Actualités du marché des devises

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juil. 24, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Forte correction de l’euro ce matin  - Indicateurs PMI en Zone Euro légèrement en-dessous des attentes au mois de juillet.
  • -0,4% vs JPY / -0,3% vs GBP / -0,1% vs USD
  • Plus forte correction au sein du G10 face au dollar australien (-0,5% à A$1,4650). Inflation attendue en hausse en Australie au T2 (chiffres publiés mercredi matin – Consensus : 2,2% A/A au T2 vs 2,1% au T1).
  • Pétrole stable – Brent à $48 – avant la réunion de membres de l’OPEP à Saint-Pétersbourg

Les trois faits marquants de la séance de vendredi/du week-end : #Démission surprise du porte-parole de la Maison Blanche, #2 Le cas de la Lybie et du Nigéria discuté par l’OPEP et #3 Le gouvernement polonais de nouveau prêt à engager un bras de fer avec Bruxelles

#1 – Etats Unis : Vendredi, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a remis sa démission, pour des raisons qui restent pour le moment inconnues. Cette annonce intervient alors que le gouvernement américain est en première ligne face à la tempête médiatique que suscite l’enquête sur la Russie, et une présumée tentative d’ingérence lors des dernières élections présidentielles. Si cette décision n’a pour l’heure aucune réelle conséquence, elle traduit malgré tout le manque de sérénité et de cohésion qui émane de la Maison Blanche, et du parti républicain dans sa globalité. L’abandon du projet de remplacement de l’Obamacare au Sénat, chambre parlementaire où le groupe républicain est pourtant majoritaire, témoigne des tensions qui prédominent actuellement.

#2 – Pétrole : Des représentants des principaux pays l’OPEP, mais également de pays non membres de l’organisation, se sont réunis ce samedi à Saint-Pétersbourg pour discuter des potentiels ajustements à réaliser sur la politique de quota convenue en mai dernier, et qui à l’heure actuelle, faute d’une hausse de la production pétrolière américaine, se montre improductive. En effet, les prix du pétrole ne parviennent pas à décoller au-delà du seuil de $50-55 à cause d’un maintien d’une offre en pétrole sur les marchés toujours bien supérieure à la demande. Une nouvelle réunion aura lieu ce lundi, et le ministre de l’énergie russe a d’ores et déjà indiqué que sera discuté du cas de la Lybie et du Nigéria, deux pays de l’OPEP exempts de l’accord de mai, qui ont significativement augmenté leurs productions journalières de barils de brut ces derniers mois.

#3 – Pologne : Les membres du Sénat polonais ont indiqué vendredi qu’ils soutiendraient la loi de réforme du système judiciaire proposée par le gouvernement (le texte finalement été approuvé par la chambre parlementaire dans la nuit de vendredi à samedi). Cette réforme censée rationaliser le système judicaire, selon le gouvernement conservateur du président Duda, est dénoncée par l’opposition comme un moyen pour le pouvoir de renforcer son contrôle politique sur la Cour Suprême. En mettant en place ces réformes, Varsovie pourrait de nouveau s’attirer les foudres de Bruxelles qui craint un affaiblissement de l’Etat de droit en Pologne. Mercredi dernier, la Commission Européenne avait menacé la Pologne de sanctions si elle refusait de suspendre cette réforme, allant même jusqu’à évoquer un possible retrait de son droit de vote au sein de l’Union Européenne. Les inquiétudes que soulèvent ce nouveau conflit se sont répercutées sur les marchés des changes, et notamment sur le zloty polonais qui a reculé de 1,3% face à l’euro et clôturé à son plus bas niveau depuis 4 mois (PLN 4,2671).

Les trois évènements clés de la semaine – Couverture spéciale sur les Etats Unis  : #1 La Fed , #2 L’économie et #3 Les affaires judiciaires

#1 – La Fed (Décision monétaire mercredi à 20h00) :  Ces dernières semaines, plusieurs responsables monétaires américains, Janet Yellen en tête, ont livré une analyse ambivalente de l’économie américaine. Si le resserrement continu du marché de l’emploi ; notamment matérialisé par le retour du taux de chômage sur ses niveaux d’avant crise ; l’activité soutenue du secteur industriel et la hausse des exportations dans un environnement d’accélération de la croissance mondiale, sont des signes rassurants. La baisse progressive de la confiance des ménages et entreprises à l’égard du gouvernement et de sa capacité à mettre en place des réformes supposées augmenter leur pouvoir d’achat/capacité d’investissement, et la croissance modeste des salaires dans le pays pèsent toutes deux  sur la consommation domestique – contraction des ventes au détail en avril et en mai – et sur la dynamique d’inflation. Quid pour la Fed qui souhaite continuer à réduire progressivement son soutien monétaire à l’économie, et notamment accompagner son programme de rehaussement des taux d’intérêt d’opérations de réduction de son important bilan financier ? En l’absence de conférence de presse, la réunion monétaire de mercredi pourrait demeurer un « non-évènement », et n’offrir que peu d’indices sur l’agenda monétaire de la banque centrale. Les premières opérations de réduction du bilan sont attendues par une majorité d’économies en septembre, une date qui pourrait être confirmée à demi-mot lors de cette réunion. Néanmoins, le flou pourrait demeurer sur le timing de la prochaine hausse de taux, qui selon certains investisseurs pourrait être repoussée à 2018 (probabilité de statu quo de 47% en décembre 2017 d’après l’indice CME FedWatch Tool basé sur les positions sur les marchés à terme américains).

