Actualités du marché des devises

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juil. 12, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Nouveau pic de plus de 14 mois à $1,1489 atteint par l’EUR/USD en séance asiatique. La présidence de Donald Trump de nouveau interrogé, doutes autour du calendrier monétaire de la Fed et hausses des spéculations sur une action de la BCE soutiennent la paire.
  • Scénario de hausse de taux au Royaume-Uni tué dans l’œuf par le vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre. Pic de 9 mois atteint ce matin par l’EUR/GBP à £0,8949.
  • Forte correction de la paire EUR/JPY ce matin (-0,5% à ¥130). Nervosité des marchés avant l’audition de Janet Yellen et la décision de la Banque du Canada.
  • Fort rebond des prix du pétrole ce matin avant la publication du rapport mensuel de l’OPEP – Brent au-dessus des $48  (+1,7%)

Les trois faits marquants de la séance de mardi: #1 Nouvelles révélations gênantes pour Donald Trump , #2 Le vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre évite le débat sur une éventuelle remontée des taux d’intérêts et #3 Les marchés intègrent une première remontée des taux d’intérêt en Europe en juillet 2018

#1 – Etats Unis : Nouveau tournant dans l’affaire de potentielle ingérence de la Russie lors des élections américaines. Le fils de Donald Trump a rendu public hier une série de mails échangés avec une avocate russe proche du Kremlin proposant de lui fournir des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton.  Si le fils aîné du président de la république insiste pour souligner que son père n’était pas au courant de ces échanges et de la rencontre qui a suivi, ces nouvelles révélations viennent jeter un peu plus de discrédit sur la présidence de  Donald Trump. Ce dernier pourrait faire face, comme ses prédécesseurs Richard Nixon et Bill Clinton auparavant, à une procédure de destitution si les liens de collusion avec la Russie étaient avérés.

Le dollar américain a reculé de près de 0,4% hier face à un panier de devises, et fait son retour sur ses plus bas niveaux observés sur les 9 derniers mois.

#2 – Banque d’Angleterre : On s’attendait à ce que le vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre, Ben Broadbent, livre son sentiment et ses convictions sur l’hypothèse d’une hausse de taux à court terme dont le scénario a gagné en crédibilité ces dernières semaines suite aux commentaires du chef économiste Andy Haldane (favorable à une action dans les 6 prochains mois) et du gouverneur central Mark Carney (ouvert aux discussions). Il n’en fut rien. Ce dernier a ainsi préféré centrer son discours sur le Brexit et ses répercussions économiques néfastes pour le Royaume-Uni plutôt que d’entrer dans les débats sur la trajectoire future des taux d’intérêt britannique. Ce choix, non anodin, semble suggérer que, aux yeux du vice-gouverneur, il est encore trop prématuré pour commencer à aborder le sujet d’une hausse de taux compte tenu des obstacles qui se présentent à l’économie britannique dans les prochains mois, voire années. Sur les marchés à terme, une première hausse de taux au Royaume-Uni ne devrait pas avoir lieu avant le mois de novembre 2018 si l’on se base sur le positionnement actuel des investisseurs. La probabilité d’une hausse de taux le 3 août prochain est désormais évaluée à moins de 10%. Les pressions baissières sur la livre sterling relatives à des fondamentaux économiques décevants et à un environnement politique instable font quant à elles leur retour.

La cours EUR/GBP a franchi hier pour la première fois en 8 mois le seuil des £0,89. Un pic a été observé mercredi matin à £08949.

#3 – BCE  :  Les investisseurs sur les marchés à terme anticipent désormais l’annonce d’une première remontée des taux d’intérêt en Europe, à hauteur de 10pbs sur le taux de dépôt, en juillet 2018. Les marchés semblent de plus en plus convaincus que, grâce ou à cause des récentes sorties de Mario Draghi et une reprise économique qui s’accélère dans la région, la BCE va progressivement et très rapidement réduire son soutien monétaire et commencer à resserrer les conditions monétaires afin de s’assurer que les récents progrès réalisés par l’économie européenne ne créent pas de nouveaux déséquilibres.

