Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 13, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort rebond de 0,5% du dollar australien (A$1,4790) et néo-zélandais (N$ 1,5630) en réaction aux bons chiffres de la balance commerciale chinoise, et notamment une croissance à deux chiffres des exportations au mois de juin (11,3% A/A).
  • Rebond de 0,4% de  la couronne suédoise en réactions aux chiffres d’inflation (stable en juin). La paire EUR/SEK est à son plus bas niveau depuis la fin du mois d’avril (SEK 9,56)
  • La livre sterling poursuit son renforcement après les bons chiffres de l’emploi parus mercredi. La paire EUR/GBP se dirige actuellement vers le niveau de £0,88 (-0,3%)

Les trois faits marquants de la séance de mardi: #1 Une hausse graduelle des taux toujours privilégiée face aux incertitudes de l’inflation , #2 La Banque du Canada réhausse son taux directeur pour la première fois en 7 ans et #3 Des chiffres de l’emploi meilleurs qu’attendu au Royaume-Uni qui rassurent un peu les marchés

#1 – Fed : Lors de son audition semestrielle devant les membres de la Chambre des représentants, la présidente de la Fed a réitéré l’intention de la banque centrale de débuter au plus vite le programme de réduction de son bilan de $4,5Trd et renouvelé son optimisme à l’égard de l’économie américaine qui continue de progresser à un rythme constant et de créer de l’emploi. Une analyse qui finalement diffère peu de celle énoncée lors de la conférence de presse tenue après la réunion monétaire de juin. Néanmoins, s’il faut noter quelques différences marquantes, on notera une prudence plus accentuée dans le discours lorsqu’il s’agit d’évoquer les perspectives d’inflation. Si Janet Yellen demeure convaincue que les récents signes de ralentissement ne sont dus qu’à des facteurs temporaires, elle reconnaît néanmoins ses doutes concernant le timing et la magnitude de l’accélération de la croissance des prix dans le pays vers l’objectif recherché de 2%. Bien que le marché du travail se réduit et que l’on approche d’une situation de plein emploi – taux de chômage à 4,4% en juin, un des plus bas niveaux sur les 16 dernières années – la croissance des salaires ne parvient à pas à décoller, au grand dam des responsables monétaires américains. De telles incertitudes nécessitent une approche « graduelle » en matière de hausse de taux a ainsi répété hier Janet Yellen. Si une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année reste d’actualité, il est clair que le discours d’hier tend à fermer définitivement la porte à une accélération de la part de la Fed en matière de normalisation des conditions monétaires. Cela vient susciter des questionnements quant à l’agenda monétaire de 2018 dans lequel trois hausses de taux sont inscrites.  

Ce discours de Janet Yellen a laissé perplexe les marchés. Pas de réelle déception, mais pas non plus de gages rassurants concernant une poursuite à moyen-long terme de la politique actuelle de normalisation des conditions monétaires. Dans ce contexte, le dollar américain est resté assez stable, n’enregistrant qu’un gain modeste de 0,1% face à un panier de devises sur l’ensemble de la séance de mercredi.

#2 – Banque du Canada : Comme il l’était très largement attendu par les marchés, la Banque du Canada (BoC) a procédé mercredi à sa première hausse de taux d’intérêt depuis 7 ans, le taux directeur étant ainsi réhaussé de 25pbs à 0,75%. Cette décision s’appuie sur une plus grande confiance des responsables monétaires canadiens en un renforcement des perspectives économiques du pays, comme l’illustre la révision à la hausse des projections de croissance pour 2017 (2,8% vs 2,6%) et 2018 (2,0% vs 1,9%). Si l’inflation reste toujours un sujet d’incertitude, la BoC assure qu’il ne s’agit pas d’une hausse de taux « technique ». Ce premier resserrement monétaire pourrait en effet en appeler d’autres si les conditions économiques et financières le justifient. La trajectoire des taux directeurs de la Banque du Canada est donc directement liée à la robustesse de l’environnement macro-économique. 

La cours EUR/CAD a reculé de 1,8% lors de la séance de mercredi, soit la plus forte chute observée en séance depuis près de 18 mois (janvier 2016). La paire a quant à elle chuté sous le niveau de C$1,45 – point bas enregistré à C$1,4480 - pour la première fois depuis fin avril et le dévoilement des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française.

