Actualités du marché des devises

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août 31, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond de l’euro face à l’ensemble de ses pairs ce matin avant la publication des nouvelles statistiques de chômage et d’inflation en Zone Euro.
  • Paire EUR/USD stable sous $1,19 ce matin tandis que la paire EUR/GBP fait son retour ce matin au-dessus du seuil de £0,92. Conférence de presse commune entre les négociateurs du Brexit européens et britanniques à suivre à la mi-journée.
  • Fort recul du dollar néo-zélandais ce matin (-0,6/0,7%) sur fond d’incertitudes politiques avant l’élection générale du 23 septembre prochain.
  • Recul des valeurs refuges JPY (-0,2%) et CHF (0,0%) sur fond de dissipation des incertitudes géopolitiques liées à la Corée du Nord et sous l’impulsion du meilleur résultat que prévu de l’indice PMI d’activité manufacturière chinoise au mois d’août (51,7 vs 51,3 attendu et 51,4 en juillet)

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 30 août 2017  : #1 Les fondamentaux économiques au soutien du dollar US… , #2 Rebond de l’inflation en Allemagne et en Espagne…De bon augure avant la réunion de la BCE de septembre ? & #3 Aucun réel signe d’avancées à Bruxelles dans les négociations sur la question du Brexit

#1 – Etats Unis :   Les marchés américains ont ouvert mercredi en ordre dispersé après un nouveau tweet du président Donald Trump dans lequel il indique que la négociation avec la Corée du Nord n’était plus une option compte tenu de la multiplication des provocations de Pyongyang, faisant par ce biais ressurgir les craintes d’un conflit militaire entre les deux pays. Finalement, ces propos n’auront eu qu’un impact mesuré sur le dollar américain, et pour cause , la valorisation devise a été soutenue par la publication d’une série de chiffres économiques rassurants. La croissance du PIB américain au second trimestre ; dont une seconde estimation était publiée mercredi ; a été significativement révisée à la hausse de 2,6% T/T à 3,0%, prenant ainsi les marchés de court qui anticipaient une révision plus modeste (consensus à 2,7%). Ce rebond de l’économie américaine entre avril et juin, après un début d’année débuté timidement (1,2% au T1 2017), est à mettre au crédit d’une très solide croissance des dépenses des ménages sur la période (+3,3% au T2 contre 2,8% initialement publié). Un peu plus tôt dans l’après-midi, l’agence ADP a publié son nouveau rapport mensuel sur le marché de l’emploi dans lequel on observe la plus forte hausse mensuelle de création d’emplois sur les 5 derniers mois dans le secteur privé américain en août. Très largement au-dessus des attentes des économistes (+237k vs 183k attendu et 201k en juillet), ce rapport laisse présager, à deux jours de la publication des chiffres officiels du ministère du travail américain, une nouvelle bonne dynamique sur le marché de l’emploi lors du mois d’août. S’il est encore bien trop tôt pour tirer des conclusions, il ne va sans dire que si une accélération de l’économie américaine se confirme au 3ième trimestre, on pourrait alors voir resurgir les spéculations autour de la date de la prochaine hausse de taux de la Fed, et voir le dollar progressivement renaître de ses cendres.

Après avoir chuté un peu plus tôt dans la semaine à un plus bas depuis 16 mois, le dollar américain a rebondi mercredi de 0,7% face à un panier de devises. Face à l’euro, le rebond a été un peu plus important et recensé à près de 0,8%. Le cours EUR/USD a ainsi clôturé la session sous le niveau de $1,19 ($1,1881 exactement) après avoir la veille franchi le seuil psychologique des $1,20 (pic depuis janvier 2015 enregistré à $1,2069 mardi).

