Actualités du marché des devises

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sept. 25, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Recul de l’euro sur fond de retour des incertitudes politiques en Europe après les élections allemandes qui marquent l’entrée historique du parti de l’extrême droite (parti AfD) au parlement et pourraient donner lieu à d’âpres et longues négociations pour constituer une coalition gouvernementale.
  • La paire EUR/USD teste ce matin le niveau support de $1,19 (-0,4%) tandis que la paire EUR/GBP abandonne une grande partie des gains enregistrés lors de la séance de vendredi (-0,6%).
  • Paire EUR/JPY assez stable au-dessus de ¥133,5 (-0,1%) alors que semble se confirmer le scénario d’élections anticipées organisées fin octobre. Le premier ministre japonais tiendra aujourd’hui une conférence de presse dans laquelle il pourrait confirmer ce projet.
  • Les prix du pétrole restent stables et se maintiennent sur leurs récents pics : Brent proche de $57 & WTI au-dessus de $50.

Les trois faits marquants de la séance de vendredi 22 septembre 2017/ du week-end : #1 Victoire en demi-teinte pour A. Merkel en Allemagne…le plus dur commence , #2 Theresa May à Florence : beaucoup de promesses pour un résultat peu concluant  , et #3 Des élections anticipées se préparent au Japon

#1 – Allemagne (EUR) :   C’est une victoire en demi-teinte acquise par la chancelière Angela Merkel aux élections législatives allemandes qui ont eu lieu ce dimanche. La CDU arrive en tête avec 33% des votes, loin devant son rival historique du SPD qui obtient son pire résultat depuis 70 ans avec seulement 20% des voix. Cette élection restera néanmoins dans l’histoire comme celle qui marque l’entrée historique de l’extrême droite, via le parti AfD, au parlement allemand en tant que troisième force politique du pays derrière les deux grands partis traditionnels allemands . Si la très large victoire de la CDU devrait ; après constitution d’une coalition ; assurer à Angela Merkel la conduite d’un 4ième mandat à la tête du gouvernement allemand, les négociations s’annoncent toutefois très complexes. Les réserves de voix des libéraux du FDP (environ 10%) ; partenaire politique « naturel » de la CDU ; sont insuffisantes pour former une coalition à deux, aussi deux options s’offrent à Angela Merkel : 1) Une « Grande coalition » avec son ennemi favori du SPD ou 2) une « coalition jamaïcaine » avec les libéraux du FDP et les écologistes des Verts. Les deux options apparaissent à première vue comme pénalisante pour la CDU et la politique qu’elle entend mener. La cohabitation avec le SPD, on l’a vu ces quatre dernières années, n’est rarement gage de long fleuve tranquille. Quand à une éventuelle union avec les libéraux et les écologistes, celle-ci fait débat. Le leader du FDP a récemment tenu des propos aux consonances eurosceptiques et a fait part de son opposition au projet de réforme et remodelage de l’Europe du président français E. Macron. Du côté des verts, on est opposé à la ligne de conduite des démocrates-chrétiens sur une série de sujets clefs. Aux dernières nouvelles, compte tenu de l’annonce des dirigeants du SPD de vouloir rejoindre le camp de l’opposition, on s’achemine tout naturellement vers une coalition à trois aux couleurs de la Jamaïque (le noir est la couleur traditionnelle pour représenter la CDU, le jaune pour les libéraux du FDP et le vert pour les écologistes).

L’euro pourrait subir une petite correction en ce début de semaine alors que la montée de l’extrême-droite vient raviver les craintes liées à la montée du populisme et des mouvements contestataires en Europe, notamment à l’heure où se prépare prochainement un référendum d’autodétermination de la Catalogne en Espagne. À moyen terme, si les négociations autour d’une coalition gouvernementale étaient amenées à se prolonger dans le temps, les investisseurs pourraient également sanctionner la devise européenne sous prétexte d’un possible ralentissement de la croissance en Zone Euro en fin d’année sous l’impulsion d’une locomotive allemande sans véritable pilote. Son potentiel haussier freiné par le retour d’incertitudes politiques en Europe, la paire EUR/USD pourrait plonger dans une sorte de léthargie et se maintenir au sein de sa fourchette actuelle de $1,18-$1,21 en attendant davantage de précisions de la part de la BCE sur sa future stratégie monétaire en 2018.

