Actualités du marché des devises

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oct. 12, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort rebond des devises océaniennes (AUD & NZD) au lendemain des Minutes de la Fed (voir le focus sur la paire du jour – EUR/AUD) – Inquiétudes de nombreux membres vis-à-vis de la faiblesse de l’inflation (voir Focus #2  de la veille). Statut de devises à haut rendement de l’AUD et NZD au sein du G10 renforcé.
  • Recul de la couronne suédoise sur fond déception à la lecture des nouvelles statistiques d’inflation qui s’avèrent bien moins importantes que prévu (voir Focus #3 du jour). EUR/SEK proche du niveau de SEK 9,60.
  • Cours EUR/USD stable à $1,1860. Soulagement général des marchés vis-à-vis de la situation politique en Espagne (voir Focus # 1 de la veille) et légère déception des marchés à la lecture des Minutes de la Fed.

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 11 octobre 2017 : #1 Madrid évoque une possible mise sous tutelle de la Catalogne , #2 Une nouvelle hausse de taux aux Etats Unis semble garantie malgré des inquiétudes vis-à-vis de l’inflation (Minutes de la Fed) , et #3 Le ministre des finances britannique commence à se préparer au pire (Brexit)

#1 – Espagne (EUR) :  Les membres du gouvernement de Mariano Rajoy  s’étaient donnés rendez-vous mercredi matin pour une réunion de crise au lendemain de la proclamation de l’indépendance de la Catalogne par son président Carles Puigdemont. On attendait de voir de quelle manière Madrid allait répondre à ce nouveau chantage proposé par les indépendantistes qui, en décidant de suspendre temporairement les effets juridiques relatifs à cette déclaration d’indépendance, souhaitaient cette fois convaincre le gouvernement à rejoindre la table des négociations. Ce fut un échec. Au contraire, M. Rajoy a de nouveau affirmé l’autorité de son gouvernement en réclamant une clarification de la décision prise par les sécessionnistes et ses implications, puis en évoquant la possibilité d’activer l’article 155 de la Constitution  espagnole qui supposerait une mise sous tutelle de la Catalogne. Jamais utilisé depuis l’adoption de la constitution en 1978, cet article présuppose que si une communauté autonome d’Espagne, en l’occurrence ici une région, porte atteinte à l’intérêt général de l’Espagne ou ne respecte pas les lois imposés par la Constitution, dès lors le gouvernement serait en droit de prendre les mesures nécessaires à son encontre. Si le texte ne précise pas en détail le contenu de ces mesures, celles-ci pourraient prendre la forme d’une prise de contrôle du gouvernement régional catalan et/ou une dissolution du Parlement régional. Le premier ministre espagnol n’a néanmoins pas le pouvoir de déclencher de manière directe à cet article, il doit d’abord informer le président de la région de son intention et lui sommer de revenir à l’ordre constitutionnel. En cas de refus de ce dernier, il peut lancer la procédure et obtenir le consentement du Sénat pour l’appliquer. Là encore, le cas reste épineux pour M.Rajoy puisque son parti, le Parti Populaire, ne dispose pas actuellement de majorité au Parlement. Le poker menteur continue donc, cependant le rapport de force semble davantage pencher en faveur de Madrid, la Catalogne paraissant au fil des jours de plus en plus isolée dans son combat.

Du côté des marchés financiers, on reste confiant qu’une solution à cette crise sera vite trouvée en Espagne, la position actuelle des leaders catalans étant jugée par les investisseurs de plus en plus intenables. Dans ce contexte d’optimisme généralement partagé par les acteurs de marchés, l’EUR/USD a progressé de plus de 0,4% lors de la séance de mercredi. Celle-ci a oscillé une bonne partie de l’après-midi entre $1,1840 et $1,1860 une fois la position du gouvernement espagnol clarifié, puis elle a bénéficié d’un nouveau facteur favorable en fin de journée, à savoir un affaiblissement du dollar suite à la publication des Minutes de la Fed. Au final, la paire a clôturé la séance de mercredi à son plus haut niveau depuis plus de deux semaines, légèrement sous le niveau de $1,1860.