#2 – Zone Euro :  D’après les premières estimations publiées hier, l’inflation générale a progressé en Allemagne et en Espagne au mois d’août. Si le rebond de la croissance de l’indice des prix à la consommation à un pic de 4 mois en Allemagne (1,8% vs 1,7% en juillet) était grandement anticipé par les marchés, à l’inverse l’accélération de l’indice de prix en Espagne et le retour de celui-ci au niveau de 2,0% (vs 1,7% en juillet) ; objectif fixé par la BCE pour l’ensemble de la Zone Euro ; a surpris les investisseurs qui n’anticipaient pas une telle hausse (consensus à 1,8%). Ce rebond de l’inflation au sein des économies majeures de la Zone Euro, et notamment en Allemagne, vient quelque peu atténuer les doutes autour des possibles répercussions néfastes d’un euro fort sur la dynamique économique de la région et conforter les personnes qui estiment que les fondamentaux en Europe sont assez solides pour justifier un début de resserrement des conditions monétaires par la BCE. Parmi les autres signaux soulignant la bonne santé actuelle de la Zone Euro et l’optimisme qui se dégage des perspectives de croissance de la région, on note ce mercredi la progression à un plus haut depuis 10 ans de l’indice agrégé de sentiment économique en Zone Euro et la révision à la hausse des projections de croissance en Zone Euro pour les années 2017 et 2018 par l’agence de notation Moody’s.

#3 – Brexit  :   Le négociateur en chef pour le camp européen, Michel Barnier, s’est dit hier inquiet face à la tournure que prenne les négociations et le peu d’avancées observées après déjà trois tours de table. Pour Bruxelles, le gouvernement britannique reste toujours ambigu sur une récit de points clefs. La question des droits des citoyens dont l’Europe réclame un encadrement par la Cour de Justice Européenne (CJE) ou encore le montant de la facture de sortie font toujours l’objet de différends importants. Exhorté à être plus flexibles par son homologue britannique David Davis, Michel Barnier invite quant à lui le camp britannique à « commencer à négocier sérieusement ». À ce stade, la perspective de voir débuter en octobre les premières discussions portant sur la mise en place d’un accord commercial préférentiel apparaît de moins en moins plausible. La lenteur des négociations accentue le risque de voir le Royaume-Uni sortir en mars 2019 sans avoir signé le moindre accord commercial et économique avec l’UE, ou dans le meilleur des cas avec en sa possession un accord incomplet.

Malgré la persistance des incertitudes autour des conditions de sortie du Royaume-Uni hors de l’UE, qui pourrait mener à terme à une décélération plus importante de l’économie, la paire EUR/GBP a très largement été influencée hier par le large recul de la paire EUR/USD et très largement bénéficié de la correction technique subie par l’euro.  Ainsi, le cours EUR/GBP a reculé de près de 0,8% lors de la session de mercredi et clôturé sous le seuil de £0,92 alors qu’elle avait franchi la veille le palier de £0,93.

Les trois évènements clés à suivre lors de la séance de jeudi 31 août 2017 – #1 Les banques centrales surveilleront les chiffres d’inflation en Zone Euro (11h00) et les indicateurs PCE aux Etats Unis (14h30), #2 Conférence de presse commune de M. Barnier et D. Davis…Tour d’horizon du 3ième tour de table sur le Brexit , & #3 Chiffres de croissance au T2 au Canada

#1 – Inflation  : Les indicateurs d’inflation publiés ce jeudi en Zone Euro et aux Etats Unis seront observés avec attention par les banquiers centraux alors que se profilent de nouvelles réunions monétaires pour la BCE et la Fed au mois de septembre. En Europe, l’accélération de la croissance économique et la stabilité politique retrouvée dans la région ont convaincu les responsables européens à considérer l’option d’un prochain resserrement des conditions monétaires. Seuil point noir au tableau, la dynamique d’inflation qui peine à accélérer significativement et qui rappelle la fragilité du redressement récemment observé en Europe. Alors que de nombreux observateurs anticipent que la BCE communique en septembre, de manière plus ou moins détaillée, sur un prochain ajustement de son programme d’assouplissement monétaire (ie rachats d’actifs), un rebond de l’inflation en Zone Euro en août pourrait conforter les responsables monétaires européens à effectivement faire la semaine prochaine. des annonces majeures concernant la future orientation de sa politique monétaire.

