Actualités du marché des devises

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juil. 20, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Recul du yen de 0,2% à ¥129,1 après la réunion de la BOJ (statu quo & report d’un an de l’atteinte de l’objectif de 2% d’inflation)
  • Recul du dollar australien de 0,4% à A$1,4540 en réaction à des chiffres de création d’emplois en juin un peu plus décevant que prévu (14k vs 15k attendu et 42k en mai)
  • Recul de 0,1% de l’EUR/USD avant la réunion de la BCE cette après-midi (communiqué à 13h45 / conférence de presse à 14h30).
  • Recul de 0,4% du rand à ZAR 14,90 avant la réunion de la banque centrale sud-africaine qui pourrait envoyer des signaux suggérant une potentielle baisse de taux à venir dans le pays.                                                                   

 Les trois faits marquants de la séance de mercredi: #1 La nervosité des marchés avant la BCE pénalise l’euro, #2 La fin du plan de 100 jours renvoie Etats Unis et Chine à la table des négociations et #3 Un rebond plus important que prévu des permis de construire et mises en chantier aux Etats Unis qui rassure les marchés

#1 – Sentiment de marché : L’euro a reculé face à l’ensemble de ses pairs hier au sein de l’univers du G10 (10 principales devises des pays développés), la faute à une certaine nervosité des marchés avant la réunion de la BCE dont le discours pourrait être plus accommodant que prévu. Profitant de la forte valorisation actuelle de la devise européenne, certains investisseurs ont clôturé leurs positions et pris leur bénéfice en attendant de voir si Mario Draghi va assumer les propos tenus à Sintra fin juin, ou à l’inverse pointer les obstacles qui restent à franchir en Europe – notamment en matière d’inflation et de chômage - avant de se lancer dans la voie de la normalisation monétaire.

#2 – Etats Unis/Chine : La fin du plan de 100 jours, décidé en avril lors de la venue du président chinois aux Etats Uni, qui avait été conçu pour permettre aux responsables américains et chinois de discuter de la manière de limiter les déséquilibres commerciaux entre les deux pays, a renvoyé les deux camps à la table des négociations. Responsables américains et chinois étaient donc réunis mercredi à Washington afin de convenir de nouvelles mesures destinées à réduire l’important déficit commercial des Etats Unis vis-à-vis de la Chine et à renforcer les liens bilatéraux, or aucun accord ne fut conclu à l’issue de cette rencontre. Plus inquiétant, la conférence de presse qui était programmée a été annulée, et aucun communiqué officiel commun n’a été publié. Ce silence ne laisse présager rien de bon, notamment quand on sait que le président américain envisage sérieusement de sanctionner Pékin pour son manque d’implication dans le traitement de la question nord-coréenne dont la menace d’attaque est réelle. Des sources anonymes révèlent que le gouvernement chinois n’a pas répondu, pour le moment, aux exigences américaines qui réclament un accès libre au marché des services financiers chinois, une réduction de la production d’acier qui est actuellement en surcapacité, la fin des subventions auprès des entreprises publiques ou encore la suppression du plafond de participation au sein d’entreprises étrangères localisées en Chine.

#3 – Immobilier américain : La croissance des permis de construire et des mises en chantier aux Etats Unis au mois de juin s’est avérée bien plus importante que prévu. Le volume total de permis délivré atteint un plus haut depuis 3 mois (1,254Mln) tandis que les mises en chantier n’ont jamais été aussi nombreuses depuis le mois de février dernier (1,215Mln). Alors que les récentes statistiques économiques publiées aux Etats Unis avaient été plutôt décevants et laissaient craindre une accélération moins importante que prévu de l’économie américaine au second trimestre, ces chiffres viennent quelque peu rassurer les marchés. Il faudra attendre la semaine prochaine et la publication des premières estimations de croissance du PIB au T2 pour pouvoir se faire un avis général de l’état de santé réel du pays après un premier trimestre très poussif (croissance de 1,4%). La médiane des projections des économistes sondés par l’agence Reuters table sur une croissance de 2,5% au T2, en ligne avec les calculs du modèle établi par la Fed d’Atlanta. Il s’agirait alors de la seconde meilleure performance enregistrée par l’économie américaine depuis 2 ans.