#2 – Etats Unis  (USD) : Le compte rendu de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine organisée en septembre met en lumière l’inquiétudes de nombreux responsables monétaires vis-à-vis de la faiblesse de l’inflation qui, contrairement à l’argumentation utilisée par la présidente Janet Yellen durant sa conférence de presse en septembre, pourrait ne pas être uniquement le fruit de facteurs éphémères mais la conséquence de développements économiques persistants. Si la patience en matière de normalisation monétaire reste préconisée, néanmoins aux yeux d’une majorité de membres du comité exécutif de la banque centrale américaine, les conditions à une nouvelle hausse de taux en 2017 (la 3ième) semblent réunies. Le compte rendu sous-entend que les responsables monétaires resteront très attentifs à la teneur des prochaines statistiques économiques, notamment concernant l’inflation, qui seront publiées dans les prochaines semaines. Une accélération de l’inflation, comme il l’est attendu ce vendredi par une majorité d’économistes (consensus : +2,3% A/A vs 1,9% en août) pourrait venir chasser les derniers doutes, et crédibiliser encore davantage l’hypothèse d’une nouvelle intervention avant la fin de l’année. Les investisseurs ont été davantage sensibles aux inquiétudes soulevées par la Fed concernant la croissance des prix dans le pays plutôt qu’aux signaux qu’une nouvelle hausse de taux se préparait. Il faut dire que les marchés financiers anticipent déjà grandement un scénario de resserrement monétaire en décembre depuis les commentaires adressés par Janet Yellen lors de la réunion monétaire de septembre. Evaluée à 88% mercredi matin, la probabilité d’une hausse de taux en décembre estimée par les positions sur les marchés à terme est ce jeudi à 83%.

Le dollar américain connait un petit coup de mou après avoir enregistré sur les dernières semaines un rebond de presque 3% et atteint un pic de 2 mois ½. Il semble néanmoins que la devise américaine soit davantage sensible aux inquiétudes que suscitent la réforme fiscale dont l’adoption par le Congrès dans sa forme actuelle est loin d’être garantie. Les récentes prises de bec entre le président Donald Trump et un sénateur républicain influent ; Bob Corker ; lequel est défavorable à une augmentation des déficits dans le pays, font craindre un scénario semblable à celui du projet d’abrogation de l’Obamacare. À savoir, une impasse parlementaire. Les marges de manœuvre du président américain sont finalement réduites puisque celui-ci fait face à une opposition unanime du camp démocrate sur chacun de ses projets de loi, et ne dispose finalement que d’une courte majorité au Sénat (52 sièges sur 100).

#3 – Royaume-Uni (GBP)  :   Le ministre des finances, Philip Hammond, a indiqué devant les parlementaires britanniques qu’il pourrait débloquer de nouvelles dépenses destinées à soutenir l’économie dans le budget 2018 si les négociations sur le Brexit n’offrent aucune garantie et restent au point mort en début d’année prochaine. Pour la première fois, ce dernier dit se préparer à l’éventualité ; de plus en plus grande au fil des jours ; que le pays puisse sortir de l’Union Européenne sans avoir signé d’accord économique et commercial préalable. Si un plan d’urgence est évoqué, ce dernier reste néanmoins reste confiant qu’une solution soit trouvée et refuse pour l’heure de constituer une enveloppe dédiée au Brexit. La livre sterling a de nouveau enregistré une séance de baisse face à l’euro ; la seconde consécutive ; notamment sous l’impulsion d’un sursaut d’optimisme des investisseurs européens concernant la situation en Espagne. La paire EUR/GBP est repassée hier au-dessus du niveau de £0,8950 mais a vu sa course stoppée à l’approche du seuil clef de £0,90.

