Actualités du marché des devises

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oct. 23, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • L’euro est sous pression face à l’ensemble de ses pairs ce matin suite à la mauvaise tournure que prend la situation politique en Espagne. Madrid s’apprête à activer l’article 155 et mettre sous tutelle la Catalogne, laquelle refuse toujours de céder et menace de proclamer une indépendance unilatérale de la région.
  • La paire EUR/USD retombe sous $1,1750 tandis que la paire EUR/GBP regarde de nouveau en direction de £0,89.
  • Pressions baissières qui restent importantes sur le yen après la victoire écrasante de la formation politique du premier ministre Shinzo Abe lors des élections législatives anticipées de dimanche.
  • Légère correction de la paire EUR/CAD après avoir atteint un pic de 7 semaines vendredi dernier. Le cours replonge sous C$1,4850.
  • Rebond de la paire EUR/CZK de plus de 0,1% après avoir chuté à un plus bas depuis 4 ans vendredi dernier. Premiers obstacles en vue pour l’homme d’affaire Andrej Babis dont la formation politique ANO a remporté les élections législatives de samedi.

Les trois faits marquants du weekend (21-22 octobre 2017) : #1 Le gouvernement espagnol va activer l’article 155…La Catalogne dénonce un « coup d’Etat », #2 Shinzo Abe réussit son pari électoral au Japon, et #3 Un homme d’affaire en passe de prendre le pouvoir en République Tchèque

#1 – Espagne (EUR) : À l’issue d’une réunion spéciale organisée samedi suite au refus des leaders sécessionistes catalans de faire marche arrière et revenir sous le giron de la loi, le gouvernement de Mariano Rajoy a indiqué qu’il allait activer l’article 155 de la Constitution espagnole, et ainsi réclamer la mise sous tutelle de la Catalogne. Alors que la demande nécessite encore d’être validée par le Sénat pour être juridiquement effective, celle-ci donnerait à Madrid le pouvoir de gérer administrativement la Catalogne, en attendant qu’une nouvelle équipe dirigeante soit élue à l’issue du renouvellement du Parlement régional, lequel devrait normalement avoir lieu dans les 6 prochains mois . Cela signifie que le président de région, Carles Puigdemont, et les membres de son gouvernement seraient démis de leur fonction, que les forces de police, les chaînes de télévision et de radio publiques passeraient alors sous le contrôle du gouvernement espagnol, et que la gestion économique et budgétaire de la région seraient désormais supervisés par le ministre de l’économie Luis de Guindos et ses équipes. Pour le premier ministre Mariano Rajoy, il est ici question de crédibilité sachant que selon lui « aucun gouvernement dans aucun pays démocratique ne peut accepter que la loi soit ignorée », et que donner raison aux revendications sécessionistes de la Catalogne reviendrait à ouvrir une boite de Pandore très dangereuse dans un pays où le régionalisme demeure très important. Du côté catalan, on dénonce un coup d’Etat et on soulève la menace d’une indépendance unilatérale de la région si le gouvernement se borne à refuser tout dialogue. Ce combat apparaît néanmoins de plus en plus difficile à tenir pour ces derniers ; du moins économiquement parlant ; alors que l’on décomptait en fin de semaine dernière près de 1200 entreprises qui avaient déjà lancé une procédure de transfert de leurs activités hors de Catalogne. Cette semaine sera l’occasion pour les leaders catalans d’abattre leurs dernières cartes, alors qu’une décision officielle sera prise par le Sénat d’ici la fin de la semaine. Une commission spéciale se réunira jeudi matin au Sénat (début de la séance à 17h00) pour débattre de la question de la validation ou non de la décision du gouvernement d’activer l’article 155, et la décision finale sera rendue vendredi matin à l’issue de la séance débutant à 10h00. Si l’euro a fait preuve d’une certaine résilience à l’égard de ce conflit ; bien aidé il faut le reconnaître par l’approche de la réunion de la BCE autour de laquelle repose beaucoup d’attentes ; celui-ci pourrait à l’avenir y être plus sensible si la banque centrale européenne ne répond pas aux attentes, et si la situation se détériore en Espagne et fait craindre des répercussions sur la bonne dynamique économique poursuivie par la Zone Euro depuis la fin d’année 2016.

La tournure que prend les évènements en Espagne ne présage rien de bon et soulève de nombreuses incertitudes auprès des investisseurs. L’euro recule face à l’ensemble de ses pairs ce lundi matin, à l’exception notable du yen japonais dont la valorisation souffre des conséquences monétaires qu’impliquent le maintien de Shinzo Abe au pouvoir (voir Focus #2).