Le cours EUR/USD a franchi mercredi matin le seuil des $1,1480 et touché un nouveau pic de plus de 14 mois à $1,1489.

Les trois évènements clés de la journée : #1 Premier jour d’audition de Janet Yellen, #2 Hausse de taux attendue au Canada et #3

#1 – Premier jour d’audition de Janet Yellen (début à 16h00) : Comme il est d’usage aux Etats Unis, tous les six mois, la présidente de la réserve fédérale américaine vient présenter devant les membres du Congrès sa vision et ses projections économiques et monétaires avant de se prêter au jeu de questions/réponses face aux parlementaires américains. Ce mercredi à 16h00, Janet Yellen se rendra devant la Chambre des représentants avant de réaliser le même type d’exercice au Sénat jeudi après-midi. La présidente de la Fed est très attendue par les marchés financiers qui réclament davantage de précisions sur l’agenda monétaire de la Fed. La perspective d’une possible pause de la banque centrale dans son cycle de normalisation des conditions monétaires, scénario évoqué hier par la membre du comité exécutif de la banque Lael Brainard, gagne en crédibilité auprès de plusieurs observateurs. Dans ce contexte, les investisseurs ne voient pas d’intérêt, pour l’heure, à prendre de nouvelles positions acheteuses sur le dollar américain, d’autant plus que dans le même temps l’euro ne cesse de se renforcer sur fond de spéculations autour d’un ajustement monétaire à venir de la BCE. Le scénario pour le moment le plus probable est une nouvelle hausse de taux en décembre (probabilité actuelle de 55% d’après l’indicateur CME FedWatch Tool) cependant les investisseurs ont besoin d’être rassurés sur la volonté de la Fed à poursuivre ses efforts, et sa politique de rehaussement graduel des taux d’intérêt.

#2 – Décision monétaire de la Banque du Canada (16h00) :  Pour les marchés financiers, il ne fait (presque) aucun doute que la Banque du Canada devrait annoncer en milieu d’après-midi une première hausse de taux d’intérêt depuis 7 ans (probabilité actuelle de 88% sur les marchés à terme). Les récents progrès réalisés par l’économie canadienne, notamment sur le marché de l’emploi (chômage à un plus bas depuis 8 ½ ans), dans un contexte où les prix du pétrole restent toujours historiquement bas, donnent du crédit à un tel scénario. Les économistes sont un peu plus partagés et misent pour une majorité d’entre eux sur un report de cette décision au 4ième trimestre 2017. Un statu quo de la Banque du Canada cette après-midi prendrait de court les marchés et serait vécu comme une véritable déception. De lourdes pertes pourraient être alors enregistrées par le dollar canadien compte tenu de l’unilatéralité du sentiment actuel des acteurs de marché. Un sentiment de déception pourrait alors renvoyer la paire EUR/CAD vers les niveaux de C$1,50 tandis qu’à l’inverse une hausse de taux pourrait potentiellement permettre à la paire de briser (enfin) le support de C$1,47 qui lui résiste depuis près de trois mois.

#3 – Rapport sur l’emploi au Royaume-Uni (10h30) : Alors que l’économie britannique est actuellement freinée par un recul de la consommation domestique relative à une baisse du pouvoir d’achat des ménages résultant d’une inflation forte et d’un affaiblissement des salaires au Royaume-Uni. Le nouveau rapport sur l’emploi publié en milieu de matinée nous dévoilera justement la dynamique des salaires. De nouveaux signes de ralentissement de la croissance des salaires en mai, au moment où l’inflation a approché les 3% (2,9% en mai), viendraient renforcer le pessimisme actuel des marchés à l’égard des perspectives économiques au Royaume-Uni. Une telle nouvelle assurerait un maintien des pressions baissières actuelles sur la livre sterling. Les analystes tablent néanmoins sur un premier rebond depuis 6 mois de la dynamique sur un an des salaires de base britanniques (hors bonus).

