Actualités du marché des devises

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oct. 19, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Le PIB chinois au T3 ressort conforme aux attentes à  6,8% A/A, soit légèrement en dessous de la performance enregistrée lors des deux premiers trimestres (6,9%) mais au-dessus de l’objectif de « au moins 6,5% » fixé par le gouvernement chinois.
  • Rebond du dollar australien de 0,2% ce matin après un bon rapport sur l’emploi publié en Australie. Le taux de chômage fait son retour à son plus bas niveau depuis 2013 (5,5%). Retour du cours EUR/AUD à A$1,50.
  • Surplus commercial japonais à un pic de 7 mois en septembre grâce à une croissance moins importante que prévu des importations (12% A/A vs 15% attendu). La paire EUR/JPY retombe sous ¥133.
  • Recul de la livre sterling de 0,4% sur fond de nervosité en amont de la publication des chiffres de ventes au détail décevants (consensus : -0,1% M/M) et de l’ouverture du Sommet européen (voir Focus #1 du jour) . Le cours EUR/GBP rebondit au-dessus de £0,8650 ce matin
  • Paire EUR/USD stable autour de $1,18. Les incertitudes autour de la situation politique en Espagne maintiennent l’euro sous pression. Plafond de verre sur l’euro (voir Focus #2 du jour).
  • Recul de près de 1,7% du Dollar néo-zélandais (plus bas atteint depuis mai 2016 face à l’euro) après l’officialisation de la nouvelle coalition gouvernementale entre nationalistes et travaillistes (voir la paire à suivre du jour).

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 18 octobre 2017 : #1 Nouvelles positions acheteuses sur l’euro face aux valeurs refuges (CHF & JPY) avant la réunion de la BCE , #2 Le livre Beige de la Fed souligne l’absence d’accélération de l’inflation aux Etats Unis , et #3 Des incertitudes politiques et économiques qui pénalisent fortement le rand sud-africain

#1 – Valeurs refuges (CHF & JPY) : Un important renforcement de l’euro face aux deux valeurs refuges que sont le franc suisse et le yen japonais a été observé lors de la séance de mercredi. Le ton optimiste déployé par le président de la BCE, Mario Draghi, semble renforcer les convictions chez les investisseurs qu’une divergence monétaire entre la Zone Euro, la Suisse et le Japon va se matérialiser en 2018. Un scénario qui pourrait être validé à partir de la semaine prochaine à l’occasion de la réunion monétaire de la BCE, durant laquelle une très large majorité d’observateurs attendent le dévoilement d’un plan de réduction du programme de rachats d’actifs à parti de janvier prochain. Le relatif calme observé mercredi sur les marchés après plusieurs séances marquées par d’importantes tumultes politiques en Europe s’est avéré être un environnement propice à la prise de nouvelles positions. Ainsi le cours EUR/JPY a enregistré mercredi un rebond de plus de 0,8% et fait son retour au-dessus du seuil de ¥133. La paire EUR/CHF a, elle, progressé de près de 0,5% et prend le chemin des ₣1,16.

#2 – Etats Unis  (USD) :  Le livre beige de la Fed ; rapport publié toutes les six semaines dans lequel est décrite la dynamique économique dans 12 districts américains ; fait état sur la période de septembre à début octobre d’une croissance modeste à modérée et de faibles signes d’accélération de l’inflation. Si la perspective d’une hausse de taux avant la fin de l’année n’est pour l’heure pas remise en cause (probabilité estimée à 93% d’après l’indice CME FedWatch Tool),  la présidente de la Fed ayant répété à maintes reprises sa volonté de procéder à un nouveau resserrement monétaire avant la fin de l’année.  Néanmoins la poursuite de cette politique à un rythme soutenu en 2018 ; trois hausses de taux étant actuellement inscrites à l’agenda de la Fed l’année prochaine ; pourrait s’avérer difficilement applicable si l’inflation n’accélère pas, quel que soit le visage du futur président de la réserve fédérale américaine. Ces petite incertitudes ont engendré la clôture de certaines positions acheteuses de dollar américain, et provoquent le retour de la paire EUR/USD à $1,18 ce jeudi matin.

#3 – Afrique du Sud (ZAR)  :   Les pressions vendeuses sur le rand sud-africain déclenchées par le nouveau remaniement ministériel important opéré par le président Jacob Zuma ; dans ce qui ressemble davantage à une décision personnelle que politique (élimination des voix discordantes)  ; se sont intensifiées mercredi suite à la publication de statistiques d’inflation bien supérieures aux attentes – indice général ressorti à 5,1% contre 4,9% attendu et 4,8% en août – qui font craindre une nouvelle détérioration de l’économie sud-africaine. Le rand a reculé de plus de 1,5% mercredi face à l’euro, soit une perte cumulée de plus de 2% depuis le début de la semaine. Le cours EUR/ZAR a fait un retour temporaire au-dessus du niveau de ZAR 16,0, néanmoins l’approche de ce niveau clé semble avoir réfréné les pressions haussières sur la paire. Une cassure de cette résistance pourrait renvoyer la paire vers ses récents sommets, autour de ZAR 16,30 (ZAR 16,26 atteint le 9 octobre dernier). Les possibles incertitudes politiques en Espagne et l’absence de statistiques majeures en Afrique du Sud pourraient néanmoins ouvrir la voie à une légère correction du cours de change.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 19 octobre 2017 – #1 T. May tentera de convaincre l’UE d’accélérer les négociations sur le Brexit (Ouverture du sommet européen), #2 Nouveau tournant dans la crise espagnole ? Madrid est prêt à agir  & #3 Course à la présidence de la Fed…D. Trump reçoit Janet Yellen

