Actualités du marché des devises

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juil. 17, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • La croissance du PIB chinois au T2 2017 s’est avérée plus importante que prévu : 6,9% A/A vs 6,8% attendu et 6,9% au T1 2017. C’est bien au-dessus de l’objectif de 6,5% fixé par les responsables politiques chinois.
  • Renforcement du CNH de 0,2% (sous ¥7,7450) et du HKD de 0,3% (HKD 8,93). Pas de gros impacts sur les marchés des changes ce matin.
  • Correction de l’euro face à l’ensemble de ses pairs en amont de la révision des chiffres d’inflation publiée ce matin et de la réunion de la BCE programmée cette semaine (mercredi et jeudi).
  • Les prix du pétrole continuent de progresser légèrement (+0,5% ce matin). L’indice Brent s’approche de la barrière des $50.                                                                 

 Les trois faits marquants de la séance de vendredi / week-end : #1 Chiffres décevants aux Etats Unis…pause à venir pour la Fed ?, #2 Report du vote sur la réforme de la santé au Sénat américain à une date indéterminée et #3 Le ministre britannique des finances (P. Hammond) affirme que le Royaume-Uni respecterait ses engagements vis-à-vis de l’UE

#1 – Etats Unis : Les ventes au détail au mois de juin se sont contractées à la surprise générale pour le second mois d’affilée (-0,2% M/M vs consensus +0,1% et -0,1% en mai), la faute entre autres à une baisse des dépenses des ménages américains recensées dans les secteurs des loisirs, dans les supermarchés et auprès d’enseignes de textile. L’inflation générale recule pour le 4ième mois consécutif en juin (1,6% A/A vs consensus 1,7% et 1,9% en mai) et chute à son plus bas niveau depuis octobre 2016, juste avant l’élection de Donald Trump. L’indice de base reste stable à 1,7%, son plus bas niveau depuis mai 2015. Ces chiffres décevants viennent tempérer les spéculations des marchés, l’accélération de l’économie américaine au second trimestre, après un début d’année poussif, pourrait s’avérer moins importante que prévue. Le champ des options à la disposition de la Fed se resserre. Celle-ci pourrait ne pas avoir d’autre choix, en réponse aux vacillements de l’économie américaine, que de se résoudre à observer une pause dans sa politique de hausse de taux. La réduction de l’important bilan financier de la banque centrale américaine semble pour l’heure être la priorité des responsables monétaires américains.

#2 - Obamacare : Le président du groupe républicain au Sénat, Mitch McConnell a annoncé samedi le report du vote du projet de loi de réforme du système de santé; qui était initialement programmé la semaine du 17 juillet ; à une date ultérieure (non définie), en raison de l’absence du sénateur républicain John McCain qui observe une période de convalescence après une opération chirurgicale subie vendredi dernier. Deux sénateurs républicains ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas le texte de loi dans sa version actuelle. Disposant de 52 sièges au Sénat, sur un total de 100, le parti républicain a besoin d’obtenir au minimum 50 voix pour faire passer cette réforme (le vice-président ayant le pouvoir de trancher en cas d’égalité). Les lenteurs persistantes du train des réformes promises par Donald Trump risquent de continuer d’alimenter le pessimisme actuel des investisseurs à l’égard des Etats Unis.

#3 - Brexit : Dans un entretien donné la BBC, le ministre britannique des finances, Philip Hammond, a révélé que de nombreux ministres du gouvernement, après quelques doutes préliminaires, s’accordaient désormais sur le fait qu’une période de transition était nécessaire une fois la phase de négociation de deux ans terminée. Cette transition doit permettre au Royaume-Uni de disposer d’une marge de manœuvre pour assurer la mise en place d’un accord de sortie qui soit bénéfique à l’économie britannique. Par ailleurs, alors que débute lundi 17 juillet la seconde phase des discussions entre Londres et Bruxelles, Hammond a tenté de soulager ses homologues européens et déclaré que le Royaume-Uni respecterait ses engagements en honorant sa dette vis-à-vis de l’Union Européenne. La facture de sortie est un des contentieux sur lequel Bruxelles souhaite une rapide clarification avant d’entamer les négociations d’ordre économique et commerciale. Ce premier pas fait par le camp britannique laisse entrevoir de premiers accords rapides, et une possible sortie « en douceur » du pays. Il reste à savoir si la première ministre, Theresa May, est sur la même longueur d’onde que son ministre des finances.

