Actualités du marché des devises

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sept. 11, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond technique de la paire EUR/JPY alors que les craintes liées à la Corée du Nord et au passage de l’ouragan Irma aux Etats Unis se dissipent quelque peu. La paire enregistre un rebond de près de 0,5% et fait son retour au-dessus du seuil de ¥130.
  • Même dynamique pour la paire EUR/CHF qui repasse quant à elle au-dessus du seuil de ₣1,14 ce matin (+0,4%).
  • Recul du CNY de 0,6% et du CNH de 0,4% face à l’euro alors que les autorités monétaires chinoises tentent d’assouplir leur régulation dans le but de freiner la récente appréciation importante du yuan face au dollar US.
  • Léger recul de la paire EUR/USD de près de 0,2% à $1,2014 sur fond de rebond du dollar américain après une chute de ce dernier vendredi à son plus bas niveau depuis 33 mois face à un panier de réserves.
  • Rebond des devises pétrolières sous l’influence du renforcement des prix de l’indice WTI de 0,5% ce matin ($47,7).

Les trois faits marquants de la séance de vendredi 08 septembre 2017 / du weekend : #1 Le dollar US touche un plus bas de 33 mois, #2 Madrid durcit le ton et tente d’éviter à tout prix le référendum d’autodétermination en Catalogne & #3 Les autorités chinoises anxieuses face à la montée du yuan

#1 – Dollar US (USD) :   La devise américaine a reculé vendredi à son plus bas niveau depuis janvier 2015 face à un panier de devises (indice DXY) à l’approche de l’ouragan Irma que les experts ont déjà estimé comme étant, très certainement, la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire des Etats Unis, devant Katrina et ses $160Mds. S’il est difficile pour l’heure d’en évaluer les impacts sur l’économie réelle, les investisseurs craignent que les passages successifs des ouragans Harvey et Irma sur les côtes littorales américaines viennent peser sur la croissance des Etats Unis au second semestre, et indirectement poussent les banquiers centraux américains à reconsidérer leur agenda monétaire. S’il on en croit l’indice CME FedWatch Tool, d’après les positions des investisseurs sur les marchés à terme américains, la probabilité d’une hausse de taux au mois de décembre prochain est estimée à moins de 40%.

#2 – Espagne (EUR)  : S’il ne se fait pas ressentir pour l’heure, le risque sous-jacent à une possible fracture de l’Espagne sur fond de régionalisme pourrait provoquer dans les prochaines semaines quelques secousses sur l’euro. Le maire de Barcelone tente actuellement de convaincre les derniers indécis à soutenir son projet de référendum d’autodétermination de la Catalogne programmé le 1er octobre prochain. À trois semaines du vote, un peu plus de 70% des municipalités de Catalogne avaient donné leur consentement à assurer la bonne tenue de cette consultation. Le gouvernement de Madrid a d’ores et déjà annoncé qu’il utiliserait tous les outils juridiques à sa disposition pour empêcher ce référendum, et le cas échéant faire annuler le résultats. Dans un pays où le régionalisme est très exacerbé, il serait dangereux de laisser la Catalogne devenir autonome et prendre le risque d’ouvrir une brèche dans laquelle d’autres gouvernements régionaux pourraient s’engouffrer (Pays Basque, la Galice,…).

#3 – Chine (CNY/CNH) :   Les autorités chinoises verraient d’un très mauvais œil l’important renforcement du yuan face au dollar américain, et la perte de compétitivité pour son économie que représente celui-ci. En effet, la devise chinoise a atteint vendredi un pic de 21 mois à ¥6,4346 face au dollar américain, tandis qu’un peu plus tôt dans la journée les autorités douanières chinoises ont publié les statistiques du commerce extérieur en août et reporté le plus faible rythme de croissance des exportations depuis 6 mois (5,5% A/A). Compte tenu des relations conflictuelles avec les Etats Unis, il apparaît peu probable que Pékin se décide à intervenir sur le marché des changes, sous peine sinon de se voir accuser à nouveau de manipulation déloyale de sa monnaie et de potentiellement s’exposer à des mesures de rétorsions économiques de la part de la Maison Blanche. Néanmoins, d’après l’agence d’informations Bloomberg, les autorités monétaires chinoises auraient décidé vendredi d’assouplir sa réglementation en matière de contrôle des changes et de limite des investissements. Moins rigide que lors des précédents mois en matière de contrôle des flux de capitaux sortant, la Chine espère que le rapatriement des bénéfices d’entreprises étrangères présentes sur le territoire permettent de faire dégonfler les pressions haussières sur le yuan, et ainsi réfréner la chute de la paire USD/CNY. D’après une source proche du ministère du Commerce chinois, le taux de ¥6,50 est une barrière psychologique importante pour les exportateurs.

