Actualités du marché des devises

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sept. 26, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • L’euro reste très largement pénalisé ce matin par le maintien des incertitudes politiques en Europe. Les négociations pour former un nouveau gouvernement en Allemagne pourraient peser sur la croissance de la région au T4 2017 et mettre en péril de projet du président français de « refonte » et renforcement de la Zone Euro.
  • La paire EUR/USD s’approche tout doucement du seuil de $1,18 et évolue à son plus bas niveau en septembre.
  • Sensation de transfert des risques politiques entre l’Europe et le Royaume-Uni. Ce dernier n’est plus l’unique foyer de tensions en Europe. Renforcement de la tendance haussière sur la livre sterling. La paire EUR/GBP recule de 0,4% et évolue sous les niveaux de £0,88 ce matin.
  • Retour de la paire EUR/JPY sur les niveaux de ¥132 (-0,3%). La paire EUR/CHF reste ce matin stable et évolue juste au-dessus du seuil de ₣1,1450.
  • Léger fléchissement des prix du Brent (pétrole) après avoir atteint la veille un pic de plus de 2 ans, au-dessus du niveau de $59.

Les trois faits marquants de la séance de lundi 25 septembre 2017 : #1 Large correction de l’euro au lendemain des élections allemandes , #2 Les membres de l’UE réclament davantage de précisions sur les intentions de T.May avant d’attaquer les discussions commerciales , et #3 Les cours du Brent (pétrole) au plus haut depuis plus de deux ans

#1 – Euro (EUR) : L’Europe a vu ressurgir lundi quelques fantômes du passé. L’érosion du soutien populaire envers les deux grands partis traditionnels allemands ; la CDU et le SPD ; et l’entrée historique du parti d’extrême-droite allemand, AfD, au parlement en tant que troisième force politique du pays, vient rappeler que la menace populiste reste toujours présente dans la région, et qu’il serait dangereux de la négliger. Par ailleurs, le choix assumé du parti de gauche SPD de rejoindre le camp de l’opposition, et de ne pas renouveler l’expérience des quatre dernières années d’une « Grande coalition » gouvernementale dans laquelle il joue les seconds couteaux, devrait obliger la CDU à considérer une coalition à trois partis, jamais testé à l’échelon national, avec les libéraux du FDP et les écologistes. La présence de deux acteurs aux sensibilités politiques très différentes rend la tâche très compliquée à Angela Merkel, et pourrait déboucher sur une période de négociations plus longue que prévu. La CDU va devoir faire des concessions pour assurer à Angela Merkel un 4ième mandat. Outre le possible ralentissement économique que l’on pourrait observer au 4ième trimestre en Allemagne en cas d’immobilisme politique prolongé, les craintes actuelles des marchés concernent davantage la Zone Euro dans sa globalité. Alors que la réélection d’Angela Merkel ne devait être qu’une formalité et officialiser le retour au premier plan du couple franco-allemand comme initiateur d’un projet de refonte et de renforcement de l’Europe, ce projet a pris ce week-end du plomb dans l’aile. En effet, le projet du président français Emmanuel Macron de remodeler le projet européen et de renforcer l’intégration de ses membres ne rencontre pas un vif succès auprès des libéraux du FDP, futur partenaire de la CDU dans la nouvelle équipe gouvernementale. Ces derniers pourraient freiner les desseins du couple Macron/Merkel, et donc d’un point de vue des investisseurs un maintien des failles et de la fragilité de la Zone Euro.

La résurgence des incertitudes politiques en Europe, alors que se prépare ce weekend un référendum en Espagne un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne, a rappelé de mauvais souvenirs aux investisseurs qui ont aussitôt engagé une position défensive vis-à-vis de l’euro. C’est donc sans surprise que l’on a vu lundi l’euro enregistrer ses plus fortes pertes à l’égard des valeurs refuges que sont le yen (-1,1%), le franc suisse (-1,1%) et le dollar américain (-0,9%). Le cours EUR/USD a chuté lors de la séance de lundi à son plus bas niveau du mois ($1,1831) tandis que la paire EUR/CHF a chuté à son plus bas niveau depuis deux semaines (point bas enregistré à ₣1,1411).

#2 – Royaume-Uni  (GBP) : Les membres de l’Union Européenne étaient ce lundi réunis à Bruxelles pour discuter du Brexit et de la nouvelle stratégie dévoilée par la première ministre britannique, Theresa May, vendredi dernier à Florence. D’après une source anonyme, la réunion n’étant pas publique, il ressort des débats que l’Union Européenne pourrait statuer à l’issue du sommet européen du 19 et 20 octobre prochain de ne pas débuter tout de suite les discussions commerciales. Si les propos tenus par Theresa May ont été positivement accueillis du côté européen ; et notamment la volonté de respecter ses engagements financiers vis-à-vis de l’Europe ; cela reste cependant encore très insuffisant pour justifier le passage des négociations à un second cycle. Les européens réclament davantage de précision de la part du Royaume-Uni, plus particulièrement sur les thèmes du droit des européens sur le sol britannique et sur le montant que Londres est prêt à régler pour s’assurer un maintien prolongé de deux ans au sein du marché commun européen. Alors que plusieurs médias avaient souligné la semaine dernière que la première ministre ferait à Florence une proposition chiffrée destinée à régler son solde vis-à-vis de Bruxelles (chiffre de €20Mds évoqué par le journal Financial Times), il n’en fut rien. En plus des craintes de report des négociations commerciales, et donc de la réduction de la fenêtre de temps à disposition des responsables britanniques pour conclure un accord avec l’UE avant la sortie définitive en mars 2019, on pourrait voir poindre dans les prochains jours des incertitudes d’ordre politique. Ce dimanche débutera à Manchester la convention annuelle du parti conservateur. Celle-ci, qui durera jusqu’à mercredi, pourrait être le théâtre d’une véritable « guerre des chefs », la première ministre ayant perdu beaucoup de crédibilités auprès de la branche la plus conservatrice du parti après sa défaite aux élections de juin et l’adoucissement de sa position vis-à-vis du Brexit. De nouveaux signes d’un manque de solidarité au sein du gouvernement seraient susceptibles de raviver les craintes des investisseurs et de déclencher un nouveau mouvement baissier sur la livre sterling.

