Actualités du marché des devises

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oct. 26, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Le rand recule de plus de 1% après un recul de déjà 2,6% la veille. Les investisseurs craignent une intervention des agences de notation après des projections budgétaires très décevantes (voir Focus #3 de la veille). La paire EUR/ZAR a franchi ce matin le seuil de ZAR 16,70.
  • Le dollar australien poursuit sa chute après les commentaires prudents d’un responsable monétaire sur les conditions actuelles du marché du travail australien. L’EUR/AUD a approché le niveau de A$ 1,54 (pic de 16 mois !).
  • L’EUR/USD demeure stable à $1,1810 ce matin avant le dévoilement en début d’après-midi de la décision monétaire de la BCE. Une possible détérioration de la situation politique en Espagne dans les prochaines 48h reste une menace pour l’euro (voir Focus #1 du jour).
  • Légers mouvements baissiers pour la NOK et la SEK après la décision monétaire des deux banques centrales nordiques (voir Focus #2 et #3 du jour). L’EUR/SEK oscille à un pic de 4 mois (SEK 9,71) /  l’EUR/NOK à un pic de 3 mois (NOK 9,49).

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 25 octobre 2017 : #1 Une croissance au T3 2017 légèrement au-dessus des attentes au Royaume-Uni , #2 La Banque du Canada préconise la prudence, et #3 Le rand sud-africain victime d’une large déception des investisseurs à l’égard des nouvelles projections budgétaires

#1 – Royaume-Uni (GBP) : L’économie britannique a enregistré au 3ième trimestre 2017 une croissance légèrement plus importante que prévu, celle-ci progressant entre juillet et septembre de 0,4% contre 0,3% anticipé par le consensus des économistes sondés en amont de la publication de ces premières estimations. Cette performance, même si elle reste modeste, vient renforcer les spéculations d’un possible hausse de taux la semaine prochaine au Royaume-Uni. En effet, les responsables monétaires britanniques pourraient ; à la lecture de ces chiffres ; être rassurés sur la capacité de l’économie britannique à accueillir et digérer un premier resserrement monétaire en un peu plus de 10 ans. Dans ce contexte, on a observé mercredi sur les marchés à terme de nombreuses prises de positions soutenant l’hypothèse d’une annonce d’une hausse de taux jeudi prochain (02 novembre), scénario qui dans l’esprit des investisseurs semble aujourd’hui ne faire plus aucun doute (probabilité estimée jeudi matin à près de 84%). La livre sterling a très largement profité de cette montée d’optimisme et enregistré un rebond de près de 0,6% face à l’euro, cela malgré les pressions haussières dont a bénéficié la devise européenne en cette séance veille de réunion de la BCE. La paire EUR/GBP a touché lors de la séance de mercredi un point bas depuis une semaine à £0,8877, avant de se reprendre quelque peu en fin de journée et clôturer juste au-dessus du seuil de £0,89. Malgré plusieurs tentatives de cassure de ses niveaux techniques, aussi bien support (baissier) que résistance (haussier), la paire EUR/GBP reste en proie, depuis maintenant près de 3 semaines, à des forces divergentes (incertitudes du Brexit vs espoir de hausse de taux) qui pour le moment la maintiennent dans un couloir de fluctuation très étroit de £0,89-£0,90

