Actualités du marché des devises

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juil. 25, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond de l’euro entre 0,0% et 0,2% face à quasiment l’ensemble de ses pairs du G10 ce matin (sauf AUD et NOK). L’EUR/USD fait son retour à $1,1650.
  • Rebond surprise de l’indice de confiance des entreprises en France au mois de juillet à son plus haut niveau depuis près de 6 ans.
  • Léger rebond des prix du pétrole ce matin – Brent aux portes des $49,0 – bien que la réunion de membres de l’OPEP en Russie n’a débouché sur aucun changements majeurs en ce qui concerne la politique de quota sur la production journalière en pétrole
  • Rebond du zloty polonais de plus de 0,3% ce matin après que le président ait confirmé son véto à la mise en place des réformes judiciaires. Des incertitudes demeurent néanmoins alors que ce véto ne devrait pas déboucher sur un abandon du projet de loi.

Les trois faits marquants de la séance de lundi 24 juillet : #1 Le gendre de Donald Trump nie toute collusion avec la Russie et le FMI révise fortement à la baisse ses projections de croissance sur les Etats Unis, #2 Pas d’annonces majeures à l’OPEP…si ce n’est le Nigéria qui participera bientôt aux efforts de production pétrolière et #3 Veto surprise du président polonais sur le projet de réformes judiciaires, néanmoins les incertitudes demeurent

#1 – Etats Unis :   Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump, entendu lundi par une commission spéciale au Sénat, a déclaré avoir rencontré des responsables russes à quatre reprises mais s’est néanmoins défendu de toute collusion dans le but d’avantager le candidat républicain durant la campagne. Selon lui, ces rencontres n’étaient pas inappropriées mais faisaient partie intégrante de ses tâches de gestion des relations internationales dont il était en charge durant la campagne électorale.

À noter qu’en parallèle, le FMI a publié lundi une version actualisée de ses perspectives économiques mondiales, dans laquelle l’organisation a fortement révisé à la baisse les projections de croissance aux Etats Unis en 2017 (-0,2% à 2,1%) et 2018 (-0,4% à 2,1%) faute de résultats pour le moment de la part de la Maison Blanche  dans la mise en place de ses réformes. Le FMI signale que la croissance économique mondiale devrait continuer de progresser à un rythme modeste et devenir progressivement de moins en moins dépendant des Etats Unis. Une déclaration qui vient remettre en cause le statut des Etats Unis comme demeurant une des principales locomotives de l’économie mondiale.

#2 – Pétrole : Réunis lundi à Saint-Pétersbourg pour faire le point sur la politique de quota convenue en mai dernier, plusieurs représentants de pays membres de l’OPEP et non-membres du cartel de producteurs, comme la Russie, ont fait part de leur volonté d’accentuer la réduction de l’offre en pétrole sur les marché – via un respect plus strict des objectifs de production fixés par l’OPEP - et d’associer à cet effort commun le Nigéria, pays qui, avec la Lybie, avait été exempt pour le moment de toute obligation concernant sa production journalière de brut. L’Arabie Saoudite entend montrer l’exemple, et a d’ores et déjà fait part de ses engagements à limiter ses exportations (6,6Mln/jour contre 7,2Mln en 2016). Néanmoins, sous ces effets d’annonce, on observe au final peu de changements majeurs à l’issue de cette rencontre. En effet, aucune nouvelle mesure n’a été prise et la participation du Nigéria à l’effort de réduction de la production pétrolière mondiale ne se fera que lorsque que le pays aura assuré un volume de production de 1,8Mln/j, ce qui n’est pas le cas encore aujourd’hui. Si une extension de l’accord au-delà de son échéance initiale de mars 2018 a été évoquée lors de cette réunion, aucune décision ferme n’a cependant été prise à ce stade. Les prix du pétrole ont rebondi d’un peu plus de 1% - l’indice Brent approchant le niveau de $49,0 – suite à la publication du compte rendu de cette réunion, toutefois on reste toujours bien loin des pics de l’année ($58,4 pour l’indice Brent le 3 janvier 2017).

#3 – Pologne :  Le président Andrzej Duda a, à la surprise générale, opposé lundi son véto aux deux projets de loi votés vendredi dernier de réforme du système judiciaire polonais, justifiant son choix par une non-conformité des textes à la Consitution. Cette réforme très controversée, qui vise à renforcer le pouvoir du gouvernement sur la Cour Suprême (réduction des effectifs et mise sous tutelle directe du ministre de la Justice), avait provoqué d’importants mouvements de protestations en Pologne, et pousser la Commission Européenne à brandir, à nouveau, la menace de sanctions si Varsovie refusait de faire machine arrière. Cette décision, à laquelle personne ne s’attendait, a rassuré les marchés. Si le zloty a vivement réagi à cette annonce, effaçant dans un premier temps une partie des pertes enregistrées lors de la séance de vendredi (-1,3% vs EUR) et repassant sous le seuil de PLN 4,24 face à l’euro (point bas enregistré lors de la séance de lundi à PLN 4,2319), les effets n’ont pas perduré. En effet, le véto du président polonais ne devrait pas déboucher sur un abandon du projet de loi mais à des modifications. Aussi les craintes des investisseurs restent vivaces, d’où le maintien du cours EUR/PLN sur ses plus hauts niveaux des trois derniers mois, autour du seuil de PLN 4,26.

