Actualités du marché des devises

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nov. 13, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Début de semaine mouvementé pour la livre sterling qui voit ressurgir de nouvelles incertitudes politiques. Une motion de censure s’organiserait contre Theresa May au sein du parti conservateur britannique (voir Focus #2 du weekend).
  • La livre recule de 0,7-0,8% face à l’euro et fait son retour ce matin au-dessus du seuil de £0,89.
  • Léger recul de la paire EUR/USD sur fond de léger rebond du dollar US après avoir enregistré sa plus mauvaise performance hebdomadaire sur les 4 dernières semaines. La paire devrait rester sensible aux débats sur la réforme fiscale américaine et aux nouveaux chiffres d’inflation aux Etats Unis (voir Focus #1 de la semaine). Le cours de change recule sous le niveau de $1,1650 ce matin.
  • Important recul du rand sud-africain qui reste pénalisé par les craintes de nouvelle dégradation de la note de crédit du pays par les agences de notation. Le cours EUR/ZAR a atteint ce matin son plus haut niveau depuis plus de 16 mois à ZAR 16,89.
  • Léger rebond du yen japonais de 0,2% face à l’euro (¥132,1) alors que Donald Trump conclut aujourd’hui son voyage diplomatique en Asie.

 Les trois faits marquants de la séance de vendredi 10 novembre 2017 / du weekend : #1 L’Union Européenne entrevoit un Brexit sans accord, #2 Theresa May de nouveau fragilisée en interne, et #3 Le premier ministre australien perd sa majorité parlementaire

#1 – Brexit (EUR & GBP) :  Le négociateur en chef de l’Union Européenne (UE), Michel Barnier, a évoqué pour la première fois ce weekend, dans un entretien à l’hebdomadaire français le Journal du Dimanche, la possibilité qu’aucun accord soit conclu avec le Royaume-Uni à l’issue des négociations sur le Brexit. Bien que ce scénario ne soit pas souhaitable, on commence du côté européen à l’envisager et à s’y préparer. Sans accord trouvé avant le 29 mars 2019 à 23h00, date officielle de sortie du Royaume-Uni, les futures relations commerciales entre les deux zones seront alors régies par les règles fixées par l’OMC. À l’issue du nouveau tour de table organisé la semaine dernière, le 6ième depuis l’activation de l’article 50 par la première ministre britannique, l’UE a lancé un ultimatum et donnée deux semaines à Londres pour clarifier ses engagements sur les conditions de sortie, sans quoi l’ouverture des tractations commerciales, vivement souhaitée du côté britannique, seraient repoussées à février, voire mars 2018 selon un haut diplomate européen. Ce risque est d’autant plus palpable alors que du côté britannique, on refuse toujours de se plier aux exigences européennes. Ce dimanche, le ministre du Brexit, David Davis, a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de présenter un chiffre ou une formule de calcul concernant le montant de la facture de sortie censée compenser les engagements financiers britannique dans le budget européen courant jusqu’à 2020. La première ministre refuse toujours pour le moment de payer un chèque sans connaître les termes de la future relation entre Londres et Bruxelles.

#2 – Royaume-Uni (GBP) :   La frustration suscitée par la lenteur des négociations sur le Brexit, mais également la multiplication de scandales politiques au sein du gouvernement britannique ; dont deux membres éminents ont dû en l’espace d’une semaine se résigner à quitter leur fonction ; viennent nourrir une grogne interne au sein du parti conservateur. Cible de toutes les critiques, la première ministre britannique Theresa May est jugée responsable de cette situation qui, selon certains responsables politiques, pourrait mener le pays à la catastrophe économique. Est-elle toujours la personne de la situation pour gérer une transition historique ? La question, déjà évoquée après la perte de la majorité absolue lors des élections anticipées de juin, se pose à nouveau parmi les conservateurs qui voient actuellement l’opinion se tourner et adhérer aux idées du camp de l’opposition travailliste. Plusieurs médias ont ainsi révélé ce weekend qu’une tentative de coup, destiné à pousser Theresa May vers la sortie, s’organisait chez les conservateurs. 40 responsables de la formation politique seraient ainsi prêt à signer une motion de censure à l’encontre de la première ministre, un nombre néanmoins encore insuffisant pour provoquer un vote interne, le seuil effectif étant de 48. Le retour des incertitudes politiques, dans un contexte économique toujours très dégradé, vient ce lundi matin accentuer la défiance générale des investisseurs à l’égard des actifs britanniques, et notamment de la livre sterling. La devise britannique recule, avant l’ouverture des marchés européens, de près de 0,6% face à l’euro et est à nouveau aux portes du seuil de £0,89.     