Les trois évènements clés de la semaine : #1 Nouvelle réunion de la BCE (Jeudi : Conclusions dévoilées à 13h45 / Conférence de presse de M. Draghi à 14h30), #2 Seconde phase de négociation entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni (de lundi à jeudi)  et #3 Inflation au Royaume-Uni (mardi à 10h30)

#1 – BCE (jeudi à 13h45/14h30) :  Ce jeudi, la banque centrale européenne dévoilera les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire, un peu plus d’un mois après la suppression de la communication officielle du biais accommodant sur les taux (plus de nouvelles réductions envisagées). Ce sera également l’occasion de revoir le gouvernement central Mario Draghi sous les feux des projecteurs. Sa sortie le 27 juin dernier, et l’évocation ; pour la première fois en public ; de possibles inflexions monétaires de la part de la banque centrale avaient été accueillis comme un tournant marquant pour l’ensemble des acteurs financiers. Nous nous approchons progressivement d’une première action de réduction du vaste soutien monétaire jusqu’alors accordé par la BCE à l’économie de la Zone Euro. Suite à ces propos, la paire EUR/USD avait brisé la résistance des $1,13 et s’était approché par la suite tout près du seuil de $1,15 (pic recensé à $1,1489 le 12 juillet). Echaudée par cette vive réaction de l’euro tandis que dans le même temps l’inflation peine toujours à décoller en Zone Euro, la BCE pourrait tenter de venir calmer l’enthousiasme des marchés financiers et choisir de ne pas ajuster, à nouveau, sa communication. C’est du moins le consensus actuel, si l’on en croit la récente enquête menée par Reuters auprès de 46 économistes (26/46 tablent sur un maintien de l’orientation monétaire actuelle). Les grandes manœuvres pourraient survenir selon eux dès septembre avec l’annonce d’une réduction du programme de rachat d’actifs, effective à partir de 2018. Le ton et la teneur du discours de Mario Draghi pourraient donner le ton sur les intentions de la banque dans les mois à venir. Si ce dernier décidait d’ouvrir un peu plus la porte ; afin de préparer les marchés ; à de prochains ajustements monétaire, dès lors une nouvelle consolidation de l’euro pourrait être observée.

#2 – Négociations sur le Brexit (de lundi à jeudi) :  Après une première rencontre le 19 juin dernier qui avait officiellement marqué le début des négociations sur le Brexit entre Londres et Bruxelles, les deux négociateurs en chef et leurs équipes respectives ; David Davis du côté britannique et Michel Barnier pour le compte de l’Union Européenne ; se rencontreront une seconde fois ce lundi au sein de la capitale belge. Pendant quatre jours, les deux camps discuteront des trois prérequis fixés par l’Union Européenne, à savoir : 1) la question du droit des citoyens européens résidant au Royaume-Uni (plus de 3 millions), 2) le montant de la facture sur le Brexit relevant de la contribution britannique au budget européen jusqu’à sa sortie effective en 2019, et 3) Statut de la frontière entre la République d’Irlande (au sein de l’UE) et l’Irlande du Nord (au sein du Royaume-Uni). Une conférence commune est (normalement) programmée jeudi après-midi et viendra clôturer cette seconde phase de négociation. Le camp européen attend des engagements clairs et précis de la part du Royaume-Uni, les propositions faites en juin par la première ministre Theresa May avaient été jugées insuffisantes et floues par l’ensemble des membres de l’UE.

#3 – Inflation au Royaume-Uni (mardi à 10h30) :  Après les chiffres de l’emploi la semaine dernière, le Royaume-Uni publiera ce mardi ces nouvelles statistiques en matière d’inflation. La forte dépréciation de la livre sterling provoquée par l’annonce du Brexit a alimenté une forte accélération de l’inflation, jusqu’à atteindre en mai dernier son plus haut niveau depuis 4 ans. Dans un contexte de décélération des salaires, cette hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et représente un véritable frein à l’économie. Un tel frein économique qu’un débat autour d’une possible hausse de taux d’intérêt a récemment surgi dans les rangs de la Banque d’Angleterre. Les économistes tablent sur une dynamique stable à 2,9% au mois de juin. Un niveau qui est bien loin d’être convenable mais qui pourrait dissiper, du moins temporairement, les spéculations autour d’un prochain resserrement monétaire au Royaume-Uni. A l’inverse, une nouvelle accélération de la croissance l’indice des prix pourrait relancer les débats autour d’une possible intervention de la banque centrale avant la fin de l’année, ce qui viendrait renforcer davantage la livre sterling. A noter que les effets néfastes de l’inflation sur l’économie britannique pourront être de nouveau mis en perspective à l’occasion de la publication des nouvelles statistiques de ventes au détail ce jeudi (10h30).

