Actualités du marché des devises

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déc. 13, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Dynamique de la matinée en séance européenne :

  • Recul de l’EUR/GBP sous £0,88 (-0,2%) en réaction à une hausse des salaires en octobre au Royaume-Uni (salaires incluant bonus : +2,5% A/A vs 2,2% en septembre & salaires hors bonus : +2,3% A/A vs 2,2% en septembre)
  • Rebond surprise de la production industrielle en Zone Euro en octobre (+0,2% M/M vs consensus 0,0% et -0,5% en septembre). Revalorisation de l’euro après la correction de la veille. L’EUR/USD fluctue autour de $1,1750 et l’EUR/CHF autour de ₣1,1650 ce matin.
  • Léger renforcement du rand sud-africain – EUR/ZAR (-0,2%) reposant sur le support de ZAR 16,0 – en réaction à un ralentissement plus important que prévu de l’inflation dans le pays en novembre (inflation générale à 4,6% et inflation de base à 4,4%).
  • Volatilité très modeste sur les marchés des changes. Les investisseurs semblent rester en position d’observation avant les échéances de ce soir (réunion de la Fed) et de demain (réunions BCE, Banque d’Angleterre & Banque Nationale Suisse).

Que retenir de la séance de mardi 12 décembre 2017 ? : Moral des investisseurs allemands en berne…Accélération surprise de l’inflation en Suède et au Royaume-Uni…Défaite républicaine surprise au sénatoriale de l’Etat d’Alabama

  • Suède : Fort rebond de la couronne suédoise face à l’euro (+1,2%) en réaction à des chiffres d’inflation bien meilleurs que prévu. Attendue stable en novembre à 1,7%, l’inflation générale en Suède a en réalité accéléré à un rythme de 1,9%, et approche l’objectif de 2% ciblé par la banque centrale. Une telle dynamique ouvre la porte à une réduction graduelle de la politique de soutien monétaire des banquiers centraux suédois en 2018, qui se traduirait dans un premier temps par l’arrêt définitif du programme quantitatif et une première hausse des taux directeurs. Un premier élément de réponse sur les intentions de la Riksbank nous sera délivré dès mercredi prochain à l’occasion de la dernière réunion monétaire de l’année. Après avoir franchi à plusieurs reprises ces dernières séances le seuil psychologique de SEK 10,0 (pic recensé à SEK 10,03 ce lundi), le cours EUR/SEK est retourné sur des niveaux de SEK 9,90/9,91.
  • Etats Unis : Pour la 1ière fois depuis 1992, le sénateur de l’Etat d’Alabama ne sera pas républicain. Le candidat démocrate Doug Jones a réussi l’exploit de battre son opposant républicain Roy Moore ; lequel fait actuellement l’objet d’accusations d’harcèlement sexuel sur mineur ; lors de l’élection sénatoriale anticipée de mardi soir. Bien plus que symbolique, cette victoire pourrait avoir une importance clé dans les prochains mois, et potentiellement impacter l’agenda de réformes que souhaite mener la Maison Blanche. S’il conserve sa majorité absolue au Sénat (51 sièges vs 49), le parti républicain n’est pas à l’abri d’une fronde de certains membres de sa formation lors de vote décisif. Les débats cette année sur l’abolition de l’Obamacare et la réforme du code fiscal ont déjà mis en exergue le manque d’entente qu’il peut exister parmi les républicains.
  • Royaume-Uni : L’inflation au Royaume-Uni a accéléré contre toute attente au mois de novembre et dépassé pour la 1ière fois depuis mars 2012 le niveau de 3,0% (3,1% A/A en novembre vs 3,0% en octobre). Cette nouvelle accélération des prix, qui devrait continuer de peser sur le pouvoir d’achat des ménages britanniques et donc réduire leur propension à consommer, apparaît préoccupante dans le contexte économique actuelle. Certains observateurs estiment que le gouverneur central Mark Carney n’a pas d’autre choix que de réagir face à ces nouvelles pressions haussières inattendues sur les prix. En effet si celles-ci devaient persister, voire s’intensifier, elles pourraient pousser la Banque d’Angleterre à revoir ses plans initiaux et envisager une nouvelle hausse prématurée de ses taux d’intérêt en 2018. En cela, la réunion monétaire de jeudi pourrait venir éclaircir la situation. Si la paire EUR/GBP est repassée temporairement en-dessous des £0,88 mardi, la contestation actuelle observée à la Chambre des communes, de la part de parlementaires travaillistes mais également conservateurs , lesquels réclament un droit de regard plus important sur l’accord de sortie final conclu par Bruxelles , semble pour l’heure limiter l’intérêt des investisseurs pour la livre sterling.
  • Zone Euro : D’après la nouvelle enquête menée par l’institut ZEW, le moral des investisseurs allemands a reculé en cette fin d’année2017 (17,4 ou -1,3pts par rapport au mois précédent), à un rythme plus important que ce qui était initialement anticipé par les marchés (consensus : 18,0). L’échec des premières négociations destinées à former une coalition dirigeante en Allemagne et les faibles avancées dans le processus du Brexit semblent expliquer cette baisse d’optimisme au sein de la 1ière économie européenne. Cette statistique décevante a pesé mardi sur la valorisation de l’euro, laquelle s’est dépréciée face à un grand nombre de ses pairs, notamment face à ceux contre lesquels la devise européenne s’était fortement renforcée ces derniers temps (AUD, NOK et SEK). Les cours EUR/USD et EUR/CHF ont tous deux reculé de 0,2% et restent sur une pente descendante en amont des rendez-vous monétaires clés de la semaine : Réunion de la Fed mercredi soir et réunions de la BCE et de la BNS ce jeudi.

