernière version du projet de réforme du code fiscal américain, dont le coût total devrait avoisiner au total les $1,5Trn sur 10 ans, a même reçu le soutien du sénateur républicain Bob Corker, pourtant une des personnes les plus frileuses à l’égard de ce projet de loi dont il mettait en cause sa réelle capacité à s’autofinancer (les gains économiques sont censés compenser le manque à gagner aux yeux de la Maison Blanche). Le vote au Sénat sur ce projet de loi devrait avoir lieu ce mardi.

Discutée depuis des mois, l’éventuelle adoption cette semaine de la réforme fiscale américaine par le Congrès pourrait avoir un impact très mineur sur le dollar américain. Non seulement celle-ci est déjà intégrée par les marchés financiers, son véritable impact sur l’économie est remise en cause par de nombreux économistes. Par ailleurs, on peut également douter sur son éventuelle influence sur les futurs choix de la réserve fédérale américaine, celle-ci n’ayant pas modifié son discours et son calendrier monétaire (3 hausses de taux en 2018). Si le cours EUR/USD a reculé de 0,2% à $1,1750 ce vendredi en réaction aux dernières avancées autour de la réforme fiscale, et dans la continuité de la déception causée par la réunion de la BCE (discours inchangé malgré une révision à la hausse des projections de croissance), celui-ci effaçait ses pertes ce lundi avant l’ouverture de la séance européenne.

#3 – Italie (EUR) :   Lors d’un entretien ce weekend, le chef du Mouvement 5 Etoiles, Luigi di Maio, a remis sur la table la possibilité d’organiser un référendum sur l’euro en cas de victoire de son parti lors des prochaines élections législatives italiennes, probablement organisées en mars prochain selon certaines sources parlementaires, si Bruxelles refuse de discuter d’un changement de certaines règles. La législation européenne contraignante sur le contrôle des déficits est clairement dans le viseur alors que l’Italie est aujourd’hui le second pays européen, derrière la Grèce, le plus endetté au sein de l’UE (endettement nationale supérieur à 130% du PIB en 2016). Clairement eurosceptique, le mouvement 5 étoiles qui caracole en tête des sondages depuis plusieurs mois avec 25-30% des intentions de vote, juste devant le parti démocrate de l’ancien premier ministre Matteo Renzi et la coalition de centre droit mené par Silvio Berlusconi, fait figure de réel épouvantail aux yeux des marchés financiers. Si la dernière réforme électorale votée en octobre en Italie favorise le jeu des coalitions politiques, et donc semble limiter le risque de victoire finale du mouvement politique contestataire, celui-ci reste néanmoins une menace qui pourrait progressivement peser sur la valorisation de l’euro…un peu à l’image de ce qui a pu être observé avant les élections françaises au printemps 2017.

GBP

Brexit part. 2 (GBP) : Si Theresa May a évoqué le souhait de mettre en place une période de transition temporaire – de 2 à 3 ans – durant laquelle le Royaume-Uni conserverait son accès à l’union douanière et au marché unique européen, les détails de son application restent pour l’heure encore flous. Les européens ont pour l’heure refusé d’aborder le sujet de délivrer leurs impressions tant que cette requête ne sera pas officiellement réalisée par le gouvernement britannique. Cela devrait être qu’une question d’heure puisque le gouvernement britannique se rassemble ce mardi pour discuter et formuler son souhait vis-à-vis de l’Union Européenne. Alors que la livre sterling vit depuis des mois au rythme des négociations de sortie, et notamment des incertitudes autour d’une possible rupture « brutale », sans accord entre les deux partis, elle pourrait à nouveau subir d’importantes pressions si les velléités de Londres sont considérées par les investisseurs comme peu recevables aux yeux des européens. Il faudra suivre avec attention les premières réactions européennes au plan dessiné par Londres. De fortes divergences pourraient servir de prétexte à un nouveau mouvement baissier important de la livre sterling, et un éventuel retour de cette dernière dans une fourchette de prix de £0,8850-£0,9000.