Les trois évènements clés à suivre ce jeudi 12 octobre 2017 – #1 Intervention de Mario Draghi à Washington (22h30), #2 Premiers indicateurs d’inflation aux Etats Unis (Indice PPI à 14h30) & #3 Pas d’accélération de l’inflation en Suède

EUR

BCE (EUR)   : La résolution de la crise politique espagnole apparaissant sur une bonne voie ; le rapport de force ayant ces derniers jours clairement penché en faveur de Madrid ; les regards commencent peu à peu à se tourner vers la BCE et le dévoilement, attendu en octobre, de son plan d’ajustement de son programme de rachats d’actifs en 2018.  Selon une enquête Reuters publiée au milieu du mois de septembre, une majorité d’économistes voient le volume mensuel de rachats d’actifs être réduit de €60 à €40Mds à partir de janvier prochain et le programme être définitivement clôturé d’ici la fin d’année 2018. Pour le moment, la banque centrale européenne a envoyé peu de signaux concernant la future forme de cet ajustement, le compte rendu de la réunion de septembre publié un peu plus tôt ce mois-ci ne nous ayant indiqué seulement indiqué que les responsables réfléchissaient encore à la meilleure option possible, à savoir réduire son programme pendant une période prolongée ou l’augmenter sur période courte. La forte valorisation de l’euro semble également être source d’incertitude pour de nombreux responsables monétaires, d’où une possibilité que celle-ci décide de ne pas statuer tout de suite sur la fin de son programme, un choix qui pourrait être accueilli négativement par les investisseurs. Mario Draghi participera ce soir à une conférence à Washington dans le cadre de la conférence annuelle du FMI. Ce sera peut-être l’occasion pour lui de disséminer quelques détails clefs avant la réunion du  25-26 octobre. Avant l’intervention de Mario Draghi, l’euro devrait être sensible aux nouvelles potentielles déclarations en provenance d’Espagne et aux nouveaux chiffres de production industrielle d’août, attendue en forte hausse par les économistes (consensus : +0,5% M/M).

USD

Etats Unis (USD) :  Avant la publication vendredi après-midi des statistiques officielles, le ministère du travail américain publiera de première estimations d’inflation en septembre à travers les statistiques de prix à la production. Alors que l’inflation est devenu ces derniers temps un thème récurrent dans la bouche des responsables monétaires américains, et un facteur clef dans la poursuite de la politique de resserrement monétaire, ces indicateurs seront attentivement scrutés par les investisseurs. La médiane des projections des économistes sondés par Reuters table sur un accélération de la dynamique générale et un retour à un pic depuis plus de 5 ans (consensus : 2,5% A/A vs 2,4% en août). Une telle dynamique pourrait rassurer les responsables monétaires les plus frileux, et conforter les investisseurs dans l’idée qu’une nouvelle hausse de taux pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année. À cette occasion, on pourrait observer un léger rebond du dollar américain.

SEK

Suède (SEK):  Alors que les économistes tablaient sur une forte accélération de l’inflation générale en Suède au mois de septembre, celle-ci est finalement restée inchangée et conservée une dynamique annuelle de 2,1% (consensus : 2,4%). Bien que l’inflation soit au-dessus de l’objectif de long terme de 2% recherché par les responsables monétaires suédois, celle-ci continue d’être étroitement surveillée par la banque centrale. Si une nouvelle accélération aurait offert un argument justifiant un changement d’orientation monétaire en 2018 (ie. hausse de taux), cette stagnation de la croissance des prix en Suède pourrait, à défaut d’être préoccupant, donner un nouveau prétexte au maintien d’une politique monétaire prudente pendant une période prolongée. La couronne suédoise recule ce matin de plus de 0,4% face à l’euro sur fond de déception des investisseurs à la lecture de ces statistiques d’inflation bien en-dessous des attentes. La paire EUR/SEK s’approche du seuil de SEK 9,60 et oscille sur ses plus hauts niveaux observés sur les 8 dernières séances.

AUD

La paire à suivre ce jeudi 12 octobre 2017 : EUR/AUD : Forte correction provoquée par les Minutes de la Fed

  • L’émergence des doutes des banquiers centraux américains vis-à-vis de l’inflation aux Etats Unis pourrait constituer un obstacle à la poursuite par la Fed de sa politique de hausse graduelle de ses taux d’intérêt. Le dollar australien pourrait conserver son statut de devises industrialisées à haut rendement pendant un période plus longue que prévue. Mouvements sur les taux obligataires favorables au dollar australien par rapport au dollar américain. Observation d’une rotation de certaines positions.


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