Actualités du marché des devises

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déc. 05, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Nouveau statu quo de la RBA ce matin. L’AUD enregistre néanmoins un fort rebond et tape à la porte de son support de A$ 1,55 suite à de solides ventes au détail en octobre (voir Focus #1 du jour).
  • Après le désaccord de la veille concernant le statut juridique de la future frontière irlandaise (voir le Focus #1 de la veille), la livre sterling accuse ce matin d’importantes pertes et s’approche de £0,8850 (voir la paire du jour).
  • Après un fort rebond lundi (voir Focus #3 de la veille), le rand pourrait effacer une partie de ses gains si les chiffres de croissance au T3 indiquent, comme il l’est attendu, un ralentissement de la croissance économique dans le pays (voir Focus #3 du jour).
  • L’euro pourrait enregistrer quelques pertes aujourd’hui et être la cible de correction technique après ses importants gains de la semaine dernière. Forte contraction des ventes au détail attendue ce matin en Zone Euro (11h00).

Les trois faits marquants de la séance de lundi 4 décembre 2017 : #1 Britanniques et européens échouent à trouver un accord sur la frontière irlandaise, #2 Correction du franc suisse après son envolée de fin de semaine dernière, et #3 Large rebond du rand sud-africain alors que le pays se cherche un remplaçant à J. Zuma

#1 – Brexit (GBP) :  On le savait, la rencontre de lundi entre la première ministre britannique, Theresa May, et le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, pouvait être un tournant dans les négociations actuelles du Brexit. En cas d’accord préliminaire sur les trois prérogatives de sortie fixées par Bruxelles, la porte aurait été toute ouverte à un prochain lancement en décembre de premiers pourparlers commerciaux entre les deux camps, un souhait réclamé par Londres depuis des mois afin d’éviter une sortie brutale l’UE en 2019 aux répercussions économiques très probablement néfastes. Comme il le fut souligné dans l’édition du FX Breakfast de lundi, la problématique du statut juridique de la future frontière entre la République d’Irlande (membre de l’UE) et l’Irlande du Nord (rattaché au Royaume-Uni) demeurait le cas le plus épineux. Cela s’est encore confirmé lundi. Alors que les deux camps ne souhaitent pas installer de frontière physique dans la région, et ainsi s’éviter de réveiller de vieilles rancœurs et les fantômes d’un conflit sanglant, un désaccord subsiste sur la manière de parvenir à ce résultat. Du côté européen, on milite pour un statut spécifique de l’Irlande du Nord qui lui permettrait de rester dans le marché commun européen même une fois le Brexit effectif fin mars 2019. Cette proposition n’est pas recevable du côté des unionistes démocrates irlandais du DUP, allié politique du parti conservateur de Theresa May dont le soutien au parlement est nécessaire, sinon vital pour lui permettre de continuer de gouverner le pays (pour rappel les conservateurs ont perdu leur majorité absolue lors des dernières élections générales en juin). Conséquence de cette journée : statu quo, l’absence d’accord de principe sur les trois prérogatives de sortie (droit des citoyens européens, facture de sortie et frontière irlandaise) obscurcit un peu plus la perspective de signature d’un accord commercial avant la sortie définitive du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne

La volatilité de la livre sterling ce lundi a pris la forme d’une montagne russe. La devise britannique s’est en effet dans un premier temps fortement renforcé face à l’euro sous l’impulsion de commentaires optimistes de la part de responsables politiques européens avant le déjeuner de travail entre May et Juncker (~+0,9% face à l’euro ; point bas atteint par l’EUR/GBP à £0,8753) , puis elle a aussitôt effacé une partie de ses gains (~-0,7% face à l’euro) une fois que la confirmation d’un échec d’un accord sur la question irlandaise fut relayée par les médias. Ainsi après avoir testé le support de £0,8750 qui fait figure de plancher depuis 6 mois pour l’EUR/GBP, la paire a fait son retour au-dessus du seuil de £0,88 et s’est consolidé à ce niveau (clôture lundi à £0,8802, soit performance de -0,2% sur la séance pour l’EUR/GBP). On peut s’étonner de l’ampleur modeste de la correction compte tenu l’ultimatum fixé par Bruxelles avant ce rendez-vous décisif. Celui-ci peut s’expliquer par l’absence de certitudes sur les conséquences de ce désaccord : rupture des négociations ou poursuite des négociations avant le Sommet européen de décembre ? Il semble que les investisseurs penchent pour la seconde option…du moins refuse de croire pour le moment à la première.

