Actualités du marché des devises

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sept. 07, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond de l’euro face à l’ensemble de ses pairs du G10 ce matin avant la publication de la décision de la BCE (13h45). Forte révision à la hausse des projections à 12 mois des analystes sur l’EUR/USD ($1,15 >>> $1,19)
  • Baisse des exportations et importations en Australie en juillet. Le surplus commercial est quasiment réduit de moitié par rapport à juin (A$460Mln vs A$888Mln). Recul du dollar australien de 0,3%
  • La couronne suédoise recule de 0,2% (SEK 9,53) après le statu quo monétaire de la Riksbank en septembre. Pas de volonté des responsables monétaires suédois d’ajuster leur politique pour le moment. Biais baissier maintenu dans la communication.
  • L’EUR/CAD oscille toujours sous le niveau de C$1,46 ce matin au lendemain de la seconde hausse de taux consécutive par la Banque du Canada.

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 06 septembre 2017 : #1 Seconde hausse de taux consécutive par la Banque du Canada , #2 Le spectre d’un défaut de paiement aux Etats Unis repoussé de trois mois…et un départ surprise au sein de la Fed  & #3  Le torchon brule entre Bruxelles et les pays d’Europe de l’Est

#1 – Banque du Canada (CAD) :   Considérant le redressement de l’économie canadienne plus rapide et robuste que prévu, mais surtout généralisé (homogénéité entre les secteurs) et autonome (moins dépendant de facteurs externes), la banque centrale canadienne a décidé en septembre de rehausser ; pour la seconde fois d’affilée, ses taux directeurs de 25pbs à 1,0%. Les deux hausses de taux opérées en 2015 sont désormais effacées, et sont au même niveau que durant toute la période 2011-2014. La banque centrale pourrait désormais temporiser et observer la réaction de l’économie à ces deux hausses de taux consécutives. Le marché du travail canadien reste pour l’heure encore saturé et l’inflation, quant à elle, s’avère être encore bien inférieure à l’objectif de 2,0% visé par la banque centrale. Le dollar canadien a bondi de 1,7% face à l’euro en réaction immédiate à cette décision qui n’était pas anticipée par les marchés (probabilité de réalisation estimée à 30% mercredi matin d’après les positions sur les marchés à terme), et atteint un pic depuis de plus d’un mois à C$1,4481. La devise canadienne a corrigé quelque peu en fin de journée et clôturé finalement la séance de mercredi sur une performance de 1,2% face à l’euro, sous le seuil de C$1,46 (C$1,4567 en cours de clôture). Le seuil de C$1,4470-80 apparaît comme un niveau plancher important pour la paire EUR/CAD, le cours n’ayant plus évolué sous ces niveaux depuis la fin avril et l’annonce des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française.

#2 – Etats Unis (USD)  : Le spectre d’un défaut de paiement aux Etats Unis a été temporairement été repoussé puisque les parlementaires américains ont voté hier une loi permettant le rehaussement du plafond d’endettement du pays afin d’assurer le financement par le gouvernement d’un plan d’aide de $7,85Mds destiné aux victimes et à la reconstruction de certaines zones sinistrées après le passage de l’ouragan Harvey sur les côtes littorales des Etats Unis. Il s’agit d’une épine en moins, du moins à court terme, dans le pied du gouvernement alors que Donald Trump semblait prêt à aller au bras de fer avec les membres du Congrès et prêt à faire face à une fermeture des agences gouvernementales afin de s’assurer que le rehaussement du plafond d’endettement de l’Etat américain inclue le budget destiné au financement d’un mur à la frontière mexicaine.