Quels sont les évènements majeurs de la séance de mercredi 13 décembre 2017 ? :  Hausse de taux attendue aux Etats Unis…Test pour Theresa May à la Chambre des communes

Etats-Unis

Aux yeux des investisseurs, il ne fait aucun doute que la réserve fédérale va annoncer ce soir, sur les coups de 20h00, une nouvelle hausse de ses taux directeurs, la 3ième cette année. Inscrite de longue date à l’agenda de la Fed, il ne peut en être autrement. Fort de ces certitudes, les acteurs des marchés des changes devraient recentrer leurs intérêt ailleurs et poser leur regard sur les nouvelles projections économiques et monétaires publiées en marge de cette réunion. Sur la base d’une bonne dynamique économique actuelle, profitant globalement d’une accélération de la demande globale et d’un haut niveau de confiance des acteurs économiques du pays (ménages et entreprises), et des leviers de croissance censés être apportés par la future adoption de la réforme fiscale, les responsables monétaires américains pourraient être tentés de réévaluer à la hausse leurs projections économiques, et opter pour un agenda monétaire plus agressifs qu’initialement prévu. Alors que trois hausses de taux sont actuellement programmées l’année prochaine, la Fed pourrait ouvrir la porte à un quatrième resserrement monétaire. Si tel est le cas, nous pourrions voir de nouvelles prises d’intérêt sur le dollar américain et une correction importante de la paire EUR/USD. Le cours de change pourrait à cette occasion se diriger vers ses plus bas niveaux récents ($1,1550 observé en novembre). Si ce risque ne doit pas être négligé, il convient d’apporter un peu de nuance face à ce scénario. La version finale de la réforme fiscale n’ayant toujours pas été officialisée et les effets économiques de cette réforme restant encore relativement floue si l’on se base sur les différentes modélisations réalisées à ce sujet, dès lors les membres de la Fed pourrait décider de rester prudent avant d’ajuster leurs projections et éviter le risque de provoquer une volatilité anormale et non justifiée sur les marchés financiers.

Royaume-Uni

Ce mercredi, la première ministre britannique passera un test politique important à l’occasion du vote des députés du texte de loi d’abrogation de la législation de 1972 qui lie juridiquement la Grande-Bretagne à l’Union Européenne. L’objectif de ce vote est d’assuré au Royaume-Uni un cadre juridique efficient une fois la sortie hors de l’UE rendue officielle en 2019 (29 mars 2019).  Parallèlement à ce vote, les parlementaires britanniques pourraient approuver l’amendement accordant un droit de regard et un droit de véto de la Chambre des communes sur l’accord de sortie final. Si tel est le cas, Theresa May perdrait la maîtrise du processus de sortie, ce qui renforcerait les difficultés de mise sur pied d’un accord commercial entre les deux parties avant la date butoir de mars. Déçus de la version édulcorée du Brexit défendue par May, plusieurs membres conservateurs semblent prêt à s’opposer au vote de ce mercredi et ainsi infliger à la première ministre un revers qui raviverait les débats sur sa réelle légitimité pour diriger le pays et mener à bien des négociations qui défendent les intérêts économiques du pays. De nouveaux troubles politiques pourraient raviver de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling.


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