Actualités du marché des devises

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sept. 06, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Solide rebond de l’économie australienne au T2 2017 , mais néanmoins moins important que prévu (0,8% T/T vs consensus 0,9%) – Le dollar australien abandonne entre 0,3 et 0,4% ce matin (A$1,4940-50).
  • Recul du dollar canadien de 0,3% sur fond de réduction des anticipations de hausse de taux à l’occasion de la réunion monétaire de septembre. Décision de la Banque du Canada dévoilée dans l’après-midi à 16h00. L’EUR/CAD s’approche du seuil de C$1,48 ce matin.
  • Rebond de l’euro face à l’ensemble de ses pairs du G10 malgré une contraction surprise des commandes industrielles en Allemagne (-0,7% M/M vs consensus 0,3%). Les multiples incertitudes aux Etats Unis (approche d’un nouvel ouragan, différends apparents sur la réforme fiscale & discours prudents de membres de la Fed) profitent à l’Europe où la situation apparaît plus stable. Ce matin le cours EUR/USD s’approche du niveau de $1,1950.
  • Cours du pétrole stables après le pic de 3 mois atteint par l’indice Brent la veille ($53,40).                                                              

Les trois faits marquants de la séance de mardi 05 septembre 2017 : #1 Série de commentaires prudents de la part de responsables monétaires américains , #2 Les secteurs privés européens et britanniques marquent le pas en août & #3 Bonne nouvelle : L’Afrique du Sud n’est plus en récession

#1 – Fed  (USD) :   Ce mardi, ils étaient trois membres de la réserve fédérale américaine, disposant tous d’un droit de vote au comité exécutif en 2017, à s’exprimer publiquement.  Parmi eux, la gouverneure Lael Brainard, membre permanent et reconnue pour ses positions prudentes en matière de politique monétaire, a exprimé son inconfort à procéder à l’égard d’une politique de hausse de taux agressive étant donné que l’inflation aux Etats Unis est « encore bien éloignée de l’objectif de 2% » visé par la Fed. Autres « colombes » à s’exprimer hier, les présidents des antennes régionales de la Fed à Minneapolis et Dallas, ont également pointé du doigt les perspectives d’inflation modestes et la nécessité de ne pas se précipiter à vouloir à tout prix rehausser les taux d’intérêt. Neel Kashkari (Fed de Minneapolis) va plus loin dans sa démonstration et estime que les récentes hausses de taux (en mars et juin) sont en partie responsables de la stagnation actuelle de la croissance des prix dans le pays, et de freiner la progression du marché de l’emploi. Ces propos de la part de responsables monétaires américains, déjà reconnus pour leurs positions défensives, ne sont pas réellement surprenants mais viennent un peu plus discréditer l’hypothèse d’une nouvelle hausse de taux avant la fin de l’année. Une thèse que semble adouber les investisseurs puisque d’après les positions actuelles sur les marchés à terme américains, la probabilité d’une hausse de taux par la Fed en décembre prochain dépasse à peine les 30% (indice CME FedWatch Tool). Le dollar américain a été pénalisé par un mouvement de recul des taux d’intérêt provoqué par un repositionnement plus pessimiste des anticipations de hausse de taux aux Etats Unis. Le taux des bons du Trésor américain a ainsi chuté hier à son plus bas niveau depuis le 10 novembre 2016 ; lendemain de la victoire de Donald Trump ;  et clôturé la séance à 2,07%. Le dollar américain a quant à lui reculé de 0,4% face à un panier de devises - et de 0,14% face à l’euro – et s’est approché très près de son plus bas niveau depuis 16 mois atteint fin août.

Outre l’aspect monétaire, on peut également citer les craintes économiques que suscitent la prochaine arrivée sur les côtes américaines (Floride) d’un nouvel ouragan dévastateur prénommé Irma, ou encore le scepticisme qui émane de la différence de discours entre Donald Trump et ses conseillers concernant le contenu du projet de loi de réforme fiscale comme facteurs pesant actuellement négativement sur la valorisation du dollar américain.

