Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

déc. 11, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort recul de la couronne norvégienne face à l’euro (-1,0%) en réaction à des chiffres d’inflation très décevants (recul surprise de l’indice générale et sous-jacent). Le cours EUR/NOK culmine à un niveau historiquement haut de NOK 9,88 (voir la paire du jour).
  • Solide rebond du dollar néo-zélandais face à l’euro (+1,0% à N$1,70) après la nomination d’un nouveau gouverneur central à la tête de la banque centrale.
  • Les prises de bénéfice se poursuivent sur la livre sterling (voir Focus #1 de vendredi). Le cours EUR/GBP fait son retour au-dessus de £0,88 sur fond de prudence avant la réunion de la Banque d’Angleterre et le Sommet européen à Bruxelles (voir Focus #2 de la semaine).
  • Après 6 séances consécutives de recul, le cours EUR/USD rebondit de 0,3% et pointe à $1,18 ce matin. Dernier répit avant la réunion de la Fed (mercredi) et de la BCE (jeudi) ? Une nouvelle hausse de taux et une réévaluation des projections monétaires de la Fed pourraient offrir de nouveaux arguments haussiers sur le dollar américain (voir leFocus #1 de la semaine).

Les trois faits marquants de la séance de vendredi 8 décembre 2017/du weekend : #1 Prises de bénéfices sur la GBP après l’accord de principe conclu entre britanniques et européens, #2 De bons chiffres de l’emploi aux Etats Unis qui laissent néanmoins une impression mitigée, et #3 Nouvelle contraction des exportations allemandes

#1 – Royaume-Uni (GBP) :  La nouvelle tombée dans la matinée de vendredi a totalement influencé la dernière séance de la semaine. Après de multiples rebondissements, d’énième reports d’ultimatums de la part des européens et de longues discussions en interne du côté britannique, un accord de principe a été trouvé entre les deux partis sur les trois prérequis de sortie fixés par Bruxelles (protection des droits des expatriés européens, règlement d’une facture de sortie eu égard aux engagements budgétaires britanniques vis-à-vis de l’UE et maintien d’une frontière invisible en Irlande). Si à travers cet accord on entrevoit le prochain lancement des négociations commerciales, le peu de détails dévoilés en marge de cette annonce incite les investisseurs à rester prudents. Du côté des supporters du Brexit, on dénonce de trop nombreuses concessions accordées par Londres et on reproche à la première ministre Theresa May de trahir le vote de plus de la moitié de la population en poussant pour une sortie en douceur et non une rupture totale. Comme il l’a été rappelé ce weekend, rien n’est encore officiel tant qu’un accord n’a pas été signé, d’où les possibles risques de nouveau rebondissement dans cette relation tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. En attendant que soit dévoilé cette semaine les contours de cet accord et compte tenu l’agitation observée dans les rangs des conservateurs britanniques entre les partisans d’une rupture et les défenseurs d’une période de transition dont Theresa May est la tête de proue, les investisseurs ont préféré clôturer leurs positions et prendre leurs bénéfices vendredi après l’atteinte d’un pic de 6 mois atteint par la livre sterling face à l’euro (point bas recensé à £0,8687 sur l’EUR/GBP) et le retour du cable sur ses plus hauts niveaux depuis quasiment trois mois (point haut recensé à $1,3519 sur le cours GBP/USD). Ainsi après avoir chuté en début de matinée sous le niveau de £0,87 pour la première fois depuis juin dernier, le cours EUR/GBP a effacé l’ensemble de ses pertes et finalement terminé la séance de vendredi dans le vert avec un gain de près de 0,6% (£0,8788 en clôture).

#2 – Etats Unis (USD) :   Point d’orgue mensuel sur les marchés des changes, les chiffres de l’emploi américains ont une nouvelle fois pas laissé les observateurs insensibles.  On retiendra que les créations d’emploi restent toujours très importantes, s’avérant au passage bien meilleures que les projections d’une majorité d’observateurs (consensus : +228k vs consensus +200k). Cette dynamique maintient le taux de chômage à son plus bas niveau depuis 17 ans (4,1%, inchangé par rapport à octobre). Malgré ces bons chiffres, l’attention des marchés s’est portée ailleurs. Le rebond des salaires au mois de novembre s’est avéré moins important que prévu (+0,2% M/M vs consensus +0,3%) tandis que l’estimation du mois précédent a finalement été révisée à la baisse (-0,1% M/M en octobre vs +0,0% initialement publié). De ce fait, la dynamique annuelle de croissance des salaires aux Etats Unis enregistre au mois de novembre un modeste rebond, progressant de 2,3% à 2,5%,  et demeure bien loin des niveaux recensés en fin d’année dernière (pic de 2,9% atteint en décembre 2016). Alors que l’inflation peine toujours à accélérer aux Etats Unis, la lente progression des salaires suggère que le décollage des prix ; régulièrement évoqué par la présidente de la Fed Janet Yellen ; pourrait être à nouveau retardé. Un tel contexte pourrait avoir des répercussions sur les futures actions de la banque centrale américaine alors que trois nouvelles hausses de taux, en plus de celle attendue ce mercredi, sont inscrites à l’agenda de 2018. Si le cours EUR/USD a finalement clôturé la séance de vendredi dans le rouge – pour la 6ième fois consécutive – ces chiffres mitigés aux Etats Unis lui ont permis de stopper l’hémorragie et de s’écarter de son support de $1,17 vers lequel la paire se dirigeait tout doucement. Le cours de change EUR/USD s’est au final déprécié de près de 1,1% sur l’ensemble de la semaine et clôturé à son plus bas niveau depuis 2 semaines ½ ($1,1764 ou le plus bas niveau du cours en clôture depuis le 21 novembre dernier). La solidité de l’économie américaine associé au soulagement provoqué par l’alternative temporaire au risque de fermeture des agences fédérales américaines qui se profilait à la fin de la semaine ont fortement contribué à la revalorisation du dollar.