Les trois évènements clés à suivre cette semaine – #1 Inflation, emploi & réunion monétaire au Royaume-Uni, #2 Inflation & ventes au détail aux Etats Unis & #3 Réunion monétaire en Suisse

#1 – Royaume-Uni (GBP)   : Cette une semaine sous haute tension qui s’annonce au Royaume-Uni avec les publications successives des nouveaux indicateurs d’inflation ce mardi et de l’emploi ce mercredi, avant la publication ce jeudi des conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre. Il s’agira pour la banque centrale britannique de la première réunion au complet, avec ses 9 membres, depuis le mois de février dernier. Ancien conseiller du chef économiste au sein du département du Trésor britannique, Sir Dave Ramsden a été nommé en juillet dernier comme nouveau membre du comité décisionnaire en remplacement de Charlotte Hogg, qui avait été poussée à la démission en mars dernier suite à une affaire de conflit d’intérêt. La réunion de septembre permettra de visualiser le nouveau rapport de force au sein de la banque centrale, notamment sur la question de la future de la direction des taux directeurs. Ils sont pour l’heure deux membres (Saunders et McCafferty) à réclamer une hausse immédiate des taux d’intérêt dans le but de réfréner la montée de l’inflation dans le pays, dont la forte hausse depuis un an pèse sur le pouvoir d’achat des ménages britanniques. D’autres membres rejoindront-ils le camp des dissidents en septembre, et relanceront les débats sur la nécessité de resserrer les conditions économiques très rapidement ? Le chef économiste Andy Haldane pourrait être de cette cordée en septembre, ce dernier ayant lors des derniers mois pointé du doigt son inconfort face à la différence de dynamique de croissance entre les prix et les salaires. Les économistes tablent sur une nouvelle hausse de l’inflation en août de 2,6% à 2,8%, et un retour très proche du pic de 4 ans atteint en mai dernier (2,9%). Si les salaires semblent quant à eux amorcer un redressement – 3ième hausse successive attendue de la croissance des salaires hors bonus (consensus :  2,2% A/A vs 2,1% en juin) – ils restent pour l’heure moins importants que l’inflation. Comme déjà observé en juin dernier, un rééquilibre des forces entre les deux camps, pourrait offrir un rebond de la livre sterling sur fond de repositionnement des positions sur les marchés à terme en faveur d’une hausse plus rapide que prévu des taux d’intérêt au Royaume-Uni. Pour l’heure, les investisseurs n’anticipent aucune action de la Banque d’Angleterre avant 2019.

