Actualités du marché des devises

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août 04, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Séance assez calme en Asie en attendant la publication des chiffres de l’emploi aux Etats Unis (14h30)
  • Commandes industrielles en Allemagne deux fois plus importantes que prévu (1,0% vs 0,5% attendu) – Soutien un renforcement de l’euro ce matin. L’EUR/USD est aux portes des $1,19 tandis que l’EUR/CHF oscille autour de ₣1,15
  • Le cours EUR/GBP est plutôt stable et se maintient sur ses plus hauts niveaux depuis 9 mois, au-dessus du seuil de £0,90
  • Correction du cours EUR/ZAR après l’importante hausse de la veille (+1,6%) – L’EUR/ZAR repasse sous le niveau de ZAR 15,90.   

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 3 août : #1 La Banque d’Angleterre renvoie les débats sur une éventuelle hausse de taux à 2018 , #2 Première hausse de taux en République Tchèque depuis 9 ans  et #3 Le procureur spécial américain nomme un grand jury en marge de l’enquête sur la Russie

#1 – Royaume-Uni : Peu de monde tablait sur une hausse de taux en août, aussi ce ne fut pas une surprise de voir hier la Banque d’Angleterre opter pour un nouveau statu quo monétaire. Cette décision a été prise de manière plus unanime qu’en juin dernier (6 votes contre 2 hier, 5 vs 3 en juin), le camp favorable à un resserrement monétaire immédiat au Royaume-Uni ayant perdu depuis la dernière réunion un de leur plus fervent soutien en la personne de Kristin Forbes (fin de mandat). Les incertitudes liées au Brexit participent grandement à la décélération des perspectives économiques depuis le début de l’année, explique la banque centrale britannique, d’où la volonté de maintenir sa politique accommodante de soutien à l’économie. La révision à la baisse des projections de croissance économique pour 2017 et 2018, et des projections de croissance des salaires pour 2018 et 2019 ont grandement justifié le positionnement prudent des responsables monétaires britanniques hier. Si la porte reste malgré tout ouverte pour un premier ajustement monétaire en 10 ans l’année prochaine, indique la banque, cependant à ce stade les investisseurs ne voient pas de remontée de taux avant le second semestre 2018.

 Après 9 séances consécutives passées dans un couloir étroit de £0,89-£0,90, le cours EUR/GBP a finalement réussi à briser le support de £0,90 qui lui résistait jusqu’à présent et atteint un pic de 9 mois à £0,9048 (+0,78% sur la séance de jeudi / cours de clôture = £0,9032). Si l’on met de côté, la période de nervosité qui a suivi le « flash crash » asiatique d’octobre 2016, le cours est sur ses plus hauts niveaux observés depuis l’annonce du Brexit il y a un peu plus d’un an.

2 – République Tchèque : Sous couvert de bons fondamentaux économiques, la banque centrale tchèque a décidé de remonter ses taux directeurs de 20pbs à 0,25%. Il s’agit de la première hausse de taux observée dans le pays depuis 9 ans. Si cette décision a été une demi-surprise pour les marchés – la moitié du panel d’économistes sondés par Reuters en amont de cette réunion (8 sur 16) tablait sur une intervention de la banque centrale tchèque – les investisseurs ont malgré tout été surpris par la magnitude de cette hausse de taux. Le consensus anticipait plutôt une hausse de 10pbs plutôt que de 20pbs. Cette décision a provoqué un mouvement haussier sur la couronne tchèque qui a renvoyé le cours EUR/CZK sous le seuil psychologique des CZK 26,0 et à un niveau qui n’avait plus été vu depuis fin 2013 (point bas enregistré jeudi à CZK 25,89). Néanmoins, le mouvement a été de courte durée et le cours de change a finalement clôturé la séance au-dessus de CZK 26,0 (-0,18% hier / cours de clôture = CZK 26,042)

#3 – Etats Unis :  En fin de journée, le procureur spécial américain, Robert Mueller, en charge de l’enquête sur une présumée tentative d’ingérence de la Russie lors des dernières élections présidentielles américaines de novembre 2016, a nommé hier un grand jury, indique le Wall Street Journal dans son édition de jeudi. Cela pourrait constituer un tournant dans cette affaire qui agite les médias américains depuis plusieurs semaines, notamment à cause de la possible implication du président américain Donald Trump. La constitution de ce jury, composé de citoyens américains de la société civile, sous-entend la possession par le procureur de nouveaux éléments probants dans cette enquête et pourrait donner lieu à une procédure judiciaire à l’encontre des personnes suspectées d’obstruction à la justice américaine. Donald Trump est-il dans le viseur ? Pour la porte-parole de la Maison Blanche, le président américain n’est en aucun cas visé par cette enquête. Affaire à suivre.