Le répit pour le dollar américain aura cependant été de courte de durée puisque une nouvelle source d’incertitudes, en provenance directe de la réserve fédérale américaine, a fait surface hier. En effet, dans le milieu de l’après-midi, on a appris la démission du vice-président de la Fed, Stanley Fisher, pour cause de raisons personnelles. Son départ, qui ne sera effectif qu’au mois d’octobre, suscite de véritables interrogations au sujet de la stabilité et de la future orientation de la politique monétaire américaine. Car avec déjà deux postes vacants, et la fin du mandat de la présidente de Janet Yellen en février prochain, Donald Trump aura l’occasion l’année prochaine de nommer, et ainsi renouveler plus de la moitié du comité exécutif de la banque centrale américaine (4 membres sur un total de 7). Si pour le moment les marchés n’intègrent pas encore totalement les potentiels risques que suscitent la situation étant donné du peu d’informations concernant les potentiels prétendants (l’ancien banquier d’affaires et actuel conseiller économique de Donald Trump, Gary Cohn, est régulièrement cité parmi les favoris pour succéder à Janet Yellen), on peut craindre un certain immobilisme de la Fed dans sa politique de hausse de taux dans les prochains mois compte tenu du flou qui prédomine sur la composition de la future équipe dirigeante en 2018.   Tiraillé entre les sentiments d’inquiétude et de soulagement, le dollar américain est resté assez stable hier et se maintient toujours sur ses plus bas niveaux depuis 16 mois.

#3 – Pologne & Hongrie (PLN & HUF) :   Le torchon brule entre les instances européennes et les gouvernements des pays d’Europe de l’Est. Hier, Bruxelles a de nouveau brandi la menace de sanctions économiques à l’encontre de la Pologne, de la Hongrie ou encore de la République Tchèque si ces pays s’évertuaient à refuser l’accueil de migrants et demandeurs d’asile ayant temporairement fait escale en Grèce et en Italie alors que la Cour de justice européenne a assuré mercredi comme légitime la politique de l’Union Européenne d’attribution de quotas de migrants à l’ensemble de ses membres. Le zloty a reculé hier de près de 0,4% face à l’euro et est repassé au-dessus du niveau de PLN 4,24 après avoir tenté une percée sous le niveau technique de PLN 4,23. Le forint hongrois a, quant à lui, enregistré des pertes plus modestes, et reculé d’un peu plus de 0,1% face à l’euro. La Pologne, et par corollaire le zloty, est sensible à ces menaces car elle est le pays qui bénéficie le plus des aides de Bruxelles eu égard de sa contribution au budget européen.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 07 septembre 2017 – #1 La BCE réfléchit à la façon d’ajuster sa politique de soutien monétaire : De premières annonces cette après-midi ? (Décision monétaire à 13h45 & conférence de presse à 14h30) , #2 Statu quo de la banque centrale suédoise et frilosité apparente à voir la couronne s’apprécier trop fortement , & #3 Nouvelle révision à la hausse des projections à 12 mois sur l’EUR/USD ($1,15 >>> $1,19)…Pas de sursaut du dollar US attendu

EUR

#1 – BCE (EUR)   : Lors de la réunion monétaire du 20 juillet dernier, Mario Draghi a assuré aux journalistes que les premières discussions sur un ajustement du programme de rachat d’actifs de €2,3Trd (volume total estimé de liquidités injectées sur les marchés financiers entre mars 2015 et décembre 2017) débuteront à l’automne. Nous y sommes. Pour l’ensemble des observateurs, il apparaît évident compte tenu du renforcement des fondamentaux économiques et de la dissipation des risques dans la région que la BCE devrait vraisemblablement prolonger son programme en 2018 avec des volumes mensuels de rachats d’actifs moins importants qu’aujourd’hui (€60Mds/mois). Les questions qui se posent, et sur laquelle les marchés attendent que la BCE et son gouverneur central se positionnent sont : 1) La magnitude de la réduction des rachats d’actifs et 2) la durée totale de ce processus de réduction. Les plus optimistes estiment que ce cycle pourrait ne durer que 9 mois à partir de janvier 2018 tandis qu’autres estiment que plus de temps pourrait être nécessaire pour assurer une fin de perfusion monétaire sans réels dommages pour l’économie de la Zone Euro. L’autre problématique qui se pose est de savoir si la Zone Euro a les épaules assez larges pour digérer une revalorisation importante de l’euro (+12-13% depuis avril vs USD) alors que les perspectives d’inflation en Zone Euro restent encore trop incertaines malgré un robuste redressement des prix depuis 2016.

