Actualités du marché des devises

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oct. 05, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort recul de la livre sterling de 0,5% face à l’euro (>£0,89) – Une possible démission de Theresa May est évoquée par le média Sky news au lendemain de la prestation peu convaincante de la première ministre en clôture de la convention annuelle du parti conservateur à Manchester.
  • Recul de l’AUD de 0,5% face à l’euro (>A$1,50) – Recul surprise des ventes au détail en août (seconde contraction consécutive)
  • EUR/USD assez stable avant la publication du compte rendu de la réunion monétaire de la BCE à 13h30. Dialogue rompu entre les sécessionnistes catalans et Madrid. Déclaration d’indépendance potentiellement annoncée lundi prochain.

Les publications clés du jour :                             

  • Ventes au détail en Australie (Août) – Déjà publié : -0,6% M/M vs consensus +0,3%
  • Inflation en Suisse (Septembre) – Déjà publié : 0,7% A/A vs consensus 0,6% & 0,5% en août
  • Minutes de la BCE à 13h30
  • Balance commerciale aux Etats Unis (Août) à 14h30: Consensus -$42,7Mds vs -$43,7Mds en juillet
  • Balance commerciale au Canada (Août) à 14h30 : Consensus -C$2,6Mds vs -$3,0Mds en juillet
  • Discours des membres de la Fed Jérôme Powell (membre permanent) & William Dudley (Fed NYC) à New York à 14h30                   

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 04 octobre 2017 : #1 Une fracture entre la Catalogne et Madrid qui inquiète l’UE, #2 Theresa May trahie par une quinte de toux, et #3 Salve de chiffres positifs aux Etats Unis   

#1 – Espagne (EUR) : Le dialogue semble rompu entre les sécessionistes catalans et le gouvernement madrilène. Alors que court la rumeur qu’une déclaration d’indépendance pourrait être officialisée dès ce lundi à l’issue de la session parlementaire du gouvernement régional de Catalogne, le premier ministre espagnol  Mariano Rajoy, soutenu en grande pompe par ces homologues européens, peine pour l’heure à gérer cette situation de crise, ce dernier préférant dénoncer le caractère illégal du scrutin de dimanche dernier plutôt que de tendre la main à la Catalogne et écouter leurs revendications. L’allocution du roi d’Espagne, Felipe VI, ce mardi n’y a rien changé, et semble même au contraire avoir accentué le sentiment régionaliste qui émane actuellement de la Catalogne, et renforcé les divisions qui prédominent en Espagne. Privilégier la force à la négociation pourrait s’avérer être un jeu dangereux pour Rajoy, qui dispose actuellement que d’une faible majorité parlementaire. Si une dissolution du parlement régional de Catalogne est une option que pourrait considérer le gouvernement pour empêcher la région de proclamée son indépendance, celle-ci pourrait être accueillie comme un abus de pouvoir et provoquer un vote de défiance à l’encontre de l’équipe dirigeante actuelle au parlement espagnol.  L’Espagne et l’Union Européenne jouent tous les deux gros dans cette crise. Représentant 20% du PIB du pays, la Catalogne est la région la plus riche d’Espagne, et demeure donc une des locomotives économiques majeures dont Madrid ne peut se passer. Pour l’Union Européenne, la problématique est double. L’Espagne a été ces derniers trimestres un des principaux pourvoyeurs de croissance de la Zone Euro, aussi une crise de cette dernière pourrait venir freiner la bonne dynamique actuelle de la région. L’autre souci est, dans une Europe qui peine à définir sa propre identité, l’émergence de divisions en Espagne font craindre un réveil du sentiment régionaliste dans plusieurs autres pays européens et menacent de freiner les projets de relance du projet européen souhaités par le couple franco-allemand Macron-Merkel. 

L’euro reste handicapé par cette résurgence des incertitudes politiques en Zone Euro et par l’enlisement de ce conflit pour lequel aucune solution ne semble pour l’heure se dessiner. Une indépendance de la Catalogne s’accompagnerait très probablement d’un retour du risque de fragmentation, spectre qui a plané au-dessus de la Zone Euro ces dernières années et que l’on avait cru disparu au lendemain des élections françaises, et donc de nouvelles pertes potentielles pour l’euro. La paire EUR/USD est restée assez stable mercredi (+0,14%), et se maintient globalement depuis le début de la semaine au sein d’une fourchette étroite de $1,17-$1,18. En l’absence de nouveaux rebondissements en Espagne, les pertes de la paire semblent se limiter au niveau support de $1,17.

#2 – Royaume-Uni  (GBP) : Elle souhait prôner l’unité, mais c’est plutôt l’hilarité ou encore l’embarras qu’a inspiré le discours délivrée hier par Theresa May pour clôturer la convention annuelle du parti conservateur britannique, qui avait débuté dimanche dernier à Manchester. Interrompu dans un premier temps dans son discours par l’interruption d’un comédien lui présentant un formulaire de licenciement, la première ministre britannique fut par la suite gênée dans une vive quinte de toux. Alors que l’on sait sa crédibilité au sein même de sa famille politique fragilisée par la débâcle reçue lors des élections législatives de juin dernier, et alors que de nombreux sondages font état du souhait des citoyens de voir l’actuel ministre des affaires étrangères ; Boris Johnson ; mener la campagne des prochaines législatives de 2022, Theresa May a très certainement rater hier une occasion d’asseoir son autorité. Cette prestation décousue est malvenue à l’heure où l’économie britannique subit de plein fouet les premiers effets du Brexit (forte inflation & faible niveau de confiance des acteurs économiques), et les négociations sur le Brexit s’enlisent et font craindre une sortie sans que le moindre accord commercial n’ait été signé avec l’UE.

