Actualités du marché des devises

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juil. 26, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Le dollar australien recule de 0,5% à A$1,4750 en réaction à des chiffres d’inflation au T2 en dessous des attentes. Recul des spéculations autour d’une prochaine hausse de taux en Australie
  • Fort recul de la confiance des ménages en France en Juillet (104 vs consensus 108 et 108 en juin). L’euro est en recul ce matin face à l’USD, le GBP, le JPY et le CHF.
  • L’EUR/USD fluctue sous le niveau de $1,1650 ce matin après avoir franchi le seuil de $1,17 hier. Les marchés accueillent favorablement le vote au Sénat américain hier ouvrant de nouvelles négociations sur l’étude d’une abrogation de l’Obamacare, en attendant la Fed ce soir (20h00).
  • Les prix du pétrole continuent de progresser après un rebond de plus de 3% la veille. L’indice Brent enregistre un rebond de près de 1% ce matin et approche les $51.

Les trois faits marquants de la séance de mardi 25 juillet : #1 L’EUR/USD à $1,17 porté par le moral des entreprises allemandes et le retour de la Grèce sur les marchés, #2 Première avancée au Sénat sur l’Obamacare, mais tout reste à faire et #3 Retour des prix du pétrole au-dessus des $50 après la réunion de l’OPEP en Russie

#1 – EUR/USD :   Le cours EUR/USD a bondi hier au-dessus du seuil des $1,17, égalant au passage le pic de $1,1711 enregistré en août 2015. La paire fut porté par l’optimisme des marchés à l’égard de l’Europe suite au retour de la Grèce sur les marchés financiers après 3 ans d’absence (émission mardi de €3,0Mds d’obligations souveraines à 5 ans) et au nouveau pic historique atteint ; le 3ième consécutif ; par l’indice IFO de confiance des entreprises allemandes. Aux yeux de l’institut munichois IFO, le Brexit et le renforcement de l’euro ne devraient pas constituer un handicap à la bonne conjoncture actuelle de l’économie allemande. Le cours a effacé dans l’après-midi une partie de ses gains et est retourné sur les niveaux de $1,1650 suite à un rebond inattendu de la confiance des ménages aux Etats Unis, comme l’a laissé entrevoir l’indice Conference Board.  

À noter que ce regain d’appétence des investisseurs pour l’euro s’est fait au détriment des devises dites « refuges » ou à faible rendement alors que l’on a observé hier de forts mouvements haussiers des taux obligataires européens. Ainsi l’euro s’est apprécié de 0,7% face au franc suisse et l’EUR/CHF a atteint un nouveau point haut depuis 13 mois à ₣1,1093. Face au yen japonais, l’euro s’est apprécié de 0,8% et la paire EUR/JPY a fait son retour au-dessus du niveau de ¥130.

#2 – Sénat américain : C’est une courte, mais importante victoire remportée hier par Donald Trump à l’issue du vote sur l’ouverture des débats au Sénat autour du processus d’abrogation du projet de loi sur la santé Obamacare. Cette motion, votée à 51 voix contre 50 (51ième voix apportée par le vice-président Mike Pence alors que deux sénateurs républicains ont refusé de suivre leur camp), va donner lieu à 20 heures de débat et toute une série de votes sur le fond de la réforme. Il ne s’agit là malgré tout que d’une étape alors qu’une ligne de fracture reste toujours ouverte dans le camp républicain entre les plus conservateurs qui souhaitent une abrogation totale de l’Obamacare et les plus modérés qui ne peuvent se résoudre à trop d’importantes coupes budgétaires, notamment en ce qui concerne le programme d’aide aux plus démunis (programme Medicare). À ce stade, le scénario le plus probable semble être une abrogation partielle du texte de loi.

Après avoir chuté hier à son plus bas niveau depuis 13 mois face à un panier de devises (indice DXY), le dollar américain a commencé à se redresser en fin d’après-midi et a finalement clôturé la séance de mardi au-dessus du niveau de 94,0.

#3 – Pétrole :  Nous avons assisté mardi à une rebond des prix du pétrole de plus de 3% sur fond d’anticipation d’un recul des futures exportations en pétrole de l’Arabie Saoudite – comme elle s’est engagée à le faire lundi lors de la réunion qui s’est déroulée à Saint-Pétersbourg entre membres de l’OPEP et certains producteurs hors OPEP – et d’une réduction des stocks américains en pétrole brut et gasoil dans l’enquête qui doit être publiée ce mercredi par l’Agence Internationale. L’indice Brent a ainsi fait son retour au-dessus du niveau de $50, fait assez rare pour être noté puisque ce seuil n’a été franchi qu’à une seule reprise depuis un mois (20 juillet). Les devises pétrolières telles que le dollar canadien (EUR/CAD +0,03% à C$1,4567) ou la couronne norvégienne (EUR/NOK -0,39% à NOK 9,2841) ont été relativement peu sensibles à ce rebond.

Les trois évènements clés de la séance de mercredi 26 juillet – #1 Décision monétaire de la Fed (20h00), #2 Premières estimations de croissance au Royaume-Uni au T2 et #3 Recul surprise de l’inflation en Australie au T2

#1 – Fed (communiqué publié à 20h00):   De par l’absence de conférence de presse de la part de la présidente de Janet Yellen à l’issue de cette réunion, la perspective d’annonces majeures apparaît limitée. Dans son communiqué, si la Fed pourrait faire part de son inquiétude face à certains signes de fléchissement de l’économie et montrer un certain désarroi à l’égard du manque de pressions inflationnistes dans le pays, il paraît néanmoins peu probable que cette dernière se laisse aller à une quelconque contre-indication vis-à-vis de sa politique de hausse de taux. Dans un contexte de pessimisme grandissant autour des perspectives économiques aux Etats Unis ; notamment souligné en ce début de semaine par la forte révision à la baisse des projections de croissance du FMI ; les investisseurs redoutent une pause de la Fed dans son cycle de normalisation des conditions monétaires. Ces derniers ont besoin d’être rassurés sur la volonté des banquiers centraux à poursuivre leurs efforts…Pas sûr que cette réunion ne leur offre cette opportunité. De nouveaux détails sur le plan de réduction du bilan de la Fed pourrait être dévoilé mais cela pourrait n’avoir qu’un impact très modeste sur le marché des changes.

