Actualités du marché des devises

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sept. 14, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Recul du franc suisse de 0,2-0,3% en réaction au nouveau statu quo monétaire prononcé par la Banque Nationale Suisse. Un ajustement de communication des responsables monétaires helvètes à l’égard de la valorisation du franc pourrait réfréner les tentatives d’assaut sur la barrière de ₣1,15.
  • Créations mensuelles d’emploi en Australie en août très largement supérieures aux attentes du marché (54,2k vs 15,0k attendu) – Le dollar australien est une des rares devises au sein du G10 qui s’apprécie face à l’euro ce matin (+0,1%).
  • L’EUR/CAD se maintien sur ses plus bas niveaux depuis près de 5 mois – sous C$1,45 -  alors que le cours du pétrole brut se maintient ce matin au-dessus de $55,0.
  • Paire EUR/GBP stable autour du niveau de £0,90 – Les investisseurs attendent les conclusions de la réunion monétaire de la Banque d’Angleterre (13h00) et l’issue du vote sur les taux directeurs avant de prendre position.
  • L’EUR/USD efface une partie des 1,3% des pertes accumulées depuis le début de la semaine et fait son retour à $1,19 ce matin. Chiffres d’inflation aux Etats Unis à surveiller cette après-midi.

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 13 septembre 2017 : #1 Le dollar américain stimulé par des prises de positions avant la publication des chiffres d’inflation, #2 La stagnation des salaires au Royaume-Uni maintient en vie le suspense avant la réunion de la Banque d’Angleterre  & #3 Rebond des prix du pétrole sur fond de baisse historique des stocks américains lors du passage de l’ouragan Irma

#1 – Etats Unis (USD) :   Le dollar américain s’est apprécié mercredi de près de 0,7% face à l’euro ; ce qui porte ses gains à plus de 1,2% sur la semaine en cours ; sur fond de prises de position d’investisseurs en amont de la publication ce jeudi des nouvelles statistiques d’inflation, dont la teneur s’avère plus cruciale que jamais à une semaine de la nouvelle réunion monétaire de la réserve fédérale américaine (19-20 septembre). Si aucune intervention sur les taux n’est attendue par les marchés à l’issue de cette réunion de septembre, les investisseurs attendent, non sans crainte, l’actualisation des projections économiques et monétaires de la banque centrale américaine. Une dégradation significative des perspectives d’inflation ; thème devenu récurrent dans la bouche des responsables monétaires américains ces dernières semaines ; pourrait justifier un calendrier monétaire plus prudent, soit en d’autres mots moins de hausses de taux au programme en 2018 et 2019. Ce rebond du dollar américain pourrait n’être que temporaire si les chiffres d’inflation se veulent peu rassurants, et n’altère pas le pessimisme actuel des investisseurs à l’égard du scénario de resserrement monétaire au mois de décembre prochain. La projection médiane parmi les analystes sondés suggère une légère accélération de l’indice d’inflation principal en août (consensus : 1,8% vs 1,7% en juillet) mais à l’inverse un ralentissement de l’indice de base (consensus : 1,6% vs 1,7% en juillet).

#2 – Royaume-Uni (GBP) : Malgré la chute du taux de chômage britannique à un nouveau plus bas depuis 1975, de 4,4% à 4,3%, la croissance des salaires n’a pas eu la réaction attendue en juillet et a stagné. Les économistes espéraient une nouvelle accélération des salaires sous l’impulsion notamment d’une réduction continue du nombre de demandeurs d’emploi au Royaume-Uni, or que ce soit l’indice moyen ou celui de base (excluant les bonus), tous deux ont enregistré une croissance similaire à celle entrevue au mois de juin de 2,1% sur 12 mois. L’absence de signes d’accélération des salaires dans un contexte de montée toujours plus grandissante des pressions inflationnistes (inflation générale ressortie à 2,9% en août) n’est pas de bon augure, et pourrait signifier le maintien d’un environnement économique morose au Royaume-Uni au second semestre 2017. Ces perspectives peu réjouissantes pourraient servir de prétexte aux responsables monétaires britanniques pour justifier le maintien des taux à leur plus bas niveau historique pendant encore un certain temps. Très sensible aux débats portant sur la future orientation monétaire de la Banque d’Angleterre, la livre sterling s’est stabilisée mercredi et n’a pas agrandi ses gains face à l’euro. Le cours EUR/GBP repose pour le moment sur le niveau support ou « plancher » de £0,90 en attendant le dévoilement des conclusions ce jeudi de la nouvelle réunion de la banque centrale britannique autour de laquelle réside le suspense le plus total.

