Actualités du marché des devises

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sept. 22, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Les effets de la Fed se sont totalement dissipés. L’EUR/USD tape de nouveau à la porte des $1,20 sous l’impulsion de bonnes enquêtes PMI en Zone Euro. Confiance renforcée dans une accélération de la croissance économique dans la région.
  • Recul de 0,4% de la livre sterling ce matin. Cela ressemble à des prises de profit avant le discours très attendu de Theresa May sur le thème du Brexit qui aura lieu cette après-midi à Florence (15h00-15h15). La paire EUR/GBP oscille ce matin au-dessus du seuil de £0,88.
  • La solidité de l’euro et le peu d’incertitudes qui entourent le scrutin allemand de dimanche soutiennent un nouvel essor de la paire EUR/CHF. La paire oscille ce matin au-dessus de ₣1,16 !
  • La paire EUR/CNH frappe de nouveau à la porte des ¥7,90 sous l’impulsion d’un renforcement de l’euro et d’un affaiblissement du yuan après la baisse jeudi de la note de crédit de la Chine par l’agence de notation S&P.
  • Paire EUR/CAD stable au-dessus du seuil de C$1,47 en attendant la publication des chiffres d’inflation et de ventes au détail au Canada cette après-midi (14h30).

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 21 septembre 2017 : #1 P. Lowe (RBA) ferme la porte à une hausse de taux à courte terme…L’EUR/AUD bondit de 1,7% , #2 La banque centrale sud-africaine surprend et maintient ses taux inchangés, et #3 L’agence de notation S&P dégrade la note de crédit de la Chine

#1 – RBA (AUD) :   Aux yeux du président de la banque centrale australienne, Philip Lowe, le nouveau cycle de normalisation monétaire qui émerge actuellement au sein des pays industrialisés n’est pas un prétexte suffisant pour justifier que l’Australie se lance, elle aussi, dans cette voie. La faiblesse de l’inflation, qui reste toujours inférieure à la fourchette ciblée de 2-3%, et l’important endettement des ménages (actuellement à un pic historique) restent des facteurs préoccupants qui nécessitent une approche monétaire prudente, et donc par corollaire rend incompatible tout scénario de resserrement monétaire à court terme en Australie. Par ces propos, Lowe vient doucher l’enthousiasme naissant des marchés à l’égard du dollar australien, et les récentes spéculations qui avaient pointé le bout de leur nez suite à la publication mardi du compte rendu de la réunion monétaire de septembre, dans lequel il transparaît une confiance renforcée des membres de la banque centrale à l’égard des perspectives économiques du pays. Ainsi après un gain cumulé de 1,4% engrangé face à l’euro lors des séances de mardi et mercredi, le dollar australien a reculé jeudi de 1,7% et clôturé à son plus bas niveau depuis près de trois semaines (A$1,5052). La chute du dollar australien a potentiellement été nourrie en partie par une rotation des positions de certains investisseurs de l’Australie vers les Etats Unis suite à la réunion de la Fed de mercredi. L’assurance donnée par la banque centrale américaine de continuer sa politique de hausse graduelle de ses taux d’intérêt (actuellement à 1,00-1,25%), combiné au choix des responsables australiens de maintenir le taux directeur à son plus bas niveau historique (actuellement à 1,5%) pendant une période prolongée, pourrait à terme mettre en péril le statut du dollar australien comme « devise à haut rendement » au sein des pays industrialisés (G10).

#2 – Afrique du Sud  (ZAR) : Craignant une nouvelle accélération de l’inflation vers les niveaux de 6,0% lors des deux prochaines années, la banque centrale sud-africaine a préféré maintenir son taux directeur principal inchangé à 6,75%. Si cette décision prend totalement à contrepied les marchés, qui anticipaient plutôt une nouvelle baisse de taux en septembre, la réaction de la paire EUR/ZAR est restée très contenue (+0,11% sur la séance de jeudi / point bas enregistré à ZAR 15,7829). Il est possible que les investisseurs aient vu dans le résultat très serré sur la direction des taux (3 votes pour une hausse vs 3 votes pour un maintien) un possible report dans le temps de la décision si l’inflation dans le pays se stabilise. Compte tenu de l’importante appréciation du cours de change en septembre en amont de cette réunion (+5,0%), celui-ci reste exposé à une correction.

3 – Chine (CNY/CNH) :   L’agence de notation Standard & Poor’s a décidé jeudi de dégrader la note de crédit sur la dette souveraine à long terme de la Chine d’un rang, de AA- à A+, justifiant ce choix par la montée des risques économiques et financiers dans le pays après plusieurs années passées sous perfusion d’une importante activité de crédit. Si ce modèle économique a permis à la Chine d’assurer une forte croissance économique sur les dernières années, celle-ci s’est réalisée au prix d’une importante montée de l’endettement dans le pays. Aujourd’hui, l’endettement des entreprises (estimée à 170% du PIB d’après la Banque des Règlements Internationaux) , notamment celles sous contrôle de l’Etat chinois, est problème préoccupant qui menace la pérennité du pays. Ce choix fait écho aux précédents déclassements opérés un peu plus tôt dans l’année par les agences Moody’s et Fitch. Le yuan chinois a chuté à son plus bas niveau sur le mois de septembre face au dollar américain, la paire USD/CNY retouchant temporairement le seuil de ¥6,60. La paire EUR/CNH continue d’osciller au sein de sa bande élargie de ¥7,75-8,00, et semble coincer pour le moment face à la résistance qui se présente à ¥7,90.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de vendredi 22 septembre 2017 – #1 Discours de Theresa May à Florence…Une vision plus souple du Brexit ?, #2 Inflation & ventes au détail au Canada (14h30) & #3 Indices PMI préliminaires en Zone Euro et Etats Unis