Si la Fed n’envoie aucun signal infirmant une volonté profonde de remonter une nouvelle fois ses taux dans les prochains mois, dès lors le dollar américain est voué à se maintenir sur ses niveaux bas actuels pendant un certain temps du fait de l’absence d’arguments justifiant un repositionnement à l’achat des investisseurs sur le dollar américain.

#2 – L’économie :   Cette semaine seront publiés les premières estimations de croissance du PIB au second trimestre de plusieurs pays majeurs tels que l’Espagne, les Etats Unis, la France, le Royaume-Uni et la Suède. Aux Etats Unis, les économistes anticipent un solide rebond de l’économie après un démarrage poussif en début d’année (consensus : 2,6% T/T annualisé vs 1,4% au T1 2017). Une bonne performance viendrait conforter les membres de la Fed à lancer dès septembre – ce qui est actuellement anticipé par les marchés financiers – les opérations de réduction de son bilan de $4,5Trds, et à envisager une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année.

#3 – L’enquête sur la Russie:   Le gendre du président américain, Jared Kushner, sera entendu, à huit clos, ce lundi et mardi par les commissions du renseignement des deux chambres parlementaires américaines afin d’y être questionné sur ses supposés contacts avec des responsables russes (une avocate, l’ambassadeur russe à Washington et le dirigeant d’une grande banque russe) durant la précédente campagne présidentielle. Cette audition fait partie intégrante de l’enquête actuellement menée sur les potentiels liens de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump. L’enjeu de cette enquête est de savoir si Donald Trump a bénéficié d’une aide extérieure lors de l’élection de novembre dernier, et si celui-ci était au courant si les faits sont avérés. Le fils ainé de Donald Trump et le directeur de campagne du président, Paul Manafort, pourraient être entendus quant à eux par la commission du Sénat le mercredi (à confirmer). De nouvelles révélations suggérant une obstruction à la justice du président américain pourraient venir accentuer la nervosité des investisseurs à l’égard des actifs américains, et ainsi causer de nouvelles pertes pour le dollar américain. A l’inverse, si le président américain était disculpé, dès lors nous pourrions voir le dollar américain effacer une partie de ses récentes pertes sur fond de soulagement et de regain d’espoirs que les efforts du gouvernement vont désormais se concentrer sur les réformes. 

A suivre également cette semaine :

  • Royaume-Uni (1ère estimation de PIB au T2  mercredi à 10h30) - Au Royaume-Uni, les premières répercussions néfastes du Brexit se sont fait ressentir sur l’économie britannique au 1er trimestre, c’est-à-dire une économie qui avance au ralenti à cause d’une réduction de la consommation des ménages et une baisse des investissements d’entreprise. Les économistes ne voient pas de signes d’accélération significative de l’économie au second trimestre (consensus : 0,3% T/T vs 0,2% au T1 2017), qui a été notamment freinée par l’instabilité de l’environnement politique qui s’est abattue sur le pays due aux élections anticipées et au lancement officiel des négociations sur le Brexit avec l’Union Européenne. Pas de quoi rassuré les investisseurs.

  • Allemagne et France (1ère estimations d’inflation en juillet vendredi à 14h00 et 08h45 ) - En ne fermant pas la porte la semaine dernière à une prochaine action de la part de la BCE malgré des incertitudes palpables au niveau des perspectives d’inflation en Zone Euro, Mario Draghi a indirectement joué le jeu des spéculations des investisseurs qui anticipent en grande majorité de premières annonces majeures concernant une réduction des volumes de rachats d’actifs lors de la réunion monétaire de septembre prochain. En indiquant que des discussions sur un ajustement du programme d’assouplissement quantitatif auront lieu à l’automne, le gouverneur central européen a ; volontairement ou non ; s’est positionné. Quid pour la BCE si l’inflation n’est pas au rendez-vous en septembre, et montre de nouveaux signes de fléchissement ? Celle-ci pourrait ne pas avoir le choix que d’ajuster son message et de réfréner quelque peu ses envies d’enclencher un cycle de normalisation des conditions monétaires. Un rétropédalage qui sera à coup sûr très mal vécu par les marchés. En ce sens, les prochaines estimations d’inflation d’ici le 7 septembre prochain seront importantes, si ce n’est indispensables, à suivre. Les économistes tablent sur une dynamique inchangée en France (consensus 0,8% A/A vs 0,8% en juin) et en léger recul en Allemagne (consensus : 1,5% A/A vs 1,6% en juin).

