Actualités du marché des devises

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déc. 06, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Sentiment d’aversion aux risques visible sur les marchés (baisse des marchés actions, hausse des rendements obligataires). Craintes de ralentissement de l’économie chinoise et risque géopolitique autour du statut de Jérusalem comme capitale d’Israël que souhaite donner Donald Trump. Large rebond du yen japonais ce matin (+0,5% à ¥132,5).
  • La livre sterling corrige (-0,3%) et consolide sa position au-dessus du seuil de £0,88 alors que Theresa May doit s’entretenir aujourd’hui avec les dirigeants de son allié politique irlandais du DUP (voir la paire dujour). La question du statut de la frontière irlandaise au moment du Brexit sera discuté .
  • L’EUR/USD poursuit son recul et se dirige vers $1,18. Sentiment d’aversion aux risques généralement plus bénéfique au dollar.
  • L’EUR/CAD teste son support de C$1,50 alors que s’observe depuis vendredi dernier un regain d’optimisme des investisseurs vis-à-vis du dollar canadien. La Banque du Canada pourrait en effet cette après-midi délivrer des indices sur son agenda monétaire de 2018 (voir Focus #1 du jour).
  • L’EUR/SEK panse ses plaies et efface une partie de ses pertes de la veille (voir Focus #2 de la veille).
  • L’AUD corrige légèrement et retape à nouveau à la porte de A$1,56 alors que la croissance de l’Australie au T3 s’avère être moins robuste qu’anticipé (voirFocus #2 du jour)

Les trois faits marquants de la séance de mardi 5 décembre 2017 : #1 Large chute des ventes au détail en Zone Euro, #2 Forte revalorisation des devises nordiques (NOK & SEK), et #3 Des chiffres de croissance légèrement mieux que prévu en Afrique du Sud

#1 – Zone Euro (EUR) :  Après l’important rebond observé en septembre (+0,7% M/M, chiffre révisé mardi à +0,8%), les économistes anticipaient une performance décevante des ventes au détail en Zone Euro lors du premier mois du 4ième trimestre (consensus : -0,7%). Le repli s’est cependant avéré plus importante que prévue, la croissance mensuelle des ventes reculant de 1,1% en octobre, soit la plus faible performance depuis presque 4 ans (décembre 2013). Cette contre-performance semble s’expliquer par les conditions climatiques, la douceur du temps ayant fortement pesé sur la vente de vêtements (-3,1% M/M en octobre), mais également par les nouveaux troubles politiques observés à cette période en Espagne (crise en Catalogne consécutive au référendum du 1er octobre). Parmi les points positifs, on notera malgré tout la confirmation d’une accélération de l’activité du secteur privé en Zone Euro à un plus haut depuis 6 mois, laquelle souligne le maintien du solide dynamique de croissance économique en Zone Euro (indice PMI composite recensé en novembre à un pic depuis avril 2011). La faiblesse des ventes au détail semble avoir davantage influencé les investisseurs que les enquêtes PMI, lesquelles constituaient une révision de chiffres préalablement publiés, d’où l’observation de pressions baissières sur l’euro. Celui-ci s’est déprécié mardi face à l’ensemble de ses pairs du G10, y compris la livre sterling malgré le contexte d’incertitude général lié au Brexit. Malgré des statistiques économiques décevantes aux Etats Unis (hausse du déficit commercial à son plus haut niveau depuis 9 mois et recul plus important que prévu de l’activité du secteur privé américain en novembre), le cours EUR/USD a corrigé de plus de 0,3% et consolidé sa position au sein de son couloir de fluctuation actuel de $1,17-1,19.