SEK et JPY

Riksbank et Banque du Japon (SEK & JPY) :  Après la BCE, la Fed et la Banque d’Angleterre la semaine dernière, c’est au tour du 4ième membre du BIG 4, la Banque du Japon, de se réunir cette semaine. Pour une grande majorité d’observateurs, la banque centrale japonaise devrait conserver ce vendredi son programme quantitatif et son taux directeur négatif inchangés, l’écart entre le niveau d’inflation actuel (inflation de base à 0,8% en octobre) et l’objectif de 2% visé par la banque demeurant encore trop important pour envisager à ce stade une sortie prématuré du cycle accommodant actuel. Néanmoins, les nombreux signes de redressement de l’économie et de montée (lente) progressive des prix dans le pays suggèrent que les responsables monétaires pourraient progressivement ajuster leur communication et envoyer de premiers signes ouvrant la porte à un ajustement en 2018 de la politique actuellement très accommodante. Si aucune déclaration fracassante n’est attendue ce vendredi, cette dernière réunion de l’année pourrait néanmoins être le théâtre de premiers débats sur la future orientation monétaire du pays dans les mois à venir. Pour l’heure, les marchés n’anticipent aucune action de la BOJ avant fin 2018, voire début 2019, la problématique d’une faible inflation et la succession du gouverneur central japonais qui se profile en avril prochaine demeurent pour l’heure deux obstacles majeurs à un scénario de réduction du soutien monétaire actuel. Depuis plus de trois mois, le cours EUR/JPY est globalement coincé dans une fourchette de prix étroite de ¥132-134, les divergences d’orientation monétaire entre la BCE et la BOJ  demeurant le principal facteur expliquant ce haut niveau de valorisation. À l’heure où l’euro marque le pas en l’absence de nouveaux leviers haussiers, une atténuation du discours, traditionnellement prudent, de la BOJ pourrait venir stimuler le yen et envoyer le cours EUR/JPY sous le niveau de ¥132. Réponse dans la matinée de vendredi.

En Suède, les investisseurs scruteront la décision ou non ce mercredi de la Riksbank d’imiter sa consœur européenne et d’étendre ou non son programme quantitatif en 2018.   Le rebond surprise de l’inflation observé la semaine dernière - +1,9% A/A en novembre – semble faire pencher les économistes dans le camp d’un possible arrêt dès janvier des rachats d’actifs, néanmoins rien n’est moins sûr. Malgré de bons fondamentaux économiques, la banque centrale suède pourrait continuer de maintenir l’économie sous perfusion pendant un certain temps pour en solidifier les récents progrès. Les craintes importantes autour de la bulle spéculative qui s’est récemment formée sur les prix de l’immobilier vient cependant mettre en doute ce scénario. La couronne suédoise apparaît très faiblement valorisée face à l’euro malgré la bonne santé économique du pays, ce qui met en lumière l’importance du facteur monétaire dans la volatilité de la devise suédoise. La paire pourrait fortement corrigé en cas d’arrêt du programme quantitatif et/ou de premiers signaux d’une velléité de resserrer progressivement les conditions monétaires dans le pays en 2018. Pour une majorité d’économistes, la banque suédoise pourrait en effet procéder à une première hausse de ses taux d’intérêts à parti du second semestre 2018. Après avoir touché à plusieurs reprises le niveau de SEK 10,0 la semaine dernière, et par la même occasion un pic de 13 mois à SEK 10,03, une correction se fait toujours attendre sur la paire EUR/SEK. Celle-ci repose dans les mains des responsables monétaires suédois.  

ZAR

Afrique du Sud (ZAR) :   Malgré l’imbroglio du weekend, l’ANC (parti du Congrès national africain dont est issu l’actuel président de la république Jacob Zuma) devrait reprendre ce lundi le vote interne qui doit officialiser le nouveau leader du parti, lequel sera un des grands favoris dans la course à la présidence lors des élections générales de 2019. Les deux courants de pensée qui s’opposent au sein de la formation politique, celle modérée qui soutient la candidature du vice-président Cyril Ramaphosa et celle plus conservatrice et nationaliste favorable à l’élection de l’ex-ministre des affaires étrangères et ex-femme du président Nkosazana Dlamini Zuma, ont forcé le report du vote à lundi à cause de désaccords sur les modalités du scrutin. Très critique à l’encontre de la politique économique menée par le président actuel, C. Ramaphosa, qui incarne le visage réformateur du parti, a les faveurs du milieu des affaires et des investisseurs étrangers qui ne verraient pas d’un mauvais œil son élection. À l’inverse, l’ex-femme du président incarne la vision conservatrice et traditionaliste du parti, et est perçue par de nombreux observateurs extérieurs comme un vecteur de continuité de la politique actuellement menée, celle où l’économie est minée par un haut niveau de chômage et un endettement croissant. Le rand sera évidemment très sensible aux résultats de cette élection. Si C. Ramaphosa semblait posséder une longueur d’avance sur sa rivale, la course à la présidence de l’ANC restait très serrée. En cas de victoire de ce dernier, la devise sud-africaine pourrait enregistre un fort rebond sur fond de regain de confiance des investisseurs à l’égard du pays, et la perspective d’une réforme majeure et salvatrice de l’économie dans les prochaines années. La devise sud-africaine a déjà amorcé son redressement comme le signale le rebond de 2,9% enregistré vendredi dernier. Cette dynamique pourrait se prolonger en ce début de semaine, ou à l’inverse s’inverser, selon l’issue du vote dont on attend le résultat final dans l’après-midi/soirée de lundi.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.