#2 – Suisse (CHF) :   Le rebond de vendredi ne se sera pas prolongé ce lundi. En effet, après avoir bondi de plus de 0,8% face à l’euro lors de la dernière séance de la semaine dernière, le franc suisse a fortement corrigé ce lundi (-0,7%). Outre l’aspect technique, et un fort possible mouvement de prises de bénéfice traditionnellement observé en fin de semaine après l’atteinte de niveau clé sur une paire de change (en l’occurrence le niveau de ₣1,17 pour la paire EUR/CHF), cette inversion de tendance s’explique par un regain d’optimisme des investisseurs et le nouveau bond en avant des principaux marchés actions mondiaux après le vote ce weekend par le Sénat américain de sa version de la réforme du code fiscal américain. Cette annonce, qui se faisait attendre depuis plusieurs jours, est venue dissiper les doutes suscités par les nouveaux rebondissements et le retour dans la lumière de l’enquête sur la Russie, laquelle met en cause plusieurs proches du président américain. Derrière cette réforme se lit l’espoir des investisseurs d’un déclenchement d’un phénomène de ruissellement économique : une baisse des impôts aux Etats Unis va stimuler l’économie américaine, qui va stimuler les partenaires commerciaux des Etats Unis, qui va stimuler l’économie mondiale dans son ensemble. Cela reste bien sûr de la théorie, mais c’est le sentiment qui se dégage actuellement des marchés financiers. On aurait pu craindre que le désaccord entre britanniques et européens sur la question de la frontière irlandaise vienne perturber le rebond de la paire EUR/CHF, mais il n’en fut rien. Les investisseurs européens semblent rester encore optimistes sur la capacité des deux partis à poursuivre le dialogue et trouver un terrain d’entente final avant le Sommet européen de mi-décembre (14-15 décembre). En conclusion, le cours EUR/CHF vient de nouveau retaper à la porte de ₣1,17, toutefois les leviers de cassure durable de ce plafond apparaissent pour l’heure limités. On n’est donc pas à l’abri de revoir la paire faire le  « yoyo » cette semaine, d’autant plus que l’on attend de bons chiffres d’inflation en Suisse ce mercredi (consensus : +0,9% A/A – pic depuis mars 2011).

#3 – Afrique du Sud (ZAR) : Alors que les prochains élections générales en Afrique du Sud n’auront pas lieu avant 2019, cela n’empêche pas le parti au pouvoir ; le Congrès National Africain (ANC) ; de déjà commencer à préparer l’après Zuma. En effet, dans moins de deux semaines, l’ANC tiendra une grande conférence durant laquelle sera désigner le nouveau chef de file de la formation politique, et très probablement une des principaux candidats au poste de président de la république une fois le mandat de Jacob Zuma terminé. Le vice-président actuel, Cyril Ramaphosa, semble en très bonne position pour prendre les rênes de l’ANC, ce qui n’est pas pour déplaire aux investisseurs. Considéré comme plus favorable aux entreprises et milieux d’affaires que sa principale opposante, l’ex-femme du président et membre du gouvernement Nkosazana Dlamini-Zuma, son élection serait perçu comme un signal positif dans un pays qui tente désespérément de relancer son économie et sortir des radars des agences de notation, dont deux d’entre elles (S&P et Fitch) ont dégradé cette année la note de crédit du pays au rang d’investissement spéculatif (ou « junk bonds »). Surfant sur cet optimisme des investisseurs étrangers, le rand sud-africain a rebondi de plus de 1,7% face à l’euro lundi et atteint son plus haut niveau depuis le 20 novembre dernier (point bas recensé lundi sur l’EUR/ZAR à ZAR 15,98).

