Actualités du marché des devises

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oct. 31, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Statu quo monétaire de la Banque du Japon. Pas de réels impacts sur le yen qui semble davantage se nourrir de la nouvelle agitation politique émergeant aux Etats Unis (enquête d’ingérence russe). Le cours EUR/JPY tente actuellement de s’installer sous le niveau de ¥132.
  • La livre sterling continue de bénéficier des spéculations de hausse de taux en amont de la réunion monétaire de jeudi au Royaume-Uni. La paire EUR/GBP tente de briser à nouveau le support de £0,88.
  • Mouvements divergents entre l’EUR/USD (-0,1% à $1,1640) et l’EUR/CHF (+0,2% à ₣1,1600) en amont de la vague de chiffres programmés ce matin à 11h00 en Zone Euro (PIB au T3, taux de chômage & inflation).
  • Légères pressions baissières sur le rand avant la publication des chiffres du chômage au T3. Le cours EUR/ZAR oscille autour du niveau de ZAR 16,40 ce matin.
  • Le dollar canadien reste stable à C$1,4940 avant la publication des statistiques mensuelles de PIB en début d’après-midi à 13h30. Croissance très modeste déjà anticipée.
  • Léger recul des prix du pétrole. Le Brent se maintient au-dessus des $60 tandis que l’indice WTI fait son retour à $54.

Les trois faits marquants de la séance de lundi 30 octobre 2017 : #1 La livre sterling profite des spéculations en amont de la réunion monétaire de jeudi, #2 Le dollar américain marque une pause dans son ascension, et #3 L’indice Brent consolide sa position au-dessus de $60...sans véritable effet sur les devises pétrolières que sont le CAD et la NOK

#1 – Royaume-Uni (GBP) : Profitant d’un semblant de retour au calme en Espagne et d’une actualité sur le Brexit moins dense, la séance de lundi a été marquée par une augmentation des prises de positions de la part d’investisseurs anticipant une hausse de taux ce jeudi au Royaume-Uni. La montée de l’inflation à un pic de 5 ans et demi (3,0% en septembre) et le rebond modeste de l’économie britannique au 3ième trimestre (0,4% T/T en 1ière estimation) semblent offrir un cadre suffisant et justifiant la remontée des taux directeurs à leur niveau pré-Brexit. La probabilité d’un premier resserrement monétaire en plus de 10 ans reste très importante, et est estimée à plus de 80% d’après les positions actuelles sur les marchés à terme. Cela sera-t-il suffisant pour faire décoller la livre sterling ? Pas sûr, notamment si cette hausse de taux se veut simplement « mécanique », c’est-à-dire non inscrite dans un projet de normalisation monétaire à moyen et long terme. Quoi qu’il en soit la livre sterling se nourrit de ses spéculations et a atteint lors de la séance de lundi un pic de 4 semaines face à l’euro à £0,8791. Le cours EUR/GBP s’est par la suite stabilisé et clôturé la journée sous le niveau de £0,8820 (-0,24%). On notera qu’il s’agissait de la 4ième séance consécutive de recul du cours de change EUR/GBP, soit une performance estimée à -1,5% depuis mercredi dernier.

#2 – Etats Unis (USD) : Les révélations et premières inculpations proférées ce lundi à l’encontre d’anciens membres de l’équipe de campagne de Donald Trump, à qui l’on reproche en premier lieu des faits d’ingérence avec la Russie lors des dernières élections présidentielles américaines puis de mensonges lors de leur audition par le FBI dans le cadre de l’enquête dirigé par le procureur spécial Robert Mueller, sont venues quelque peu atténuer l’enthousiasme qui se dégageait depuis quelques jours des Etats Unis, et dont le dollar américain avait pleinement profité ces derniers jours/semaines.  L’ancien directeur de campagne du président, Robert Manafort, a ainsi été poursuivi hier pour complot contre les Etats Unis, tandis que l’ancien conseiller en charge des questions de politique internationale ; George Papadopoulos ; a été mis en examen pour avoir tenté d’entraver l’enquête (fausses déclarations). Du côté de la Maison Blanche on nie tout lien de collusion avec la Russie dans le cadre de la dernière campagne électorale. Alors que l’enquête se poursuit, s’il est avéré que Donald Trump avait lui-même connaissance de ces faits dès lors son autorité et sa légitimité comme président serait hautement fragilisée. Outre ces révélations , le dollar américain a été également pénalisé par un léger sentiment de déception des investisseurs quant à la possible nomination du gouverneur Jerome Powell à la présidence de la Fed. Ayant les supposées faveurs du président américain d’après un rapport publié par l’agence Bloomberg vendredi dernier, sa nomination s’inscrirait dans un projet de continuité en matière de politique monétaire, tout le contraire de l’autre favori ; l’économiste John Taylor ; dont l’approche monétaire est plus « agressive ». Après avoir enregistré sa plus forte performance hebdomadaire de l’année, le dollar américain a reculé de près de 0,4% face à l’euro lors de la séance de lundi, le cours EUR/USD s’éloignant de ses plus bas niveaux depuis 3 mois et du seuil de $1,16 ($1,1649 en clôture ce lundi).