#2 – Canada (CAD) : Sans réelle surprise, après deux hausses de taux consécutives en juillet et en septembre, la Banque du Canada a opté en octobre pour un statu quo de sa politique monétaire. Néanmoins, cette décision s’est accompagnée d’une communication nuancée, un ton auquel la banque centrale canadienne ne nous avait plus habitué lors de ses précédentes réunions. Si celle-ci reste optimiste à l’égard des perspectives économiques du pays, comme en témoigne la révision à la hausse des projections de croissance pour 2017 (+0,2% à 3,1%) et 2018 (+0,1% à 2,1%), elle cible néanmoins plusieurs sources de risques et facteurs d’incertitude susceptibles de venir troubler la bonne dynamique actuelle. Parmi eux, on note les craintes persistantes autour de l’avenir de l’ALENA dont la menace de suppression par les Etats Unis reste toujours d’actualité et le haut niveau d’endettement des ménages qui rend leur consommation plus sensible que par le passé aux niveaux des taux d’intérêt. Dans ce contexte, la banque indique désormais préconiser une ligne de conduite prudente en matière de politique de hausse de taux. En l’absence de signaux sur l’agenda monétaire en 2018, et compte tenu du nouveau positionnement neutre que semble vouloir adopter les responsables monétaires canadiens et qui laisse présager un statu quo pendant une période prolongée, le dollar canadien a subi mercredi d’importantes pressions vendeuses, notamment face à l’euro. Ce mouvement a été d’autant plus fort qu’il intervient la veille de la réunion de la banque centrale européenne dont le discours optimiste et les éventuelles annonces de réduction de son programme quantitatif, attendues par les marchés, pourraient contraster avec la nouvelle prudence monétaire canadienne. La paire EUR/CAD a enregistré mercredi un rebond de 1,4%, soit sa meilleure performance journalière depuis plus de 7 mois, et est repassée au-dessus du niveau de C$ 1,51 pour la première fois depuis juin dernier (pic recensé à C$ 1,5132 – plus haut depuis le 9 juin 2017).

#3 – Afrique du Sud (ZAR) :  Malusi Gigana, le ministre des finances sud-africain en poste depuis fin mars et le renvoi de son prédécesseur Pravin Gordhan, passait ce mercredi un premier test de crédibilité auprès des investisseurs à travers le dévoilement du budget d’automne. Une certaine nervosité se faisait déjà ressentir depuis le début de la semaine sur les marchés alors que le pays reste toujours rongé par un déficit de stabilité politique et un contexte économique très dégradé. Le moins que l’on puisse dire est que Gigaba n’a pas convaincu, loin de là. Les projections de déficit budgétaire sur la période 2017-2020 ont se sont avérées bien plus importantes que prévu  (4,3% du PIB vs consensus 3,1% pour 2017/18 – 3,9% vs 2,8% pour 2018/19 et 3,9% vs 2,6% pour 2019/20) alors qu’à l’inverse les projections de croissance sur la période 2017-2019 ont été significativement révisées à la baisse par rapport aux précédentes estimations publiées en février dernier (0,7% vs 1,3% pour 2017, 1,1% vs 2,0% pour 2018  et 1,5% vs 2,2% pour 2019). De telles perspectives font craindre aux observateurs une possible réaction des agences de notations et une dégradation de la note de crédit de l’Afrique du Sud. Deux des trois principales agences, en l’occurrence Standard & Poor’s et Fitch, ont déjà déclassé cette année la dette souveraine sud-africaine au rang d’ « investissement spéculatif ». Si Moddy’s pourrait imiter ses consœurs dans les prochaines semaines ou mois, les deux premières citées pourraient également décider de sanctionner le manque de réformes et de rigueur budgétaire du pays. Face à ce risque, le rand sud-africain fut victime d’une importante réduction de l’exposition des portefeuilles d’investisseurs étrangers aux actifs sud-africain. Le rand s’est déprécié de plus de 2,5% face à l’euro mercredi et chuté à son plus bas niveau depuis 14 mois (pic observé sur l’EUR/ZAR à ZAR 16,68). Le cours de change continue ce jeudi de progresser et a franchi ce matin le seuil de ZAR 16,70.

Les trois évènements clés à suivre ce jeudi 26 octobre 2017 – #1 L’euro tiraillé par la BCE et les évènements en Espagne, #2 Pas de hausse de taux en Suède avant le second semestre 2018 & #3 Statu quo unanime en Norvège