#2 – PIB au T2 au Royaume-Uni (10h30) : Les économistes tablent sur une nouvelle performance mitigée de l’économie britannique au second trimestre qui semble souffrir des répercussions du Brexit : baisse de la consommation pour cause de dégradation du pouvoir d’achat suite à la montée de l’inflation dans le pays et ralentissement des investissements faute de clarté vis-à-vis de l’avenir et d’avancées concrètes dans les négociations avec l’Europe. Après une croissance de 0,2% au 1er trimestre, l’économie pourrait enregistrer une croissance de 0,3%  au 2ième trimestre. La dynamique à 12 mois pourrait quant à elle reculer de 2,0% à 1,7%, soit son plus faible rythme depuis un an. De nouveaux signes de détérioration des conditions économiques pourraient venir pousser le cours EUR/GBP vers le niveau de £0,90.

#3 – Inflation en Australie  : L’inflation en Australie au second trimestre s’est avérée deux fois moins importante que prévu (0,2% T/T vs 0,4% anticipé) d’où un recul de la dynamique générale à de 2,1% à 1,9% (consensus à 2,2% A/A). Ces chiffres décevants, mais cependant pas inquiétants, viennent renforcer l’idée, encore récemment soutenue par les banquiers centraux australiens, qu’il n’y aucune raisons de se précipiter à rehausser les taux d’intérêts dans le pays. Ce matin le dollar australien abandonne plus de 0,5% face à l’euro et l’EUR/AUD se dirige vers le niveau de A$1,48.

USD

L’EUR/USD fut poussé hier par de nouveaux mouvements haussiers sur les taux obligataires européens provoqués par un sentiment d’optimisme des investisseurs à l’égard des perspectives économiques en Europe alors que la confiance des entreprises dans les deux principales économies de la région ; Allemagne et France ; culmine à des niveaux historiquement hauts. Le retour de la Grèce sur les marchés financiers est également un signe rassurant qui dénote la stabilité retrouvée dans la zone. La peur de fragmentation de la Zone Euro, personnifiée par la crise en Grèce, et la politique monétaire accommodante de la BCE furent deux des principaux facteurs baissiers de l’euro depuis 2009. La dissipation parallèle de ces deux risques n’est pas anodine, et explique aujourd’hui la forte revalorisation de l’euro. Le pessimisme ambiant aux Etats Unis doit être également pris en compte dans l’évaluation de la dynamique actuelle de la paire EUR/USD. Le maintien d’une solide confiance des ménages en juillet, comme l’indique l’indice Conference Board publié hier, malgré le manque de résultats du gouvernement de Donald Trump et l’ouverture des débats au Sénat sur une abrogation du texte de l’Obamacare ont offert un peu de répit au dollar américain…mais pas de quoi provoqué à ce stade un changement de dynamique. Les yeux seront aujourd’hui principalement tournés vers la Fed dont on attend des gages de continuité du cycle de hausse de taux. En ce qui concerne l’audition du fils de Donald Trump devant le Sénat, celle-ci n’avait pas encore été confirmée à l’heure d’écrire ces lignes.

GBP

Pas de gros mouvements à relever mardi sur la paire EUR/GBP qui est restée plutôt stable (+0,07% à £0,8938). Les investisseurs sont restés plutôt attentiste dans l’attente de la publication ce mercredi des premier chiffres de croissance du PIB. Comme souligné un peu plus haut (voir les trois points clés du jour), de nouveaux signes de détérioration des conditions économiques dans le pays pourraient ouvrir la porte à une extension du mouvement baissier sur la livre sterling face à l’euro. Un ralentissement de l’économie aurait de quoi inquiéter avant la sortie définitive de l’UE, d’autant plus que le flou demeure en ce qui concerne les modalités de cette sortie. Le manque de clarté de la stratégie que souhaite mener le gouvernement, et les dissensions à ce sujet au sein même du parti conservateur, freinent pour le moment les négociation et semblent paralyser une partie de l’économie. Un retour de la paire EUR/GBP au-dessus de £0,90 ne serait pas surprenant si les chiffres de croissance au T2 s’avèrent moins importants que prévu.

CHF

Le renforcement de l’euro hier s’est réalisé au détriment des devises à faibles rendements tel que le franc suisse alors que l’on voit sur les marchés obligataires un élargissement des écarts de rendement sur les taux longs découlant de la divergence d’orientation monétaire qui est en train de s’installer progressivement entre l’Europe et la Suisse. La paire EUR/CHF a atteint hier un pic de plus de 13 mois et s’est rapprochée très près du seuil de ₣1,11 qu’elle n’a plus touché depuis le mois de juin 2016. Ce niveau fait encore figure de résistance mais ne paraît pas insurmontable. En cas de déception de la Fed ce soir et de nouvelle forte poussée du cours EUR/USD, la paire EUR/CHF pourrait être influencée par ce mouvement et enregistrer quelques gains qui lui permettrait de franchir ce cap clef.  


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