Actualités du marché des devises

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nov. 15, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort recul du dollar australien en réaction à la déception provoquée par les statistiques de croissance des salaires au T3. Pas de raisons pour la RBA d’envisager une prochaine hausse de taux (voir Focus #3 du jour). L’EUR/AUD a touché un pic depuis mai 2016 (~A$1,56).
  • Nouvelle poussée de l’euro dans la lignée de la journée d’hier. Les investisseurs semblent avoir digéré la déception causée par la réunion de la BCE et ont été rassuré par la solidité des chiffres de croissance en Allemagne (voir Focus #1 de la veille).
  • L’EUR/USD franchit ce matin $1,18 pour la 1ière fois depuis la réunion de la BCE du 26 octobre dernier. Le cours EUR/CHF approche les ₣1,17 et le cours EUR/CAD approche C$1,51.
  • Devises nordiques en souffrance face à l’euro sur fond de divergences monétaires. L’inflation en Norvège et en Suède n’est pas assez robuste pour pousser les banquiers centraux à se précipiter à rehausser leur taux directeur. La couronne norvégienne a chuté ce matin à son plus bas niveau depuis 21 mois face à l’euro (NOK 9,73)  et la couronne suédoise a chuté à un plus bas depuis 1 an (SEK 9,94).

EUR/GBP stable avant les chiffres de l’emploi. L’obstacle de £0,90 apparaît difficile à franchir. Chiffres de l’emploi à suivre ce matin (10h30).

Les trois faits marquants de la séance de mardi 14 novembre 2017 : #1 L’euro tiré vers le haut par les chiffres de croissance allemande, #2 La livre sterling pénalisée par les nouveaux chiffres d’inflation, et #3 Signes de ralentissement de l’économie chinoise

#1 – Zone Euro (EUR) :  La croissance de l’économie allemande au 3ième trimestre s’est avérée bien plus importante que prévu, cette dernière ressortant à 0,8% T/T contre 0,6% anticipé par les économistes. Il s’agit de la meilleure performance trimestrielle enregistrée par la première économie européenne depuis plus de 6 ans (performance similaire néanmoins observée au T1 2014). Souvent considérée comme la locomotive économique européenne, l’Allemagne offre ici une image rassurante et convaincante de la solidité économique de la Zone Euro, laquelle s’il est se maintient devrait constituer un environnement favorable à une réduction progressive et définitif du soutien monétaire de la part de la banque centrale européenne. Après plusieurs semaines difficiles, le temps que les investisseurs digèrent la relative déception causée par les choix de la BCE en octobre (réunion du 26 octobre), cette « étincelle » allemande est venue  rallumer une flamme d’intérêt pour l’euro. L’EUR/USD a notamment bondi de 1,1% et atteint son plus haut niveau depuis 2 semaines ½ ; au-dessus de $1,17 (pic recensé mardi à $1,1796) ; enregistrant au passage sa plus forte performance journalière depuis le 27 juin dernier et le discours de Mario Draghi à Sintra (Portugal). La paire profite en parallèle des doutes actuels des investisseurs concernant la réforme fiscale américaine, dont deux textes sensiblement différents sont actuellement étudiés par les deux chambres du Congrès américain. Mercredi matin, le cours de change poursuit sa marche en avant et franchit le seuil de $1,18. Prochaine résistance technique observée à $1,1822 et $1,1886, soit respectivement les niveaux de 50% et 61,8% du retracement de Fibonacci de la correction observée entre le 8 septembre et le 7 novembre dernier.  

#2 – Royaume-Uni (GBP) :   Alors que les économistes anticipaient une nouvelle accélération de l’inflation au Royaume-Uni au mois d’octobre (consensus : 3,1%), celle-ci est finalement restée stable à 3,0%, ce qui reste malgré tout son plus haut niveau depuis 5 ans ½.Si ce chiffre peut être interprété à travers deux grilles de lecture différentes, les deux apparaissent toutefois défavorables à la livre sterling. On peut voir le maintien d’un haut niveau d’inflation dans le pays comme le maintien d’un frein à la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat est victime d’une divergence de dynamique de croissance entre les prix (en forte hausse) et les salaires (stable). L’autre interprétation qui peut être faite est qu’en cas de stabilisation de l’inflation, même sur des niveaux très importants, la Banque d’Angleterre n’a aucune raison de revoir sa stratégie monétaire communiquée début novembre, à savoir une politique de normalisation très prudente qui pourrait se matérialiser par deux nouvelles hausses de taux lors des trois prochaines années (dixit le gouverneur central Mark Carney). La livre sterling a enregistré mardi sa deuxième séance consécutive de recul face à l’euro (-0,75% mardi, soit -1,3% depuis le début de la semaine) et chuté à son plus bas niveau depuis plus de 3 semaines (pic recensé mardi sur le cours EUR/GBP à £0,8974). Le cours EUR/GBP se rapproche tout doucement du seuil clé de £0,90 sous lequel la paire évolue depuis le 23 octobre dernier. Outre les fondamentaux économiques qui suggèrent un contexte économique morose au Royaume-Uni, la livre sterling demeure tout autant pénalisé par les incertitudes des investisseurs autour du maintien du gouvernement de Theresa May dont la légitimité est à nouveau remise en cause par les membres de sa propre formation politique, et l’absence récurrente de progrès dans les négociations sur les conditions du Brexit.  