#2 – Devises nordiques (NOK & SEK) :   Les deux devises nordiques, la couronne norvégienne et la couronne suédoise, ont connu une volatilité similaire lors de la séance de mardi, les deux s’appréciant de plus de 1,0% face à l’euro. Toutefois l’origine de cette volatilité semble totalement différente pour les deux devises. Pour la couronne suédoise, on s’aperçoit que son rebond est intervenu en fin de journée suite aux commentaires d’un responsable monétaire suédois, Stefan Ingves, soulignant que la banque centrale suédoise ne procédait pas à une politique de dévaluation de la devise et qu’une hausse durable de l’inflation au-dessus de l’objectif de 2,0% ; lequel a été atteint au second semestre ; entrainerait irrémédiablement une hausse des taux d’intérêt. Ces propos pourraient prendre plus de relief si ceux-ci sont confirmés par la Riksbank lors de la dernière réunion monétaire de l’année programmée le 20 décembre prochain. Avant cela, la prochaine date clé pour la couronne suédoise sera le 12 décembre avec la publication des nouvelles statistiques d’inflation. Après avoir tutoyé le plafond de SEK 10,0 (seuil psychologique sur la paire de change pour les cambistes), le cours EUR/SEK est retourné hier sur les niveaux de SEK 9,90 (SEK 9,89 en clôture ce mardi). Après avoir atteint un plus bas de près de 9 ans ces derniers jours (niveau de NOK 9,90 franchi à plusieurs reprises par la paire EUR/NOK), la couronne norvégienne a fortement bondi mardi sous l’impulsion notamment des résultats d’une enquête menée par la banque central norvégienne soulignant une hausse de la confiance des entreprises norvégiennes. La couronne norvégienne s’est donc appréciée de 1,1% face à l’euro mardi et est venue taper à la porte de son support technique de NOK 9,75 (NOK 9,77 en clôture ce mardi).

La faible valorisation de ces deux devises, en décalage avec les fondamentaux économiques – notamment le cas pour la couronne suédoise – constitue un excellent point d’entrée pour les investisseurs en amont des réunions monétaires à venir en décembre (14 décembre en Norvège & 20 décembre en Suède). La dépréciation de ces deux devises nordiques résultent principalement de l’impression de décalage qui s’observe en matière de cycle monétaire entre la BCE qui va commencer à réduire son soutien monétaire dès janvier prochain (diminution des rachats d’actifs) et les banques centrales norvégiennes et suédoises qui maintiennent dans leur communication un biais accommodant et refusent toutes deux pour l’heure d’évoquer un prochain scénario de hausse de taux.  

#3 – Afrique du Sud (ZAR) : L’économie sud-africaine a enregistré au 3ième trimestre une croissance de 0,8%, soit une dynamique de 2,0% en rythme annualisé, bien au-dessus du consensus de 1,5% du marché. Même si relativement modeste, ce rebond de la croissance est venu consolider le mouvement haussier amorcé lundi sur le rand alors que les regards des investisseurs sont actuellement tournés vers la succession du président Jacob Zuma. Sa formation politique, l’ ANC (Congrès National Africain), doit élire dans moins de deux semaines le nouveau dirigeant du parti, celui voué à être le candidat officiel lors des élections générales de 2019. Le rand a enregistré mardi un rebond de 0,8% face à l’euro, ce qui porte ses gains à 2,5% depuis le début de la semaine. La paire EUR/ZAR oscille désormais sous le niveau de ZAR 16,0, sur ses plus bas niveaux depuis mi-octobre.

