Actualités du marché des devises

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oct. 20, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • L’EUR/USD abandonne ce matin une très large partie des gains de la veille (+0,5%) après la résolution budgétaire votée par le Sénat américain (voir Focus #2 de la veille). Regain d’optimisme des marchés sur la future mise en place de la réforme fiscale de Donald Trump.
  • Nervosité observée sur le yen en amont des élections législatives de dimanche (voir Focus #3 du jour). La paire EUR/JPY se dirige vers le niveau de ¥134 et oscille sur ses plus hauts niveaux observés depuis 4 semaines.
  • Légère correction de la livre sterling après la correction de la veille (-0,9% - voir Focus #3 de la veille) et en amont des discussions des membres de l’UE sur le Brexit (Jour 2 du Sommet européen à Bruxelles).
  • Rebond du dollar canadien avant les chiffres d’inflation et de ventes au détail publiés cette après-midi (voir Focus #2 du jour).
  • Poursuite de la correction sur le rand sud-africain sur fond d’incertitudes politiques. L’EUR/ZAR bondit ce matin de plus de 0,7% et oscille autour des niveaux de ZAR 16,10.

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 19 octobre 2017 : #1 Madrid va suspendre l’autonomie de la Catalogne…l’euro détourne le regard et observe la BCE, #2 Résolution budgétaire votée par le Sénat US…préparation du terrain pour la réforme fiscale, et #3 La livre sterling de nouveau sous pression

#1 – Espagne (EUR) : Face au refus des sécessionistes de revenir sur leur décision ; et le choix la semaine dernière de proclamer l’indépendance de la Catalogne ; le gouvernement espagnol a annoncé qu’il s’apprêtait à lancer le processus de suspension de l’autonomie de la région. Un conseil des ministres extraordinaire aura lieu ce samedi et statuera des mesures concrètes à appliquer dans ce qui devrait ressembler à une mise sous tutelle de la Catalogne. Face à cette prise de position de Madrid et son refus constant au dialogue, les autorités catalanes ont prévenu qu’ils pourraient, dès la semaine prochaine, procéder à une déclaration d’indépendance formelle, et ainsi mettre fin aux effets suspensifs décidés la semaine dernière. Si Mariano Rajoy a tenté de profiter du calendrier, et du sommet européen qui se tient actuellement à Bruxelles, pour obtenir le soutien de ces homologues et isoler encore davantage la Catalogne, qui reste sous la menace d’une crise économique sans précédent. Si du côté de Bruxelles, on s’émeut de la situation et affiche sa solidarité derrière le gouvernement de Mariano Rajoy, néanmoins l’Union Européenne refuse de jouer le rôle d’arbitre et d’apporter une réponse internationale dans ce conflit national.  Si la procédure de mise sous tutelle doit encore être validée par le Sénat avant de pouvoir être officiellement appliquée, un point de non-retour semble avoir atteint. Les deux camps ne semblant pas pour l’heure décidés à céder dans ce bras de fer, à l’issue duquel personne pourrait ne sortir véritablement gagnant.

 Malgré ce nouveau virage pris dans cette crise politique espagnole, l’euro a enregistré sa meilleure performance journalière face au dollar américain depuis plus d’une semaine, la paire de change rebondissant de plus de 0,5% et tutoyant ses plus hauts niveaux observés sur le mois écoulé (pic recensé jeudi à $1,1858). Cette réplique du gouvernement espagnol n’est pas une réelle surprise en soi puisque cette menace de mise sous tutelle et d’application de l’article 155 de la Constitution avait été évoquée dès la semaine dernière. Du côté des investisseurs, on reste en position d’attente, la longueur de la procédure offrant une fenêtre de temps pour de possibles concessions du côté des sécessionnistes catalans. Par ailleurs, l’approche de la réunion de la BCE, programmée la semaine prochaine, semble avoir temporairement pris le pas sur les incertitudes politiques espagnoles. Lors de cette réunion, les responsables européens pourraient annoncer une réduction à partir de janvier de son programme quantitatif à hauteur de €20Mds, volume mensuel de rachats d’actifs réduit de €60Mds à €40Mds, sur une période de 6 à 9 mois (consensus de l’enquête Reuters publiée jeudi 19 octobre).