#3 – Royaume-Uni  :  Les nouvelles statistiques du marché de l’emploi en mai ont agréablement surpris les marchés. Le taux de chômage chute contre toute attente de 4,6% à 4,5% et atteint ainsi un nouveau plus bas depuis 35 ans, tandis que la croissance à 12 mois des salaires de base (hors bonus) progresse à un rythme plus important que prévu (2,0% A/A vs 1,9% attendu et 1,8% en avril). Néanmoins, la toile de fond ne change pas. Les salaires progressent toujours bien moins vite que l’inflation (2,9% en mai) ce qui signale une réduction du pouvoir d’achat des ménages, et donc potentiellement un frein à la consommation domestique. Les perspectives de croissance économique au Royaume-Uni restent sérieusement dégradées. La livre sterling a néanmoins effacé une grande partie de ses pertes enregistrées mardi suite aux propos accommodants du vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre fermant la porte à une éventuelle hausse de taux à court terme.

Le cours EUR/GBP a reculé de plus de 0,7% mercredi et fait son retour sous le niveau de £0,89 après avoir touché la veille un plus haut de plus de 8 mois (£0,8948)

Les trois évènements clés de la journée : #1 Premier jour d’audition de Janet Yellen, #2 Hausse de taux attendue au Canada et #3

#1 – Second jour d’audition de Janet Yellen (début à 16h00) : La présidente de la Fed présentera ce jeudi ces perspectives économiques et monétaires devant les membres du Sénat après avoir, la veille, réalisé ce même type d’exercice devant les membres de la Chambre des représentants. Si le ton et le contenu du discours devrait être relativement similaire à celui tenu mercredi, les marchés resteront néanmoins attentifs aux moindres signaux concernant l’agenda monétaire de la Fed, et notamment sur le timing du lancement du processus de réduction du bilan de la Fed (actuellement attendu en septembre par les marchés) et de la prochaine hausse de taux (53% de probabilité que celle-ci ait lieu en décembre d’après l’indice CME FedWatch Tool).

#2 – Inflation en Allemagne (08h00) et en Suède (09h30) :  L’inflation en Allemagne a légèrement progressé au mois de juin, de 1,5% à 1,6% sur 12 mois, conformément aux estimations préliminaires qui avaient été publiées à la fin du mois de juin. On reste néanmoins encore bien éloigné du pic de 2,2% enregistré en février dernier et de l’objectif de long-terme de 2% fixé par la BCE pour la Zone Euro. La question est de savoir si ce fléchissement de l’inflation n’est que temporaire, et si la BCE osera débuter à ajuster ses paramètres monétaires, comme vient de la faire la Banque du Canada mercredi, avant que l’inflation n’ait atteint cet objectif de 2%.

L’inflation en Suède est finalement restée stable au mois de juin alors qu’elle était attendue en recul par les marchés (1,7% A/A vs consensus 1,6% et 1,7% en mai). Cela vient donner du crédit aux anticipations d’une possible hausse de taux de la part de la banque centrale suédoise en 2018.  La couronne suédoise enregistre un gain de 0,4% face à l’euro ce matin et la paire EUR/SEK chute à son plus bas niveau depuis près de deux mois et demi (fin avril).

#3 – Balance commerciale chinoise : Le surplus commercial chinois est ressorti au mois de juin légèrement au-dessus des attentes du hausse, en hausse de près de $2Mds par rapport au mois précédent ($42,77Mds vs consensus $42,44Mds et $40,81Mds en mai), et atteint son plus haut niveau sur les cinq derniers mois. Cette performance s’explique en partie par une nouvelle accélération des exportations et une croissance sur un an à deux chiffres (11,3% A/A vs consensus 8,7% et 8,7% en mai), fait rare qui n’a été observé qu’à deux reprises sur les 28 derniers mois (en mars dernier la dernière fois). La croissance des importations est également ressortie très largement au-dessus des attentes (17,2% A/A vs consensus 13,1% et 14,8%) ce qui tend à dissiper les récents doutes qu’on avait pu avoir à l’égard de la santé de l’économie chinoise, et à conforter l’idée d’une hausse de la demande mondiale notamment alimentée par la Chine.