Les trois évènements clés à suivre ce vendredi 04 août 2017 – #1 Rapport sur l’emploi aux Etats Unis (14h30)…, #2 …et également au Canada (14h30) et #3 Ventes au détail en Zone Euro (11h00), et #3 Nouvelle enquête Reuters sur les prévisions à 12 mois sur les marchés des changes : l’EUR/USD vu à $1,15 à 12 mois

#1 – Etats Unis :   En l’absence de signaux clairs de la part de la Fed concernant son agenda monétaire, les investisseurs n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers l’analyse des fondamentaux économiques pour tenter d’évaluer le champ des possibilités pour la banque centrale américaine. L’enjeu est de savoir si cette dernière va pouvoir lancer d’ici la fin de l’année les premières opérations de réduction de son bilan financier et opérer à une 3ième hausse de taux, comme elle en a l’objectif, après celles de mars et juin. Pour l’heure, les investisseurs estiment que les responsables américains ne pourront pas procéder à des modifications majeures sur les deux pans de sa politique monétaire en une période aussi courte. Aussi ces derniers ; sur la base des positions actuelles sur les marchés à terme ; ne tablent pas sur une hausse de taux avant mars 2018, les incertitudes politiques auxquelles est sujette la Maison Blanche et la lenteur des réformes menées par le gouverneur pesant trop lourdement sur les perspectives économiques du pays. Le fléchissement important de l’inflation ces derniers mois est notamment un obstacle majeure à la mise en place d’une politique de normalisation monétaire trop agressive. Tant que les pressions sur les prix seront jugées trop modestes, la Fed pourrait maintenir une pause de sa politique de taux.

Comme chaque mois, les statistiques sur l’emploi seront regardées avec grande attention par les marchés financiers, car celles-ci demeurent des éléments clés dans la prise de décision des responsables monétaires américains. Dans le contexte actuel, les regards se feront plus insistants à l’égard des chiffres de croissance des salaires, dont la dynamique actuellement très modeste est une des raisons principales du ralentissement de l’inflation aux Etats Unis. Les économistes tablent sur 183k créations d’emplois en juillet contre 222k en juin dernier, et sur une croissance du salaire horaire moyen dans le secteur privé de 0,3% M/M contre 0,2% le mois dernier. Le taux de chômage pourrait quant à lui faire son retour à son plus bas niveau depuis 16 ans après la légère hausse observée en juin dernier (consensus à 4,3% vs 4,4% en juin).

#2 – Canada :  Comme son homologue américain, le Canada publiera son nouveau rapport sur l’emploi cette après-midi. Les économistes tablent sur un volume de créations d’emplois en juillet bien plus modeste que le mois précédent (consensus +10k vs 45,3k en juin) et un maintien du taux de chômage à son plus bas niveau depuis près de 9 ans (6,5%). Les bons fondamentaux économiques du pays, et notamment les progrès réalisés par le marché du travail canadien, ont incité en juillet les responsables monétaires canadiens à rehausser les taux d’intérêt pour la première fois en 7 ans, de 0,50% à 0,75%, après les avoir abaissé à deux reprises en 2015. La Banque du Canada a précisé que cette décision ne revêtait pas un caractère exceptionnel et pourrait donner lieu à de nouvelles mesures d’inflexions monétaires dans les prochains mois. Celle-ci semble disposée à ramener les taux directeurs à leur niveau pré-2015. Aussi de solides chiffres de l’emploi cette après-midi ; tout comme une éventuelle réduction du déficit commercial (statistiques de la balance commerciale également publiées à 14h30) ; viendraient nourrir de nouvelles spéculations anticipant une possible hausse de taux avant la fin de l’année. Pour l’heure, les investisseurs ne voient pas de nouveaux ajustements avant l’année prochain, la probabilité d’une intervention lors de la prochaine réunion monétaire de septembre étant ce matin de 37%.

