Actualités du marché des devises

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nov. 03, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Le dollar australien recule de 0,4% à A$1,5170 en réaction à des chiffres de ventes au détail décevants (+0,0% M/M vs consensus +0,4%). >
  • Faible volatilité en Asie au niveau des devises du G10.
  • La livre sterling panse ses plaies (+0,1% à £0,8920) après avoir enregistré la plus forte chute en séance depuis un an face à l’euro (-1,75% / voir Focus #1 de la veille).
  • Bon accueil en Asie de la nomination de J. Powell comme nouveau président de la Fed. Signe de continuité. Le dollar progresse de 0,1% et l’EUR/USD retombe sous $1,1650.
  • Léger rebond du yen et du franc suisse ce matin alors que Donald Trump s’envolera dès ce soir en Asie Pacifique (1ière étape au Japon) pour un voyage diplomatique de 12j.

#1 – Royaume-Uni (GBP) : La majorité des observateurs l’attendait, et elle a finalement eu lieu. La Banque d’Angleterre a décidé à l’unanimité (7 votes pour vs 2 contre) de rehausser son taux directeur, alors à un plus bas historique, de 0,25% à 0,50%. Plus que cette annonce, qui se veut malgré tout historique puisque la banque centrale britannique n’avait plus réalisé une telle action depuis plus de 10 ans, les investisseurs scrutaient la signification que la banque voulait bien donner à cette hausse de taux. S’agissait-il d’une simple hausse « mécanique » sans véritable lendemain ou des prémisses d’un nouveau cycle monétaire ? C’est le premier scénario qui a été retenu. Ce retour des taux d’intérêt au niveau auquel ils étaient avant le Brexit répond à un contexte inflationniste complètement décorrélé du contexte économique, actuellement morose. Un resserrement des conditions monétaires apparaissait pour les banquiers centraux britanniques indispensable pour venir réfréner la dynamique d’inflation au Royaume-Uni qui aux yeux de la banque pourrait dépasser les 3,0% dans les prochains mois (niveau de 3,0% en septembre – plus haut depuis 5 ans ½) et surtout comprime le pouvoir d’achat des ménages. Pour le gouverneur central, Mark Carney, le pays pourrait accueillir deux nouvelles hausses de taux lors des trois prochaines années afin de ramener l’inflation vers l’objectif de 2,0% que la banque a fixé comme objectif. Par ces propos, il confirme bien que la Banque d’Angleterre n’a en aucun cas entamé jeudi une sortie de son cycle monétaire accommodant, la date d’une prochaine hausse de taux n’étant clairement pas imminente.

 C’est la déception qui a primé chez les investisseurs lors de l’accueil de la décision de la Banque d’Angleterre, puis en réaction aux propos de Mark Carney confirmant que cette hausse de taux ne présageait en aucun cas d’un nouveau cycle monétaire. Après s’être significativement apprécié lors des dernières séances - +2,7% face à l’euro entre le 19 et le 31 octobre - sous l’influence notamment des spéculations autour de cette décision, la livre sterling a enregistré jeudi sa plus forte chute en séance face à l’euro depuis plus d’un an (octobre 2016). La devise britannique a reculé de 1,75% et fait son retour au-dessus de la barrière de £0,89, seuil qu’elle avait quitté la semaine dernière.

#2 – Etats Unis (USD) : Le dévoilement par les républicains de la version finale du texte de réforme du code fiscal a réveillé de nouvelles craintes chez les investisseurs. Initialement prévu mercredi, son report d’un jour avait déjà suscité quelques interrogations sur la capacité des parlementaires républicains ; qui disposent pourtant d’une majorité au sein des deux chambres du Congrès ; à s’entendre et s’unir pour assurer l’adoption de cette réforme clé du programme économique du président.  À la lecture de ce texte, on n’observe aucun changement majeur par rapport aux grandes lignes qui avaient été jusqu’à présent publiées dans la presse. Le taux d’imposition sur le revenu des entreprises est bien réduit de 35% à 20% et le nombre de paliers fiscaux concernant l’impôt sur le revenu des ménages est bien réduit de 7 à 3. Sur ce dernier point, on note néanmoins que le palier maximal reste inchangé à 39,6% alors qu’il avait été initialement été évoquée une possible réduction à 35%. Ce texte a cependant reçu un accueil très mitigé de la part des investisseurs, et le dollar a chuté à son plus bas niveau depuis une semaine face à l’euro (point haut recensé à $1,1687 ce jeudi).Des doutes demeurent sur l’adoption rapide de la réforme dans sa version initiale alors que le texte ne fournit aucun détail sur les facteurs censés limiter une hausse de l’endettement national (coût de la réforme estimé à $6Trn sur 10 ans) et qu’il n’apparaît pas évident que le texte reçoit l’aval de l’ensemble des membres du camp républicain. Certains parlementaires semblaient réfractaires à l’idée de supprimer un ensemble de niches fiscales. Par ailleurs, la Maison Blanche aimerait que le texte soit adopté avant les congés de Thanksgiving qui débuteront le 23 novembre prochain. Le timing semble un peu court pour une réforme aussi importante.

Le dollar a finalement effacé une partie de ses pertes en fin de séance américaine sous l’impulsion d’un optimisme des marchés en amont des chiffres de l’emploi qui seront publiés vendredi et s’annoncent très bons (consensus : +310k vs -33k en septembre) et en réaction à la nomination officielle de Jerome Powell à la tête de la Fed, en tant que successeur de Janet Yellen à la fin de son mandat en février prochain. Son arrivée devrait assurer une stabilité et continuité de la politique monétaire menée actuellement, c’est-à-dire une approche graduelle en matière de hausse de taux. Le cours EUR/USD engrange finalement un rebond de plus de 0,3% sur la séance de jeudi, et fait son retour au-dessus du seuil de $1,1650.