Les trois évènements clés de la séance de mardi 25 juillet – #1 Série d’indices de confiance en Europe et aux Etats Unis, #2 Vote décisif au Sénat américain sur l’abrogation de l’Obamacare et #3 Nouvelle audition de Jared Kushner

#1 – Indices de confiance en Europe et aux Etats Unis :   Ce matin l’indice de confiance des entreprises au mois de juillet a fait son retour, contre toute attente, sur son pic depuis 6 ans, niveau qui avait déjà été atteint en mai durant l’entre-deux tours des élections françaises. Un peu plus tard dans la matinée sera publié l’indice IFO de climat des affaires en Allemagne qui permettra de jauger de l’optimisme des dirigeants allemands dans les perspectives économiques du pays (consensus : 114,9 vs 115,1 en juin). Dans l’après-midi, on suivra aux Etats Unis la publication de l’indice Conference Board de confiance des ménages qui pourrait reculer à son plus bas niveau sur les 5 derniers mois si l’on se fie aux projections médianes des analystes sondés par Reuters (consensus : 116,5 vs 118,9 en juin).

#2 – Vote au Sénat sur l’abrogation de l’Obamacare : Un peu plus d’une semaine après avoir annoncé l’abandon du projet de remplacement de l’Obamacare pour se concentrer en premier lieu sur sa simple abrogation, le groupe républicain au Sénat tentera de réaliser une des promesses phares de la campagne électorale du président américain Donald Trump. L’issue du vote reste néanmoins incertaine et pourrait échouer, certains sénateurs républicains demeurant frileux à l’idée de supprimer une loi, qui assure une couverture sociale à plusieurs millions d’américains parmi les plus démunis, avant d’avoir convenu d’un projet de loi de substitution. Un nouvel échec aujourd’hui viendrait renforcer le sentiment de défiance actuel des marchés à l’égard de la présidence de Donald Trump et de sa capacité à mettre en place l’ensemble de son calendrier politique et économique promis durant la campagne électorale.

#3 – Seconde audition de Jared Kushner  : Aujourd’hui on suivra les échos qui filtrent de la nouvelle audition du gendre du président américain devant une commission de renseignement de la Chambre des représentants. En parallèle se poursuivent les négociations entre le Sénat et les équipes d’avocat du fils ainé de Donald Trump et de l’ancien chef de campagne du candidat républicain, Paul Manafort, à propos des conditions d’une audition qui devrait se tenir à huis clos ce mercredi.

Les paires à suivre ce mardi 25 juillet : EUR/USD – Un nouvel échec des républicains au Sénat et l’approche de la Fed pourraient de nouveau peser significativement sur le dollar américain…La barrière des $1,17 ne semble pas insurmontable

USD

La divergence de résultat des enquêtes PMI en Zone Euro ; plutôt décevantes car en recul et deçà des attentes du marché en juillet (recul de l’activité économique à son plus faible rythme sur les derniers 6 mois) ; et aux Etats Unis ; plutôt rassurantes car en forte hausse et à un pic de 4 mois ; a alimenté à une légère correction de la paire EUR/USD lors de la séance de lundi (-0,20% à $1,1638). Un mouvement qui ne remet pas en cause la dynamique haussière sur la paire EUR/USD tant les incertitudes à l’égard des perspectives économiques sont importantes et ne cessent de s’intensifier. La forte révision des projections de croissance 2017 et 2018 est un signal fort envoyé au marché, qui confirme la disparition complète (et définitive ?) des espérances d’accélération de l’économie suscitées par l’élection de Donald Trump en novembre dernier.Les nombreux obstacles rencontrés par ce dernier concernant la mise en place des réformes économiques promises durant la campagne a laissé place à une montée rapide et importante du scepticisme chez les investisseurs. Un sentiment qui apparaît aujourd’hui difficile à inverser et qui pèse lourdement sur la valorisation de la devise américaine. Comme un symbole, l’agence CFTC (régulateur des échanges de contrats à terme et options aux Etats Unis) a indiqué que la semaine dernière le volume net de contrats vendeurs en USD sur les marchés à terme américaines avait atteint son plus haut niveau depuis 2013.

GBP

Le cours de change a reculé de près de 0,5% lundi (clôture à £0,8932) dans ce qui semble être une correction technique après un rebond de 2,6% de la paire intervenu entre le 14 et 21 juillet. La volatilité pourrait rester très modeste aujourd’hui – à moins d’une annonce majeure et non-attendue en lien avec le Brexit – en attendant la publication mercredi des premières estimations de croissance au second trimestre. Le consensus d’économistes sondés par Reuters table sur une croissance à nouveau très modeste de l’économie britannique entre avril et juin et un recul de la dynamique à 12 mois à son plus bas niveau depuis le T3 2013 (consensus : 0,3% T/T vs 0,4% au T1 – 1,7% A/A vs 2,1% au T1). La perspective de nouveaux signaux peu rassurants de l’état de santé de l’économie britannique dans un contexte politique très incertain – les négociations sur le Brexit n’offrant que peu d’avancées majeures pour le moment – pourrait peser sur la livre sterling et renvoyer la paire EUR/GBP vers le niveau de £0,90.

AUD

La paire pourrait de nouveau être sur le reculoir à l’approche de la publication mercredi matin par la banque centrale australienne des statistiques d’inflation au second trimestre. Les économistes tablent sur une légère accélération de la dynamique d’inflation générale dans le pays malgré le recul des prix de l’énergie durant la période (consensus : 2,2% A/A vs 2,1% au T1). Cette nouvelle accélération, même modeste, dans un contexte de renforcement de la croissance économique, pourrait venir relancer les débats autour de la date de la première hausse de taux depuis 2010. De nouvelles spéculations des marchés sur une possible intervention de la RBA courant 2018 pourrait alors renvoyer la paire EUR/AUD vers son support de A$1,4480. Le potentiel haussier apparaît néanmoins modeste compte tenu des récentes sorties de plusieurs membres éminents de la banque dont le vice-gouverneur qui la semaine dernière a signalé que la banque ne voyait pas d’urgence à s’engager dans la voie de la normalisation monétaire.


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