#2 – Zone Euro et Royaume-Uni (EUR & GBP)  : D’après le résultat des enquêtes PMI du mois d’août, la croissance de l’activité du secteur privé en Zone Euro a chuté au mois d’août à son plus bas niveau depuis 7 mois tandis qu’au Royaume-Uni ce pan majeur de l’économie (génère plus de 70% du PIB) a enregistré sa plus faible performance sur les 11 derniers mois. Si ce résultat n’est pas réellement alarmant compte tenu que ce recul de l’activité intervient après un pic de 6 ans atteint les mois précédents, la situation est plus préoccupante au Royaume -Uni quand on connait les difficultés actuelles que rencontrent l’économie.

L’euro a été globalement pénalisé hier face à de nombreux de ses pairs du G10  par la montée des craintes des investisseurs à l’approche de la réunion de la BCE durant laquelle peu de détails pourraient être finalement dévoilés concernant l’orientation monétaire de la banque en 2018, au grand dam de nombreux investisseurs qui anticipent une communication de la banque sur une réduction à venir de son programme de rachat d’actifs. Ce mouvement baissier a été probablement renforcé par la petite déception provoquée par la première contraction des ventes au détail en Zone Euro en 2017 (-0,3% M/M en août).

Au Royaume-Uni, la perspective de voir débuter la seconde phase des négociations sur le Brexit, portant sur une négociation d’un accord commercial, reporter après octobre grandit de jours en jours. Un membre de l’équipe de négociateurs européens a exprimé hier auprès de parlementaires allemands sont scepticismes de voir les discussions d’ordre économique et commercial débuter à l’occasion du sommet européen programmé le 19 et 20 octobre prochain compte tenu des faibles avancées réalisées jusqu’à présent sur les prérequis de sortie fixés par l’Union Européenne. Bien que la situation tend à stagner, ou disons ne s’améliore pas, on note un certain « ras-le-bol » des investisseurs concernant le thème du Brexit qui, à l’approche de réunions monétaires majeures de la BCE et de la Fed, tend à passer au second plan. Ainsi, davantage influencée par les incertitudes émanant de la réunion de la BCE, qui débute ce mercredi et dévoilera ses résultats ce jeudi, la paire EUR/GBP a reculé mardi de 0,64% et chuté à son plus bas niveau depuis plus de deux semaines (point bas recensé à £0,9129 / cours de clôture enregistré à £0,9140).

#3 – Afrique du Sud (ZAR) :   Comme il l’était attendu par les économistes, l’économie sud-africaine n’est plus en récession. Mieux encore, la croissance s’est avérée bien plus importante que prévu et l’économie a enregistré au second trimestre son plus fort essor depuis un an (+2,5% T/T en rythme annualisé vs -0,6% au T1) et voit sa dynamique annuelle atteindre un pic de 2 ans (1,1% A/A vs 1,0% au T1). Ces bons résultats donnent du crédit au choix de la banque centrale d’abaisser ses taux d’intérêt pour soutenir le redressement de l’économie. La réaction du rand a été étonnement très modeste alors que l’on aurait pu s’attendre à une revalorisation plus importante. Le cours EUR/ZAR a reculé de « seulement » 0,36% lors de la séance de mardi et n’est pas parvenu à briser le support technique de ZAR 15,30 (point bas recensé à ZAR 15,3043). Ce manque de réaction peut s’interpréter par le fait que ce rebond de l’économie était déjà globalement grandement intégré par les marchés, et il ouvre la porte à d’éventuelles nouvelles baisses de taux de la part des responsables monétaires sud-africains dans les prochains mois.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de mercredi 06 septembre 2017 – #1 La Banque du Canada est-elle prête à adopter une politique monétaire « agressive » ? (16h00), #2 Second discours en une semaine de Donald Trump sur la réforme fiscale & statistiques commerciales attendus , & #3 Solide rebond de la croissance en Australie, bien que légèrement en dessous des attentes