Aux Etats Unis, la situation est quelque peu différente. Plusieurs responsables monétaires américains ont ces dernières semaines pointé du doigt la faiblesse de l’inflation dans le pays, et suggéré une politique de normalisation monétaire (ie hausse de taux) moins agressive qu’initialement anticipé, à savoir trois hausses de taux par an entre 2017 et 2019. L’absence de signaux envoyés par Janet Yellen à Jackson Hole semble indiquer que la Fed est aujourd’hui dans une position d’observation, et se laisse le temps d’analyser les statistiques économiques avant de se positionner définitivement sur son choix de rehausser ou non une nouvelle fois ses taux d’intérêt avant la fin de l’année. Si le rebond de la croissance au second trimestre, et les progrès continuent du marché de l’emploi sont plutôt rassurants, cependant aucune action ne devrait être prise tant que l’inflation n’aura pas montré des signes tangibles d’accélération. On observera la nouvelle dynamique des indices de prix de dépenses de consommation personnelle au mois de juillet – indicateur préférentiel de la Fed pour mesurer l’inflation – après que celle-ci de l’indice principale ait chuté à son plus bas niveau depuis 9 mois en juin (1,4% A/A). En cas de signes d’accélération, et compte tenu de la forte révisions haussière des estimations de croissance au T2 publiée mercredi, on pourrait voir surgir de nouvelles spéculations misant sur une hausse de taux de la Fed au mois de décembre.

Le dollar ayant été plus vulnérable que l’euro sur les dernières semaines, aussi la paire EUR/USD pourrait subir de nouvelles pertes en cas de bons chiffres d’inflation aux Etats Unis, quand bien même un rebond des prix serait observé dans le même temps en Europe. La perspective dans le même temps d’avoir de solides chiffres de l’emploi ce vendredi joue également en faveur d’un renforcement du dollar.

#2 – Brexit :  Sur les coups de midi, les négociateurs en chef britannique et européen, David Davis et Michel Barnier, tiendront une conférence de presse commune durant laquelle ils devraient revenir sur les avancées réalisées dans les négociations lors du troisième tour de table débuté ce lundi. D’après les échos relayés pour le moment dans la presse, celles-ci semblent être très maigres, les deux partis continuant de camper tous deux sur leur position. La livre sterling est beaucoup plus vulnérable que l’euro face à cette stagnation des négociations, l’économie britannique sombrant progressivement dans un état d’inertie face à l’absence de signaux rassurants concernant les conditions dans lesquelles le Royaume-Uni sortira de l’UE en 2019 et sur les perspectives qui s’offriront à elle une fois son indépendance retrouvée. Après avoir subie une importante correction mercredi, il ne serait pas surprenant de voir la paire EUR/GBP reprendre son ascension si les inquiétudes en marge des négociations se confirment.  

#3 – Canada :  En début d’après-midi le Canada publiera ces chiffres de croissance au second trimestre 2017. Les économistes tablent sur une solide performance de l’économie canadienne dont la dynamique pourrait être similaire à celle entrevue au début de l’année (consensus : 3,7% T/T en rythme annualisé vs 3,7% au T1). La confirmation d’un redressement de la croissance économique au Canada viendrait valider le choix de banque centrale de rehausser ses taux d’intérêt pour la 1ère fois en 7 ans en juillet dernier, et potentiellement la pousser à considérer une seconde hausse avant la fin de l’année. Un retour des spéculations autour de l’agenda monétaire de la banque centrale canadienne pourrait offrir une correction au cours EUR/CAD qui a touché un peu plus tôt dans la semaine un pic de deux mois et demi, au-dessus du niveau de C$1,5050 (C$1,5074), à la faveur d’un renforcement de l’euro et d’un recul des prix du pétrole provoqué par le passage de l’ouragan Harvey aux Etats Unis.


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