#3 – Australie (AUD) : En plein débat sur la double nationalité ; une clause de la constitution de 1901 empêchant tout responsable politique australien d’être originaire de deux pays différents ; un représentant du parti du premier ministre australien Malcom Turnbull a quitté ses fonctions vendredi, laissant le parti au pouvoir désormais sans majorité au parlement (74 sièges sur 150 au sein de la Chambre des représentants). Dans ce contexte, il existe un risque que l’opposition s’organise pour bloquer les réformes et décisions du gouvernement australien durant la période de temps qui sépare l’organisation d’élections partielles, normalement programmées dans les prochaines semaines. Le dollar australien a reculé vendredi de près de 0,5% face à l’euro et fait son retour, à cette occasion, au-dessus du seuil de A$1,52 (pic recensé à A$1,5233).

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Inflation aux Etats Unis (15 novembre) : un grain de sable dans les plans de la Fed ? , #2 Quelle dynamique pour l’économie britannique au T4 ? Inflation, emploi et ventes au détail à suivre (14-16 novembre)   & #3 Chiffres de PIB au T3 2017 en pagaille : Allemagne, Norvège, pays d’Europe de l’Est et Zone Euro (14 novembre), et également Japon (15 novembre) .

USD

Une hausse de taux en décembre apparaît depuis des semaines comme un fait acquis au sein des marchés financiers (probabilité implicite de 97% selon l’indice CME FedWatch Tool basé sur les prix des contrats à terme sur les taux de la Fed), la bonne dynamique de la croissance économique américaine ; supérieure ou égale à 3% depuis deux trimestres ; et les progrès continus du marché de l’emploi demeurant de sérieux arguments justifiant un tel scénario. Cependant un élément pourrait venir assombrir cette perspective : l’absence de signaux d’accélération de l’inflation. Qualifié de « mystérieux » et « éphémère » par la présidente de la Fed Janet Yellen, le manque de vigueur de l’inflation aux Etats Unis reste un sujet d’inquiétude récurrent chez les responsables monétaires américains. L’absence de pressions inflationnistes est en effet régulièrement citée comme une source d’incertitude nécessitant l’adoption d’une approche prudente et graduelle en matière de hausse de taux. C’est dans ce contexte particulier que les nouvelles statistiques d’inflation du mois d’octobre, les dernières à la disposition des membres de la Fed lorsqu’ils se réuniront en décembre pour leur dernière réunion de l’année, seront observées ce mercredi 15 novembre (14h30). La médiane des projections des économistes sondés en amont de ce rapport estime que la dynamique annuelle de l’indice général pourrait reculer de 2,2% à 2,0%, tandis que celle de l’indice de prix de base resterait coincée ; pour le 6ième mois consécutif ; à son plus bas niveau depuis plus de 2 ans à 1,7%. Si ces projections se matérialisent ou si le recul de la dynamique des prix à la consommation aux Etats Unis s’avère plus important que prévu, dès lors le dollar américain pourrait être pénalisé par un réajustement des positions des investisseurs sur les marchés à terme, et l’émergence d’une pointe d’inquiétude à l’égard de la décision prise en décembre.

Parallèlement aux spéculations d’ordre monétaire en marge des nouveaux chiffres d’inflation, la devise américaine restera tout aussi sensible aux débats parlementaires autour du processus d’adoption de la réforme fiscale alors qu’un vote est prévu ce jeudi au sein de la Chambre des représentants. Le dollar a subi la semaine dernière sa plus mauvaise performance hebdomadaire en quatre semaines sur fond de craintes des investisseurs de voir la réforme fiscale bloquée au Congrès. Les versions du projet de loi dévoilées par la Chambre des représentants et le Sénat s’avèrent sensiblement différentes sur certains aspects.