#3 – Pétrole (CAD) :   Alors qu’avait lieu hier un référendum sur l’indépendance du Kurdistan iraquien, le gouvernement turque a fait part de son opposition à ce vote dont elle ne compte pas reconnaître en cas de victoire du « Oui » et menacé de fermer ses frontières aux exportations pétrolières de cette région d’Irak. Sous l’influence de cette menace de sanctions, les cours du Brent ont atteint hier un pic de plus de deux ans (juillet 2015) et franchi le niveau de $59. Profitant de cette nouvelle hausse des cours pétroliers, alors qu’il semble que l’écart entre l’offre et la demande en pétrole se réduit sur les marchés mondiaux ; et de la faiblesse de l’euro au lendemain des élections allemandes, le cours EUR/CAD a amorcé lundi une nouvelle tentative de percée sous le niveau support de C$1,46, en vain (point bas enregistré à C$1,4607).

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de mardi 26 septembre 2017 – #1 Conférence de Janet Yellen sur l’inflation et la politique monétaire (17h50), #2 Discours d’Emmanuel Macron sur l’Europe  & #3 Entretien T.May/D.Tusk

Fed (USD)

Cette après-midi, la présidente de la réserve fédérale américaine délivrera depuis Cleveland un discours sur le thème de l’inflation et de la politique monétaire. Ce sera l’occasion pour elle de confirmer (ou infirmer) sa conviction qu’une accélération de l’inflation est en bonne voie, ce qui devrait alors permettre à la Fed de poursuivre sa politique de rehaussement graduel des taux d’intérêt. Hier le président de la Fed de New-York et membre influent au sein du comité exécutif, William Dudley, est venu au soutenir l’idée défendue par Janet Yellen la semaine dernière et du caractère éphémère des facteurs actuels freinant l’inflation aux Etats Unis. Les investisseurs restent quant à eux plus prudents et préfèrent attendre des signes tangibles d’accélération de l’inflation avant de se repositionner massivement à l’achat sur le dollar américain.

France (EUR)

Les résultats des élections allemandes, et la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale à trois partis, pourraient compliquer la tâche du président français, Emmanuel Macron, de remodeler et renforcer la Zone Euro. Néanmoins, celui-ci ne devrait pas relâcher ses efforts. Il livrera aujourd’hui à la Sorbonne devant un parterre d’étudiants son projet pour de « refonte de l’Europe ». Ce grand oral fera office de test pour lui qui, à l’heure où sa principale partenaire Angela Merkel a davantage l’esprit tourné vers la formation de sa future coalition gouvernementale plutôt qu’à l’Europe, se doit de trouver des nouveaux soutiens de son projet. L’euro reste sur une pente descendante ce matin, et semble en bonne voie pour prolonger sa chute (support à $1,1820) alors que les incertitudes politiques, et le flou qui entoure les conditions de formation du futur gouvernement allemand, maintiennent les investisseurs sur la défensive.

Brexit (GBP)

Alors qu’a débuté hier à Bruxelles un 4ième tour de table entre européens et britanniques, un dernier rendez-vous avant le sommet européen d’octobre qui servira de premier examen des avancées des négociations sur le Brexit, il est programmé aujourd’hui une rencontre entre la première ministre britannique, Theresa May, et le président du Conseil européen, Donald Tusk. Ce sera l’occasion pour ce dernier de demander davantage de précisions sur les nouvelles attentes de Londres en matière de Brexit, notamment sur ses nouvelles velléités ; dévoilées la semaine dernière à Florence ; d’assurer une période de transition après mars 2019 et sur les moyens qu’elle compte investir pour sceller cet accord. On attend toujours du côté européen une proposition chiffrée de la part de la somme destinée à solder les engagements financiers du Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE et du budget européen couvrant la période 2014-2020.

Les paires à suivre ce mardi 26 septembre 2017 : EUR/CHF & EUR/JPY – Valeurs refuges recherchées pour se prémunir contre le retour des incertitudes politiques en Europe

La paire EUR/CHF se maintient sous le niveau de ₣1,15 et pourrait tester le seuil de ₣1,14 tandis que la paire EUR/JPY est ce matin de retour sur les niveaux de ¥132.


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