#2 – Japon (JPY) : Le premier ministre japonais semble avoir gagné son pari électoral alors que les premiers résultats publiés suggèrent la conservation d’une « super-majorité » au parlement (plus de deux tiers des sièges) pour la coalition gouvernante actuelle LDP-Komeito. Ce scrutin ; avancé par Shinzo Abe lui-même ; n’était pas gagnée d’avance, le premier ministre japonais jouissant encore au début de l’été d’une faible côte de popularité d’à peine 30% suite aux accusations de favoritisme auprès des personnes de son cercle proche. Grâce à cette victoire, Shinzo Abe s’assure un prolongement de son mandat de premier ministre jusqu’à 2021 et un crédit important pour renforcer sa politique d’Abenomics. Cela se matérialise par le maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante destinée à combattre le spectre de la déflation qui rôde autour du pays depuis de nombreuses années, la poursuite de politique de relance fiscale et une accentuation des efforts pour modifier la constitution pacifique japonaise, laquelle paraît selon lui plus tenable face à la montée de la menace militaire nord-coréenne sur le continent. La divergence monétaire qui semble se dessiner entre le Japon et la Zone Euro, à travers le résultat de cette élection et les annonces de réduction monétaire que devrait faire la BCE ce jeudi ; vient pénaliser ce matin le yen japonais face à l’euro. Si les incertitudes politiques en provenance d’Espagne limitent ce lundi les pressions haussières sur la paire EUR/JPY, celle-ci oscille néanmoins proche de ses plus hauts niveaux observés sur les deux dernières années, tout proche du seuil de ¥134.

#3 – République Tchèque (CZK) :  L’homme d’affaire Andrej Babis ; et occasionnellement la seconde fortune du pays ; est en passe de devenir le nouveau premier ministre de la République Tchèque après la victoire de sa formation politique ANO lors des élections législatives de samedi. Seulement ce dernier, que les médias ont l’habitude de comparer à Donald Trump pour son approche très « business » de la politique, se heurte néanmoins à de premiers obstacles. N’ayant recueilli qu’environ 30% des voix, ce dernier n’est pas en mesure de gouverner seul et doit donc former des alliances. Cependant ce dernier s’est vu recevoir un premier refus commun des dirigeants des partis sociaux-démocrates et chrétiens démocrates ; deux des partis les plus proches politiquement de l’ANO ; ces derniers refusant de participer à une coalition gouvernante avec Babis qui fait actuellement l’objet d’une mise en examen pour fraudes et dont ils craignent un possible conflit d’intérêt avec ses activités professionnelles. Ce refus ressemble davantage à un argument en vue des prochaines négociations, les deux formations politiques traditionnelles ayant subi un revers important lors de scrutin en arrivant respectivement à la 4ième et 5ième place. Après avoir chuté à un plus bas depuis quatre ans vendredi (point bas recensé à CZK 25,615), la paire EUR/CZK rebondit très légèrement ce matin mais se maintient toujours sous le seuil de CZK 25,7.

EUR

#1 – BCE (EUR)   : Ce jeudi la banque centrale européenne délivrera les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire (communiqué de presse publié à 13h45 et conférence de presse du gouverneur central Mario Draghi à 14h30). À cette occasion, cette dernière devrait dévoiler les détails de l’ajustement ou « recalibration » de son programme quantitatif sur lequel elle communique depuis maintenant plusieurs mois. Si l’on en croit le consensus des projections des économistes recueillies en amont de cette réunion, il ne fait aucun doute que la banque centrale va annoncer une réduction du volume mensuel de rachat d’actifs, qui s’élève actuellement à €60Mds. D’après l’enquête menée par l’agence Bloomberg, la BCE devrait prolonger son programme de 9 mois et réduire de moitié ; à €30,0Mds ; le volume mensuel de rachats d’actifs. Une incertitude demeure sur le choix de la BCE de communiquer ou non dès octobre sur la date de fin définitive de son programme. Par prudence, étant donné le retour d’incertitudes politiques dans la région et le fait que l’inflation en Zone Euro soit encore éloignée de l’objectif de 2,0%, la banque centrale pourrait décider de ne pas fermer la porte à une nouvelle extension de son programme si les conditions économiques étaient amenées à se détériorer dans les prochains mois. Un tel choix jetterait le flou sur la date de la première hausse de taux que certains observateurs anticipent intervenir au début d’année 2019. Dans ce contexte, la déception pourrait prédominer et limiter le potentiel haussier de la paire EUR/USD. Un premier support import se situe au niveau de $1,19, seuil qui n’a plus été franchi depuis presque un mois (25 septembre). En brisant ce seuil, le cours EUR/USD pourrait alors voir son ascension accélérer vers les niveaux de $1,20-$1,21. Si ce scénario reste plausible au vue des mouvements observés sur la paire ces derniers mois, les conditions actuelles semblent néanmoins moins favorables à un rebond important de la paire EUR/USD. Les incertitudes politiques en Espagne et le regain d’optimisme des investisseurs à l’égard de la réforme fiscale américaine qui pourrait voir le jour avant la fin de l’année 2017 sont deux facteurs réfrénant le potentiel haussier du cours de change.