#3 – Allemagne (EUR & CHF) : Pour le second mois d’affilée, les exportations allemandes se sont contractées de -0,4% M/M au mois d’octobre, prenant de court les marchés qui n’anticipaient une seconde sous-performance (consensus : +1,0% M/M). Pour preuve, parmi les onze économistes sondés en amont de cette publication, aucun n’imaginait un nouveau recul (projection minimale : +0,3% M/M). Le surplus commercial allemand retombe sous le niveau de €20Mds après avoir atteint un pic de 16 mois de €21,9Mds au mois de septembre. Ce résultat vient légèrement écorner le sentiment globalement optimiste à l’égard de des perspectives économiques en Zone Euro et a alimenté les pressions baissières observées sur la devise européenne tout au long de la semaine. Il n’y a rien de véritablement alarmant, il s’agit là d’une correction technique après des hauts niveaux de valorisation atteints ces dernières semaines dans un contexte où l’actualité en Zone Euro est beaucoup plus calme. L’euro a ainsi reculé vendredi face à l’ensemble de ses pairs du G10, à l’exception notable de la livre sterling (prises de bénéfices sur la GBP), du yen japonais (chiffres commerciaux en Chine soutiennent l’idée d’une accélération de la croissance mondiale) et du dollar canadien (faible volatilité). Après avoir à nouveau testé le seuil de résistance de ₣1,17, la paire EUR/CHF s’est cassée les dents sur ce seuil psychologique majeur et terminé la semaine dans le rouge (-0,2% à ₣1,1680).

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Dernière réunion de l’année pour le BIG 3 (FED, BCE, BOE), #2 Sommet européen sous haute tension & #3 La succession de Jacob Zuma s’organise en Afrique du Sud

EUR, GBP, USD

Cette semaine sera particulièrement chargée en termes de rendez-vous monétaires puisque les trois principales banques centrales mondiales ; la Banque Centrale Européenne (jeudi à 13h45), la réserve fédérale américaine (mercredi à 20h00) et la Banque d’Angleterre (jeudi à 13h00) ; auxquelles on peut également ajouter les banques centrales suisse et norvégienne (réunions programmées dans la matinée de jeudi pour ces deux banques), se réuniront pour la dernière fois de l’année.

Aux Etats Unis, la Fed devrait vraisemblablement opérer à son 3ième resserrement monétaire de l’année et  réhausser ses taux d’intérêt de 25 pbs, lesquelles évolueront désormais dans une bande de fluctuation de 1,25-1,50%. Très largement anticipée par les marchés (probabilité estimée à 96% sur les marchés à terme), cette décision ne sera pas le point central de cette réunion. En effet, l’attention devrait principalement se porter sur les nouvelles projections économiques et monétaires publiées ce mercredi. Compte tenu du flou qui entoure la version finale de la réforme fiscale ; laquelle fait toujours l’objet d’âpres négociations entre républicains ; et l’approche de la fin du mandat de Janet Yellen (prise de fonction de Jerome Powell le 3 février prochain) ;  suggèrent aucun véritables changements en ce qui concerne l’agenda monétaire de 2018 (trois hausses de taux). La surprise pourrait venir des projections pour 2019 et 2020, lesquelles pourraient être révisées à la hausse sous l’influence d’une possible réévaluation des projections de croissance. Si tel est le cas, nous pourrions voir de nouvelles prises de position à l’achat sur le dollar américain et la paire EUR/USD retomber sous le niveau de $1,17.