Peu convaincus par le discours de Theresa May, les investisseurs n’ont pas pris de nouvelles positions d’achat sur la livre sterling. La paire EUR/GBP est restée très stable lors de la séance de mercredi (+0,08%), cependant les répercussions du discours de la première ministre pourrait s’observer avec un peu de décalage lors de la session de jeudi.  Au début de la séance européenne, la livre sterling recule de plus de 0,5% face à l’euro et la paire EUR/GBP repasse au-dessus du seuil de £0,89. Ce mouvement semble corrélé à l’évocation faites ce matin par le média Sky News d’une possible démission de Theresa May

#3 – Etats Unis (USD) :   Cette semaine aux Etats Unis est scrutée avec attention par les marchés financiers, les nombreuses statistiques économiques publiées cette semaine (emploi, indices d’activité ISM, ventes d’automobiles,…) étant censées nous offrir de premiers indices sur l’amplitude des répercussions économiques provoquées par les passages successifs des ouragans Harvey et Irma à la fin de l’été. À en juger par la première salve de chiffres publiée depuis le début de la semaine, et notamment mercredi, ces catastrophes météorologiques ne semblent pas avoir troublé l’économie américaine, qui semble à l’inverse poursuivre en septembre la dynamique de redressement entrevue au second trimestre (3,1% T/T au T2 2017).  L’indice ISM de septembre suggère que la croissance de l’activité du secteur non-manufacturier a atteint un pic de 12 ans en septembre (59,8 vs consensus 55,5 et 55,3 en août – Graphe de droite ci-bas). Les chiffres de création d’emplois dans le secteur privé se sont avérés légèrement supérieurs aux attentes des économistes (135k vs consensus 125k). Néanmoins, il faut remarquer qu’il s’agit du plus faible volume observé depuis 11 mois. Alors que le dollar américain enregistre un rebond de plus de 2% sur les trois dernières semaines, les gains engendrés par celui-ci restent cependant toujours graduels. Il semble que malgré les nombreux signaux envoyés par la présidente de la Fed, Janet Yellen, suggérant une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année, la prudence reste de mise alors que de nombreuses incertitudes entourent le sort de la réforme fiscale énoncée par Donald Trump la semaine dernière et la continuité de la politique de hausse de taux de la banque centrale américaine. La première crainte repose sur les moyens de financement de cette réforme fiscale qui, en prévoyant de réduire significativement les recettes fiscales du gouvernement mais également des Etats fédéraux, pourrait élargir l’endettement déjà très important du pays (>$20Trn) et accroitre les inégalités dans le pays (critique délivrée hier par l’investisseur américain W. Buffet). La seconde source d’incertitude entoure la succession à la présidence de la Fed en février prochain. Alors qu’une liste finale de candidats potentiels a été données à Donald Trump, il est aujourd’hui difficile d’en ressortir un favori. L’ancien gouverneur Ben Warsh, l’actuel membre exécutif Jérôme Powell, le conseiller aux questions économiques du président Gary Cohn ou encore l’actuelle présidente Janet Yellen sont parmi les personnalités les plus cités dans les médias.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 05 octobre 2017 – #1 Minutes de la BCE de la réunion du 25-26 septembre 2017 (13h30), #2 Shinzo Abe veut accélérer sa politique d’Abenomics & #3 Contraction surprise des ventes au détail en Australie… Recul de l’AUD de 0,5%

EUR

#1 – Minutes BCE (EUR)   : En début d’après-midi, la banque centrale européenne publiera le compte rendu de la réunion monétaire qui s’est tenue les 25 et 26 septembre dernier. Ce sera l’occasion de faire un état des lieux de l’avancée des discussions concernant le projet d’ajustement du programme de rachats d’actifs dont une très large majorité d’observateurs espèrent le dévoilement des détails à l’occasion de la prochaine réunion qui se tiendra fin octobre. Les investisseurs seront à l’affut du moindre indices concernant la forme que pourrait prendre cet ajustement ou « recalibration » (dixit Mario Draghi) en 2018. Englué dans de nouvelles turbulences politiques, l’euro pourrait bénéficié aujourd’hui d’un détournement des regards de l’Espagne vers la BCE, et de nouvelles prises de positions anticipant une politique de normalisation « agressive » de la part des responsables monétaires européens. La faiblesse de l’euro lors des derniers jours pourraient dissiper les craintes des membres les plus frileux et les convaincre à réduire de manière significative le soutien monétaire assuré jusqu’ici par la banque, même si la stagnation de la dynamique d’inflation sous l’objectif de 2,0% (1,5% en Zone Euro en septembre) reste un sujet épineux.

JPY

#2 – Japon (JPY) :  Le premier ministre japonais, actuellement en campagne électorale en marge du scrutin du 22 octobre prochain, a annoncé ce matin qu’il souhaitait accélérer sa politique d’Abenomics en cas de réélection, et donc poursuivre l’action, menée main dans la main avec la Banque du Japon, de lutte contre la menace de déflation à travers une politique monétaire ultra-accommodante. Une confirmation de la divergence d’orientation monétaire qui est en train de s’opérer entre le Japon et ses homologues industrialisés (Etats Unis, Canada, Royaume-Uni et Zone Euro) pourrait continuer de peser sur la valorisation du yen face à ses pairs.

AUD

#3 – Australie (AUD):  Le dollar australien recule ce matin de 0,5% face à l’euro alors que les nouvelles statistiques de ventes au détail publiées ce matin en Australie signalent une contraction inattendue des ventes sur la période d’août et la révision à la baisse de l’estimation initialement publiée en juillet (-0,6% M/M vs consensus 0,3% et -0,2% en juillet).  Il s’agit du second mois consécutif de recul des ventes, ce qui suggère un possible ralentissement de l’économie au troisième trimestre.


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