#3 – Chine (AUD/NZD) : La salve de chiffres publiée mardi en Chine laisse à penser que les réformes et mesures mises en place pour réduire le phénomène d’endettement des entreprises et ménages chinois ont des répercussions néfastes sur l’économie, et pèsent notamment sur la croissance du pays. Les statistiques bancaires indiquent que les banques chinoises ont ralenti de manière significative leur activité de prêts aux ménages et entreprises, lesquels disposent désormais de leviers financiers moins importants pour soutenir ; via la consommation et l’investissement ; un haut niveau de croissance économique dans le pays. La production industrielle a reculé plus que prévu en octobre de 6,6% à 6,2% (consensus 6,3%), les ventes au détail ont enregistré leur plus faible niveau de croissance depuis 8 mois alors que les économistes tablaient sur une progression (10,0% A/A vs consensus 10,4% et 10,3% en septembre) et la croissance des investissements d’infrastructures urbaines a chuté à son plus bas niveau depuis plus de 17 ans (7,3% A/A vs consensus 7,4% et 7,5% en septembre). Les soubresauts de l’économie chinoise ont eu des répercussions directes sur les devises de pays dont l’activité commerciale est très largement dépendante de la santé de la Chine, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le dollar australien a reculé mardi de 1,0% face à l’euro, quant au dollar néo-zélandais il a abandonné 1,5% face à la devise européenne.

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Inflation aux Etats Unis : un grain de sable dans les plans de la Fed ?, #2 7ième trimestre consécutif de croissance au Japon…une première depuis 2001  & #3 Une croissance moins importante que prévu des salaires en Australie…l’EUR/AUD atteint un pic depuis mai 2016 (A$ 1,56)

USD

Considéré comme un fait acquis par les marchés (prob. estimée de 97% d’après l’indice CME FedWatch Tool), le scénario de hausse de taux par la réserve fédérale américaine en décembre passera cette après-midi un dernier test important : celui de l’inflation. Malgré un redressement important de l’économie américaine depuis deux trimestres, les récents progrès de l’économie américaine apparaissent néanmoins fragiles à en croire l’absence de pressions haussières sur les prix. Régulièrement cité par certains responsables monétaires américains comme un facteur justifiant une approche graduelle en matière de hausse de taux, une nouvelle évidence dans le rapport d’octobre d’une absence de signes tangibles d’accélération de l’inflation vers son objectif de long terme de 2% pourrait nourrir de nouveaux débats en amont de la dernière réunion monétaire de l’année programmée les 12 et 13 décembre prochain. Sauf décrochage de la croissance des prix, la Fed devrait sans aucun doute tenir ses engagements et procéder à un 3ième resserrement monétaire cette année, néanmoins le dollar pourrait être légèrement pénalisé par un réajustement des positions sur les marchés à terme en cas de statistiques d’inflation décevantes. Compte tenu le haut niveau de certitude actuel des marchés, l’apparition d’un grain de sable dans les rouages de la Fed pourrait faire émerger quelques doutes défavorables au dollar. En parallèle à la publication des nouvelles statistiques d’inflation, on observera également les nouveaux chiffres de ventes au détail d’octobre, lesquels ne devraient offrir aucun soutien à la devise américaine s’ils s’avèrent en ligne aux attentes (consensus : +0,0% M/M vs +1,6% en septembre).

JPY

Pour le 7ième trimestre consécutif, l’économie japonaise a enregistré une croissance positive au 3ième trimestre 2017. Une telle expansion mérite d’être soulignée puisque l’on n’en avait pas vu une aussi longue depuis 2001. Si la croissance trimestrielle au Japon est ressortie en ligne aux attentes des économistes ; à 0,3% T/T contre 0,6% au T2 2017 ; la dynamique annualisée au T3 est ressortie légèrement au-dessus du consensus (1,4% vs consensus 1,3%) et celle au T2 a été révisée à la hausse de 2,5% à 2,6%. La confirmation ici d’un redressement graduel et continu de l’économie japonaise vient offrir un peu de soutien au yen après sa dépréciation de 1% de la veille face à l’euro. La paire EUR/JPY recule ce matin de 0,2% et retourne sur des niveaux de ¥133,5. Cette accalmie pourrait néanmoins de courte durée, l’élargissement du différentiel de rendement entre la Zone Euro et le Japon en faveur des taux obligataires européens ; lesquels ont bénéficié mardi de nouveaux signaux confirmant la solidité de l’économie européenne ; maintient le cours de change sur une rampe ascendante.

AUD

La publication ce matin en Australie de chiffres de croissance des salaires moins importants qu’anticipé au 3ième trimestre - +2,0% A/A vs consensus +2,2% et +1,9% au T2 – confirme l’idée soutenue par les responsables monétaires australiens depuis plusieurs mois, selon laquelle les pressions haussières sur les prix en Australie restent très modestes faute de traction sur les salaires. Face à ce constat, la banque centrale australienne n’a aucune raison de modifier sa stratégie neutre actuelle et à envisager à court et/ou moyen terme une première hausse de taux. Dans le contexte actuelle, celle-ci ne pourrait pas avoir lieu avant 2019 si l’on se base sur les positions actuelles sur les marchés à terme. Cette divergence de positionnement en matière de politique monétaire se répercute sur les taux d’intérêt et sur les écarts de rendements (ou « spread ») avec les taux de ses homologues américains, britanniques, canadiens ou européens, qui eux à l’inverse sont engagés ou envisagent de s’engager dans une politique de réduction de leur soutien monétaire. Par ailleurs, l’économie australienne reste très vigilante, de par sa dépendance, à la santé de l’économie chinoise, qui envoient ces derniers temps quelques signes de ralentissement (voir Focus #3 de la veille). Après avoir reculé de 1% mardi, le dollar australien abandonne 0,9% ce mercredi et s’approche de ses plus bas niveaux depuis mai 2016 (A$1,56).


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