CAD

#2 – BoC (CAD) :  Avant la BCE, les regards se tourneront mercredi après-midi (16h00) vers le Canada et la nouvelle réunion de la banque centrale canadienne, laquelle devrait opter sur un statu quo monétaire après avoir réhaussé à deux reprises ses taux directeurs en juillet et septembre. Si l’on se base sur les discours prudents délivrés par les responsables monétaires canadiens ces dernières semaines ; lesquels goûtent peu à un renforcement trop important de la devise ; et aux récentes statistiques économiques publiées dans le pays – contraction surprise des ventes au détail et recul de l’indice d’inflation de base à un plus bas historique vendredi -  la Banque du Canada pourrait opter pour une position neutre et limiter les signaux sur ses plans pour 2018. Elle s’éviterait ainsi toute mauvaise interprétation des acteurs financiers sur ses intentions, tout en calmant l’euphorie autour du dollar canadien générée par les deux hausses de taux successives. La poursuite d’une politique de remontée des taux ne se justifie que si l’économie répond favorablement à un resserrement des conditions monétaires, une situation qui ne semble pas pour l’heure être le cas au Canada. Le possible mise en retrait temporaire opérée par la Banque du Canada ; une position propice à l’observation des conditions économiques ; pourrait voir rejaillir dans les prochaines semaines l’influence des prix du pétrole sur la valorisation de la devise canadienne. En attendant, une possible divergence de discours entre la banque centrale canadienne (plus neutre ?) et la banque centrale européenne (plus optimiste ?) pourrait générer de nouvelles pressions haussières sur la paire EUR/CAD. Celle-ci se heurte pour le moment à la barrière de C$1,49, seuil qui lui résiste depuis maintenant plus de sept semaines.

USD et GBP

#3 –  Etats Unis et Royaume-Uni (USD & GBP):  Cette semaine seront publiées les premières estimations de croissance du PIB au 3ième trimestre 2017 aux Etats Unis et au Royaume-Uni. Ce pourrait être l’occasion d’observer deux dynamiques totalement différentes dans les deux zones géographiques. Au Royaume-Uni, les incertitudes liées au Brexit et la forte montée de l’inflation semblent peser sur l’économie et empêcher toute tentative de redressement. Pour le 3ième trimestre consécutif, le Royaume-Uni pourrait enregistrer une croissance très modeste de 0,3%, et un recul de la dynamique annuelle à un plus bas depuis plus de 4 ans (consensus : 1,4% A/A vs 1,7% au T2). L’absence de signes de redressement de l’économie britannique, associée à l’absence d’avancées majeures dans les négociations sur le Brexit, pourraient maintenir la livre sterling sous pression. Des chiffres de croissance très modestes au Royaume-Uni et la probable officialisation par la BCE de son choix de réduire en 2018 son soutien monétaire pourraient offrir l’occasion de revoir la paire EUR/GBP au-dessus du niveau de £0,90. Aux Etats Unis, l’économie pourrait confirmer les progrès entrevus au second trimestre et conforter la présidente de la réserve fédérale américaine ; Janet Yellen ; dans son projet de nouvelle hausse de taux avant la fin de l’année (probabilité estimée à 93% d’après les positions actuelles sur les marchés à terme). Le consensus des projections des économistes sondés en amont par l’agence Reuters fait état d’un croissance de 2,6% au troisième trimestre, une dynamique qui reste robuste bien que légèrement inférieure à ce qui a été entrevue au trimestre précédent (3,1% au T2). Une bonne dynamique de l’économie américaine pourrait générer de nouvelles pressions acheteuses sur le dollar américain, et ainsi freiner les possibles tentatives d’expansion de la paire EUR/USD générées par la BCE jeudi.

La paire à suivre ce lundi 23 octobre 2017 : EUR/USD  - Une tournure de la crise politique espagnole qui n’annonce rien de bon…L’euro de nouveau sous pression


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