La paire à suivre ce mercredi 12 juillet :  L’EUR/CAD – Hausse de taux au Canada très largement attendue par les marchés…Attention aux effets de déception provoqués par un éventuel statu quo (possible retour sur les niveaux de C$1,50)

EUR/USD

Les jours passent et l’étau se resserre progressivement autour de Donald Trump dont la présidence ne suscite plus uniquement les doutes des acteurs de marché (déception provoquée par la lenteur des réformes économiques) mais également ceux des magistrats et des parlementaires américains. Les nouvelles révélations faites par son fils viennent renforcer les soupçons qui pèsent sur lui et d’éventuels liens de collusion avec la Russie en marge des élections présidentielles de novembre dernier. Déjà rendu nerveux par ce nouveau tournant que prend l’ « affaire russe », les investisseurs n’ont pas été rassurés par les propos de la membre exécutive de la Fed, Lael Brainard, qui préconise une période d’observation avant de considérer une nouvelle hausse de taux. Le dollar américain s’est vu ainsi fortement pénalisé par un nouveau recul des taux obligataires longs résultant de ces annonces. A l’inverse, l’euro reste stimulé par les prises de positions des investisseurs qui anticipent plusieurs ajustements monétaires de la part de la BCE dans les 12 prochains mois (réduction du programme de rachat d’actifs et première hausse de taux attendue en juillet 2018). Cet enchainement de nouvelles, favorables à l’euro et défavorables au dollar, vient de nouveau renforcer la dynamique haussière observée depuis le mois d’avril sur la paire EUR/USD. Le cours a approché ce matin le niveau de $1,15 en séance asiatique (pic enregistré à $1,1489). Ce niveau clef pourrait être à nouveau testé aujourd’hui si Janet Yellen ne parvient pas à convaincre les marchés sur la volonté de la Fed à poursuivre sa politique de hausse de taux.

EUR/GBP

Alors que les récentes discussions monétaires laissaient présager une possible hausse de taux à venir au Royaume-Uni, le discours du vice-gouverneur Ben Broadbent est venu refroidir les ardeurs des investisseurs (voir Focus de la veille). Si un statu quo de la Banque d’Angleterre dans les prochains mois apparaît désormais plus que probable, la livre sterling a quant à elle perdu hier le seul facteur qui la maintenait, plus ou moins, à flot ces dernières semaines malgré le net renforcement de l’euro. Le flou qui entoure la stratégie de sortie du Royaume-Uni, les incertitudes qui entourent le maintien de Theresa May à la tête du parti conservateur ou encore les nombreux signes de décélération de l’économie britannique depuis le début de l’année 2017 sont autant de facteurs qui pèsent sur la livre sterling et qui incitent les investisseurs à réduire ou du moins ne pas prendre de nouvelles positions acheteuses sur la devise britannique. Le cours EUR/GBP a approché ce matin le seuil de £0,8950, sous l’impulsion notamment d’un renforcement de l’euro. Ce rebond pourrait s’accélérer en cas de chiffres décevants de l’emploi au Royaume-Uni ce matin, et plus particulièrement des salaires (voir Focus du jour).

EUR/CHF

Le franchissement du seuil psychologique de ₣1,10, sans l’aide de la Banque Nationale Suisse, semble avoir été un signal à l’achat important pour les cambistes. Combiné au renforcement de l’euro qui bénéficie toujours de mouvements favorables sur les marchés obligataires alors que les investisseurs continuent de spéculer fortement sur un ajustement monétaire à venir de la BCE – ajustement de sa communication puis de sa politique de soutien monétaire – le cours EUR/CHF poursuit sa marche en avant et a franchi hier, et ce matin, le niveau de ₣1,1050. Une première depuis 13 mois. A moins de troubles géopolitiques non attendus en Europe ou de tentative de la BCE de calmer l’enthousiasme actuel des marchés à l’égard de l’euro, il n’y a pas de véritables obstacles qui semblent empêcher la paire de s’approcher et de potentiellement atteindre le niveau de ₣1,11.


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