GBP

L’économie britannique a enregistré un rebond modeste de 0,4% au troisième trimestre, une performance légèrement supérieure à celle entrevue au premier semestre 2017 mais néanmoins inférieure aux standards observés avant l’annonce du Brexit. Doit-on y voir les signes avant-coureur d’un redressement économique ? Difficile à ce stade de tirer des conclusions hâtives, la consommation des ménages restant toujours handicapée par une réduction du pouvoir d’achat relative à un niveau d’inflation extrêmement haut (3% en septembre) et les investissements des entreprises demeurant gelés compte tenu l’absence de certitudes concernant les conditions de sortie du pays hors de l’Union Européenne. De nouveaux éléments de réponse concernant l’état de l’économie britannique seront apportés cette semaine avec la publication des premiers chiffres majeurs au 4ième trimestre. Les publications consécutives des statistiques d’inflation (mardi), d’emploi (mercredi) et ventes au détail (jeudi) pourraient venir le pessimisme global des investisseurs à l’égard des perspectives économiques britanniques, et offrir de nouveaux arguments pour réduire l’exposition en livre sterling. Si l’on se base sur les projections des économistes, l’inflation pourrait en octobre dépasser le seuil de 3,0% pour la première fois depuis mars 2012 (consensus : 3,1%), la croissance des salaires devrait quant à elle rester stable (légère augmentation des salaires hors bonus mais recul des salaires incluant bonus) et la croissance des ventes au détail est attendue quasi-nulle en octobre malgré la forte contraction observée en septembre (consensus : +0,1% M/M). Sur le reculoir en ce début de semaine suite aux révélations ce weekend que Theresa May était à nouveau poussée vers la sortie (voir Focus #2 du weekend), la livre sterling pourrait accuser davantage de pertes si les statistiques économiques s’avèrent décevantes. Les spéculations monétaires, qui ont assuré le soutien de la valorisation de la livre sterling ces dernières semaines, devraient rester muettes malgré une possible accélération de l’inflation. La Banque d’Angleterre a été claire lors de sa dernière réunion monétaire début novembre qu’elle n’avait en aucun cas l’intention de rehausser à nouveau ses taux d’intérêt avant une certain temps, cela malgré une possible hausse continue des niveaux d’inflation dans le pays dans les prochains mois.

PIB T3 2017

Plusieurs pays publieront cette semaine leurs statistiques de PIB au 3ième trimestre, offrant ainsi l’occasion aux investisseurs d’évaluer la dynamique de croissance économique dans ces pays et d’ajuster ; à la hausse comme à la baisse ; leurs positions sur certaines devises. La journée de mardi sera la plus chargée avec la publication de statistiques dans de nombreux pays ou régions tels que l’Allemagne, la Norvège, la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque ou encore la Zone Euro, laquelle publiera une seconde estimation des premiers chiffres parus quelques semaines auparavant. Les chiffres de croissance dans les pays d’Europe de l’Est seront particulièrement observés, de bons fondamentaux économiques demeurant aux yeux des observateurs la condition sine qua non aux premières (Pologne, Hongrie) ou nouvelles (République Tchèque) hausses de taux en 2018. Face à la relative absence de pressions acheteuses sur l’euro, les devises de ces pays de l’Est pourraient profiter des conditions actuelles et se renforcer, de manière plus ou moins importante, face à la devise européenne si les chiffres publiés ce mardi suggèrent une accélération, ou du moins une solide dynamique de croissance dans ces pays.

Les évènements clés à suivre ce lundi 13 novembre 2017:  

  • Le président américain conclut aujourd’hui aux Philippines son voyage diplomatique de 12 jours en Asie. Sa dernière journée sur le continent est marquée par sa participation au Sommet de l’ASEAN.   
  • Première estimation de croissance au T3 2017 en Russie à suivre cette après-midi (14h00).
  • Situation politique au Royaume-Uni à suivre alors que le leadership de Theresa May est à nouveau fortement contesté en interne.  
  • Poursuite des débats aux Etats Unis sur la réforme fiscale.

La paire à suivre ce lundi 13 novembre 2017 : EUR/GBP -  Theresa May sur la sellette, la livre sterling à nouveau handicapée par le retour de troubles politiques au Royaume-Uni

 


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