Actualités du marché des devises

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oct. 09, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond de la livre sterling de près 0,5% ce matin après avoir accumulé une perte de 2% lors de la semaine précédente sur fond de retour d’incertitudes politiques liées à la crise d’autorité subie par la 1ère ministre Theresa May.
  • Paire EUR/USD stable sous $1,1750. La crise politique actuelle en Espagne freine toute tentative de rebond de l’euro. La devise européenne est restée insensible à la hausse surprise de la production industrielle en Allemagne (+2,6% M/M vs consensus +0,7%).
  • Marchés japonais, canadiens fermés aujourd’hui. Aux Etats Unis, seuls les marchés actions seront ouverts (jour de célébration de C. Colomb). Volatilité probablement limitée aujourd’hui sur les devises majeures.
  • Recul de plus de 2% de livre turque ce matin sur fond d’incertitudes politiques après l’arrestation d’un employé du consulat américain à Istanbul. Les deux pays ont annoncé la suspension des services de visa.  L’EUR/TRY est à un plus haut historique.

Les trois faits marquants de la séance de vendredi 6 octobre 2017/ du week-end : #1 Un effet « ouragan » sur les chiffres de l’emploi américain, #2 Catalogne : Début d’exode des entreprises, et #3 Fragilisée, Theresa May pourrait opter pour un remaniement de son cabinet ministériel

#1 – Etats Unis (USD) :  Si les autorités américaines restent très prudentes et se refusent pour le moment de tirer des conclusions hâtives, force est de constater un premier « effet ouragan » sur l’économie américaine. Consécutivement aux passages successifs des ouragans Harvey et Irma, les créations d’emploi se sont contractées en septembre pour la première fois depuis 2010 (-33k vs consensus : +90k). Le taux de chômage a quant à lui reculé et atteint un nouveau point bas depuis 16 ans à 4,2%, tandis que les salaires ont enregistré un solide rebond de 0,5% sur le mois. Si ces deux facteurs sont peut-être biaisés par une possible distorsion des statistiques d’emploi causée par les turbulences météorologiques subies par les Etats Unis sur la période, ils devraient néanmoins confortés les responsables monétaires américains dans leur projet de rehausser une nouvelle fois les taux directeurs avant la fin de l’année. Le rebond des salaires pourrait être la pièce manquante du puzzle pour une Fed en attente de signes d’accélération de l’inflation. Un scénario de hausse de taux en décembre est donc plus que d’actualité, et semble ne faire aujourd’hui aucun doute dans l’esprit des investisseurs (probabilité estimée à 93% d’après l’indice CME FedWatch Tool).  

La réaction des investisseurs aux nouveaux chiffres de l’emploi américain a été partagée.  Le dollar américain a dans un premier temps atteint un pic de plus de 7 semaines face à l’euro à $1,1667 avant de progressivement abandonner ses gains sur la fin de journée sur fond de nouvelles craintes liées à la Corée du Nord et très certainement de prises de bénéfices, consécutives à un gain de plus de 2% enregistré depuis fin septembre, avant le jour férié de lundi (jour de C. Colomb). L’EUR/USD a finalement clôturé la semaine dans le vert (+0,2%), au-dessus du seuil de $1,17 qui apparaît de plus en plus comme un niveau psychologique  important pour les investisseurs.

#2 – Espagne  (EUR La majorité silencieuse de Catalogne a souhaité s’exprimer …c’est du moins le message général recueilli de la bouche de plusieurs manifestants ce dimanche à Barcelone. Ils étaient en effet des milliers (350 000 d’après les médias – Bloomberg) à s’être donnés rendez-vous dans les rues de la capitale catalane pour manifester contre « la prise d’otage » opérée par les groupes politiques sécessionnistes qui menacent depuis une semaine ; et le résultat favorable obtenu lors du référendum d’autodétermination de la Catalogne ; de rompre avec Madrid et proclamer l’indépendance d’une république catalane en Espagne. À la tête de ce mouvement, on retrouve beaucoup de personnes issues du monde des affaires espagnol qui tentent de faire pression sur le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, pour que celui-ci abandonne ses projets d’indépendance. Quoi de mieux pour cela que d’appuyer sur une corde sensible, à savoir la supposée puissance économique de la région.  Plusieurs entreprises n’ont pas hésité à allier leur parole aux actes, puisque déjà une douzaine d’entre elles, dont la 3ième plus importante banque du pays Caixabank, ont d’ores et déjà annoncé leur plan et/ou projet de délocaliser leurs activités et leurs bureaux hors de Catalogne. Certains instituts bancaires craignent d’être perçus comme étant des établissements catalans par leurs clients, et que pris de panique ces derniers décident subitement de retirer leur argent. La pression monte et le spectre d’une crise politique sans précédent reste toujours vivace alors que Puigdemont prévoit ce mardi une allocution devant le parlement régional de Catalogne. Si ce dernier a reconnu préférer à ce qu’une médiation s’organise dans le calme, l’inflexibilité affichée par le premier ministre Mariano Rajoy et son gouvernement pourrait pousser le dirigeant sécessioniste à franchir le rubicond et annoncer l’indépendance de la Catalogne.