  • Australie (Inflation au T2 2017 mercredi à 03h30) – Le pays publiera ses nouvelles statistiques trimestrielles d’inflation relatives au second trimestre 2017. La projection médiane des économistes sondés par Reuters table sur une légère accélération de la dynamique de croissance des prix à la consommation sur la période, de 2,1% à 2,2% en glissement annuel. Une telle dynamique pourrait venir relancer les débats autour d’une possible hausse de taux à moyen terme en Australie, et ainsi engendrer de nouveaux gains pour le dollar australien.

Les paires à suivre ce lundi 24 juillet : EUR/CAD & EUR/NOK – Réunion de membres de l’OPEP en Russie ce lundi…Des ajustements sur la politique de quota pourraient alimenter un rebond des prix du pétrole, et ainsi soutenir les devises pétrolières telles que le CAD ou la NOK

USD

La paire EUR/USD a franchi un cap la semaine dernière et s’est extrait du couloir de fluctuation de $1,05-$1,15 dans lequel elle oscille depuis 2015. Cette situation est-elle durable ? Difficile à dire tant la forte valorisation actuelle du cours de change est liée à deux facteurs antinomiques. En premier lieu, un net renforcement de l’euro émanant d’un large repositionnement à l’achat d’investisseurs anticipant des annonces, dès le mois de septembre, de prochaines réductions du soutien monétaire de la part de la banque centrale européenne. Et dans le même temps, une importante dévalorisation du dollar américain résultant des doutes cumulées à l’égard de l’agenda de la Fed, de la capacité du gouvernement à suivre son calendrier économique et mettre en place les réformes promises durant la campagne électorale, et du discrédit général à l’égard de la présidence de Donald Trump sur qui pèse d’importants soupçons de collusion avec la Russie lors de précédentes élections. Cette semaine sera capitale. Compte tenu des nombreux évènements programmés aux Etats Unis sur le plan économique, judiciaire et monétaire (voir focus de la semaine), nous pourrions voir une correction (tant attendue) significative du cours de change sur la base d’un renforcement du dollar américain, ou alors à l’inverse une extension encore plus importante de la dynamique haussière débutée il y a maintenant plus de trois mois en cas de maintien du sentiment défiance des marchés à l’égard des Etats Unis. A cette occasion, nous pourrions voir l’EUR/USD franchir un nouveau cap et briser le seuil de $1,17, voire au-delà.

GBP

Sur la base d’un renforcement de l’euro suite à la réunion de la BCE de la semaine dernière, et au maintien d’incertitudes des investisseurs face aux lentes avancées des négociations sur le Brexit – des différends persistent entre les deux camps en ce qui concerne la facture du Brexit et la préservation des droits des citoyens résidant sur le sol britannique – la paire EUR/GBP est revenue sur ses pics d’octobre dernier, aux portes du seuil de £0,90. Parallèlement à cet environnement défavorable à la livre sterling, le recul de l’inflation au Royaume-Uni en juin a fait dégonfler les spéculations autour d’une hausse de taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre dans les prochains mois, et donc réduit les forces de traction sur la devise britannique. La paire pourrait maintenir cette semaine, voire accentuer sa tendance haussière, si les nouvelles statistiques économiques, et notamment les premiers chiffres de croissance au second trimestre 2017 (consensus : 0,3% T/T vs 0,2% au T1) publiés mercredi, confirment une paralysie actuelle de l’économie face aux incertitudes du Brexit.

CHF

Malgré l’important renforcement de l’euro suite à la réunion de la BCE, la paire EUR/CHF a finalement été peu impactée, et est très rapidement revenue au sein de la bande de fluctuation de ₣1,0980-1,1050 dans laquelle elle oscille depuis maintenant deux semaines. La barrière des ₣1,11 apparaît comme un cap, encore à ce jour, difficile à franchir pour la paire. Peu de données cette semaine en Suisse, si ce n’est quelques indicateurs de sentiment et économiques avancées. Le cours pourrait subir en ce début de semaine quelques pertes sur fond de prises de bénéfice d’investisseur vis-à-vis de leurs positions en euro, et potentiellement faire son retour sous le niveau de ₣1,10. Outre cette correction technique, la volatilité sur le cours de change pourrait progressivement s’accentuer au fil de la semaine au gré des annonces réalisées par la Fed et des premières estimations de croissance et d’inflation dans plusieurs pays de la Zone Euro (PIB en France et Espagne ce vendredi & inflation en France et Allemagne ce vendredi).


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