En Zone Euro, la dernière réunion monétaire de l’année ne devrait offrir peu de surprises, la BCE ayant déjà en octobre dévoilé son plan d’action pour le début d’année 2018, à savoir réduire son rythme mensuel de rachat d’actifs de €60Mds à €30Mds. Des doutes persistent sur la date de fin définitive du programme quantitatif, laquelle pourrait être septembre2018. Seulement, il est peu probable que Mario Draghi n’envoie le moindre le signal infirmant ou confirmant ce point. Il est encore trop tôt pour se projeter, la banque préférant attendre l’effet de la réduction des rachats d’actifs sur l’économie européenne.

Au Royaume-Uni, il serait intéressant de voir la réaction des banquiers centraux britanniques à l’égard de l’accord de principe trouvé entre Bruxelles et Londres qui entrouvre la voie au lancement imminent de première discussions commerciales dans les prochains jours. Il apparaît néanmoins prématuré pour qu’à ce stade, la Banque d’Angleterre ajuste de manière significative sa communication prudente. Néanmoins, un soupçon d’optimisme dans les propos du gouverneur central britannique pourrait servir de prétexte à une revalorisation de la devise britannique. On suivra avec attention la série de chiffres économiques – inflation, chômage et salaires, ventes au détail – publiée en amont de cette réunion. Sur les marchés à terme, les investisseurs ne voient pas de nouvelle hausse de taux avant la fin d’année 2018, aussi tout commentaire suggérant le contraire viendrait soutenir un rebond de la devise britannique. 

GBP

Un vent d’espoir a soufflé sur le Royaume-Uni en fin de semaine dernière suite à l’annonce d’accord de principe entre Bruxelles et Londres concernant les prérequis de sortie (voir Focus #1 de la séance de vendredi). Celui-ci doit néanmoins être confirmé et officialisé cette semaine à l’occasion du Sommet européen qui se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. Les responsables des 27 pays membres se rencontreront dès lundi pour une première réunion de travail préparative avant de dernier grand rendez-vous de l’année. Ce sommet sera l’occasion d’avoir davantage de détails sur les éventuelles concessions faites par Londres et délivrera les premiers contours d’un Royaume-Uni hors de l’Union Européenne. Si confirmées, ces avancées sont plutôt positives pour Londres qui pourrait amorcer les discussions commerciales et évoquer les termes d’un accord de transition destiné à limiter le risque de fracture de l’économie britannique une fois la sortie devenue définitive. Le dévoilement des détails de cet accord pourrait cependant nourrir une nouvelle lutte de pouvoir au sein du parti conservateur britannique, et le reproche par les partisans du Brexit de trop grandes concessions accordées par Theresa May aux européens. La livre sterling pourrait à nouveau connaitre une semaine très agitée, entre nouvel optimisme économique et réveil incertitudes politiques. Globalement, à moins d’un nouveau rebondissement dans la relation tumultueuse entre européens et britanniques, l’officialisation d’un accord entre les deux partis apparaît pour l’heure comme un biais haussier plus important que la nervosité suscitée par la situation politique interne au Royaume-Uni. Si les marchés restent prudents, comme le souligne le retour de la paire EUR/GBP au-dessus de £0,88 ce matin, nous pourrions revoir le cours de change retomber sous £0,87 en cas d’annonces favorables en fin de semaine et l’officialisation à l’issue du Sommet européen du début des discussions commerciales entre les deux parties.

ZAR

Du 16 au 20 décembre se tiendra la conférence du parti du Congrès National Sud-Africain (ANC), formation politique du président Jacob Zuma, durant laquelle sera élu le nouveau leader du parti. Celui-ci serait alors destiné à remplacer le président actuel à l’issue des prochaines élections générales de 2019. La course finale voit s’opposer deux candidats, le vice-président actuel Cyril Ramaphosa ; dont la proximité avec le milieu des affaires en fait un des favoris des investisseurs étrangers ; et l’ex-membre du gouvernement et ex-femme de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma , qui milite pour une « transformation radicale de l’économie ». La nomination de cette dernière est vue avec circonspection par les observateurs qui y voient une possible nouvelle source de déstabilisation de l’économie sud-africaine, laquelle peine à se redresser faute d’un taux de chômage exceptionnellement haut (supérieur à 27%) et d’une inflation toujours très importante (de l’ordre de 5%). Le rand sud-africain a connu une semaine très agitée sous l’influence des spéculations des investisseurs sur le résultat du vote. Aussi après plusieurs tentatives de briser le support de ZAR 16,0, le cours EUR/ZAR a finalement rebondi en fin de semaine dernière et clôturé au-dessus de ce niveau clé. Cette semaine pourrait lui offrir une nouvelle opportunité d’amorcer un nouveau recul sous ce niveau. Le rand reste malgré tout sur une dynamique haussière depuis le point bas atteint mi-novembre (+5,0% vs EUR depuis le 15 novembre), et pourrait se renforcer davantage si un regain d’optimisme chez les investisseurs refait surface. Une victoire de Cyril Ramaphosa pourrait fortement y contribuer.


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