#2 – Royaume-Uni  (GBP) : Très attendu par les investisseurs et autres acteurs économiques et financiers, le discours de Theresa May à Florence vendredi dernier, que beaucoup voyaient déjà comme le détonateur capable d’accélérer les négociations actuelles sur le Brexit, n’a pas réellement tenu toute ses promesses. Côté positif, on peut se rassurer du tournant pris par le gouvernement britannique en termes de stratégie, la première ministre britannique confirmant en Italie le souhait d’assurer une sortie en douceur via une période de transition de deux ans. Beaucoup de flous demeurent cependant concernant les conditions de réalisation de cet accord de transition. Aussi côté déception, on notera l’absence de références au montant que le Royaume-Uni est prêt à régler pour respecter ses engagements financiers à l’égard du Budget européen courant sur la période 2014-2020. Si globalement le discours a été positivement accueilli du côté de Bruxelles, il est difficile d’y voir dedans de véritables éléments susceptibles de débloquer les points de contentieux actuels portant sur le droit des citoyens européens sur le sol britannique, le montant de la facture de sortie ou encore le statut juridique de la frontière en Irlande. Nous allons rapidement être fixé sur le réel poids de cette allocution alors que débute cette semaine un 4ième tour de table de négociations entre européens et britanniques. À noter que parallèlement aux déclarations de T. May, l’agence de notation Moody’s a décidé d’abaisser d’un rang la note de crédit du Royaume-Uni ; de Aa1 à Aa2 (plus mauvaise note depuis février 2013) ; sous prétexte que les plans du gouvernement de réduction de son déficit budgétaire seront mis à mal par les répercussions du Brexit. La livre sterling a reculé de près de 0,7% face à l’euro lors de la dernière séance de la semaine et a tenté, sans succès, une nouvelle percée au-dessus du seuil de £0,89 (pic recensé sur l’EUR/GBP à £0,8885). 

#3 – Japon (JPY) :   Plusieurs sources proches du gouvernement indiquent que le premier ministre japonais Shinzo Abe devrait vraisemblablement très rapidement annoncer l’organisation d’élections législatives anticipées le 22 octobre prochain. Profitant d’un regain de popularité pour sa gestion de la menace nord-coréenne, le premier ministre cherchera à asseoir son pouvoir afin d’assurer la continuité de sa politique économique communément appelée « Abenomics ». À première vue, une nouvelle victoire d’Abe pourrait signifier un maintien prolongé d’une politique monétaire très expansionniste au Japon. Depuis son retour au pouvoir en 2012, Abe a fait du combat contre la déflation, réalisé main dans la main avec la banque centrale japonaise, son cheval de bataille et un des axes majeurs de sa politique. Dans ce contexte, le yen pourrait continuer à être pénalisé par la divergence monétaire qui est en train de se former entre les pays industrialisés, dont la Zone Euro, qui réfléchissent à normaliser progressivement les conditions monétaires et le Japon où l’injection massive de liquidités reste l’outils favori des responsables monétaires japonais pour stimuler les prix dans le pays. Le premier ministre japonais doit tenir une conférence de presse ce matin pour confirmer et expliciter ce choix qui semble néanmoins loin de remporter l’enthousiasme général. Un récent sondage indique en effet une peur des citoyens japonais de voir une trop forte concentration du pouvoir dans les mains de Shinzo Abe.

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Inflation en Zone Euro, dernière estimation avant la réunion monétaire d’octobre, #2 Première ébauche de la réforme fiscale américaine dévoilée cette semaine ?  & #3 Nouveau tour de table sur le Brexit à Bruxelles

Zone Euro (EUR)

D’abord ce jeudi en Allemagne (14h00), puis en vendredi en Zone Euro (11h00) seront publiées les premières estimations d’inflation du mois de septembre. Il s’agira des dernières statistiques sur les prix que les responsables monétaires européens auront en main lorsque viendra l’heure fin octobre (réunion programmée le 25-26 octobre) de se rassembler pour l’avant dernière réunion monétaire de l’année 2017. D’après les projections des économistes, on pourrait observer une nouvelle légère accélération de l’inflation générale de 1,5% à 1,6%, mais à l’inverse un léger fléchissement de l’indice de base de 1,3% à 1,2%. Ces chiffres auront-ils un impact sur les futures décisions de la BCE ? Certains médias révèlent les craintes chez certains membres du comité exécutif de la BCE de statuer dès octobre sur une date définitive de fin de son programme quantitatif alors que l’inflation reste toujours éloignée de la cible de 2% fixée par la banque centrale et reste sous la menace d’être à court terme pénalisée par la nouvelle forte valorisation de l’euro. Si la BCE pourrait décider en octobre de jouer la carte de la prudence, et laisser la porte ouverte à une nouvelle extension en 2018 de son programme de soutien monétaire, néanmoins une accélération de l’inflation en Zone Euro en septembre pourrait permettre de rassurer les membres les plus frileux sur la dynamique de redressement dans la région.

