Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

oct. 27, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Pressions baissières sur l’EUR/USD maintenues au lendemain de la plus mauvaise performance journalière depuis 16 mois et l’annonce du Brexit (-1,4%).
  • La paire EUR/USD oscille actuellement sur ses plus bas niveaux depuis 3 mois autour de $1,1630-40 avant la décision du Sénat espagnol sur la décision de mise sous tutelle de la Catalogne (matinée) et la publication des premières estimations de PIB aux Etats Unis au T3 2017 (14h30).
  • La paire EUR/CNH teste ce matin son support technique de ¥7,75, seuil au-dessus duquel la paire a constamment évolué depuis 3 mois !
  • L’inflation de base au Japon reste stable à 0,7%, décevant légèrement les marchés qui anticipaient une accélération (consensus à 0,8%). Paire EUR/JPY stable dans un couloir de ¥132-134.
  • Après la forte correction subie la veille, l’euro se renforce légèrement ce matin face à nombreux de ses pairs tels que l’AUD (+0,2%), le CAD (+0,1%) ou la GBP (+0,2%).

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 26 octobre 2017 : #1 Un ajustement monétaire de la BCE jugé trop prudent par les marchés…Large correction de l’euro, #2 La Chambre des représentants donne son aval sur le budget…Conditions réunies pour une adoption rapide de la réforme fiscale, et #3 La banque centrale norvégienne n’envoie pas de signaux sur une prochaine hausse de taux

#1 – Zone Euro (EUR) : La banque centrale européenne a bien procédé à une importante réduction de son programme quantitatif  ; lequel sera prolongé de 9 mois à partir de janvier prochain avec un volume mensuel de rachats d’actifs réduit de moitié de €60Mds à €30Mds ; cependant comme il l’était évoqué et craint en amont de cette réunion, cette dernière se laisse l’option de prolonger ou d’augmenter à nouveau ce programme si « les conditions le nécessitent ». Le choix de ne pas statuer sur la date de fin définitive de son programme, bien que compréhensible compte tenu de l’absence de signaux suggérant une accélération durable de l’inflation vers son objectif de long terme de 2%, a généré une large déception des acteurs de marché qui jugent cette stratégie (trop ?) prudent. Sachant que Mario Draghi a de nouveau insisté lors de sa conférence de presse sur l’idée que les taux directeurs resteraient inchangés « bien au-delà » de la fin du programme quantitatif, de ce fait le manque de certitude sur la fin réelle de la politique de rachats d’actifs freine toute prise de position et de spéculations sur la date de la première hausse de taux en Zone Euro. Alors que les plus optimistes l’anticipaient au début d’année 2019, celle-ci pourrait finalement voir le jour qu’en 2020. Cela reste bien sûr pour le moment très hypothétique, la BCE ne souhaitant pas communiquer pour le moment sur ce thème. Sans ces forces tractrices, qui maintenaient ces derniers jours/semaines l’euro à flot, la devise européenne apparaît désormais bien plus sensible aux incertitudes politiques en provenance d’Espagne ou aux « spread » obligataires (écarts de rendements entre les taux souverains de même maturité de deux pays différents). Ce dernier paramètre redevient peu à peu un facteur de volatilité important, notamment sur la paire EUR/USD alors que l’on reparle sur les marchés des changes d’un possible accroissement des divergences monétaires en cas de nomination d’un nouveau président à la tête de la Fed favorable à une accélération du rythme de hausse de taux aux Etats Unis. 

Après avoir enregistré un important rebond lors des séances de mardi et mercredi, l’euro a effacé une partie de ses récents gains et enregistré une correction importante face à nombreux de ses pairs tels que le dollar américain, le yuan, le yen ou encore le dollar canadien. Les pertes les plus importantes ont été recensées face au dollar américain (-1,37% ou la plus forte chute depuis 16 mois), lequel a bénéficié après coup de l’optimisme généré les avancées sur le projet de réforme fiscale (voir Focus #2) et très certainement de mouvements d’anticipation avant la publication vendredi après-midi des premières estimations de croissance américaine au T3 2017. Dans le même temps, l’euro reste sous la pression d’une détérioration de la situation politique en Espagne alors qu’une mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement de Madrid pourrait être autorisée par le Sénat vendredi matin.