CAD

On avait quitté la Banque du Canada en octobre avec la publication d’un communiqué étonnement prudent après les deux hausses de taux successives opérées en juillet et en septembre. Dans celui-ci, la banque centrale canadienne laissait entendre qu’elle étudierait désormais avec très grande prudence tout nouvel ajustement monétaire, laissant ainsi entendre qu’elle n’avait aucunement l’intention de rehausser ses taux d’intérêt à court terme. La donne a depuis légèrement changé, néanmoins pas au point de justifier une nouvelle intervention ce mercredi (statu monétaire anticipé par 30 économistes sur le panel de 32 personnes sondées récemment par l’agence Reuters). Le fait que le sort de l’ALENA soit toujours en suspens (nouveau tour de négociation programmé le 11 décembre prochain) et que l’inflation ne montre toujours aucun signe de d’accélération vers le niveau ciblé de 2,0% devrait constituer des arguments assez solides pour justifier un maintien des taux directeurs à un niveau inchangé cette après-midi. Néanmoins, le rebond des exportations en octobre (déficit commercial à son plus bas niveau depuis 5 mois), le recul du chômage à son plus bas niveau depuis presque 10 ans sous le seuil de 6,0% ou encore la dissipation des risques liés aux hauts prix de l’immobilier et au niveau d’endettement des ménages (dixit le gouverneur central Stephen Poloz la semaine dernière) suggèrent que l’annonce d’un statu quo monétaire pourrait s’accompagner d’un commentaire bien plus optimiste qu’en octobre, et potentiellement entrouvrir la porte à un nouveau resserrement monétaire début 2018. De nombreux observateurs voient en effet une prochaine hausse de taux en avril prochain. Ce scénario est actuellement intégré sur les marchés à terme d’où la revalorisation depuis vendredi – conséquemment au statistiques de l’emploi – du dollar canadien. Après avoir chuté à un plus bas depuis 21 mois jeudi dernier, le dollar canadien s’est depuis apprécié de 2,3% face à l’euro sur les trois dernières séances, le cours reposant à nouveau sur son support technique de C$1,50. Ce mouvement haussier pourrait s’intensifier en cas de signaux de la part de la BOC cette après-midi confirmant, ou suggérant des velléités à procéder à une nouvelle hausse de taux à court terme. Le seuil de C$1,50 constituera un test important, son franchissement pourrait entrainer une extension de la chute du cours de change vers son prochain niveau support clé de C$1,4740. Compte tenu l’optimisme croissant ces dernières séances à l’égard du dollar canadien, l’ampleur d’une correction du dollar canadien pourrait être très importante si la BOC prend les marchés de court et maintient un discours très prudent.

AUD

La croissance de l’économie australienne au 3ième trimestre s’est avérée légèrement moins importante qu’anticipé, celle-ci ressortant à 0,6% contre 0,7% attendu. Si la dynamique annuelle progresse fortement de 1,8% à 2,8% (plus haut depuis 5 trimestres), elle échoue cependant à faire son retour au niveau de 3,0% qui était projeté par les marchés. Cette légère contre-performance déçoit les marchés ce matin, celle-ci offrant un argument de plus aux responsables monétaires australiens pour ne pas aborder le débat d’une prochaine hausse de taux dans le pays. Le dollar australien efface une partie des gains enregistrés en début de semaine (-0,3%) et fait son retour ce matin au niveau de A$1,56.

CHF

À la surprise générale, la croissance des prix à la consommation en Suisse s’est contractée au mois de novembre (-0,1% M/M, soit la 1ière fois en 4 mois), limitant de ce fait la progression de la dynamique annuelle d’inflation générale dans le pays (0,8% A/A vs consensus 0,9% et 0,7% en octobre). Si l’inflation atteint malgré tout en novembre son plus haut niveau depuis plus de 6 ans (mars 2011 exactement), la progression reste encore lente et très éloignée de l’objectif de 2,0% fixé par les responsables monétaires suisses. Si cela n’était pas à l’ordre du jour, ce constat repousse encore davantage la perspective d’un changement d’orientation monétaire à court/ moyen terme de la part de la Banque Nationale Suisse. Le maintien de divergences monétaires entre la Suisse et la Zone Euro, lesquelles pourraient s’élargir en 2018 si la BCE annonce la fin définitive son programme quantitatif et amorce le débat d’une première hausse de taux, constitue un biais haussier important sur la paire EUR/CHF et limite de ce fait le risque de décrochage soudain du cours de change. Le franc suisse n’a pas réellement réagi à la publication de ces nouvelles statistiques d’inflation, néanmoins celles-ci pourraient conforter la stabilité de la paire EUR/CHF dans la fourchette de prix étroite de₣1,16-1,17.


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