Actualités du marché des devises

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sept. 08, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Les craintes de nouveaux tests militaires nord-coréens ce weekend stimulent un sentiment d’aversion au risque sur les marchés des change.
  • Le yen progresse de 0,4% et le franc suisse de 0,2% face à l’euro ce matin.
  • Le dollar US chute à son plus bas niveau depuis décembre 2014 alors que l’ouragan Irma fait craindre d’importants dommages économiques et que la perspective d’une nouvelle hausse de taux en 2017 se réduit peu à peu. Le cours EUR/USD s’est approché du seuil de $1,21 ce matin (pic recensé à $1,2092).
  • Les exportations chinoises progressent en août à leur rythme le plus faible depuis 6 mois (5,5% A/A). Les autorités chinoises tirent la sonnette d’alarme sur les risques économiques que posent aujourd’hui une forte valorisation du yuan (plus haut depuis fin plus d’un an ½ face au dollar US).

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 07 septembre 2017 : #1 Pas de préoccupations excessives de la BCE face à la montée de l’euro…L’EUR/USD franchit à nouveau la barre des $1,20 , #2 Risque de parité sur la paire EUR/GBP évalué à 25%  & #3  L’ouragan Irma, la Corée du Nord ou encore le futur visage de la Fed…soit autant de motifs d’incertitudes pour les Etats Unis

#1 – BCE (EUR) :   La banque centrale européenne a maintenu en septembre ses taux directeurs et son programme de rachats d’actifs inchangés, et a maintenu dans sa communication officielle le biais accommodant relatif à une possible augmentation de son programme d’assouplissement monétaire. Pas de réelles surprises dans ces décisions, l’attention des marchés étant portée (une nouvelle fois) ce mois-ci sur les commentaires du gouverneur central Mario Draghi dont on attendait qu’il communique sur une éventuelle réduction en 2018 des injections mensuelles de liquidités sur les marchés. Si Mario Draghi a bien parlé d’une recalibration l’année prochaine de son programme de rachat d’actifs, ce dernier a donné rendez-vous en octobre (réunion programmée le 25-26 octobre prochain) pour le dévoilement des détails de ce plan. Ce report, bien qu’évoqué ces derniers jours par plusieurs médias spécialisés, aurait pu créer de la frustration chez certains investisseurs attendant un positionnement plus clair de la BCE sur sa future stratégie monétaire. Or il n’en fut rien et l’EUR/USD est repassé au-dessus de la barrière des $1,20, enregistrant à l’occasion un pic à $1,2059 durant la conférence de presse du gouverneur central européen. La raison ? Très largement interrogé sur le renforcement de l’euro et ses potentielles répercussions économiques durant la session de questions/réponses clôturant traditionnellement chacune de ses interventions, Mario Draghi n’a pas laissé transparaitre de préoccupations excessives à l’égard de ce phénomène et maintenu son analyse optimiste vis à vis des perspectives économiques de la Zone Euro. Si un euro fort est bel et bien un frein à l’heure actuelle à une accélération significative de l’inflation (projections 2018 & 2019 révisées à la baisse), ce dernier reste néanmoins confiant sur une convergence à terme vers l’objectif visé de 2%. Malgré l’absence de détails sur la façon dont la BCE compte matérialiser ses envies de normalisation monétaire, les commentaires de Mario Draghi suggère qu’il n’y a pas d’obstacles, pour l’heure, susceptibles de pousser la banque centrale à revoir ses plans et observer un statu quo de sa politique pendant une période prolongée de temps.

À l’exception du dollar américain (+0,9%), le rebond de l’euro face à ses pairs du G10 (devises des principaux pays développés) est resté ce jeudi relativement modeste. Le cours de change EUR/CHF n’est pas parvenu à retourner au-dessus du niveau de ₣1,15 qui avait été atteint par la paire au début du mois d’août, tandis que le cours de change EUR/GBP a, quant à lui, échoué dans ses tentatives de retour au-dessus du seuil de £0,92.

#2 – Projections (GBP & USD)  : À l’occasion de la publication de la nouvelle enquête mensuelle de l’agence Reuters sur les projections à 12 mois sur les taux de change, il a été demandé aux analystes quelle probabilité il attribuait au scénario d’une possible parité entre l’euro et la livre sterling à horizon un an, thème de plus en plus évoqué sur les marchés compte tenu des divergences de dynamique économique entre la Zone Euro et le Royaume-Uni, et des incertitudes liées au Brexit. La médiane des réponses indique que ce risque est évalué à 25%. Un tel scénario laisse supposer une rupture brutale, sans accords économiques, entre Bruxelles et Londres et un accroissement d’une divergence de politique monétaire qui semble imminente entre la BCE (neutre – biais interventionniste) et la Banque d’Angleterre (neutre – biais accommodant).

Au sujet de la paire EUR/USD, les analystes des banques sondées par l’agence Reuters ont été interrogés sur le niveau du cours qu’ils estiment être une source de préoccupation pour la BCE dans ses plans de normalisation de sa politique monétaire. La médiane des réponses indique que le niveau de $1,25 pourrait pousser la banque centrale européenne à revoir ses plans et opter pour une stratégie plus défensive.