EUR

#1 – Zone Euro (EUR)   : En début d’après-midi (13h45), la banque centrale européenne publiera le communiqué officiel de sa réunion monétaire d’octobre, puis s’en suivra la traditionnelle conférence de presse du gouverneur central Mario Draghi (14h30) durant laquelle ce dernier viendra commenter la stratégie monétaire de la banque. L’euro s’apprécie depuis deux séances, et vient d’atteindre jeudi matin son plus haut niveau de la semaine à $1,1836, sur fond d’anticipations d’un discours optimiste de la part de la banque centrale européenne et d’une possible annonce d’une réduction importante du programme quantitatif en 2018. Selon les observateurs, le programme de rachats d’actifs pourrait être prolongé de 9 mois à partir de janvier prochain avec un volume de rachats mensuels réduit de moitié, de €60Mds à €30Mds. Une incertitude demeure cependant autour de la communication ou non de la date de fin définitive de ce programme. Les récents troubles politiques dont fait l’objet la Zone Euro et les pressions inflationnistes toujours modestes dans la région laissent à penser que la BCE pourrait se garder un levier d’action en cas de ralentissement de la dynamique économique dans les prochains mois et finalement décider de ne pas décider du tout. L’éventuel flou maintenu sur la date de fin du programme offrirait peu de visibilité quant à la date de la première hausse de taux en Europe, et pourrait ainsi limiter les gains de l’euro. Compte tenu les anticipations optimistes des deux derniers jours, la BCE ne peut pas faillir et doit convaincre les marchés qu’une sortie de l’ « ère accommodante » et « fin des politiques monétaires non conventionnelles » est toute proche. Il existe un vrai risque de déception des marchés si le discours ou la stratégie est considérée par les investisseurs comme trop prudente ou hésitante. Cela est d’autant plus vrai que les choix de la BCE interviennent dans un contexte politique hautement incertain, alors que la situation en Espagne pourrait fortement se dégrader dans les prochaines 48h. Si les leaders sécessionnistes catalans pourraient décider aujourd’hui lors de la séance du parlement régional de déclarer une indépendance unilatérale de la Catalogne, du côté de Madrid débuteront au Sénat les débats sur la légitimité du gouvernement à activer l’article 115, synonyme de mise sous tutelle de la Catalogne. La décision de cette commission devrait être rendue vendredi matin.

SEK

#2 – Suède (SEK) :  De bons fondamentaux économiques , mais surtout la stabilité de l’inflation ces derniers mois au-dessus de l’objectif de 2,0% fixé par la banque centrale suédoise, laissaient présager de premiers signaux suggérant une première hausse de taux en Suède durant la première partie d’année 2018. Il n’en fut rien. La banque centrale suédoise a décidé ce jeudi de maintenir son taux directeur principal inchangé, et de maintenir sa ligne de conduite prudente en matière de politique monétaire. Selon les responsables suédois, les conditions monétaires doivent rester accommodantes pendant un certain temps afin de soutenir une inflation à 2,0%, ces derniers craignant qu’une hausse de taux prématurée provoque un renforcement trop important de la devise et vienne fragiliser l’économie. Dans ce contexte, la banque réitère son intention de ne pas rehausser les taux d’intérêt avant la seconde partie d’année 2018, et se laisse le choix en décembre de prolonger ou non son programme de rachats d’actifs l’année prochaine. L’absence de changement des plans de la Riksbank a finalement eu peu d’impacts sur la couronne suédoise. La paire EUR/SEK reste assez stable ce matin après avoir atteint un pic de près de 4 mois la veille (SEK 9,7165), et oscille autour des niveaux de SEK 9,71.

NOK

#3 –  Norvège (NOK):   Les responsables monétaires norvégiens ont voté unanimement pour un maintien des taux directeur à leur niveau actuel, une décision très largement anticipée par les marchés. Selon la banque centrale, le contexte économique et les facteurs de risque n’ont pas changé depuis la précédente réunion monétaire de septembre. Néanmoins celle-ci reconnait que l’inflation a progressé à un rythme moins important que prévu. Peu de détails ou d’informations clés à retenir du communiqué officiel qui se veut très neutre. On surveillera cependant les commentaires du gouverneur central Øystein Olsen attendus dans la matinée. Le cours EUR/NOK enregistre un léger rebond de 0,2% après le dévoilement de la décision monétaire de la banque centrale norvégienne, et évolue actuellement sur ses plus hauts niveaux depuis plus de 3 mois (NOK 9,49).

La paire à suivre ce jeudi 26 octobre 2017 : EUR/AUD  -  Les propos prudents d’un responsable monétaire australien sur l’état actuel du marché de l’emploi (« niveau considérable de capacités non-utilisé ») intensifient les pressions acheteuses sur le dollar australien (report dans le temps d’une hausse de taux)…Nouveau pic de 16 mois atteint à A$ 1,5392


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