Les trois évènements clés ce mercredi : #1 Réunion de la BCE, #2 La Banque du Japon maintient sa politique inchangée et reporte dans le temps l’atteinte de son objectif d’inflation et #3 Conclusions de la seconde phase de négociation sur le Brexit 

#1 – BCE : La banque centrale européenne publiera les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire à 13h45, puis s’en suivra la traditionnelle conférence de presse de Mario Draghi programmée à 14h30. Aucune annonce majeure n’est attendue à l’issue de cette réunion, cependant plusieurs questions demeurent, dont deux précisément : La BCE va-t-elle de nouveau ajuster sa communication et supprimer un nouveau biais accommodant (celui relatif à une augmentation du programme de rachats d’actifs) comme cela avait été le cas en juin ? Mario Draghi va-t-il assumer les propos tenus à Sintra (Portugal) fin juin et laisser entrevoir l’annonce de futures réductions du soutien monétaire de la banque ? D’après une récente enquête publiée par l’agence Reuters, près de 60% des économistes (26 sur 46) pensent qu’aucun ajustement ne sera fait en juillet, les craintes à l’égard des perspectives d’inflation et la sensibilité des marchés des changes à la moindre annonce semblent justifier un positionnement neutre, et un ton éventuellement plus prudent que lors des précédentes sorties. Il s’agit pour les banquiers centraux européens de ne pas envoyer de signaux trop rapides, et de se laisser une certaine flexibilité en cas de détérioration de l’économie ou émergence d’un nouveau risque dans les prochains mois. Si l’on en croit le Wall Street Journal, Mario Draghi pourrait sortir de sa réserve à l’issue du symposium monétaire de la Fed à Jackson Hole fin août afin de préparer les marchés à des annonces en septembre.

Un statu quo couplé à une communication aux teintes accommodantes pourraient générer une correction de l’euro qui a récemment atteint un pic de 14 mois face au dollar ($1,1580). Il ne serait pas surprenant de voir la paire EUR/USD revenir sous le niveau de $1,14 sous l’impulsion d’une forte déception des marchés face à l’absence de signaux clairs de la BCE sur son agenda monétaire. Dans le cas inverse, un ton optimiste de Mario Draghi et/ou une suppression du biais accommodant sur le QE dans la communication officielle de la banque renforcerait les spéculations autour d’une annonce d’une réduction des rachats d’actif en septembre. Auquel cas, la paire EUR/USD pourrait venir briser les $1,16.

#2 – Banque du Japon :  Sans grande surprise, la Banque du Japon a maintenu sa politique monétaire inchangée à l’issue de sa nouvelle réunion de juillet. Cette politique ultra-accommodante devrait encore être effective pendant un certain temps, alors que la banque a fortement révisé à la baisse ses projections d’inflation pour les années fiscales 2017 (1,1% vs 1,4%) et 2018 (1,8% vs 1,9%). La banque entend désormais atteindre son objectif de 2% d’inflation au cours de l’année fiscale 2019, soit un report d’environ un an par rapport aux précédentes prévisions (atteinte de cet objectif initialement espérée avant la fin de l’année fiscale 2018). C’est la 6ième fois que la Banque du Japon repousse la date d’atteinte de l’objectif de 2% de l’inflation depuis l’introduction du programme de rachats d’actifs en avril 2013. A noter que la banque centrale japonaise se veut optimiste à l’égard des perspectives économiques du pays comme l’illustre la révision à la hausse des projections de croissance pour les années fiscales 2017 (1,8% vs 1,6%) et 2018 (1,4% vs 1,3%).

Si le nouveau report dans le temps de l’objectif d’inflation a surpris certains observateurs, dans l’ensemble cette réunion n’a offert que peu de surprises ; l’ensemble des annonces faites ayant déjà été anticipées par les marchés; d’où le peu de réactions constaté ce matin sur la paire EUR/JPY. On peut également penser que les investisseurs attendent la réunion de la BCE programmée cette après-midi pour se positionner. En cas de signaux positifs envoyés par la BCE indiquant une prochaine réduction du soutien monétaire, cela viendrait accentuer la désynchronisation monétaire qui semble s’instaurer entre l’Europe et le Japon. Un fort rebond de la paire EUR/JPY, en direction des niveaux de ¥131-132, pourrait être alors observé.

#3 – Brexit :  Une conférence de presse commune entre les deux négociateurs en chef sur la question du Brexit ; Michel Barnier du côté européen et David Davis du côté britannique ; est programmée cette après-midi et viendra conclure la seconde phase de négociation débutée lundi sur les conditions de sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne. A l’issue de cette conférence de presse seront évoqués les avancées réalisées sur les questions de la facture de sortie, du droit des citoyens européens résidant sur le sol britannique et du statut de la frontière entre les deux Irlandes. Le traitement de ces prérequis fixés par Bruxelles est essentielle avant que ne débutent les discussions d’ordre économique et commercial. Pour Michel Barnier, celles-ci ne débuteront pas, au plus tôt, avant le mois d’octobre.