#2 – Etats Unis (USD) :   Le dollar américain a clôturé la semaine dernière sur une note négative, les investisseurs apparaissant de plus en plus sceptiques à l’égard d’un scénario de nouveau resserrement monétaire avant la fin de l’année, comme il l’est inscrit dans l’agenda monétaire actuel de la réserve fédérale américaine. Tandis qu’experts et politiciens tenteront de mesurer les dégâts et panser les plaies du passage d’Irma sur les côtes de Floride, les marchés des changes seront sensibles aux nouvelles statistiques macroéconomiques américaines, et notamment les indicateurs officiels d’inflation ce jeudi et de ventes au détail ce vendredi. S’il apparaît encore très certainement prématuré pour mesurer les éventuels impacts économiques du passage d’Harvey fin août, puis actuellement d’Irma, ce sera l’occasion de voir de quelle manière l’économie américaine se comporte au 3ième trimestre. Des statistiques modestes, comme elles sont attendues par une majorité d’économistes – recul anticipé de la dynamique d’inflation de base (consensus : 1,6% vs 1,7% en juillet) et rebond très modeste des ventes au détail (consensus : +0,1% M/M vs +0,6% en juillet) – viendraient conforter le scepticisme actuel des investisseurs à l’égard de la capacité de la réserve fédérale américaine à procéder à un prochain resserrement monétaire avant 2018. William Dudley , président de la Fed de New York et membre du comité exécutif plutôt favorable à une politique de hausse de taux agressive, en soulignant la semaine dernière; comme nombreux de ses pairs lors des récentes semaines ; son inquiétude face au ralentissement de l’inflation aux Etats Unis, a de ce fait renforcé encore davantage le poids de chaque nouvelle statistique d’inflation aux Etats Unis.

#3 – Suisse :  Selon toute vraisemblance, compte tenu de la faible dynamique persistante de la croissance (0,3% A/A au T2 2017) et de l’inflation en Suisse (0,5% en août), les banquiers centraux suisses devraient maintenir leur politique monétaire ultra-accommodante et conserver la rhétorique selon laquelle le franc reste toujours très « surévalué » face à ses pairs, et notamment l’euro. Le renforcement récent de l’euro sous l’impulsion d’anticipations d’une prochaine réduction à venir du programme de soutien monétaire de la BCE (ie. rachats d’actifs) fait le jeu des responsables monétaires helvètes et devrait permettre à termes à l’économie helvète de récolter les fruits d’une nouvelle compétitivité acquise sur ses voisins européens. Une position et un discours accommodant de la part de la Banque Nationale Suisse (BNS) ce jeudi viendrait conforter la dynamique haussière de la paire EUR/CHF, et potentiellement offrir l’élan nécessaire à celle-ci pour s’installer au-dessus du niveau de ₣1,15. Le contexte géopolitique difficile, et la menace que continue à faire peser la Corée du Nord par ses activités militaires, reste néanmoins un frein à une nouvelle expansion du cours de change, le franc restant une valeur refuge très fortement appréciée des investisseurs, notamment européens. Les quelques troubles politiques qui touchent l’Espagne, et les velléités d’autonomie de la Catalogne, constituent également un biais baissier pour la paire EUR/CHF. 

Les évènements clefs de la séance de lundi 11 septembre 2017 :

  • Royaume-Uni (GBP) : Premier vote au parlement britannique pour assurer le démantèlement du droit européen. Le parti travailliste a d’ores et déjà annoncé qu’il s’opposerait à ce vote tandis que les conservateurs semblent disposer le projet de loi du gouvernement. Ce matin, le cours EUR/GBP a chuté sous le niveau de £0,91 pour la 1ère fois depuis le 18 août dernier.
  • Géopolitique (JPY) : Etats Unis et Japon tenteront de faire voter aujourd’hui à l’ONU de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de la Corée du Nord. Un projet qui semble recueillir le scepticisme de la Russie et de la Chine.
  • Chine (CNH) : La Chine semble disposer à réduire le coût d’achat de dollar US sur ses marchés financiers afin d’endiguer le récent renforcement du yuan face au dollar américain. Face à ses tentatives d’affaiblissement du yuan par les autorités chinoises, la paire EUR/CNH enregistre ce matin un second rebond consécutif et oscille sur ses plus hauts niveaux sur les 6 dernières séances (pic enregistré ce matin à ¥7,8451. 
  • Norvège (NOK) : L’inflation de base enregistre en août sa plus forte chute mensuelle en 6 ans (-0,9% M/M). La dynamique à 12 mois de l’indice de prix général recule à son plus bas niveau depuis plus de 4 ans (1,3% vs 1,5% en juillet). La perspective d’un changement de stratégie monétaire à court terme de la part de la banque centrale norvégienne s’éloigne. Le cours EUR/NOK enregistre ce matin un rebond de 0,4% et a atteint ce matin un pic depuis le 18 août dernier à NOK 9,3520.


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