Alors qu’il semblait acquis aux yeux des économistes que la BCE allait communiquer sur ajustement à venir de son programme de rachat d’actifs dès la réunion de septembre, un tintement de cloche différent s’est fait entendre ces derniers jours. En effet, les responsables monétaire européens pourraient rester sibylline sur ses plans et repousser l’heure des grandes annonces à octobre, voir décembre. L’euro devrait demeurer très sensible à la communication, et plus précisément au ton employé par Mario Draghi lors de sa conférence de presse. L’euro pourrait subir une certaine frustration des investisseurs en cas mutisme de Mario Draghi sur son programme de rachats d’actifs ou de signaux suggérant une volonté de réduire très lentement et graduellement son programme en 2018 afin de ne pas perturber le redressement économique de la région. À l’inverse, la paire EUR/USD pourrait faire son retour au-dessus de $1,20 et venir tester le niveau de $1,21 si Mario Draghi réaffirme sa confiance dans l’économie européenne et se dit prête à se lancer rapidement dans la voie de la normalisation des conditions monétaires.  

SEK

#2 – Riksbank (SEK) :   Sans surprise, la banque centrale suédoise a annoncé ce matin un statu quo sur ses taux directeurs, ces derniers restant inchangés à leur plus bas niveau historique de -0,5%. On aurait pu espérer que les responsables monétaires suédois adoptent une communication plus optimiste et commencent à préparer le terrain en vue d’un premier resserrement monétaire en 2018, or il n’en fut rien. La banque maintient son traditionnel biais baissier dans sa communication et réaffirme à l’issue de cette réunion qu’elle n’hésitera pas à assouplir davantage sa politique monétaire pour stabiliser l’inflation et maintenir celle-ci dans la fourchette visée de 1-3%. Malgré le rebond important de l’inflation à 2,2% en juillet, la banque centrale suédoise reste très prudente à l’égard des perspectives futures et préfèrent rester en position d’observation avant de considérer un éventuel changement d’orientation monétaire. Le renforcement de la couronne est également pointé du doigt ce matin et apparaît comme un handicap important à une accélération durable des prix dans la région. À l’image de son homologue australienne, la Riksbank se veut pour l’heure prudente et ne voit pour l’heure aucune raison justifiant un ajustement de sa politique monétaire ultra-accommodante. Le cours EUR/SEK reste assez stable ce matin, mais il pourrait enregistrer un rebond plus important dans la journée si la BCE opte de son côté pour une communication plus agressive et optimiste.

USD

#3 – Projections EUR/USD :  D’après l’enquête mensuelle réalisée par Reuters publiée ce matin, la projection médiane à 12 mois sur le cours EUR/USD a été significativement révisée à la hausse par rapport au mois dernier, celle-ci passant de $1,15 à $1,19. Selon les analystes sondés, le contexte reste très largement favorable à l’euro compte tenu des plans de la BCE d’ajuster sa politique monétaire en 2018 et des incertitudes qui émanent de la Fed dont l’équipe dirigeante sera fortement renouvelée en 2018 et dont la communication actuelle est relativement prudente. La dynamique haussière sur l’euro pourrait, selon une majorité d’observateurs, être freinée par une réduction plus lente et plus graduelle qu’anticipé des rachats d’actifs en 2018. Longtemps évoqué, un rebond important du dollar américain ne semble plus faire l’unanimité aujourd’hui. La politique potentiellement moins agressive de la Fed en matière de hausse de taux et la politique anxiogène et économiquement moins audacieuse qu’initialement annoncé de la part de Donald Trump devraient continuer de peser fortement sur la valorisation du dollar et paralyser toute tentative de redressement.


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