 

#1 – Royaume-Uni (GBP)   : La première ministre britannique, qui participera ce soir au diner de travail dans le cadre du sommet européen qui débutera cette après-midi, tentera de sensibiliser et convaincre les représentants des 27 membres de l’Union Européenne d’accélérer les négociations sur le Brexit. Si l’UE se dit ouverte, comme souligné hier  par le négociateur en chef européen Michel Barnier, il est peu probable que celle-ci fasse des concessions tant que du côté britannique on ne consentira à faire les efforts nécessaires concernant les prérogatives de sortie fixées par Bruxelles (droits des expatriés européens, facture de sortie et cadre juridique en Irlande). Si récemment plusieurs articles ont fait part d’une volonté des européens de tendre la main à Londres en commençant à préparer en amont les discussions sur un futur accord commercial ; lesquelles pourraient être lancées à l’occasion du prochain sommet européen programmé en décembre ; néanmoins ce signe d’ouverture ne présage en rien d’avancées futures. Cible de nombreuses spéculations sur son montant réel, la facture du Brexit apparaît pour l’heure le point de contentieux le plus important, et la pierre angulaire à une sortie de l’impasse dans laquelle les deux parties se trouvent actuellement. Aux yeux des européens, il devient urgent que Theresa May prenne des engagements et évoque un chiffre plus réaliste que le montant de €20Mds relayé par la presse britannique. Si l’on en croit le président du parlement européen, Antonio Tajani, la réalité se situe davantage autour d’un montant de €50-60Mds. L’heure des compromis a sonné ? Il semble évident que Theresa May ne peut plus se payer le luxe d’une inertie actuelle des discussions, le temps jouant clairement en sa défaveur.

Avant le diner de ce soir qui donnera lieu à des discussions plus approfondies entre les 27 membres de l’UE vendredi matin, la livre sterling sera très certainement sensible aux chiffres de ventes au détail publiés dans la matinée (10h30). Une éventuelle contraction des ventes au Royaume-Uni au mois de septembre (consensus : -0,1% M/M vs 1,0% en août), associée à un possible sentiment chez les acteurs de marché  mêlant à la fois attentisme et nervosité en amont des discussions et commentaires sur le Brexit délivrés en marge du sommet européen, la livre sterling pourrait engranger quelques pertes et la paire EUR/GBP consolider ainsi sa position au-dessus du seuil de £0,89.

#2 – Espagne (EUR) :  Le gouvernement espagnol avait donné en début de semaine aux responsables politiques catalans jusqu’à jeudi 10h00 pour revenir sur la décision, prise la semaine dernière, de proclamer l’indépendance de la Catalogne, sans quoi il se laisserait le droit de recourir à l’article 155 de la Constitution espagnole, lequel impliquerait une mise sous tutelle de la Catalogne. Bien qu’inédit, ce scénario apparaît toutefois très plausible. Du côté des sécessionistes catalans, on continue de faire front malgré les menaces de Madrid. Malgré la désolidarisation internationale à l’égard de ce combat et le spectre d’un désastre économique qui plane suite à la fuite massive des entreprises, les leaders sécessionistes tentent de jouer sur la peur d’une fragmentation de l’Espagne et d’un possible effet domino pour forcer Madrid à rejoindre la table des négociations, une main tendue pour le moment refusée par le gouvernement espagnol. Un accroissement des tensions en Espagne pourrait raviver quelques pressions vendeuses sur l’euro, et ainsi renvoyer la paire EUR/USD vers ses récents points bas ($1,0670 en octobre). L’Espagne, qui sort de deux années consécutives durant lesquelles l’économie a enregistré une performance de plus de 3,0%, pourrait voir son activité économique ralentir si la crise politique s’enlisait. Il ne va sans dire qu’un ralentissement de l’Espagne pourrait rejaillir sur la performance de la Zone Euro, dont le solide redressement ces derniers trimestres a pleinement bénéficié de la solide performance de l’économie espagnole.

#3 –  Etats Unis (USD):  Selon plusieurs médias spécialisés, le président américain devrait recevoir ce jeudi à la Maison Blanche la présidente de la réserve fédérale américaine, Janet Yellen. Ce sera l’occasion pour elle, si tenté que ce soit son intention, de convaincre Donald Trump qu’elle reste la personne la plus apte et qualifiée pour diriger la banque centrale américaine, alors que son mandat arrivera à son terme en février prochain. Selon plusieurs observateurs, elle ne dispose pas pour l’heure des faveurs du président dont le choix final pourrait être dévoilé avant le 3 novembre prochain, date à laquelle il débutera sa tournée en Asie. Le dollar américain reste toujours sensible aux spéculations qui entourent cette course à la présidence de la Fed. Le choix d’un candidat favorable à une politique de rehaussement des taux d’intérêt agressive, comme l’économiste John Taylor ou l’ancien gouverneur Kevin Warsh, serait un bon catalyseur favorisant un renforcement important du dollar américain.


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