Actualités du marché des devises

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oct. 16, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Recul de l’euro ce matin alors que de nouvelles incertitudes politiques ont ressurgi en Europe à l’occasion des législatives en Autriche et du scrutin régional en Basse-Saxe en Allemagne.
  • La Catalogne par le biais de son président, Carles Puigdemont, refuse ce matin de clarifier ses positions et souhaite ouvrir une période de discussion de deux mois. Madrid pourrait actionner sa menace de mise sous tutelle (article 155).
  • L’EUR/USD retombe sous $1,18 tandis que l’EUR/GBP consolide sa position sous le niveau de £0,89.
  • La paire EUR/JPY fluctue à son plus bas niveau depuis un mois, sous ¥132. Celle-ci est sensible aux nouveaux tumultes qui frappent l’Europe et aux tensions autour de l’accord sur le nucléaire iranien.
  • Rebond ce matin des prix du pétrole de plus de 1%. Brent aux portes de $58 et WTI à $52.

Les trois faits marquants de la séance de vendredi 13 octobre 2017 et du week-end : #1 La Fed s’apprête à rehausser ses taux d’intérêt, dixit Janet Yellen , #2 Les européens tentés de tendre la main aux britanniques (source AFP) , et #3 Virage à droite pour l’Autriche (élections législatives)

#1 – Etats Unis (USD) : La réserve fédérale américaine s’apprête à rehausser ses taux d’intérêt une nouvelle fois. Ces mots, sortis de la bouche de la présidente de la banque centrale américaine ; Janet Yellen ; ont une résonnance toute particulière. En marge de la réunion d’automne du Fond Monétaire International (FMI), qui se tenait la semaine dernière à Washington ; cette dernière s’est à nouveau parée de son costume de VRP de luxe de l’économie américaine et louée la solidité actuelle de la croissance américaine, ainsi que la vigueur du marché de l’emploi dont le taux de chômage a encore chuté en septembre à un nouveau point bas depuis 16 ans (4,2%). Si certains observateurs pessimistes pointent du doigt la croissance modérée de l’inflation – une situation encore confirmée vendredi avec la publication d’un indice de prix de base (indice excluant les prix de l’énergie et des produits alimentaires considérés comme volatils) progressant à son plus faible rythme annuel depuis plus de 2 ans – ou encore les possibles répercussions néfastes des catastrophes météorologiques, ces craintes sont aussitôt balayées d’un revers de main par la gouverneure centrale qui restent optimistes quant à une prochaine accélération des prix dans le pays et jugent comme « probablement temporaire » l’impact des ouragans sur l’économie américaine. Si la Fed restera, dans les prochains mois, attentive à l’évolution de l’économie ; et principalement de l’inflation ; les conditions actuelles semblent justifier à ses yeux un nouveau resserrement monétaire. Les marchés anticipent en très grand nombre une intervention à l’occasion de la dernière réunion monétaire de l’année en décembre (probabilité d’une hausse de taux en décembre estimée vendredi à 83% d’après l’indice CME FedWatch Tool).

Prises de bénéfices sur la paire EUR/USD sur des niveaux attractifs compte tenu le maintien d’incertitudes politiques en Espagne et l’approche de la réunion de la BCE

Source : CME FedWatch Tool, Western Union Business Solutions

#2 – Royaume-Uni  (GBP) : Si l’on en croit les propos de certaines sources anonymes relayées vendredi par l’AFP, les autorités européennes envisageraient de tendre la main à Londres sur la question du Brexit à l’occasion du Sommet Européen programmé jeudi et vendredi 18 et 19 octobre afin de leur montrer qu’ils ne sont pas totalement fermés ; contrairement à ce que la situation ces derniers mois auraient pu laisser le penser.  Cette décision serait surtout un prétexte pour encourager les britanniques à trouver une réponse rapide aux prérequis de sortie fixés par Bruxelles, et notamment le règlement des engagements budgétaires du Royaume-Uni vis-à-vis de Bruxelles, dont la non-résolution a été qualifiée la semaine dernière d’ « impasse » à toute avancée constructive par le négociateur en chef européen Michel Barnier. Si les 27 membres devraient unanimement notifiés que malgré les récents progrès réalisés dans les discussions, les avancées actuelles ne permettent pas d’ouvrir un second cycle de négociation autour de la question de la future relation commerciale entre l’UE et le Royaume-Uni, ils pourraient néanmoins offrir à Michel Barnier le mandat pour commencer à travailler en amont sur le sujet dans l’espoir d’amorcer les pourparlers sur le sujet à l’occasion du sommet européen programmé en décembre (14-15 décembre). En marge de ce sommet européen, auquel ne participera pas la première ministre britannique, on attend du côté des marchés financiers et des responsables européens que Theresa May s’exprime et apporte de nouveaux éléments de réponses.