La paire à suivre ce jeudi 13 juillet :  L’EUR/USD – Nouvelle journée d’audition pour Janet Yellen et arrivée de Donald Trump en France

EUR/USD

La paire a enregistré d’importantes pertes mercredi (-0,5%), un mouvement qui s’apparente davantage à une correction technique en amont de l’audition de Janet Yellen (prises de bénéfices) qu’à un véritable changement de sentiment des marchés. La présidente de la Fed n’a pas réussi à convaincre les investisseurs quant à une poursuite du cycle de normalisation monétaire aux Etats Unis alors que cette dernière a reconnu que l’économie n’avait pas besoin de « beaucoup plus de hausses de taux » pour atteindre un niveau d’équilibre et que la faiblesse actuelle de l’inflation restait une vive préoccupation pour les responsables monétaires américains. Statu quo au niveau des positions sur les marchés à terme après ce discours. Les investisseurs maintiennent leur scénario central d’un début de réduction du bilan de la Fed en septembre et d’une nouvelle hausse de taux en décembre (voir Focus de la veille). Ce matin, la paire EUR/USD reprenait sa marche en avant et faisait son retour sur des niveaux de $1,1450 avant l’ouverture des marchés européens. La confirmation d’un léger rebond de l’inflation en Allemagne au mois de juin après le fort recul enregistré au mois de mai est rassurant et maintient en vie les spéculations autour d’un prochain ajustement de la politique monétaire de la BCE. Aujourd’hui encore l’attention des marchés se portera sur l’audition de Janet Yellen devant le Sénat, même si les propos ne devraient pas vraiment différer de ceux tenus la veille, et la venue de Donald Trump en France à l’occasion des célébrations du 14 juillet. En l’absence de nouvelles indications de la part de Janet Yellen, les marchés américains devraient rester en position d’observation en attendant les statistiques d’inflation et de ventes au détail qui seront publiées vendredi après-midi.

EUR/GBP

L’emballement crée par la position prudente de la part du vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre Ben Broadbent, qui juge une hausse de taux au Royaume-Uni comme étant une décision trop prématurée, n’aura été finalement que temporaire. La nouvelle baisse du chômage à son plus bas niveau depuis 35 ans (voir Focus de la veille) et la première hausse en 6 mois de la croissance des salaires de base (hors bonus) ont semble-t-il rassuré quelques peu les marchés sur l’état de santé de l’économie britannique. Néanmoins, tant que l’inflation continuera de croître à un rythme plus important que les salaires, la croissance restera handicapée par une consommation freinée par une réduction du pouvoir d’achat des ménages britanniques. La livre sterling pourrait continuer de surfer sur cet élan de positivisme crée par ces chiffres en l’absence de chiffres clés à paraître d’ici la fin de la semaine en Europe et au Royaume-Uni. A noter néanmoins que cette dynamique pourrait être brisée en cas de nouvelles secousses politiques alors que Theresa May doit présenter aujourd’hui aux parlementaires un premier projet de loi lié au Brexit, à savoir l’abrogation du cadre législatif européen et de son remplacement. Difficile d’anticiper les réactions du marché des changes en cas de blocage de ce projet de loi au Parlement. Celui-ci pourrait venir à nouveau discréditer la première ministre dont la position est déjà très fragilisée depuis l’élection de juin dernier, ou à l’inverse envoyer le signal que celle-ci n’aura pas d’autres choix que d’assouplir sa ligne de conduite en marge du Brexit en l’absence de soutiens.

EUR/CHF

Sous l’impulsion de l’important recul des paires EUR/USD et EUR/GBP hier, le cours EUR/CHF a lui aussi enregistré une correction assez significative (-0,3%). La nervosité des marchés à l’approche de l’audition de la présidente de la Fed Janet Yellen et une sortie stratégique des positions de certains investisseurs souhaitant prendre leurs bénéfices expliquent ce mouvement. La paire se maintient malgré tout au-dessus de ₣1,10, la dynamique haussière observée depuis le mois de juillet n’est pas remise en cause pour l’heure.

EUR/ZAR

La paire EUR/ZAR a enregistré mercredi un recul de près de 3%, soit sa plus mauvaise performance journalière depuis 8 mois. Le rand sud-africain a bénéficié à la fois d’un regain d’intérêt pour les devises émergentes, dans un contexte général de recul des taux longs sur les marchés obligataires européens et américains, de la part d’investisseurs à la recherche de rendements ; et également de prises de bénéfices après un gain de plus de 10% de l’euro face au rand en un peu moins d’un mois.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.