Actualités du marché des devises

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nov. 02, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Hausse de l’EUR/USD (+0,2% à $1,1640) en amont de l’annonce de la nomination du futur président de la Fed (18h00 – voir Focus #2 du jour). Situation politique en Espagne à suivre : C. Puigdemont est attendue ce jeudi par la Haute cour d’Espagne, injonction à laquelle il ne pourrait pas répondre.
  • Extension du rebond du rand sud-africain (+0,4% à ZAR 16,27) et du dollar australien (+0,2% à A$1,51) après le statu quo monétaire de la Fed (voir Focus #2 et #3 de la veille).
  • Léger recul de la livre sterling avant la décision de la Banque d’Angleterre (13h00) qui pourrait annoncer sa 1ière hausse de taux en 10 ans (voir Focus #1 du jour).
  • La couronne tchèque oscille autour de ses plus bas niveaux depuis octobre 2013 en amont de la réunion de la banque centrale tchèque. Une hausse de taux est attendue (voir Focus #3 du jour).

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 1er novembre 2017 : #1 Statu quo sans surprise de la Fed & réforme fiscale décalée à jeudi, #2 Sursaut du rand africain…point d’entrée attractif observé par les investisseurs , et #3 Le dollar australien stimulé par les prix des métaux de base (nickel & cuivre)

#1 – Etats Unis (USD) : C’est sans surprise que la réserve fédérale américaine a décidé à l’unanimité de maintenir ses taux inchangés ce mercredi lors de l’avant dernière réunion monétaire de l’année, réunion en marge de laquelle aucune conférence de presse de la présidente Janet Yellen n’était programmée, ni nouvelles projections économiques publiées. La réelle surprise, s’il faut en retenir une, est le mutisme des banquiers centraux américains sur son intention de rehausser à nouveau les taux d’intérêt avant la fin de l’année, objectif inscrit à l’agenda de la Fed et confirmé en septembre dernier. Même si implicite, on aurait pu s’attendre à une référence à cet objectif, mais il n’en fut rien. Au final, le ton du communiqué officiel se veut neutre, la solidité de la croissance économique (3,0% en première estimation au T3) et du marché de l’emploi contrebalançant avec les pressions haussières toujours modestes des salaires et de l’inflation dans le pays. Comme on pouvait s’y attendre, cette réunion n’a pas réellement emballé des marchés davantage focalisés par la nomination du futur président de la Fed et le dévoilement de la version complète et détaillée du projet de réforme du code fiscal, attendus tous deux jeudi. Initialement prévue mercredi, la publication du texte final de la réforme fiscale a été finalement décalé à jeudi par la Maison Blanche, laquelle souhaitait s’offrir un jour de plus pour s’assurer l’unité du camp républicain à l’intérieur duquel quelques dissensions demeurent autour de la suppression ou non de certaines niches fiscales. Le dollar américain s’est à nouveau légèrement renforcé face à l’euro mercredi (+0,2%), néanmoins le cours EUR/USD parvient toujours à se maintenir au-dessus du seuil de $1,16.

#2 – Afrique du Sud (ZAR) : Sur la base de bonnes statistiques de ventes de voitures neuves (+0,8% en octobre), d’un rebond des prix des métaux de base comme le nickel et le cuivre et d’un regain d’intérêt des investisseurs pour les hauts rendements obligataires sud-africains, le rand a enregistré un solide rebond de 0,7% face à l’euro. Le rand bénéficie d’un contexte favorable dans lequel l’ensemble des banques centrales de pays industrialisés a adopté une approche prudente en matière de politique de hausse de taux (Canada, Zone Euro) ou décidé de repousser l’échéance (Etats Unis), mais également d’une valorisation plus attractive après s’être fortement déprécié en seconde partie du mois d’octobre (-6% face à l’euro). Le statu quo de la réserve fédérale américaine ayant été confirmé, un nouveau mouvement de « carry-trade » de la part d’investisseurs en recherche de rendement semble se confirmer, ce qui explique en partie le nouveau renforcement important du rand ce jeudi matin.

#3 – Australie (AUD) : Sous l’impulsion d’une importante hausse des prix des métaux de base, et notamment du nickel qui a atteint mercredi un pic depuis juin 2015 sur le marché des métaux de Londres (LME). Les marchés anticipent une hausse prochaine de la demande de ce métal qui demeure un composant clé des batteries en lithium insérées dans les voitures électriques, dont la production devrait fortement s’accroître dans les prochaines années. Le secteur minier occupant une place importante dans l’économie australienne, le dollar australien n’est pas resté insensible à cette hausse des prix des métaux. Le statu quo de la Fed n’est pas non plus étranger à ce renforcement, le maintien des taux inchangés aux Etats Unis assurant pendant encore un certain temps au dollar australien le statut de « devise de rendement » au sein des pays industrialisés (taux directeur australien = 1,5% vs taux directeur américain = 1,00-1,25%).  Le dollar australien s’est ainsi renforcé de 0,5% face à l’euro mercredi, et voit ses gains se renforcer ce jeudi matin peu avant l’ouverture de la séance européenne. Après avoir approché le niveau de A$1,54 la semaine dernière, le cours EUR/AUD testait jeudi matin le support de A$1,51.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 2 novembre – #1 Première hausse de taux en 10 ans attendue au Royaume-Uni (13h00), #2 Nomination du nouveau président de la Fed (18h00) et réforme fiscale dévoilée & #3 Nouvelle hausse de taux en République Tchèque ? (13h00)