#2 – Etats Unis  (USD) :  Le Sénat américain a voté jeudi soir une résolution budgétaire qui devrait permettre d’accélérer l’examen parlementaire de la réforme fiscale proposée par Donald Trump et ses équipes, laquelle pourrait officiellement être promulguée avant la fin de l’année 2017. Cette résolution, votée à 51 voix contre 49, permet de lever de $1500Mds le plafond de la dette publique sur les dix prochaines années, soit un levier confortable pour financer les mesures d’assouplissement fiscal auprès des ménages et entreprises américains dessinées par la Maison Blanche. Après l’échec du projet d’abrogation de l’Obamacare, le président américain et les républicains jouent gros, le temps presse à presque un an des élections de mi-mandat (début novembre 2018). Mesure phare du programme de campagne du président, la réforme fiscale est censée être le facteur X assurant le retour d’une solide dynamique économique aux Etats Unis, celui-ci ne peut subir encore un nouvel échec. C’est pourquoi cette résolution a été votée par le biais d’une procédure législative particulière limitant tout risque d’obstruction parlementaire. Le texte de loi doit désormais être harmonisé par une commission mixte Sénat-Chambre des représentants. Cette version pourrait être placée à l’ordre du jour de la Chambre des représentants dès le début du mois de novembre. Le dollar américain n’est pas insensible à ce résultat, les investisseurs accueillant positivement la perspective de mise sur pied rapide de la tant attendue réforme fiscale promise par Donald Trump. Le dollar américain pourrait ainsi effacer ce vendredi une partie des pertes accumulées face à l’euro lors de la séance de jeudi. La prudence reste néanmoins de mise, les récents évènements nous montrant que l’unité ne régnait pas toujours dans le camp républicain, d’autant plus que certains membres conservateurs apparaissent inconfortables à la poursuite d’une pratique de hausse importante des déficits dans le pays.

#3 – Royaume-Uni (GBP)  :   La première ministre britannique Theresa May était présente jeudi à Bruxelles pour tenter de convaincre ses homologues européens d’accélérer les négociations et de convenir d’un accord qui soit bénéfique aux deux camps. Un message qui a été favorablement accueilli du côté européen mais qui ne présage en rien d’une annonce majeure à l’issue du sommet européen qui se clôturera vendredi. L’absence d’avancées significatives concernant les prérogatives de sortie, comme le montant de la facture de Brexit, limitent pour le moment le démarrage d’un nouveau cycle de discussions. Si la situation est amenée à évoluer, les européens restant ouverts à la discussion d’un futur accord commercial, il semble nécessaire pour la première ministre britannique d’apporter des réponses concrètes sur les dossiers brulants. Compte tenu le statu quo sur l’état actuel des discussions, lequel alimente au passage les craintes de « sortie brutale » du Royaume-Uni, les regards des investisseurs se sont davantage tournés vers les fondamentaux économiques, et la Banque d’Angleterre. Aucun des deux n’ont rassuré jeudi les investisseurs, au contraire ils ont contribué au réveil de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling. La contraction des ventes au détail en septembre s’est avérée bien plus importante que prévu (-0,8% M/% vs consensus -0,1%), un résultat qui remet la lumière sur la baisse du pouvoir d’achat des ménages britanniques dans un contexte de forte inflation et de stagnation des salaires. Du côté de la Banque d’Angleterre, un nouveau membre du comité exécutif (Jon Cunliffe) a fait part de ses doutes sur la nécessité de rehausser les taux d’intérêt tout de suite. La probabilité d’une hausse de taux en novembre s’est réduite tout au long de la semaine, celle-ci passant de près de 80% en début de semaine à 64% ce vendredi matin.Dans ce contexte défavorable à la livre sterling, la paire EUR/GBP a enregistré un rebond de près de 0,9% et fait son retour au-dessus du seuil de £0,90.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de vendredi 20 octobre 2017 – #1 Discussions sur le Brexit à Bruxelles, #2 Inflation & ventes au détail au Canada (14h30) & #3 Nervosité des marchés japonais avant les élections de dimanche

