Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 27, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • La déception causée par la Fed a envoyé l’EUR/USD à un pic de 30 mois à $1,1776. La paire s’est rapidement stabilisée et affiche un léger recul à l’ouverture des marchés européens.
  • Le cours EUR/CHF continue de se renforcer et se dirige très sérieusement vers le seuil de ₣1,12. Ce seuil n’a jamais été franchi depuis l’abandon du taux plancher de ₣1,20 par la BNS en janvier 2015.
  • Rebond du dollar australien et du dollar néozélandais de 0,4% face à l’euro sous l’impulsion d’un mouvement de « carry-trade » face au manque de signaux envoyés hier par la Fed vis-à-vis de sa politique de hausse de taux. Les deux devises offrent toujours les plus forts rendements au sein de l’univers du G10 (10 principales économies développées).
  • Léger recul des prix du pétrole ce matin de 0,3-0,4% - L’indice Brent continue d’osciller autour des niveaux de $50/51

Les trois faits marquants de la séance de mercredi 26 juillet : #1 Le strict minimum pour la Fed, #2 Ralentissement confirmé de la croissance britannique au T2 2017 et #3 Sursaut de la paire EUR/CHF à un pic de 18 mois

#1 – Fed :   Décevant c’est le mot qui pourrait caractérisé la réunion monétaire de la Fed de juillet. Si sans grande surprise, la réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés, les investisseurs espéraient recevoir quelques signaux suggérant les intentions des responsables monétaires américains dans les prochains mois, notamment en ce qui concerne leur politique de hausse de taux. Il n’en fut rien, ou quasiment. Dans son communiqué, la Fed a livré une analyse des perspectives économiques très similaire à celle délivrée en juin dernier. La dynamique d’inflation dans le pays reste toujours étroitement surveillée mais la banque suggère que les conditions de marché sont favorables à une accélération à venir de la croissance des prix à la consommation vers son objectif de long terme de 2,0%, justifiant ainsi une hausse graduelle des taux d’intérêt…soit une mélodie très familière à nos oreilles. À la sortie de cette réunion, nous disposons finalement d’aucun nouveaux détails nous permettant de confirmer ou d’infirmer qu’une nouvelle hausse de taux aura lieu avant la fin de l’année. Pour le moment, les marchés anticipent une possible hausse de taux en décembre, mais ce scénario reste pour le moment hautement incertain (probabilité de 54% ce jeudi matin d’après l’indice CME FedWatch Tool). Au final, on retiendra que la Fed se fait de plus en plus pressante en ce qui concerne le début des opérations de réduction de son bilan qui devraient débuter « très prochainement », un discours qui semble coïncider avec le scénario actuel d’un lancement en septembre.

Face à la déception suscitée par cette réunion, le dollar américain a été à nouveau pénalisé par des investisseurs qui goûtent peu à ce manque de clarté de la part de la Fed quant à son agenda monétaire. Ce jeudi matin, le dollar américain chute à un nouveau plus bas depuis 13 mois, ce qui profite à la paire EUR/USD (+0,70% en séance mercredi) qui est repassée très largement au-dessus du seuil de $1,17 et a tenté ce jeudi matin une percée vers le niveau de $1,18 (pic recensé à $1,1776 soit le plus haut niveau observé depuis janvier 2015).

#2 – Royaume-Uni : Pas de surprises, la croissance britannique a bien ralenti au second trimestre 2017 et atteint son plus bas niveau depuis un an, la dynamique à 12 mois chutant de 2,0% à 1,7%. L’économie a progressé de « seulement » 0,3% au T2, à peine guère mieux qu’au trimestre précédent (0,2% au T1). Cette performance repose essentiellement sur l’activité des services qui a progressé de 0,5% tandis que celle des secteurs manufacturiers et de la construction s’est contractée sur la période. Dans ce contexte, et compte tenu du fléchissement observé de l’inflation en juin, il apparaît très peu probable que la Banque d’Angleterre ne procède à une hausse de taux le 3 août prochain (probabilité inférieure à 10% d’après les positions sur les marchés à terme), ou bien avant 2019 (les investisseurs n’envisagent pas pour l’heure ce scénario). Il sera néanmoins de voir une quelconque évolution du rapport de force au sein de la Banque d’Angleterre à l’issue de la réunion, alors que certains membres comme le chef économiste de la BOE Andy Haldane s’est déclaré récemment favorable à un ajustement monétaire. Les marchés ayant déjà intégré ces chiffres décevants de croissance au second trimestre, la livre sterling est restée relativement stable face à l’euro, la paire EUR/GBP se maintenant pour la 4ième séance consécutive dans un couloir de fluctuation étroit de £0,89-£0,90.

#3 – EUR/CHF :  Un effet de rattrapage eu égard à la dissipation des risques en Europe s’est accentué hier sur la paire EUR/CHF. Convaincu que l’Europe n’apparaît plus (ou moins) comme un foyer de risques ; notamment matérialisé par le franc succès rencontré par le retour sur les marchés financiers de la Grèce après 3 ans d’absence (la demande pour les émissions mardi de titres souverains à 5 ans fut deux fois plus importante que l’offre) ; les investisseurs réduisent leurs positions longues en franc suisse. Le cours EUR/CHF a ainsi enregistré un gain de 1,3% sur les deux dernières séances et atteint ce jeudi matin un pic de près de 18 mois à ₣1,1176.

