Actualités du marché des devises

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juil. 28, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • La revalorisation de la paire EUR/CHF continue ce matin (gain de 2,2% sur les 3 dernières séances & 0,5% ce matin) puisque la paire a brisé le cap des ₣1,13 après celui des ₣1,12 la veille (pic depuis janvier 2015).
  • Renforcement ce matin de l’euro face à l’ensemble de ses pairs sous l’impulsion de bons chiffres de croissance au second trimestre en France (0,5% T/T) et en Espagne (0,9% T/T). La bonne conjoncture économique en Zone Euro se confirme.
  • La paire EUR/USD retourne à $1,17 après une légère correction la veille et la paire EUR/GBP se maintien toujours au sein d’un couloir étroit de £0,89-£0,90.
  • Yen stable bien que l’inflation reste toujours à des niveaux bas. De bons fondamentaux viennent soutenir ce matin la devise japonaise (recul du taux de chômage à son plus bas niveau depuis 1994 et fort rebond des dépenses des ménages en juin)
  • Réaction immédiate -  la couronne suédoise progresse de 0,7% sous l’impulsion de chiffres de croissance au second trimestre bien meilleurs qu’attendu (1,7% T/T vs consensus 1,0%)

Les trois faits marquants de la séance de jeudi 26 juillet : #1 De solides chiffres au soutien du dollar américain , #2 Plus rien n’arrête la paire EUR/CHF et #3 Le gouvernement suédois touché par un scandale politique…ce qui fait à peine sourciller la couronne suédoise

#1 – Etats Unis :   Après deux mois consécutifs de recul des commandes de biens durables, celles-ci ont enregistré un rebond deux fois plus important qu’anticipé par les marchés (+6,5% M/M vs +3,0% attendu et -0,1% en mai). Cette performance est d’autant plus impressionnante qu’il s’agit de la plus forte progression mensuelle observée depuis 3 ans. Généralement considérée comme un indicateur indirect de la dynamique de dépenses en investissement, cette statistique vient crédibiliser encore davantage la perspective d’une accélération de l’économie américaine au second trimestre 2017, dont on aura un premier aperçu vendredi avec la publication des premières estimations du PIB au T2 2017. Sous l’impulsion d’un important affaiblissement du dollar qui renforce la compétitivité des exportations américaines, la balance commerciale américaine de biens de marchandise a vu son déficit se réduire de près de $2,5Mds et chuter à son plus bas niveau depuis 8 mois. Ces très bons résultats sont venus chasser le sentiment de déception générale causé par le manque de signaux envoyés par la Fed lors de la réunion de juillet en ce qui concerne son agenda monétaire. Le dollar américain a ainsi effacé une partie des pertes de la veille mais reste coincé sur ses plus bas niveaux depuis plus de 13 mois face à un panier de devises.

Après avoir atteint un pic de plus de 30 mois en séances asiatiques à $1,1776, le cours EUR/USD a corrigé dans l’après-midi et clôturé la séance de jeudi sous le niveau de $1,17 (-0,5% hier à $1,1676).

#2 – EUR/CHF : Jusqu’où s’arrêtera la paire EUR/CHF, c’est la question qui se pose aujourd’hui alors que le cours de change a enregistré une 3ième séance de hausse consécutive (+1,0% lors de la séance de jeudi) pour un gain total de 2,2%. Il semble que la cassure des ₣1,11, couplé au sentiment d’optimisme qui se dégage de l’Europe, a été un déclic pour les investisseurs qui réduisent aujourd’hui massivement leurs positions longues en franc suisse. Hier le cours de change a brisé le seuil de ₣1,12 pour la première fois depuis l’abandon du taux plancher de ₣1,20 par la BNS en janvier 2015. Cependant, il ne semble pas vouloir s’arrêter là puisque ce matin la paire continuait sa progression et franchissait les ₣1,13, avec un pic recensé en séance asiatique à ₣1,1362.  

#3 – Suède :  Englué dans un scandale politique national portant sur la fuite de données confidentielles, dans le cadre du projet en 2015 d’externalisation des bases de données de l’Agence publique suédoise des transports auprès de la société américaine IBM, deux ministres du gouvernement suédois ont été démis de leur fonction par le premier ministre social-démocrate Stefan Lofven. Le ministre de la Défense, qui lui aussi est concerné par cette affaire, est pour le moment maintenu à son poste. À l’occasion d’une conférence de presse donnée pour commenter les récentes modifications apportées à l’équipe gouvernementale, Lofven a rejeté l’option d’une élection anticipée avant le scrutin initial programmé en septembre 2018. Cependant, si l’opposition parvenait à forcer le départ du ministre de la Défense par le biais d’une motion de censure, elle affaiblirait encore davantage le gouvernement et pourrait pousser le premier ministre suédois vers la sortie. Face à ces incertitudes politiques, on observe une relative résilience de la couronne suédoise. En effet, celle-ci n’a reculé que de 0,4% face à l’euro sur les deux dernières séances. Les bons fondamentaux économiques de la Suède (solide croissance , faible endettement et balance courante excédentaire) peuvent expliquer cette insensibilité de la couronne à ces récents évènements.