#3 – Etats Unis (USD) :   Le dollar américain continue d’être pénalisé par un flot global d’incertitudes économiques et monétaires qui plane au-dessus des Etats Unis. Après Harvey, c’est un ouragan de force 5 (plus forte magnitude – comparable à Katrina), prénommé Irma, qui menace de frapper dans les prochains jours la Floride. Les spécialistes parlent déjà d’Irma comme de la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire des Etats Unis. L’impact de cette série de catastrophes naturelles pourrait se faire fortement ressentir dans les prochains chiffres de croissance américaine. Autre crainte, et pas des moindres, le risque permanent de conflit militaire entre les Etats Unis et la Corée du Nord. Après avoir réalisé des essais nucléaires dimanche dernier, on craint de nouveaux tests militaires du côté de Pyongyang ce weekend à l’occasion de l’anniversaire de la création du pays. La succession de ces provocations pourrait à nouveau très fortement irriter le président américain, et potentiellement  faire l’objet de réponses cette fois-ci pas uniquement verbales. Enfin, comme évoqué dans l’édition de la veille du FX Breakfast, le prochain départ en octobre du vice-président de la Fed, Stanley Fisher, et l’approche de la succession de Janet Yellen en février prochain jettent une zone d’ombre sur la future stratégie monétaire de la banque centrale américaine. Le dollar américain poursuit sa chute et est désormais sur ses plus bas niveaux depuis plus  2 ans ½ (fin 2014) face à un panier de devises.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de vendredi 08 septembre 2017 – #1 Croissance japonaise au T2 fortement révisée à la baisse (4,0% >>> 2,5%), #2 Chiffres de l’emploi au Canada (14h30) , & #3 Balance commerciale et production industrielle au Royaume-Uni (10h30)

#1 – Japon (JPY)   : L’estimation préliminaire de croissance du PIB au Japon au deuxième trimestre a été fortement revue à la baisse ce matin, de 4,0% en rythme annualisé à 2,5%. La principale raison de cette révision demeure une forte réduction de la croissance des investissements des entreprises japonaises. Face à un croissance finalement moins robuste que prévu, et une inflation générale qui continue de stagner, la banque centrale japonaise, qui se réunit dans deux semaines, pourrait ne pas avoir d’autres choix que de maintenir sa politique ultra-accommodante, et notamment ses massives injections liquidités sur les marchés financiers (ie. rachats d’actifs) destinées à plafonner les taux obligataires de maturité 10 ans sur des niveaux de 0,0-0,1%. Malgré ces perspectives, le yen se renforce face à l’euro et au dollar américain ce matin à la faveur d’un nouveau sentiment d’aversion au risque sur les marchés alors que l’on craint de nouveaux tests militaires en Corée du Nord ce week-end et que l’ouragan Irma menace de faire vaciller l’économie américaine au second semestre.

#2 – Canada (CAD) :   La Banque du Canada a surpris les marchés financiers cette semaine en décidant mercredi de procéder à une seconde hausse de taux consécutive, cette dernière jugeant que le redressement de la croissance économique était bien plus fort que prévu. Le dollar canadien s’est apprécié de plus de 1% face à l’euro et oscille sur ses plus hauts niveaux depuis un mois (sous C$1,46), cela malgré les commentaires optimistes de Mario Draghi ce jeudi. Il sera important désormais de voir de quelle manière l’économie canadienne va digérer le resserrement soudain et rapide des conditions monétaires. Les premiers chiffres de l’emploi après la hausse de taux survenu en juillet pourrait nous offrir cette après-midi de premiers éléments de réponses. Les économistes tablent sur un volume de 19k créations d’emploi en août (vs 10,9k en juillet) et le maintien du taux de chômage à son niveau actuel de 6,3%.

#3 – Royaume-Uni :  De nombreuses statistiques économiques seront à observer au Royaume-Uni ce matin dont notamment celles de production industrielle et manufacturière au mois de juillet ou encore le niveau de la balance commerciale en juillet. Le secteur industriel britannique, notamment symbolisé par l’industrie automobile, rencontre d’importantes difficultés cette année et a vu son activité fortement ralentir, la faute à une hausse importante des coûts de production due à la forte dépréciation de la livre sterling depuis juin 2016 et à une baisse des investissements eu égard aux incertitudes qui entourent les conditions du Brexit. Preuve s’il en est, ce matin la chambre de commerce britannique doit publier un rapport dans lequel elle revoit à la baisse de -0,1%  ses projections de croissance au Royaume-Uni pour les années 2018 (1,2%) et 2019 (1,4%). Outre l’économie, ce sont les négociations qui inquiètent également alors que semble se profiler un report après octobre de la seconde phase de discussions censées se pencher sur les termes d’un accord commercial. À l’occasion de la publication de cinq rapports détaillant sa position sur une série de thèmes clefs, l’Union Européenne, par la voix de son négociateur en chef Michel Barnier, s’est dit très inquiète à l’égard des positions affichées par Londres. Notamment sur le thème de la frontière en Irlande, l’UE juge inconcevable le souhait britannique de ne pas instaurer de frontière physique. Malgré la multiplication de commentaires négatifs, la livre sterling reste assez stable, ce qui semble indiquer qu’une large série de mauvaises nouvelles a déjà été intégré par les investisseurs dans la valorisation actuelle de la devise britannique. Il faudrait voir de nouveaux signes de décélération importante de l’économie ou une matérialisation concrète d’une fracture entre Londres et Bruxelles pour engendrer un nouveau mouvement baissier d’envergure sur la livre sterling. Il semble également que les investisseurs sont davantage focalisés sur la nouvelle réunion monétaire programmée la semaine prochaine plutôt que sur l’avancée des négociations dont on sait qu’aucune action sera prise avant au minimum deux semaines et l’organisation d’un nouveau tour de table sur le Brexit (semaine du 18 septembre).


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