Les trois évènements clés de la séance de jeudi 27 juillet – #1 Commandes de biens durables et balance commerciale de marchandises aux Etats Unis (14h30), #2 Résultats trimestriels d’entreprises en pagaille en Europe et #3 Taux de chômage dans les pays nordiques (Norvège et Suède)

#1 – Etats Unis :   Avant la publication, très attendue demain, des premières estimations de croissance du PIB au second trimestre 2017 (consensus : 2,6% T/T annualisé vs 1,4% au T1), les investisseurs pourront jeter un regard sur les derniers chiffres économiques clés du mois de juin avec la publication cette après-midi des statistiques de commandes de biens durables et de la balance commerciale de marchandises. La médiane des projections des économistes sondés par Reuters table sur une important rebond des commandes de biens durables après deux mois consécutifs de contraction (consensus : +3,0% M/M vs -1,1% en mai), ce qui pourrait venir crédibiliser la perspective d’une petite accélération de l’économie américaine entre avril et juin. Néanmoins, ces chiffres, aussi bons soit-il, pourraient avoir un effet très modeste sur le dollar américain alors que les marchés devraient encore digérer la déception provoquée par le nouveau statu quo de la Fed hier.  

#2 – Europe : Aujourd’hui, c’est l’équivalent de €3,0 trillion de valeur boursière qui publiera ses résultats trimestriels en Europe.  Ce sont les secteur de la consommation, automobile et bancaire qui seront particulièrement observés avec notamment les résultats de Nestlé , Danone, Anheuser-Busch InBev, Volkswagen, Fiat ou encore Deutsche Bank. De bons résultats d’entreprises en Europe pourraient venir renforcer le sentiment d’optimisme qui plane actuellement au-dessus de l’Europe, et ainsi venir renforcer l’euro face aux devises à faible rendement telles que le yen japonais ou encore le franc suisse.

#3 – Taux de chômage dans les pays nordiques  : Le taux de chômage en Norvège a reculé bien plus que ce qu’anticipait le marché et retombe en mai à son plus bas niveau depuis quatre mois (4,3% vs consensus à 4,5% et 4,6% en avril). En Suède, le taux de chômage non ajusté est bien remonté au mois de juin, mais bien moins qu’anticipé (7,4% vs consensus 7,6% et 7,2% en mai). Ob observe ce matin aucun impact réel sur la valorisation des couronnes norvégiennes et suédoises face à l’euro. La couronne norvégienne se maintient sur ses plus hauts niveaux depuis trois mois alors qu’un support semble s’être formé sur la paire EUR/NOK à NOK 9,26. En Suède, le scandale politique auquel fait actuellement face trois ministres du gouvernement, dont un vote de confiance à leur encontre est programmé au parlement, apparaît annihiler toutes tentatives de rebond de la couronne suédoise.

USD

Comme si elle en avait besoin, tant le sentiment actuel des investisseurs est optimiste vis-à-vis de l’Europe et de ses perspectives économiques, la Fed a offert une nouvelle opportunité pour la paire EUR/USD d’aller voir encore plus haut. Ce matin en Asie, la paire EUR/USD a enregistré un nouveau pic de près de 30 mois à $1,1176. Le flou maintenu par la Fed a fortement déçu les investisseurs qui attendaient d’être rassurés et d’avoir une vision claire sur les intentions de la banque centrale. Au final cette dernière a laissé les marchés sur leur fin, maintenant les investisseurs face à leurs incertitudes. La succession de votes au Sénat refusant les projets républicains de remplacement de l’Obamacare ou d’abrogation complète du projet de loi viennent de nouveau renforcer le scepticisme des acteurs de marché sur la capacité du président américain à mettre en place son calendrier de réformes. Le cours EUR/USD pourrait effacer une partie de ses gains aujourd’hui et se stabiliser un peu en attendant la publication vendredi des chiffres de croissance au T2 aux Etats Unis, en France et en Espagne, ainsi que les premières estimations d’inflation en Allemagne et en France au mois de juillet.

GBP

Outre les premiers chiffres de croissance au second trimestre qui ont confirmé le ralentissement progressif de l’économie britannique depuis le début de l’année, la principale nouvelle de la journée a été la démission du directeur de la stratégie du gouvernement de Theresa May, un des principaux auteurs du discours de Theresa May sur le Brexit en janvier dernier dans lequel elle indiquait son intention de sortir du marché unique européen. Il s’agit de la seconde défection après celle du directeur de cabinet suite à la perte de la majorité absolue du parti conservateur lors des élections anticipées de juin. Ce départ vient renforcer la fébrilité actuelle de la première ministre dont la crédibilité est remise en cause par l’opposition et certaines personnes de sa propre famille politique. Le sentiment s’instabilité qui prédomine au sein de ce gouvernement où les visions sur le Brexit sont presque aussi nombreuses que le nombre de ministres maintient les investisseurs éloignés de la livre sterling. La devise britannique reste pour l’heure stable et semble avoir atteint un plancher face à l’euro à £0,90 (ou plafond pour l’EUR/GBP). Il semble que les investisseurs restent très prudents et attendent le nouveau positionnement de la Banque d’Angleterre qui délivrera jeudi prochain (03 août) sa nouvelle décision monétaire ainsi qu’une réévaluation de ses projections économiques.

CHF

La paire EUR/CHF pourrait poursuivre sa marche en avant dans la foulée de bons résultats trimestriels d’entreprises européennes (voir les trois points clefs du jour). Le seuil de ₣1,12 qui n’a jamais été atteint par la paire depuis la suppression du taux plancher de ₣1,20 par la Banque Nationale Suisse en janvier 2015, apparaît à portée de mains.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.