Actualités du marché des devises

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oct. 25, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Fort recul du dollar australien qui chute ce matin à un plus bas depuis 16 mois face à l’euro (A$ 1,5248) suite à des chiffres d’inflation décevants. Report des anticipations de hausse de taux en Australie (voir Focus #3 du jour).
  • L’EUR/CAD reste stable autour de C$1,49 avant la publication cette après-midi (16h00) des conclusions de la réunion monétaire de la Banque du Canada (voir Focus #1 du jour).
  • L’EUR/GBP est également stable autour de £0,8950 avant la publication ce matin des 1ières estimations de PIB au T3 2017. Risque haussier sur la paire (voir Focus #2 du jour).
  • La paire EUR/CHF oscille toujours ce matin sur ses plus hauts niveaux depuis janvier 2015, autour de ₣1,1650. L’approche de la BCE a fortement stimulé la paire ce mardi (voir Focus #1 de la veille).
  • À suivre aujourd’hui la paire EUR/ZAR qui pourrait enregistrer un nouveau rebond important si le ministre des finances sud-africain ne convainc pas lors de la présentation du nouveau budget. Celle-ci oscille toujours ce matin sur des niveaux hauts, autour de ZAR 16,10-16,20

Les trois faits marquants de la séance de mardi 24 octobre 2017 : #1 L’approche de la réunion de la BCE porte l’euro , #2 Les spéculations autour de la course à la présidence de la Fed soutiennent le dollar US, et #3 Le dollar néo-zélandais victime des plans du nouveau gouvernement

#1 – Europe (EUR) : L’approche de la réunion de la BCE ; et toutes les spéculations qui l’entourent ; ont pris le pas sur les incertitudes politiques en Espagne et porté l’euro lors de la séance de mardi 24 octobre. Ce mouvement haussier résulte notamment des anticipations d’annonce ce jeudi par les responsables monétaires européens d’une importante réduction du programme de rachats d’actifs à parti de 2018 (consensus : extension du programme de 9 mois avec un volume de rachats mensuel réduit de moitié, de €60Mds à €30Mds, à partir de janvier prochain – Cf : Enquête menée par l’agence Bloomberg auprès d’économistes), et potentiellement d’une confirmation de fin en 2018 de cette politique monétaire non-conventionnelle. L’annonce d’une échéance finale de ce programme quantitatif ouvrirait la porte aux spéculation sur la date de la première hausse de taux en Zone Euro, que les plus optimistes anticipent au début d’année 2019. Néanmoins, rien n’est moins sûr concernant ce point, la BCE pouvant faire le choix de conserver un garde-fou par mesure de prudence en cas de détérioration des conditions économiques dans les mois à venir. On rappelle, si cela est encore nécessaire, que l’inflation en Zone Euro est encore loin de l’objectif de long terme de 2,0% que se fixe la banque centrale, d’où un argument justifiant l’idée d’un non-emballement des banquiers centraux européens. Le maintien d’un flou sur la date de fin du programme quantitatif viendrait limiter les potentiels gains de l’euro ce jeudi.

Les devises dont les banques centrales maintiennent encore une politique ; ou du moins un discours accommodant ; tel que le yen, le franc suisse ou encore le dollar australien ont été ce mardi les plus impactées par ces pressions haussières sur l’euro. Le franc suisse s’est avérée la devise la plus sensible et a reculé de plus de 0,7% face à l’euro, tandis que les pertes enregistrées par le yen et le dollar australien n’ont été « que » de 0,5. À cette occasion, le cours EUR/CHF a atteint un nouveau pic depuis janvier 2015 à ₣1,1659, dépassant au passage le précédent sommet de ₣1,1623 atteint un mois auparavant. Quant au cours EUR/JPY, il a été aperçu à nouveau au-dessus de la barrière de ¥134,0, mais il n’est pas parvenu à atteindre son plus haut de l’année de ¥134,41 (22 sept.).

#2 – Etats Unis (USD) : La course à la présidence de la réserve fédérale américaine bat son plein et continue d’avoir une grande influence sur la valorisation du dollar américain. La nomination officielle par le président américain pouvant tomber à tout moment, cela explique la sensibilité des investisseurs aux rumeurs circulant sur ce thème. Si l’on en croit les échos en provenance du camp des sénateurs républicains ; qui étaient réunis mardi pour leur déjeuner hebdomadaire ; ces derniers seraient favorables à la nomination de l’économiste John Taylor, candidat considéré par les experts comme ayant l’approche la plus agressive en matière de hausse de taux. Le dollar a donc été relativement insensible au mouvement de renforcement de l’euro ce mardi, la devise américain étant notamment soutenue par la hausse des taux des taux de rendement obligataires et le retour du taux 10 ans au-dessus du seuil de 2,4% pour la première fois depuis presque 6 mois. La paire EUR/USD a enregistré la plus faible performance dans l’univers du G10 (10 principales devises industrialisées) avec un rebond de 0,10%.  La paire EUR/USD se maintient toujours dans sa bande de fluctuation de $1,17-1,19, qui tient depuis maintenant un mois.

#3 – Nouvelle-Zélande (NZD) :  Comme évoqué dans l’édition du FX Breakfast de la veille, les investisseurs ont fortement réagi aux plans du nouveau gouvernement néo-zélandais de modifier les missions de la banque centrale en incluant un objectif de plein emploi en plus de celui d’assurer la stabilité des prix dans le pays. Cette réforme pourrait donc modifier l’orientation monétaire et l’approche actuelle des responsables monétaires néo-zélandais. Le dollar néo-zélandais a reculé de plus de 1,0% mardi face à l’euro et chuté à son plus bas niveau depuis 20 mois (février 2016).