#2 – Etats Unis (USD) : Une semaine jour pour jour après le Sénat, la Chambre des représentants a voté ; à 216 voix pour et 212 voix contre ; la résolution budgétaire offrant au gouvernement américain un levier de $4,0trn sur l’année fiscale 2018 dont $1,5Trn seront alloués au financement des baisses d’impôt dans le pays. Encore plus important, cette résolution autorise une procédure simplifiée du prochain vote sur la réforme fiscale. Cela signifie concrètement que seule une majorité simple sera nécessaire pour adopter ce projet de loi, soit seulement 51 voix au Sénat contre 60 voix auparavant. Cela devrait faciliter la tâche des républicains qui disposent d’une courte majorité au Sénat (52 sièges vs 48 aux républicains) et qui peine ces derniers mois à faire preuve dans leurs rangs d’une unité politique. Donald Trump s’est félicité de ce vote qu’il a qualifié de « grande nouvelle ». Alors qu’une commission spécifique devrait se pencher dans les prochains jours sur l’écriture finale du texte de loi, les conditions semblent réunies pour voir d’ici la fin de l’année, ce que l’on croyait une chimère devenir réel, bien réel. Les investisseurs ont positivement accueilli la nouvelle et engendré de nouvelles prises de positions acheteuses de dollar américain. Si elle doit encore faire ses preuves, le projet de réductions massives des impôts des entreprises et ménages est supposé stimuler significativement la croissance économique américaine, et par corollaire potentiellement favoriser une politique de normalisation monétaire plus agressive, et cela quel que soit la personne à la tête de la Fed l’année prochaine (fin de mandat de J. Yellen en février 2018). On peut également voir dans cet important rebond du dollar face à l’euro (plus gros mouvement journalier depuis le Brexit fin juin 2016) un peu d’anticipations des marchés avant la publication des premiers chiffres de croissance américaine au 3ième trimestre qui sont attendus plutôt bons.

#3 – Norvège (NOK) :  Dans son communiqué officiel, la banque centrale norvégienne laisse entendre que les conditions économiques et financières sont restées assez semblables à celles observés en septembre d’où le choix unanime de maintenir les taux inchangés. En faisant le choix d’une communication courte et neutre n’offrant aucun signal sur l’agenda monétaire ou la future stratégie de la banque, tout porte à croire que les débats autour d’une prochaine hausse de taux ne sont pas pour l’heure à l’ordre du jour au sein de la Norges Bank. Face à ce constat, et compte tenu des perspectives économiques actuelles, les taux directeurs pourraient rester à leur plus bas niveau historique pendant un certain temps, du moins potentiellement pendant une bonne partie du premier semestre 2018. La couronne norvégienne fut l’une des rares devises, avec la couronne suédoise elle-aussi victime de la communication prudente de la banque centrale, à sous-performer face à l’euro malgré la déception causée par la BCE. La paire EUR/NOK a ainsi enregistré un rebond de plus de 0,5% et atteint un nouveau pic de plus de 3 mois (NOK 9,5371 ou le plus haut niveau observé depuis le 10 juillet dernier).

Les trois évènements clés à suivre ce vendredi 27 octobre 2017 – #1 Le Sénat espagnol rend son verdict sur l’activation de l’article 155, #2 Accélération de l’économie américaine confirmée ?? 1ières estimation du PIB au T3 2017 (14h30) & #3 Inflation au Japon