CAD

#1 – Banque du Canada (CAD)   : Cette après-midi, sur les coups de 16h00, la Banque du Canada dévoilera les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire. Il s’agira de la première rencontre officielle des responsables monétaires canadiens depuis le 12 juillet dernier où avait été décidé une première hausse des taux d’intérêt en 7 ans. À l’issue de cette réunion, le gouverneur central Stephen Poloz avait expliqué que cette hausse de taux ne revêtait aucun caractère exceptionnel et avait ouvert la porte à une nouvelle intervention si les conditions économiques le justifiaient. Partant de constat, et compte tenu des bons fondamentaux économiques enregistrés par le Canada ces dernières semaines – on pense en premier à l’important rebond enregistré par l’économie au second trimestre – de nombreux investisseurs ont commencé à intégrer depuis une semaine l’idée que la banque centrale pourrait procéder en septembre à un second resserrement monétaire consécutif. Cela explique la chute la semaine dernière du cours EUR/CAD à son plus bas niveau depuis un mois sous le seuil de C$1,47 (point bas enregistré vendredi dernier à C$1,4679). Ces spéculations se sont dissipées cette semaine et désormais la probabilité d’une hausse de taux n’est évaluée qu’à 22% ce matin contre près de 50% en début de semaine, d’après les positions des investisseurs sur les marchés à terme. Il apparaît en effet prématuré de voir la banque centrale rehausser ses taux une seconde fois sans avoir effectuer aucune communication préalable sur le sujet. Néanmoins, un statu quo en septembre ne présagerait en rien d’une inaction dans les prochains mois. Aussi, il faudra surveiller de près les signaux envoyés par les responsables monétaires et détails dévoilés concernant l’agenda monétaire de la banque. Le seuil support de C$1,47 pourrait être à nouveau brisé par la paire EUR/CAD si la Banque du Canada coche la réunion d’octobre dans son agenda et donne rendez-vous aux investisseurs à cette date pour une potentielle nouvelle hausse des taux d’intérêt.  

USD

#2 – Etats Unis (USD) :  Ce mercredi, Donald Trump se rendra dans l’état du Dakota du Nord où il a prévu de faire un second discours en une semaine sur le thème de la réforme fiscale dont les détails du projet de loi sont actuellement ardemment débattus par un groupe de six personnes où figurent notamment le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et les présidents républicains des deux chambres parlementaires (Chambre des représentants et Sénat), Paul Ryan et Mitch McConnell. Il devrait, à cette occasion, à nouveau défendre les apports économiques de cette réforme. Cependant une zone d’ombre semble entourer le contenu de cette réforme qualifiée d’ « historique » par le président américain. En effet, le site Politico met en exergue ce matin une certaine différence de discours entre Donald Trump et ses conseillers. Alors que le premier souhaite et défend un abaissement du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 15%, les conseillers défendent une réduction jugée « plus réaliste » à 20-25%. Après avoir généré autant d’attentes ces derniers mois, il ne va sans dire que les marchés accueilleraient avec une pointe de déception une réforme jugée « moins audacieuse » que prévu. Cela pourrait leur donner un nouveau prétexte de réduire leurs expositions en dollar, d’autant plus si la BCE décide dans les prochains mois de réduire considérablement et graduellement son programme de rachats d’actifs.

Outre la nouvelle intervention de Donald Trump, le calendrier économique aux Etats Unis ce mercredi sera très chargé (balance commerciale, enquête ISM non-manufacturier et livre beige de la Fed) et pourrait donner lieu à d’importants mouvements sur le dollar américain.

AUD

#3 – Australie (AUD) :  L’économie australienne a enregistré un solide rebond au second trimestre de 0,8% T/T et 1,8% en dynamique annuelle. Néanmoins, il convient de nuancer cette performance. En effet, l’essor s’avère légèrement moins important qu’initialement attendu par les marchés (consensus 0,9% T/T) et l’on reste toujours éloigné des standards de croissance observés sur les dernières années. La croissance de la consommation des ménages reste modeste (0,8% T/T au T2), et reste handicapée par l’absence de pressions haussières sur les salaires. Ces résultats ne devraient vraisemblablement pas faire changer les responsables monétaires australiens de leur ligne conduite, à savoir maintenir les taux d’intérêt à leur plus bas historique pendant une période prolongée. À l’ouverture des marchés européens, le dollar australien était sur le reculoir face à l’euro et abandonnait 0,3-0,4% (~A$1,4950).


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