#3 – Prévisions Reuters : La projection médiane à 12 mois sur le cours EUR/USD est révisée à la hausse de $1,13 à $1,15 d’après l’enquête mensuelle Reuters d’août sur les projections des marchés des changes. La projection la plus optimiste voit la paire atteindre le niveau de $1,25 à horizon fin juillet 2018 (vs $1,20 d’après l’enquête de juillet dernier) et la projection la plus pessimiste voit le cours chuter à $1,05 (vs $1,03). On note cependant une grande divergence entre le cours de projection médian et la valorisation actuelle de la paire EUR/USD qui est ce matin proche de $1,19. Pour les analystes, cette valorisation résulte à la fois de larges anticipations à l’égard de la réunion de la BCE du 7 septembre prochain ; à l’occasion de laquelle la banque centrale pourrait annoncer une prochaine réduction de sa politique de rachat d’actifs à partir de 2018 ; et du scepticisme des marchés sur la capacité de la Fed à remonter ses taux une nouvelle fois d’ici décembre et de suivre son programme agressif de hausse de taux en 2018 (projection initiale de 3 hausses de taux en 2018). Pour les analystes sondés, il y a néanmoins un plus grand risque que la paire soit largement au-dessus de $1,15 à horizon 1 ans plutôt qu’en-dessous. Selon eux, cela dépendra de la capacité de la BCE à réduire, de manière plus ou moins rapide et significative, sa politique de soutien monétaire.

EUR/USD

Malgré les nouveaux signaux de prudence envoyés par la BCE dans son nouveau bulletin économique indiquant que les pressions sur les prix restent encore trop modestes en Zone Euro (faible productivité, hausse modeste des salaires, et taux de chômage encore éloigné de son niveau d’avant crise) et justifient le maintien d’une politique de soutien monétaire, les investisseurs ne semblent pas disposer à changer leurs positions à l’achat sur l’euro. Il faut dire que le renforcement des fondamentaux économiques visibles chaque semaine en Zone Euro – hier les ventes au détail de juin sont ressorties très largement au-dessus des attentes à 0,5% M/M vs 0,1% attendu – soutient la thèse d’un possible rattrapage et accélération des prix dans la région, et ouvre la porte à de possibles annonces majeures lors de la réunion de septembre. La paire EUR/USD continue également de bénéficier de la faiblesse du dollar eu égard à la succession de signes de ralentissement de la croissance de l’économie aux Etats Unis (recul inattendu de l’activité économique du secteur privé à son plus faible rythme depuis près d’un an d’après l’enquête ISM publiée hier), et du maintien de vives incertitudes politiques qui secouent la Maison Blanche et semble freiner les réformes. Le cours EUR/USD est tout proche du niveau de $1,19 ce matin et pourrait vraisemblablement se diriger vers le niveau de $1,20 en cas de chiffres décevants aux Etats Unis.

 

EUR/GBP

La barrière de £0,90 franchie, la question est désormais de savoir si la paire peut encore aller plus haut ? Le positionnement de la banque centrale britannique étant désormais claire ; celle-ci n’envisagera pas de hausse de taux dans l’immédiat tant que les incertitudes liées au Brexit continueront de peser sur l’activité économique du pays - les politique salariales et d’investissements des entreprises britanniques sont actuellement handicapées par le flou persistant concernant le futur du Royaume-Uni a alerté jeudi la Banque d’Angleterre. Aussi les regards devraient désormais davantage se tourner vers l’analyse des fondamentaux ; et notamment de la dynamique d’inflation et des salaires (statistiques d’inflation publiées le 15 août et d’emploi le 16 août) ; et sur les déclarations des différents représentants politiques britanniques en amont du lancement du 3ième cycle de négociation sur le Brexit programmé à Bruxelles la semaine du 28 août prochain. Si les négociations continuent de stagner, et que dans le même temps la BCE en Europe multiplient les signaux suggérant l’annonce en septembre d’une prochaine inflexion de sa politique monétaire, dès lors nous pourrions voir le cours EUR/GBP continuer sa marche en avant.

EUR/CHF

Malgré tentative de correction en début de semaine, les bons fondamentaux publiés en Zone Euro cette semaine ont relancé la dynamique haussière sur le cours de change EUR/CHF. Cependant, on voit depuis deux séances des difficulté pour la paire à franchir le seuil des ₣1,15. Celle-ci pourrait faire figure de résistance en attendant de nouveaux signaux de la BCE ; ou de la BNS,  justifiant une nouvelle vague massive d’achat d’euro au détriment du franc.

 

EUR/ZAR

Le rand s’est à nouveau déprécié à nouveau très significativement face à l’euro hier – bond de 1,6% de l’EUR/ZAR lors de la séance de jeudi – ce qui porte ses pertes à 4,2% depuis le début de la semaine. Sensible en début de semaine à la note de crédit au ton sceptique publiée vendredi dernier par l’agence de notation Moody’s, le rand est désormais victime d’un mouvement de retrait des investisseurs qui craignent de nouvelles agitations de grande ampleur au sein du paysage politique sud-africain alors que sera voté au parlement le 8 août prochain une motion de censure à l’encontre du président de la république Jacob Zuma et de son gouvernement. Le cours EUR/ZAR se rapproche tout doucement du seuil des ZAR 16,0, niveau qui n’a plus été atteint depuis le mois de septembre 2016.


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