#3 – Pétrole (CAD) :   L’indice Brent de prix du pétrole brut a progressé de plus de 1,6% mercredi et dépassé le niveau de $55 pour la première fois depuis le mois d’avril dernier. Une baisse de la production et des stocks pétroliers américains provoquée la semaine dernière par un important ralentissement des activités des raffinage à l’approche de l’ouragan Irma en direction des côtes floridiennes est la cause principale de ce nouveau sursaut des prix du pétrole. En effet, l’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a révélé mercredi que les stocks d’essence aux Etats Unis avaient chuté de 8,4Mln la semaine dernière, un recul sans précédent depuis le démarrage de ces statistiques en 1990. Dopé par ce nouveau pic atteint par les prix du pétrole, les devises pétrolières se sont significativement appréciées face à l’euro lors de la séance de mercredi. C’est notamment le cas du dollar canadien pour qui le rebond des prix du baril de brut n’a fait que renforcer la dynamique haussière amorcée fin août par la publication de solides chiffres de croissance au second trimestre et par une deuxième hausse de taux consécutive par la Banque du Canada. La paire EUR/CAD est repassée sous le niveau de C$1,45 mercredi et teste désormais le support technique de C$1,4470-80 qui tient bon depuis près de 5 mois.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 14 septembre 2017 – #1 Nouvelles divisions au sein de la Banque d’Angleterre au sujet de l’agenda monétaire ? (13h00) , #2 Les banquiers centraux suisses prônent un statu quo & #3 Inflation aux Etats Unis (14h30)

GBP

Ce n’est pas tant l’annonce mais l’issue du vote sur les taux directeurs qui est aujourd’hui attendue par les investisseurs. Selon toute vraisemblance, la réunion de septembre ne devrait déboucher sur aucun changement majeur en matière de politique monétaire, cependant on pourrait voir ressurgir des divisions parmi les membres sur la nécessité ou non de remonter rapidement les taux d’intérêt afin de réfréner les pressions inflationnistes qui pénalisent actuellement l’économie britannique. Si une majorité d’économistes tablent sur un statu quo monétaire voté à 7 voix contre 2, certains investisseurs anticipent un vote plus serré et la potentielle arrivée du chef économiste de la banque, Andy Haldane, dans le camp dissident préconisant un resserrement monétaire. La montée de l’inflation dans le pays, et ses répercussions néfastes sur l’économie britannique, est une situation préoccupante aux yeux de nombreux responsables monétaires britanniques, et pourrait faire l’objet de vifs débats au sein du comité exécutif sur les options à disposition de la banque pour inverser cette tendance. Deux membres, sur les neuf qui composent le comité exécutif, se sont déjà positionnés en faveur d’une hausse de taux (Saunders et McCafferty), mais d’autres membres pourraient rejoindre le mouvement dans les prochains mois, et potentiellement dès septembre. L’émergence de nouvelles divisions au sein du comité exécutif de la Banque d’Angleterre renforcerait la probabilité d’un potentiel premier resserrement monétaire au début d’année 2018, et viendrait soutenir la dynamique de revalorisation de la livre sterling observée depuis le début du mois de septembre.

CHF

Sans surprise, la banque centrale suisse (BNS) a maintenu sa politique monétaire ultra-accommodante inchangée, et conserve les taux directeurs les plus bas du monde (-0,75%). Lors de son examen trimestriel, la banque met le doigt sur une reprise toujours modérée de l’économie qui bénéficie principalement d’une amélioration de la conjoncture économique mondiale. La relative lenteur du redressement de l’économie helvète justifie amplement la politique de soutien monétaire défendue par la banque centrale. Néanmoins, eu égard au contexte géopolitique incertain, le fait que la croissance actuelle repose majoritairement sur des facteurs externes apparaît comme un large facteur d’incertitude. Le principal changement à noter ce trimestre est à observer dans la communication de la banque qui désormais ne qualifie plus le franc comme étant « significativement surévalué » mais désormais comme seulement « surévalué ». Ce changement de communication n’est pas anodin et semble suggérer que la banque centrale suisse n’envisage plus à ce stade ; contrairement aux trimestres précédents ; la possibilité d’assouplir davantage sa politique monétaire afin de stimuler l’économie. Le renforcement récent de l’euro sous l’impulsion d’anticipations d’un changement imminent d’orientation monétaire par la BCE est situation auxquels les responsables monétaires suisses sont favorables car elle vient renforcer la compétitivité de l’économie suisse vis-à-vis de ses voisins européens grâce à un franc, par corolaire déprécié.  La confirmation d’une divergence de politique monétaire entre la BCE et la BNS, qui devrait se matérialiser dans les prochains mois vient stimuler la paire EUR/CHF qui tape ce matin à nouveau à la porte des ₣1,15. L’ajustement de communication procédé en septembre par la banque centrale suisse vient cependant modérer la magnitude de l’expansion de la paire. Sans actions/décisions majeures de la BCE, il apparaît difficile pour l’heure d’imaginer la paire EUR/CHF briser durablement ce plafond de ₣1,15, et s’installer durablement au sein d’un nouveau couloir de fluctuation de  ₣1,15-1,20.

USD

C’est un test important que passera cette après-midi l’économie américaine à travers la publication des nouvelles statistiques d’inflation. Si un rebond des indices de prix pourrait venir offrir un nouveau crédit à un scénario de nouvelle hausse de taux avant la fin d’année 2017, à l’inverse un recul de ceux-ci réduirait encore davantage les marges de manœuvre de la Fed, et pourrait potentiellement pousser les membres de la banque centrale à revoir à la baisse leurs ambitions en matière de hausse de taux lors des mois et trimestres à venir. C’est au gré de ces spéculations que devrait voguer le dollar américain lors de cette séance, mais plus généralement lors des prochaines séances. Le potentiel baissier de la devise américaine reste encore très important, et son recul de plus de 10% observé en 2017 (vs panier de devises) n’est pas un argument suffisant pour justifier une éventuelle stabilisation.


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