A noter également dans vos agendas: Compte rendu des réunions monétaires des banques centrales australienne et suédoise (mardi), Réunions monétaires de la Banque du Japon et de la banque centrale sud-africaine (jeudi), Ventes au détail au Royaume-Uni (jeudi), Inflation au Canada (vendredi)

USD

Malgré une nouvelle tentative de correction observée en début de semaine dernière, la paire EUR/USD se maintien dans la partie haute de sa bande de fluctuation actuelle de $1,13-$1,15, bien aidée il faut le reconnaître par la nouvelle déception provoquée vendredi dernier par les chiffres de ventes au détail et d’inflation aux Etats Unis (voir Focus de vendredi). Cette haute valorisation de l’euro se caractérise autant par l’optimisme qui se dégage des bons fondamentaux européens et de la volonté de la BCE d’infléchir progressivement sa politique de soutien monétaire, que par le pessimisme qui émane des Etats Unis où l’économie montre des signes de ralentissement et les réformes peinent à pointer le bout de leur nez. Le ton prudent de l’allocation tenue par la présidente de la Fed Janet Yellen la semaine dernière devant les membres du Congrès américain vient donner un peu plus de résonnance à cette série de chiffres décevants publiés vendredi : une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année n’est absolument pas garantie. En effet, à l’heure de débuter cette nouvelle semaine, la probabilité d’un statu quo monétaire d’ici le mois de décembre est évaluée à 52% si l’on se base sur le positionnement des investisseurs sur les marchés à terme (voir le graphe de droite).

Cette semaine pourrait nous offrir de nouvelles secousses sur la paire EUR/USD alors que se prépare ce jeudi une nouvelle réunion monétaire de la BCE. Les investisseurs pourraient être tentés de clôturer leurs positions et prendre leurs bénéfices avant la conférence de presse de Mario Draghi. Ce dernier pourrait en effet être tenté de ramener un peu de calme sur les marchés après l’emballement des dernières semaines. Une évaluation positive des perspectives économiques viendrait renforcer le sentiment qu’une annonce majeure pourrait être faite dès septembre, et pourrait envoyer la paire au-dessus du seuil de $1,15 pour la première fois depuis mai 2016.  Aux Etats Unis, Donald Trump tentera de donner un nouvel élan à sa présidence, alors que sa côte de popularité a chuté à 36% au mois de juillet (vs 42% en avril), et rencontrera de nombreux dirigeants d’industries américains produisant localement à l’occasion d’une semaine qui sera placée sous le signe du « Make America Great Again ».

GBP

La paire EUR/GBP a enregistré une correction de près de 2% sur les trois dernières séances, grâce notamment aux chiffres rassurants du dernier rapport sur l’emploi (hausse des salaires de base et nouvelle baisse du taux de chômage à un plus bas depuis 35 ans) et au retour de la rhétorique de « soft Brexit » dans les débats. Les récents évènements sont en effet venus quelque peu dissipés le « trop-plein » de pessimisme qui émanait du Royaume-Uni (paire observée à un pic de 8 mois mercredi dernier) et de ses perspectives économiques. Il semble cependant que l’on reste malgré tout dans un environnement de marché très instable dans lequel la moindre mauvaise nouvelle est susceptible de provoquer une nouvelle dépréciation de la livre sterling. Les nouvelles statistiques d’inflation et de vente au détail publiés cette semaine retiendront l’attention des marchés, ces statistiques demeurant des indicateurs clés du degré de résilience de l’économie britannique. Il ne va sans dire qu’une nouvelle accélération de l’inflation au Royaume-Uni pourrait venir relancer les spéculations autour d’une première hausse de taux d’intérêt en 10 ans par la Banque d’Angleterre. L’évaluation des perspectives économiques pourrait néanmoins être polluée par les débats autour du Brexit alors que débute ce lundi la seconde phase des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne (voir Focus de la semaine).

Après s’être approché tout près du niveau de £0,90 (pic recensé à £0,8948 mercredi dernier), le cours de change a fait son retour sur un support de £0,8750. Celui-ci pourrait se diriger rapidement vers le prochain support de £0,8650 si les fondamentaux économiques au Royaume-Uni rassurent, et que les discussions entre britanniques et européens laissent entrevoir de premiers accords.

CHF

La dynamique de la paire EUR/CHF reste haussière alors que la paire vient d’enregistrer 14 séances de gains sur les 16 dernières. Les bons fondamentaux économiques en Europe dans un contexte politique désormais stable ouvrent la porte à de possibles ajustements à venir de la part de la banque centrale européenne. Le cours de change fait face pour le moment à une résistance au niveau du seuil de ₣1,1050. Un seuil qui pourrait tenir jusqu’à jeudi alors que de nombreux acteurs pourraient être tentés de rester sur leur garde avant le dévoilement des nouvelles conclusions des responsables monétaires européens. Si Mario Draghi maintient un ton optimiste, et ouvre la porte à de possibles annonces majeures en septembre (consensus actuel du marché), dès lors on pourrait assister à une nouvelle accélération du cours de change. Une fois le niveau de ₣1,1050 franchi, il ne semble pas avoir d’obstacles qui puissent empêcher la paire de retourner au-dessus de ₣1,11, un niveau qui n’a plus été observé depuis le mois de mai 2016.


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