#3 – République Tchèque (CZK) : Sur la base de solides fondamentaux économiques, les banquiers centraux tchèques ont décidé de rehausser leur taux d’intérêt ; pour la seconde fois en 2017 ; de 0,25% à 0,50%. Si ces derniers ont évoqué une possible hausse plus importante, ils ont finalement à l’unanimité jugé plus judicieux d’opter pour un resserrement monétaire plus modeste. Anticipé par l’ensemble des économistes sondé en amont de cette réunion, cette hausse de taux était déjà intégrée dans la valorisation de la couronne tchèque. Dans ce contexte, les investisseurs étaient principalement focalisés sur les détails de la future ligne directrice monétaire de la banque, et attendaient leur dévoilement avant de prendre de nouvelles positions. Les projections monétaires publiées par les banquiers centraux tchèques signalent un taux directeur moyen à 0,9% en 2018, ce qui suggère une seule hausse de taux l’année prochaine. Compte tenu des fondamentaux économiques robustes du pays – croissance attendue supérieure à 4% cette année, plus bas taux de chômage au sein de l’UE, plus forte croissance des salaires depuis 10 ans, inflation supérieure à 2,0% - les marchés anticipaient un cycle de normalisation monétaire bien plus agressif, d’où le sentiment de déception qui s’est emparé des marchés à l’accueil de la nouvelle. La couronne tchèque a enregistré jeudi sa seconde plus forte chute en séance face à l’euro depuis plus de deux ans (-0,47%). Après avoir chuté à un plus bas depuis 4 ans en amont de la décision, le cours EUR/CZK a rebondi au-dessus du seuil de CZK 25,7 et atteint son plus haut niveau sur les 2 dernières semaines (point haut recensé à CZK 25,74).

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de vendredi 3 novembre – #1 Un robuste rapport sur l’emploi attendu aux Etats Unis (13h30), #2 Chiffres de l’emploi & balance commerciale au Canada (13h30) & #3 Enquête d’activité du secteur privé britannique (10h30)

USD

#1 – Etats Unis (USD)   :  En début d’après-midi, les Etats Unis publieront leurs nouveaux chiffres de créations d’emploi. Ceux-ci sont attendus en très forte hausse (consensus : +310k vs -33k), grâce à un effet de décalage avec le mois précédent dû au passage des ouragans Harvey et Irma sur les côtes littorales américaines. Pour rappel, le pays avait enregistré en septembre dernier, pour la première en 7 ans, des suppressions d’emploi de l’ordre de 33 000. Ce rapport avait notamment mis en lumière le nombre impressionnant de 1,5Mln de personnes qui avaient indiqué ne pas avoir travaillé en septembre à cause des conditions météorologiques. S’il ne fallait pas surinterpréter les chiffres du précédent rapport, ce large rebond attendu du volume de créations d’emploi ne doit pas l’être également. Il viendrait néanmoins confirmer la bonne santé actuelle du marché de l’emploi américain. Mais comme lors des précédents rapports, ce sont vers les chiffres de croissance des salaires que les regards devraient principalement se tourner (consensus : +0,2% M/M & 2,7% A/A vs +0,5% & 2,9% en septembre). Malgré un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 16 ans (4,2% en septembre), les pressions haussières sur les salaires restent toujours modestes et limitent une accélération de l’inflation dans le pays. Une situation qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la banque centrale américaine, et qui pourrait à terme freiner le rythme d’expansion des taux d’intérêt américains. Malgré de solides créations d’emploi, une croissance des salaires jugée trop modeste par les investisseurs pourrait susciter un nouveau mouvement de recul du dollar américain. L’occasion de revoir l’EUR/USD au-dessus de $1,17 ? Réponse à 13h30.

CAD

#2 – Canada (CAD) :  En début d’après-midi, le Canada publiera en même temps ses nouveaux chiffres de l’emploi et les statistiques de sa balance commerciale. Les économistes tablent sur une hausse modeste du nombre de créations d’emploi en octobre (consensus = +15k vs +10k en septembre) et un maintien du taux de chômage ; pour le troisième mois consécutif ; à son plus bas niveau depuis 9 ans de 6,2%. Le déficit commercial pourrait s’être légèrement réduit au mois de septembre (consensus = -C$3,0Mds vs -C$3,4Mds en août). De bons fondamentaux économiques au Canada pourraient venir légèrement renforcer le dollar canadien et renvoyer le cours EUR/CAD tester le support de C$1,49, tandis qu’à l’inverse une nouvelle déception renverrait la paire vers C$1,50. Néanmoins, à moins d’une très large surprise au niveau de ces chiffres, positive comme négative, le cours EUR/CAD devrait clôturer la semaine au sein de la fourchette de prix de C$1,4850-1,5050.

GBP

#3 –  Royaume-Uni (GBP):  Après la déception de la veille causée par la Banque d’Angleterre, les investisseurs chercheront à trouver un peu de réconfort dans les fondamentaux économiques. Pas si sûr qu’ils parviennent à leur fin. L’enquête PMI publiée ce matin pourrait signaler un léger ralentissement de l’activité du secteur privé au Royaume-Uni au mois d’octobre (consensus = 53,3 vs 53,6 en septembre). Ce serait l’un des plus faibles niveaux de croissance de ce secteur ; moteur de l’économie britannique ; sur les douze derniers mois. Un tel constat pourrait conforter les investisseurs à rester éloignés de la livre sterling et permettre au cours EUR/GBP de se consolider au-dessus du seuil de £0,89.


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