USD

#1 – Royaume-Uni (USD)  Un peu plus d’un an après la dernière baisse de taux consécutive aux craintes inspirées par l’annonce du Brexit (août 2016),  le Royaume-Uni s’apprêterait à opérer à son premier resserrement monétaire en plus de 10 ans (juillet 2007).La décision sera rendue officielle à 13h00. Cette éventualité ne fait aucun doute pour l’ensemble des observateurs, Mark Carney ayant depuis plusieurs semaines préalablement préparé les marchés à cette éventualité. Le haut niveau d’inflation au Royaume-Uni ; qui comprime actuellement le pouvoir d’achat des ménages ; impacte négativement la croissance économique du pays. Néanmoins, certains économistes doutent de la pertinence de cette hausse de taux. Faute d’avancées majeures dans les négociations du Brexit qui laissent craindre une sortie du marché commun sans accord commercial avec l’Union Européenne, l’économie britannique ne semble pas avoir les reins assez solides pour digérer un nouveau cycle de normalisation monétaire. Dans ce contexte, le gouverneur central britannique pourrait adopter une approche prudente, et n’envoyer aucun signal concret d’une continuité ou non d’une nouvelle politique de hausse de taux en 2018. Une hausse jugée « mécanique » par les marchés pourrait susciter un sentiment de déception chez les investisseurs et effacer une partie des gains récents accumulés par la livre sterling. La devise britannique s’est en effet renforcée de près de 2,7% face à l’euro sur les 8 dernières séances sur fond de spéculations de hausse de taux et de soulagement face à la volonté exprimée par le camp européen d’accélérer les négociations sur le Brexit (nouveau tour de discussions programmé les 9 et 10 novembre prochain). Un discours optimiste de Mark Carney, suggérant le début d’une nouvelle politique de hausse de taux vouée à se prolonger en 2018, viendrait soutenir la dynamique haussière actuelle de la livre sterling face à l’euro. À cette occasion, le cours EUR/GBP pourrait tester le support de £0,8740, seuil au-dessus duquel la paire a régulièrement fluctué depuis juin dernier.

USD

#2 – Etats Unis (USD) :  En fin d’après-midi, sur les coups de 18h00, le président américain dévoilera le nom du successeur de Janet Yellen, dont le mandat arrive à son terme en février prochain. Selon toute vraisemblance, d’après les échos relayés par différents médias, le gouverneur et membre du conseil exécutif de la Fed, Jerome Powell serait  l’heureux élu, et préféré à l’économiste John Taylor et à la présidente actuelle. Sa nomination devrait être perçue par les investisseurs comme un signe de continuité de l’approche graduelle actuelle de la banque centrale américaine en matière de hausse de taux.  Le dollar américain pourrait subir quelques pertes sur fond de déception de la non-nomination de Taylor dont l’approche monétaire est considérée comme plus « agressive ». Néanmoins, compte tenu de l’imprévisibilité du président américain, ou encore du fait que les deux sièges de président et vice-président soient actuellement vacants, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise. Certains médias évoquaient une possible double nomination. Outre la fin de la course à la présidence de la Fed, les marchés seront également attentifs aux réactions des parlementaires à la publication du texte complet et final de la plus grande réforme fiscale opérée depuis 1986, sous la présidence de Ronald Reagan.

CZK

#3 –  République Tchèque (CZK):  Parmi les 16 économistes sondés par l’agence Reuters, tous anticipent une nouvelle hausse de taux de la part de la banque centrale tchèque après celle déjà opérée en août dernier. Ce second resserrement monétaire était à l’origine attendu en septembre, or la banque avait surpris une partie des observateurs en décidant de temporiser. Ce jeudi, sur la base de solides fondamentaux économiques, les banquiers centraux tchèques pourraient décider de rehausser les taux directeurs de 25pbs à 0,5% (consensus). Anticipant cette action, la couronne tchèque s’est déjà significativement renforcée face à l’euro et atteint mercredi un pic depuis octobre 2013 à CZK 25,547. Si la couronne tchèque pourrait accroître ses gains si cette hausse de taux est confirmée, à l’inverse d’importante perte pourrait s’observer en cas de statu quo surprise.


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