Etats Unis (USD)

Donald Trump a annoncé dimanche qu’une première ébauche de réforme fiscale était prête. Les détails de celle-ci pourrait être dévoilée ce mercredi à l’occasion de la venue de Donald Trump dans l’Indiana où il tiendra un discours. Depuis des semaines, le président communique sur une réduction du taux d’imposition sur les sociétés à 15% contre près de 40% actuellement, seulement plusieurs échos proches du groupe de travail sur cette réforme phase de la campagne électorale de l’ancien candidat républicain révèlent que cette réduction pourrait être légèrement moins ambitieuse qu’annoncée, un taux de 20-25% apparaissant comme une alternative plus envisageable. En ce qui concerne, l’impôt sur le revenu, un plafond à 35% pourrait être annoncé lors du dévoilement des premières grandes lignes de cette réforme. Le dollar américain pourrait profiter d’un petit sursaut d’optimisme à l’égard des Etats Unis après plusieurs mois de longue attente. Néanmoins, quand bien même le contenu de cette réforme serait jugé comme un catalyseur assez important pour stimuler l’économie américaine, le potentiel haussier sur la devise américaine pourrait rester modeste si les démocrates affichent leur opposition intégrale à cette réforme. Les obstacles rencontrés par Donald Trump au Congrès sur son projet de réforme du projet de loi Obamacare ont rendu les investisseurs plus prudents, et moins sensibles aux effets d’annonce. Si la réforme fiscale devrait faire office de fil rouge cette semaine aux Etats Unis, on jettera néanmoins un œil aux estimations finales de croissance au second trimestre publiées jeudi après-midi (pas de révision attendue – consensus : 3,0% T/T), ainsi qu’aux nouvelles statistiques des indices de prix PCE (dépenses de consommations personnelles) dévoilées vendredi, qui restent l’indicateur favori des membres de la Fed pour mesurer la dynamique d’inflation dans le pays. La banque centrale américaine a renouvelé la semaine dernière son engagement à poursuivre son projet de rehaussement graduel de ses taux d’intérêt, néanmoins la réalisation de cette politique présuppose un bon renforcement des fondamentaux économiques (ie. hausse de l’inflation attendue).

Brexit (GBP)

Cette semaine débutera le 4ième et dernier tour de table avant l’organisation du sommet européen d’octobre. Les européens attendent de savoir les détails de la nouvelle stratégie affichée par Theresa May lors de sa conférence à Florence ; et notamment de quelle manière le Royaume-Uni entend s’assurer la mise en place d’une période de transition de deux ans. Il apparaît certain que Bruxelles ne fera pas de cadeau et monnayera cet accès prolongé au marché commun européen ; cependant il reste à savoir les engagements financiers que Londres est prêt à réaliser pour s’assurer cette sortie en douceur. Sans avancées majeures à l’issue de cette nouvelle semaine de négociation, la livre sterling pourrait subir une montée des craintes d’un possible report dans le temps des discussions d’ordre commercial, l’Union Européenne restant intraitable sur la nécessité des régler d’abord la question du droit des européens ou du solde des engagements budgétaires britanniques avant d’aborder le volet commercial des négociations.

Les évènements clés à suivre lors de la séance de lundi 25 septembre 2017 :

  • Lancement à Bruxelles du 4ième tour de table des négociations sur le Brexit. Les européens attendent de la part du négociateur en chef britannique, David Davis, davantage de détails sur la nouvelle stratégie dévoilée par Theresa May à Florence.
  • Discours de Mario Draghi devant le parlement européen. Toute les sorties du gouverneur central reste un évènement notamment à l’approche de la réunion monétaire d’octobre durant laquelle est attendue le dévoilement des détails de la « recalibration » du programme de rachats d’actifs en 2018.
  • Discours du président de la Fed de New York, William Dudley, membre influent au sein de la Fed. Il sera intéressant de voir si ce dernier soutient l’analyste optimiste des perspectives économiques américaines faite par Janet Yellen la semaine dernière.
  • Conférence de presse du 1er ministre japonais Shinzo Abe durant laquelle il pourrait confirmer l’organisation le 22 octobre prochain d’élections anticipées.
  • Léger recul de la confiance des entreprises allemandes en septembre d’après les résultats de l’enquête Ifo publiés ce matin.

La paire à suivre ce lundi 25 septembre 2017 : EUR/USD – Répercussions des élections allemandes + discours de Draghi (BCE) & Dudley (Fed NYC) à suivre 


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