Les trois évènements clés à suivre ce mercredi 25 octobre 2017 – #1 Une Banque du Canada prudente ? (Communiqué officiel à 16h00), #2 Premières estimations de croissance au T3 au Royaume-Uni (10h30)…Toujours pas de signes de reprise ? & #3 Ralentissement surprise de l’inflation en Australie au T3…Pas de hausse de taux dans l’immédiat

CAD

#1 – Canada (CAD)   : Après deux hausses de taux successives en juillet et en septembre, c’est tout naturellement que la Banque du Canada devrait opter pour un statu quo ce jeudi. Néanmoins, l’attention se portera cette fois-ci davantage sur la communication de la banque plutôt que sur la décision en elle-même. Compte tenu des récentes sorties des responsables monétaires canadiens et des statistiques économiques décevantes – contraction surprise des ventes au détail au mois d’août et recul de la dynamique annuelle de l’indice d’inflation de base à un plus bas historique en septembre – cela suggère une nouvelle position neutre de la banque en matière de normalisation monétaire, laquelle pourrait éventuellement s’accompagner de commentaires teintés de prudence. La banque pourrait offrir peu d’indices sur ses plans pour 2018, les taux directeurs ayant été ramenés à leur niveau de 2015 (actuellement à 1,0%), l’heure est davantage à l’observation et l’analyse plus qu’à la précipitation. La bulle qui s’est formée sur les prix de l’immobilier et le niveau historiquement haut d’endettement des ménages canadiens limitent les scénarios de hausse rapide des taux d’intérêt dans le pays d’autant plus que les perspectives économiques du Canada restent exposées à deux menaces majeures : la suppression de l’ALENA et une nouvelle chute des cours du pétrole. Dans ce contexte, et à l’approche de la réunion de la BCE qui, elle, pourrait offrir un visage optimiste, les investisseurs pourraient être tentés de préférer l’euro au dollar canadien, ce qui se traduirait par une nouvelle hausse du cours EUR/CAD. Le cours a franchi mardi temporairement le seuil de C$1,49 mais celui-ci semble constituer une résistance importante si l’on en croit le repli observé suite à ce passage. La cassure de ce niveau clé pourrait alors envoyer la paire en direction de ces récents sommets, vers les niveaux de C$1,5050-1,5100. Inutile de dire que des commentaires optimistes de la part des responsables monétaires canadiens prendraient les marchés de court et réveilleraient de nouvelles spéculations de resserrement monétaire à court terme auxquelles le dollar canadien serait très sensible (biais haussier). Le communiqué officiel de la Banque du Canada sera publié à 16h00 et un discours du gouverneur central Stephen Poloz est programmé à 17h15.

GBP

#2 – Royaume-Uni (GBP) :  Engluée dans un environnement très incertain de par le flou qui prédomine autour des conditions de sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne au début d’année 2019, l’économie britannique a connu une première moitié d’année très difficile. Le ralentissement des investissements d’entreprise et la réduction de la consommation des ménages, dont le pouvoir d’achat est comprimé par une inflation très importante dans le pays, ont fortement pesé sur la croissance économique au premier semestre. Cette morosité ambiante pourrait se prolonger au second semestre si l’on en croit les économistes qui n’observent toujours aucun signe de redémarrage de l’activité. Les premières estimations de croissance au troisième trimestre publiées ce matin permettront de confirmer, ou au contraire d’infirmer, cette perspective. La médiane des projections des économistes sondés par l’agence Reuters indique que la croissance au T3 ne s’élèverait que de 0,3%, soit une dynamique annuelle de 1,4% (vs 1,5% au T2 2017). Si les chiffres ressortent conformes aux attentes, l’économie britannique enregistrerait alors sa plus faible dynamique annuelle depuis 5 ans. Une telle performance pourrait rebattre les cartes et faire émerger de nouveaux débats au sein de la Banque d’Angleterre sur la pertinence d’une hausse de taux dans un tel contexte économique dégradé, scénario qui semble pour l’heure tenir la corde si l’on en croit les positions actuelles sur les marchés à terme. La probabilité d’une hausse de taux lors de la réunion monétaire de la semaine prochaine reste toujours très élevée et approche les 80%. Une réduction des positions en cas de chiffres décevants du PIB britannique pourrait renforcer les pressions baissières sur la livre sterling ; déjà apparues sur la paire EUR/GBP depuis mardi ; et potentiellement renvoyer le cours de change au-dessus du seuil clé de £0,90.

AUD

#3 –  Australie (AUD):  Alors que les économistes tablaient sur une légère accélération de la dynamique annuelle d’inflation générale de 1,9% à 2,0% au 3ième trimestre 2017, celle-ci est ressortie en recul à 1,8%. Les pressions haussières sur les prix se sont finalement avérées moins importantes que prévu durant cette période. Ces statistiques décevantes sont plutôt mal venues étant donné que les responsables monétaires australiens n’étaient déjà pas très emballés, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’idée d’imiter leurs confrères et d’envisager une politique de hausse de taux à court terme. Ce nouveau signe d’instabilité des prix devrait au contraire conforter leur position et renforcer leur prudence naturelle. À la lecture de ces chiffres, les investisseurs ont reporté leurs anticipations de hausse de taux en Australie, des mouvements sur les marchés à terme qui n’ont pas laissé le dollar australien insensible. Le dollar australien recule ce matin de plus de 0,7% face à l’euro et a touché un plus bas de plus de 16 mois à A$ 1,5248.

La paire à suivre ce mercredi 25 octobre 2017 : EUR/ZAR  - Test de crédibilité pour le ministre des finances Gigaba pour sa 1ière présentation de budget


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