#3 – Pétrole (CAD & NOK) : Les prix du baril de pétrole brut ont bondi en fin de semaine dernière suite à l’annonce conjointe de l’Arabie Saoudite et de la Russie de soutenir un projet d’extension de 9 mois de la politique de quota de production pétrolière. L’indice Brent a ainsi atteint lundi son plus haut niveau depuis juillet 2015 à $61,0 tandis que l’indice WTI s’est approché de son pic de 8 mois, tout proche du seuil de $54,5. Cette poussée des prix ne semble pas avoir de véritable impacts ; du moins pour le moment ; sur les deux devises pétrolières que sont le dollar canadien et la couronne norvégienne. Toutes deux ont été les devises les moins performantes face à l’euro lors de la séance de lundi. Le dollar canadien a enregistré un recul de près de 0,6% quand la couronne norvégienne s’est ; elle ; dépréciée de 0,4% face à la devise européenne. Il semble que les investisseurs restent encore globalement déçus du manque de signaux reçus la semaine dernière de la part des responsables monétaires canadiens et norvégiens sur leur agenda monétaire de 2018. L’argument monétaire prenant le pas pour le moment sur l’argument pétrolier, ce qui explique la volatilité momentanée du dollar canadien et de la couronne norvégienne. Cet équilibre pourrait néanmoins s’inverser dans les prochaines semaines à l’approche de la réunion semi-annuelle de l’OPEP programmée le 30 novembre prochain, et à l’issue de laquelle pourrait être officialisée une extension de l’accord de quota dont l’échéance arrive à son terme en mars 2018.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de mardi 31 octobre – #1 L’euro en recherche de soutien…PIB, inflation et taux de chômage en Zone Euro (11h00), #2 La Banque du Japon maintient sa stratégie monétaire & #3 PIB mensuel d’août au Canada (13h30)

EUR

#1 – Zone Euro (EUR)   :  Fortement pénalisé ces derniers jours par la crise politique en Espagne et la politique de réduction monétaire prudente de la BCE, l’euro apparaît bien moins attractif qu’il y a quelques semaines, d’où la recherche de soutien. Celui-ci pourrait lui être offert par la lecture de bons fondamentaux économiques ce matin en Zone Euro, lesquels viendraient illustrer l’accélération du redressement économique de la région. En fin de matinée seront publiées les premières estimations de croissance au 3ième trimestre (consensus : 0,5% T/T vs 0,6% au T2), d’inflation au mois d’octobre (consensus : 1,5% A/A vs 1,5% en septembre) et de taux de chômage au mois de septembre (consensus : 9,0% vs 9,1% en août). Le soulagement à l’écart d’un contexte économique robuste en Zone Euro et d’une stabilisation apparente de la situation politique en Espagne pourraient constituer un argument favorable à de nouvelles prises de position en euro, et assurer le retour de la paire EUR/USD dans sa précédente bande de fluctuation de $1,17-1,19. Un tel retour reste néanmoins corrélé au sentiment général des marchés à l’égard des Etats Unis et du dollar qui bénéficie ces derniers temps d’un nouveau regain d’intérêt.

JPY

#2 – Japon (JPY) :  La Banque du Japon a, comme anticipé, maintenu ses taux directeurs inchangés et confirmé sa politique de plafonnement des taux d’intérêt (objectif de 0% pour les taux souverains à 10 ans). Dans le même temps, le gouverneur central a fermé la porte à toute tentative de débat portant sur une stratégie de sortie du cycle accommodant actuel de la banque, ce dernier jugeant cela encore bien trop prématuré. En renouvelant son objectif d’atteindre un niveau d’inflation de 2,0%, il semble inscrire encore un peu plus la politique monétaire actuelle dans la durée, une optique qui contraste avec les plans de ses homologues américain, canadiens ou encore européens. Cette décision n’a pas eu de grande influence sur le yen, celle-ci étant très largement anticipée par les marchés compte tenu de la dynamique d’inflation actuelle encore très éloignée de l’objectif fixé par la banque (0,7% vs 2,0%) et de la large victoire de la formation politique du premier ministre Shinzo Abe lors des élections anticipées d’octobre. Bien que sensible à la nervosité générale des marchés financiers, notamment asiatiques, le potentiel haussier du yen reste très modeste, de par les divergences d’orientation monétaire qui se dessinent entre le Japon et ses homologues. Le yen semble actuellement se nourrir du retour sur la pointe des pieds du spectre de destitution du président Donald Trump suite aux révélations et premières inculpations annoncées dans le cadre de l’enquête d’ingérence russe. Ce matin, le cours EUR/JPY oscillait de nouveau sous le seuil de ¥132 ; un support que le cours EUR/JPY tente de casser depuis plus d’un mois. La réunion de la Banque du Japon désormais derrière nous, les regards devraient progressivement se tourner sur la future arrivée du président américain sur le continent asiatique (voyage diplomatique en Asie du 3 au 14 novembre).

CAD

#3 –  Canada (CAD):  Le dollar canadien sera sensible à la publication en début d’après-midi des statistiques mensuelles de croissance du PIB au Canada. Après une croissance nulle observée au mois de juillet, les économistes tablent sur une performance tout aussi faible au mois d’août (consensus : +0,1% M/M). Ce manque de vigueur de l’économie canadienne pourrait conforter les responsables monétaires canadiens dans leur nouvelle position prudente en matière de politique monétaire. En effet, sans de signes d’accélération de l’économie, ces derniers pourraient décidés de maintenir les taux à leur niveau actuel (1,0%) pendant une période prolongée de temps. Le dollar canadien pourrait à nouveau être légèrement pénalisé en cas de statistiques décevantes, du moins confirmant la neutralité monétaire annoncée la semaine dernière par la Banque du Canada. Sauf surprise, le potentiel baissier apparaît néanmoins limité, la correction observée hier, lors d’une séance marquée par aucune annonce particulière, ressemblant à un mouvement d’anticipation de la part des investisseurs. Le cours EUR/CAD pourrait ainsi consolider sa position dans la partie haute de la fourchette de C$1,4850-1,5000, et potentiellement tenter de briser cette résistance de C$1,50 en cas de regain d’intérêt pour l’euro.


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