EUR

#1 – Espagne (EUR)   :  Dans un désir de rétablissement de l’ordre dans le pays, et face au refus des leaders catalans de revenir dans le cadre de la loi et d’abandonner leurs velléités d’indépendance, Madrid a activé l’article 155 de la Constitution espagnole. Cette requête a été examinée jeudi après-midi par une commission spéciale au Sénat, laquelle rendra son verdict vendredi matin à l’occasion de la séance parlementaire qui débutera à 10h00. Si celle-ci est autorisée, ce qui semble se dessiner, la Catalogne perdrait temporairement son autonomie et serait placée sous l’autorité directe du gouvernement espagnol. Cela implique une destitution du gouvernement catalan dirigé actuellement par Carles Puigdemont, une mise sous tutelle des activités du parlement régional, une perte d’autonomie pour les forces de police et médias publics régionaux et un contrôle du ministère des finances sur l’utilisation des recettes fiscales de la région afin que celles-ci ne financent pas des activités sécessionnistes. La réponse des leaders politiques catalans, qui dénoncent une tentative de « coup d’Etat » de Madrid, pourraient être immédiates et une indépendance unilatérale de la Catalogne pourrait être alors proclamée. Peu affectée ces derniers jours par ce conflit, la faute à l’approche de la réunion de la BCE en amont de laquelle beaucoup de spéculations furent observées, l’euro apparaît en cette fin de semaine plus vulnérable(voir Focus #1 de la veille) et fait à nouveau l’objet de vives craintes des investisseurs à l’égard de ce conflit qui, outre ses éventuels impacts économiques néfastes sur l’ensemble de la Zone Euro, pourrait réveiller de vieux démons dans une zone où les mouvements contestataires et nationalistes ont le vent en poupe. L’EUR/USD poursuit sa chute ce vendredi et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 3 mois !

USD

#2 – Etats Unis (USD) :  Après un rebond de 3,1% au second trimestre, l’économie américaine devrait confirmer son redressement et enregistrer une solide croissance de 2,5% au troisième trimestre si l’on se base sur la médiane des projections des économistes sondés par Reuters. S’il semble que les catastrophes météorologiques, qui ont frappé les Etats Unis sur cette période, n’ont eu qu’un impact mineur sur la dynamique de croissance générale du pays, la lecture de ces statistiques nous offriront davantage de précisions sur le sujet, et viendront confirmer ou infirmer cette hypothèse. Une solide performance de l’économie américaine conforterait les plans de la présidente de la banque fédérale américaine de rehausser les taux d’intérêt une nouvelle fois avant la fin de l’année. Un scénario toutefois déjà amplement intégré par les marchés (probabilité de réalisation estimée à 98% d’après l’indice CME FedWatch Tool). Ces premières estimations seront publiées en début d’après-midi à 14h30. Le dollar américain, qui depuis hier est sur une pente ascendante sous l’impulsion notamment d’une hausse importante des taux obligataires (taux 10 ans américains à un pic de 7 mois), pourrait engranger de nouveaux gains si les estimations de croissance confirment une bonne dynamique actuelle de l’économie américaine.

JPY

#3 –  Japon (JPY):  Attendue en hausse, la dynamique annuelle de l’indice d’inflation de base au Japon est finalement restée stable au mois de septembre à 0,7% (vs 0,8% consensus), se maintenant à son plus haut niveau depuis plus de 2 ans. Cette pause surprise des pressions haussières des prix à la consommation devrait conforter l’idée d’un maintien prolongé d’une politique monétaire ultra-accommodante au Japon. Dans ce contexte, la déception de la réunion de la BCE passée, le risque baissier de la paire EUR/JPY apparaît contenu dans le sens où dans ce cas précis la prudence de la BCE ne joue pas en la défaveur de l’euro. Néanmoins la paire de change reste sous la menace d’un retour de tensions politiques/géopolitiques mondiales alors que Donald Trump s’apprête à effectuer sa première tournée en Asie début novembre, et que la crise politique Espagne reste un biais baissier important pour l’euro. Si le cours de change a fait son retour hier sous le niveau de ¥134, après avoir atteint un pic de près de 2 ans en début de semaine (¥134,48), celui-ci reste néanmoins toujours fortement valorisé et se maintient dans le couloir étroit, dans lequel il évolue depuis plus d’un mois, de ¥132-134.

La paire à suivre ce vendredi 27 octobre 2017 : EUR/USD  -  Situation en Espagne et PIB américain, la séance de vendredi pourrait offrir de nouveaux remous à la paire EUR/USD...Le cours évolue déjà sur ses plus bas niveaux depuis 3 mois !


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