#3 – Royaume-Uni (GBP) :   Plusieurs médias britanniques ont révélé l’échec d’une fronde menée par 30 membres du parti conservateur et destinée à destituer la première ministre Theresa May de la tête du parti. Cette dernière est de nouveau fragilisée et fait face à une véritable crise d’autorité après sa prestation jugée désastreuse lors de la clôture mercredi dernier de la convention annuelle du parti conservateur à Manchester. Aux yeux des marchés, on craint que ses jours soient comptés même si cette dernière ne semble pas disposée à laisser la place. Même son de cloche du côté européen, dont on a appris récemment qu’il avait sondé ces derniers jours certains dirigeants travaillistes dans le cadre des négociations sur le Brexit au cas où le Royaume-Uni organiserait de nouvelles élections anticipées – un scénario qui présuppose une démission de Theresa May. D’après le Sunday Times, la première ministre pourrait tenter de ramener le calme et l’unité au sein de son équipe ministérielle, qui s’est récemment illustrée par la divergence de ses positions sur le Brexit, en décidant de procéder à un remaniement de son cabinet. Celui-ci pourrait être annoncé après le sommet européen sur le Brexit programmé les 18 et 19 octobre prochain, et pourrait inclure Boris Johnson, ministre des affaires étrangères dans le gouvernement actuel mais également membre dissident favorable à une politique de rupture avec l’UE. La livre sterling a, comme à son habitude, subi de pleins fouets le retour des incertitudes politiques au Royaume-Uni et enregistrée une de ses pires semaines depuis un an face au dollar américain et face à l’euro. La paire EUR/GBP a en effet engrangé un gain de près de 2% la semaine dernière et clôturé la séance de vendredi juste aux portes des £0,90. L’ascension pourrait se poursuivre cette semaine si les turbulences politiques et les craintes de départ de Theresa May s’intensifient.

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Catalogne : Se queda ?  #2 Minutes de la Fed (mercredi) & inflation (vendredi) aux Etats Unis & #3 Nouveau tour de table sur l’ALENA à Washington  

EUR

Zone Euro (EUR)   : Compte tenu le calendrier économique plutôt léger cette semaine – les attractions majeures demeurant la publication des chiffres de production industrielle dans la région et l’allocution du président de la BCE, Mario Draghi, jeudi soir à Washington – la volatilité de l’euro devrait à nouveau être davantage sensible à des facteurs d’ordre politique. Le sort de la Catalogne devrait continuer d’agiter l’actualité en Europe. Si, à l’heure d’écrire ces lignes, une conciliation apparaît comme une solution inévitable ; et la plus rationnelle ; on n’est pas à l’abri d’un nouveau tournant décisif dans cette crise politique espagnole. Pour la Catalogne, tourner le dos à l’Espagne reviendrait tourner le dos à l’Union Européenne, ce qui serait économiquement très dommageable pour la région la plus riche du pays. Cela est d’autant plus vrai que l’on voit déjà les fleurons économiques de la Catalogne débuter un exode hors de la région. Il convient donc pour les responsables politiques sécessionnistes catalans de stopper l’hémorragie pendant qu’il est encore temps, et de profiter des résidus d’ascendant dont ils disposent pour organiser une médiation avec le gouvernement de Madrid. Néanmoins celle-ci ne sera possible que si la menace d’indépendance est abandonnée. Combien de temps durera encore ce poker menteur ? Plusieurs éléments de réponse devraient nous être apportés cette semaine. L’allocution du président de la Catalogne, Carles Puigdemont, prévue mardi devant le parlement régional catalan sera un évènement majeur à suivre.

USD

Etats Unis (USD) :  Contrairement à d’habitude, la publication du compte rendu de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine du 12-13 septembre dernier, programmée mercredi soir à 20h00, devrait susciter moins d’enthousiasme auprès des investisseurs. Pour cause, la présidente de banque centrale américaine a été très explicit lors de ses dernières sorties publiques sur ses intentions de poursuivre une hausse graduelle des taux d’intérêt, et notamment de procéder à une nouveau resserrement monétaire avant la fin de l’année 2017. Ses intentions étant très claires, ce document ne devrait donc pas nous apporter davantage d’informations que l’on ne dispose déjà. Aussi, l’attention devrait principalement se porter sur les fondamentaux économiques, qui semblent à ce jour les véritables garants de la réalisation ou non d’une nouvelle hausse de taux aux Etats Unis. L’inflation reste l’élément clef au centre des interrogations actuelles des responsables monétaires américains. Quelques éclaircissements pourraient être apportés dès cette semaine à l’occasion de la publication des nouvelles statistiques de prix à la production (jeudi à 14h30) et d’inflation générale (vendredi à 14h30). En parallèle aux chiffres officiels d’inflation seront également publiés ce vendredi les nouvelles statistiques de ventes au détail au mois de septembre. Les économistes sondés tablent sur une forte accélération de l’inflation générale au-delà de l’objectif de long terme de 2,0% (consensus 2,3% vs 1,9% en août) et un robuste rebond des ventes au détail (consensus : +1,6% M/M vs -0,2%). Cela pourrait être donc l’occasion de voir un nouveau renforcement du dollar américain face à l’euro, d’autant plus si les incertitudes politiques en Espagne persistent.

USD-CAD-MXN

ALENA (USD-CAD-MXN):  Un nouveau tour de table concernant l’avenir de la zone de libre-échange nord-américain débutera ce mercredi à Washington. Du côté américain, le menace de la suppression de cet accord jugé injuste est toujours maintenue. Le dollar canadien et le peso mexicain sont sensibles au sort de cette zone économique mise en place en 1994 et dont les échanges ont dépassé les $1000 Mds. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, effectuera à partir de jeudi une visite officielle de deux jours au Mexique, voyage durant lequel le thème de l’ALENA sera très certainement discuté.


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