AUD

La dernière réunion monétaire de l’année de la banque centrale australienne n’a offert aucune réelle surprise. Celle-ci a opté pour un nouveau statu quo de sa politique monétaire, le 15ième d’affilée et ainsi maintenu ses taux directeurs à leur plus bas niveau actuel à 1,5%. Sans évoquer la perspective d’une prochaine hausse de taux, scénario qui vraisemblablement ne devrait pas s’observer avant la fin d’année 2018 d’après le consensus de marché actuel, le gouverneur central australien s’est montré globalement optimiste quant à une accélération à venir de la croissance et des prix dans le pays. La réduction récente du marché de l’emploi pourrait en effet se répercuter sur les salaires, lesquels stagnent depuis plusieurs mois. Néanmoins, la bonne nouvelle de la journée en Australie n’est pas venue de la banque centrale mais plutôt des nouvelles statistiques de ventes au détail dont la croissance au mois d’octobre s’est avérée bien plus importante que prévu (+0,5% M/M vs +0,3% anticipé et 0,1% en septembre). Il s’agit ici de la plus forte performance sur les 5 derniers mois, laquelle apparaît de bon augure quand on sait que la faiblesse de la consommation des ménages fut régulièrement citée ces derniers mois comme un des principaux freins à l’essor de l’économie australienne. Sous l’impulsion des commentaires positifs de la RBA et des bons chiffres de ventes au détail, le dollar australien enregistre un fort rebond ce matin (+0,7% face à l’euro) et retombe au niveau de A$1,55. Ce seuil fait office plancher technique depuis 3 semaines sur la paire de change, aussi s’il devait être brisé, le mouvement baissier actuel du cours EUR/AUD pourrait s’intensifier.

EUR, GBP et USD

L’euro, la livre sterling et le dollar américain seront tous trois sensibles aujourd’hui aux résultats des enquêtes PMI d’activité économique dans le secteur privé au mois de novembre. En Zone Euro, on pourrait voir une confirmation d’une forte accélération de l’activité de ce secteur à un plus haut depuis 6 mois (consensus : 56,2 vs 55,0 en octobre) tandis qu’à l’inverse on attend un léger ralentissement au Royaume-Uni après un pic de 6 mois atteint en octobre (consensus : 55,0 vs 55,6 en octobre). Un fléchissement devrait également être observé aux Etats Unis qui restent sur une accélération de la croissance du secteur privé à un plus haut depuis plus de 12 ans au mois d’octobre (consensus : 60,1 vs 59,0 en octobre). Si ces indicateurs seront attentivement scrutés par les marchés et pourraient donner lieu à quelques mouvements de volatilité sur les marchés des changes, il est néanmoins fort possible que ceux-ci soient éclipsés par l’actualité récente au Royaume-Uni, à savoir le désaccord entre britanniques et européens sur la question de la frontière irlandaise et ses possibles répercussions néfastes sur le Brexit. Ainsi la paire EUR/USD pourrait s’avérer davantage sensible aux différentiels de résultats de ces enquêtes en Zone Euro et aux Etats Unis, à contrario de l’EUR/GBP. La faiblesse des ventes au détail attendue en Zone Euro ce matin (consensus : -0,7% M/M) pourrait contenir les risques haussiers sur la paire EUR/USD, et au contraire assurer une consolidation de la du cours de change dans son couloir de fluctuation actuel de $1,17-1,19.

ZAR

Le pays publie ce matin ses statistiques de croissance du PIB au 3ième trimestre. Le consensus des économistes sondés en amont de ce rapport voit la dynamique annuelle, qui avait le trimestre dernier à un pic de 2 ans (1,1% A/A au T2 2017), reculer sous le niveau de 1% au T3 2017 (consensus : +0,8% A/A). Ce résultat pourrait à nouveau réveiller les inquiétudes des investisseurs à l’égard des perspectives économiques du pays, lequel peine toujours à se redresser. Sans un renforcement notable des fondamentaux économiques et stabilité politique, le pays reste toujours sous la menace de nouvelles dégradation de sa note de crédit par les agences de notation, des actions qui accentuent considérablement le profil de risque des actifs sud-africains. Après avoir testé le niveau de ZAR 16,0, le cours EUR/ZAR pourrait reprendre sa marche en avant et s’écarter à nouveau de ce seuil clé en cas de chiffres décevants de croissance en Afrique du Sud ce matin.


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