#1 – Royaume-Uni (GBP)   : Il s’agit de l’évènement majeur de la journée, le discours de la première ministre britannique Theresa May à Florence (15h00/15h15) dont le contenu sera exclusivement centré sur le Brexit. S’exprimant pour la première fois officiellement sur le sujet depuis janvier ; alors même que les négociations entre britanniques et européens sont actuellement plongées dans un immobilisme total ; l’intervention de Theresa May pourrait venir débloquer la situation. Préconisant à l’origine « une rupture » avec l’Union Européenne, la première ministre semble avoir depuis mis de l’eau dans son vin ; bien aidé il faut le reconnaitre par la débâcle enregistrée lors des élections législatives de juin dernier et la perte par les conservateurs de la majorité absolue au parlement ; et désormais préconisé une approche plus souple du Brexit. Plusieurs médias ont rapporté cette semaine que May pourrait officiellement émettre ce vendredi le souhait d’assurer une période de transition de deux à trois ans durant laquelle le Royaume-Uni resterait intégré au marché commun européen, et ainsi suivre la ligne de conduite souhaitée par la partie modérée du parti conservateur, dont le ministre des finances Philip Hammond est la tête de proue, et par l’ensemble des grands patrons britanniques. La première ministre britannique devrait vraisemblablement aborder pour la première fois aborder le thème du coût du divorce et faire une proposition chiffrée à Bruxelles. Le journal financier Financial Times a rapporté cette semaine que cette première proposition pourrait s’élever à €20Mds, un chiffre bien inférieur aux montants relayés dans les médias cette année (fourchette de €40Mds-100Mds) mais qui devrait au moins avoir le mérite d’amorcer de nouvelles discussions. Un message rassurant de la part de May suggérant que le Royaume-Uni est favorable à une sortie en douceur de l’Union Européenne viendrait raviver la confiance des investisseurs sur la capacité du gouvernement a finalement trouver un terrain d’entente avec les responsables européens et ainsi éviter un divorce aux répercussions très néfastes pour l’économie britannique sur le court terme. Dans ce contexte, le récent enthousiasme des investisseurs à l’égard de la livre sterling pourrait s’accentuer et alimenter un nouveau rebond important de la livre sterling. Le cours EUR/GBP pourrait alors accentuer sa chute, et faire son retour vers les niveaux de £0,86, niveau au-dessus duquel il fluctue depuis la fin mai. 

#2 – Canada (CAD) :   Le pays publiera cette après-midi ses nouvelles projections d’inflation et de ventes au détail. Après deux hausses de taux successives en juillet et septembre, les investisseurs seront attentifs à la réaction de l’économie canadienne au resserrement des conditions de crédit. Si une nouvelle hausse de taux en octobre semble peu probable – néanmoins restons vigilants, l’intervention en septembre nous prouvant que la Banque du Canada est capable intervenir sans avoir communiqué préalablement sur le sujet – des signaux de progression continue et robuste de l’économie canadienne pourraient donner confiance aux responsables monétaires et les pousser à considérer la mise en place d’un agenda monétaire « agressif » pour 2018 (2-3 hausses de taux). L’inflation générale est attendue par les économistes en forte hausse au mois d’août et pourrait faire son retour à son plus haut niveau sur les quatre derniers mois (consensus : 1,5% vs 1,2% en juillet). Les ventes au détail pourraient quant à elle enregistrer en juillet une croissance positive pour le 5ième mois d’affilée (consensus : +0,1% M/M vs 0,1% en juin). De bons fondamentaux économiques au Canada pourraient alimenter quelques changements de positions sur les marchés à terme de la part d’investisseurs anticipant une remontée plus rapide des taux d’intérêt au Canada, et ainsi soutenir un retour de l’EUR/CAD sous le seuil de C$1,4650.

#3 – Indices PMI (EUR & USD):  Ce vendredi seront publiées les premières enquêtes PMI d’activité économique au mois de septembre en Zone Euro et aux Etats Unis. Cela pourrait donner une nouvelle occasion aux investisseurs de se positionner à l’achat sur l’euro alors que semble se dessiner une inversion de dynamique entre les deux régions, et un rattrapage de la croissance économique européenne vis-à-vis de la croissance américaine. Les effets de la Fed se sont déjà dissipés et la paire EUR/USD tape de nouveau ce matin à la porte des $1,20.

Les paires à suivre ce vendredi 22 septembre 2017 : EUR/GBP & EUR/CAD

  • La volatilité de la livre sterling va battre cette après-midi au rythme des paroles de Theresa May : Risque baissier important sur la paire EUR/GBP si T. May donne des arguments soutenant l’hypothèse d’une sortie en douceur du Royaume-Uni hors de l’UE
  • Le dollar canadien pourrait se renforcer en cas de solides fondamentaux (inflation & ventes au détail) : Hausse potentielle des spéculations d’un agenda monétaire agressif de la Banque du Canada en 2018

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