Les trois évènements clés de la séance de vendredi 28 juillet – #1 Premières estimations de croissance au T2 aux Etats Unis, en Europe et en Suède, #2 Indices préliminaires d’inflation en France (08h45) et en Allemagne (14h00) et #3 L’inflation reste stable au Japon tandis que le chômage retombe à son plus bas niveau depuis 23 ans

#1 – 1ères estimations PIB au T2 2017 :   Quatre pays majeurs, à savoir l’Espagne, les Etats Unis, la France et la Suède publieront ce vendredi les premières statistiques de croissance du PIB sur la période d’avril à juin 2017. En France, il s’agit de la première statistique de croissance sous l’ère Macron, et celle-ci est ressortie en ligne aux attentes à 0,5% T/T, soit une performance en ligne avec celle enregistrée lors des deux derniers trimestres et qui confirme la bonne conjoncture actuelle en France. En Suède, les économistes tablent sur une forte accélération de la croissance au T2, celle-ci étant attendue à 1,0% T/T (vs 0,4% au T1) et 2,8% A/A (vs 2,2% au T1). Aux Etats Unis, on table également sur une forte accélération de l’économie au second trimestre après un début d’année très poussif (consensus 2,6% T/T annualisée vs 1,4% au T1). Ce rebond pourrait même être plus important que prévu si l’on en croit le modèle de projection établi par la Fed d’Atlanta qui a révisé à la hausse hier sa projection, de 2,5% à 2,8%, suite au rebond bien supérieur aux attentes des commandes de biens durables au mois de juin. Compte tenu que la Fed n’a pas définitivement fermé la porte à rehausser une nouvelle fois ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année, une solide croissance de l’économie pourrait relancer les débats, et venir réveiller un dollar américain qui ne cesse de s’affaiblir depuis le mois de mars.

#2 – Inflation en Europe : Ce matin l’indicateur préliminaire d’inflation en France au mois de juillet indique une progression de 0,8% de la croissance des prix à la consommation, soit un niveau inchangé par rapport au mois dernier et un rythme qui reste sur ses plus bas niveaux depuis 7 mois. Les chiffres d’inflation en Allemagne seront attentivement observés par les marchés, et offriront un avant-goût de la dynamique des prix en Europe avant la publication lundi prochain des statistiques agrégés de la Zone Euro. Les économistes anticipent un léger fléchissement de l’inflation générale en Allemagne de 1,6% sur 12 mois à 1,5% au mois de juillet. De quoi pousser la BCE à changer son fusil d’épaule et mettre de côté un temps ses velléités de normalisation monétaire ? Probablement pas, car aux vues des récents commentaires en provenance de la BCE, les responsables monétaires européens semblent être très confiants quant à une accélération à venir dans les prochains mois. Néanmoins, si la dynamique de prix était amenée à ralentir plus fortement que prévu, la question nécessiterait d’être posée et l’on pourrait alors assister à un repositionnement – plus prudent - des anticipations de marché en marge de la réunion de la BCE de septembre prochain. Auquel cas, une correction sur l’euro pourrait s’observer. A l’inverse, une hausse surprise de l’inflation en Europe en juillet pourrait convaincre la BCE à accélérer et à potentiellement annoncer dès septembre de premières diminutions de son soutien monétaire. Si tel est le cas, la paire EUR/USD pourrait de nouveau tenter une percée au-dessus de $1,18.

#3 – Japon  : Bien que le taux de chômage soit retourné – à la grande surprise générale – à son plus bas niveau depuis 1994 (2,8% en juin vs 3,0% attendu et 3,1% en mai) et que les dépenses des ménages ait enregistré un important rebond (+1,5% M/M en juin vs -0,1% attendu et 0,7% en mai), rien n’y fait, l’inflation  générale au Japon ne parvient pas à décoller er reste toujours coincé à 0,4% pour le 3ième mois consécutif. Cela a des conséquences directes sur les choix futurs des responsables monétaires japonais qui ne peuvent se résoudre à réduire leur soutien monétaire – matérialisé par d’importants rachats d’actifs chaque mois – tant que l’inflation n’aura pas montré de sérieux signes d’accélération.


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