Une avancée lente des négociations sur les prérequis de sortie fixés par l’UE retarderait le début des discussions sur les questions économiques et commerciales, et viendrait renforcer davantage les incertitudes des investisseurs. Auquel cas, la paire EUR/GBP pourrait faire son retour sur ces récents pics, au-dessus du niveau de £0,89.

La paire à suivre ce jeudi 20 juillet : EUR/USD – Réunion de la BCE (conclusions à 13h45 / conférence de presse à 14h30) : Quels signaux envoyés par Mario Draghi ? Préparation pour de grandes manœuvres en septembre ou prudence ?

USD

La réunion de la BCE sera aujourd’hui le principal vecteur de volatilité sur la paire EUR/USD aujourd’hui. La paire a enregistré hier une légère correction technique de 0,3% (point bas à $1,1508 / clôture à $1,1514) sur fond de nervosité générale des marchés avant la réunion de la BCE. Une fois encore, les propos de Mario Draghi seront forcément étudiés à la loupe par des investisseurs en recherche d’indices sur l’agenda monétaire de la banque centrale européenne dans les prochains mois… et une fois encore celui-ci pourrait à nouveau décevoir les observateurs en conservant une réserve naturelle, faisant grande attention à limiter tout effet d’emballement sur les marchés des changes. Si tel est le cas, l’euro pourrait effacer une partie des gains accumulés ces derniers jours. Aux Etats Unis, si les indicateurs immobiliers publiés hier ont légèrement rassuré les investisseurs, ceux-ci restent néanmoins sur la défensive alors les récents échos suggèrent que les républicains pourraient finalement ne pas parvenir à abroger l’Obamacare ; mesure phare de la campagne de Donald Trump ; et qu’a été officiellement annoncé l’audition la semaine prochaine au Sénat du fils aîné de Donald Trump pour y être interrogé sur sa rencontre avec une avocate russe en amont des élections de novembre dernier.

GBP

Si les regards seront principalement tournés vers la BCE aujourd’hui, deux évènements clefs pourraient venir perturber la paire EUR/GBP aujourd’hui. En premier lieu, la conférence de presse commune entre David Davis et Michel Barnier devrait offrir un bon aperçu des avancées réalisées sur les négociations en cours sur les conditions de sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne (voir Focus du jour). Aujourd’hui, Theresa May présidera le premier conseil des entreprises sur le Brexit, une rencontre durant laquelle la première ministre britannique rencontrera les représentants des grandes organisations d’entreprises dans le pays (Chambre de commerce britannique, Confédération des industries britanniques,…) et les dirigeants de grandes entreprises britanniques (BAE System, McKinsey,…) pour échanger sur les répercussions du Brexit. On avait reproché à Theresa May jusqu’à présent d’avoir tenu le monde de l’industrie et des entreprises éloigné des discussions sur le Brexit, et de faire la sourde oreille à leurs inquiétudes. Cette première rencontre est un premier signal fort envoyé aux marchés qui ouvre la porte à un potentiel assouplissement de la stratégie de sortie initialement énoncée par la première ministre. De premières annonces soulignant une velléité du gouvernement de prendre en compte l’avis des dirigeants d’industrie, et de travailler main dans la main avec eux pour dessiner les contours d’un futur accord avec l’UE, incorporant une période de transition après la fin des négociations, viendraient atténuer les pressions baissières actuelles sur la livre sterling.

CHF

La paire EUR/CHF a chuté hier à son plus bas niveau sur les sept dernières séances (-0,27% mercredi / point bas à ₣1,0985 et clôture à ₣1,1001), la faute à un positionnement stratégique d’investisseurs pariant sur une communication plus prudente que prévu de la BCE et de son gouverneur central Mario Draghi. Comme pour la paire EUR/USD, la réunion de la BCE devrait demeurer le principal facteur de volatilité aujourd’hui sur le cours de change EUR/CHF. En cas de discours prudent, l’EUR/CHF pourrait retomber sous le niveau de ₣1,10, néanmoins le mouvement baissier pourrait demeurer modeste car déjà anticipé. A l’inverse, en cas de signaux de la BCE suggérant l’annonce prochaine d’une réduction des rachats d’actifs, le cours EUR/CHF pourrait reprendre sa marche en avant vers le niveau de ₣1,11.


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