 

#1 – Brexit (GBP)   : Ce vendredi matin, les 27 membres de l’Union Européenne vont discuter du Brexit et de l’orientation qu’ils souhaitent donner aux négociations. Selon les récents échos, ces derniers devraient envoyés un message optimiste à Londres en donnant au négociateur en chef, Michel Barnier, le mandat de préparer en amont avec ses équipes les discussions sur les termes d’un futur accord commercial avant le lancement officiel des discussions espéré en décembre. Une entrevue est programmée aujourd’hui entre Donald Tusk, président du conseil européen, et Theresa May. Ces derniers pourraient convenir d’une nouvelle feuille de route commune à suivre d’ici le prochain sommet européen (14-15 décembre). Si aucune déclaration majeure, ou du moins fracassante, n’est attendue sur ce dossier, néanmoins des signaux d’ouverture du côté européen pourraient venir soulager les marchés et quelque peu réduire les craintes de rupture. Une légère correction de la paire EUR/GBP pourrait être observée aujourd’hui, alors que des prises de bénéfices pourraient également s’opérées compte tenu du haut niveau atteint hier par la paire. Il est bon de rappeler que malgré l’approche de la réunion de la BCE, la résilience temporaire de l’euro aux incertitudes politiques en Espagne pourrait ne pas perdurer.

#2 – Canada (CAD) :  Deux chiffres majeurs seront publiés cette après-midi au Canada, à savoir l’inflation au mois de septembre et les ventes au détail au mois d’août. Si l’on se base sur les projections des économistes, ces deux rapports pourraient venir soutenir la valorisation du dollar canadien, laquelle a récemment subi les incertitudes liées aux âpres négociations sur l’ALENA et l’important recul jeudi des cours du pétrole (-1,4% pour l’indice WTI/ -1,6% pour l’indice Brent). L’inflation générale pourrait faire son retour sur son niveau de mai dernier à 1,6%, tandis que les ventes au détail sont attendues en forte hausse – consensus : +0,5% M/M – ce qui serait le 6ième mois consécutif de croissance positive. Ces bonnes performances, si elles se matérialisent, viendraient conforter le choix des banquiers centraux canadiens d’avoir procéder à un première hausse de taux en 7 ans en juillet dernier (puis une seconde en septembre).  Les chiffres d’inflation, et notamment l’indice sous-jacent observé encore en août sous le niveau de 1,0%, devraient être attentivement observés par les marchés, ceux-ci demeurant un élément clé dans les futures décisions monétaires en 2018 des responsables canadiens.

#3 –  Japon (JPY):  L’approche du scrutin de dimanche se fait ressentir sur le yen ce vendredi. Une possible victoire de la formation politique du premier ministre actuel Shinzo Abe, comme cela semble se dessiner au vu des récents sondages, viendrait asseoir son pouvoir et lui offrirait une légitimité à poursuivre sa politique d’Abenomics, dont un des trois axes majeurs est la mise en place d’une politique monétaire très accommodante destinée à combattre le spectre de la déflation. Si tel est le cas, on se dirige alors vers une divergence monétaire entre le Japon et la Zone Euro, laquelle pourrait annoncer la semaine prochaine, par le biais de la Banque Centrale Européenne (BCE) des mesures de réduction de son soutien monétaire en 2018. À l’ouverture des marchés européens, le yen abandonnait près de 0,3% face à l’euro et la paire EUR/JPY oscillait sur ses plus hauts niveaux depuis presque 4 semaines, aux portes du seuil de ¥134.


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