#3 – Autriche (EUR)  :   Après plus de 10 ans de coalition dirigeante centriste, l’Autriche est en passe de prendre un véritable virage à droite. Avec un peu plus de 30% des voix, le parti populaire autrichien (ÖVP) du jeune leader Sebastian Kurz ; 31 ans ; remporte les élections législatives autrichiennes, et devance la formation d’extrême droite FPÖ, arrivée seconde, et les sociaux-démocrates du SPÖ. Compte tenu de la rupture de l’alliance historique entre le SPÖ et l’ÖVP ; qui formait la coalition gouvernementale sortante ; sur les questions de migration, il semble que l’on devrait se diriger vers une alliance aux accents nationalistes entre conservateurs et extrême droite. Ce nouveau gouvernement, si il est confirmé, viendrait confirmer la montée en puissance de mouvements contestataires et l’érosion des partis politiques traditionnels en Europe, et potentiellement faire resurgir les questions identitaires qui rongent la région depuis des années. Une coalition marquée très à droite en Autriche, la défaite de la CDU d’Angela Merkel en Basse-Saxe ce dimanche à quelques jours du début des négociations pour former la nouvelle coalition gouvernementale (mercredi), ou encore la question non résolue de l’indépendance de la Catalogne sont autant de sources d’incertitudes qui viennent perturber les projets de redressement et cohésion de l’Union Européenne (cf. projet d’Emmanuel Macron), et potentiellement freiner tout nouveau mouvement d’achat sur l’euro alors que les investisseurs commencer à lorgner du côté de la BCE et de la nouvelle réunion monétaire programmée dans un peu moins de deux semaines.

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Nouvelle semaine de tous les dangers en Espagne, #2 Scénario de hausse de taux et Brexit, deux facteurs qui s’opposent ou se complètent ?  & #3 Elections législatives au Japon ce dimanche

#1 – Espagne (EUR)   : Le gouvernement espagnol avait lancé la semaine dernière un ultimatum aux responsables catalans, et offert au passage la possibilité de revenir dans la légalité, en les enjoignant à clarifier d’ici lundi matin leurs positions après la proclamation d’indépendance d’une république de Catalogne, avant d’engager des mesures strictes à leur encontre. Le recours à l’article 155 de la Constitution espagnole, synonyme de mise sous tutelle de la Catalogne, avait été évoqué par Madrid comme possible mesure de rétorsion. Le président de la région de Catalogne, Carles Puigdemont, se trouve face à un dilemme. Sachant que le gouvernement de M. Rajoy ne semble pas disposer à discuter, malgré la suspension temporaire décidée mardi dernier des effets d’une indépendance, ce dernier doit indiquer s’il souhaite poursuivre le combat de l’indépendance, ou alors abdiquer et ainsi perdre toute crédibilité auprès de son allié actuel ; le parti d’extrême gauche CUP ; qui insiste ardemment pour que sécession soit faite.  En fin de semaine dernière, Madrid et le FMI ont tous deux alerté l’opinion sur le fait que le prolongement de la crise en Catalogne pourrait avoir un impact néfaste sur la croissance espagnole en 2018. Du côté catalan, le spectre d’une catastrophe économique en cas de rupture avec l’Espagne se fait de plus en plus fort. Selon le registre officiel, 540 entreprises ont indiqué avoir lancé une procédure de relocation de leur siège social hors de Catalogne entre le 2 et 11 octobre dernier.

#2 – Royaume-Uni (GBP) :  Avant l’organisation du sommet européen programmée en fin de semaine (jeudi et vendredi) au cours duquel le Brexit sera un des majeurs thèmes discutés, l’attention devrait se porter sur les fondamentaux économiques, et notamment les chiffres d’inflation publiés mardi. D’après la médiane des projections des économistes sondés par Reuters, l’inflation pourrait atteindre au Royaume-Uni en septembre le niveau clef de 3,0% pour la première fois depuis plus de 5 ans. Un nouveau signal d’accélération des prix dans un contexte actuel de stagnation des salaires – nouvelles statistiques publiées mercredi – pourrait constituer un argument de poids pour les responsables monétaires britanniques et les pousser de rehausser les taux d’intérêt à l’occasion de la prochaine réunion monétaire programmée le 2 novembre prochain. D’après les positions sur les marchés à terme, un grand nombre d’observateurs anticipe un premier resserrement monétaire en 10 ans de la Banque d’Angleterre, la probabilité d’un tel scénario étant estimée à près de 80% ce lundi matin d’après les positions actuelles sur les marchés à terme. Dans un contexte où Bruxelles pourrait cette semaine tendre la main à Londres dans les négociations sur le Brexit (voir Focus du weekend #2), une hausse des spéculations d’une hausse de taux pourrait venir soutenir le nouveau mouvement haussier, amorcé en fin de semaine dernière, sur la livre sterling.  

#3 –  Japon (JPY):  Ce dimanche se tiendra au Japon l’élection législative, un scrutin anticipé et déclenché par Shinzo Abe pour asseoir son autorité. D’après les récents sondages, le parti politique du premier ministre japonais, le LDP, est en bonne position pour remporter très largement ce scrutin. Avec le soutien de son allié actuel du Komeito, il devrait s’assurer une majorité absolue confortable au parlement. Une victoire assurerait le maintien et le renforcement de la politique d’Abenomics menée depuis 2012 par le gouvernement japonais, et donc le maintien d’une politique monétaire très accommodante destinée à combattre le spectre de la déflation qui continue de planer au-dessus du pays. Dans ce contexte, une victoire d’Abe ce dimanche apparaît à première vue comme un facteur négatif pour le yen. Celui-ci pourrait rester encore faiblement valorisé, voire s’affaiblir davantage dans les prochaines semaines face à l’euro. Ce matin cependant, alors que de nouvelles incertitudes politiques ont ressurgi en Europe ce weekend, le cours EUR/JPY chute sous le seuil de ¥132 et fluctue à son plus bas niveau depuis un mois. Le yen reste sensible aux tensions émanant de Corée du Nord, et dernièrement d’Iran alors que Donald Trump menace de ne plus soutenir l’accord international signé sur le nucléaire iranien.

La paire à suivre ce lundi 16 octobre 2017 : EUR/USD  - Des incertitudes politiques (Autriche, Allemagne & Espagnole) pèsent sur l’euro…Maintien prolongé dans le couloir de $1,17-1,19


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