Actualités du marché des devises

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juil. 10, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Hausse de l’EUR/JPY au-dessus de ¥130 (+0,4%)
  • Recul de l’EUR/NOK de 0,3% en réaction à des chiffres d’inflation bien meilleurs qu’attendu en Norvège
  • Euro en hausse face à l’ensemble de ses pairs du G10 ce lundi matin – EUR/USD stable à $1,14 & EUR/GBP aux portes des £0,8850
  • Fort rebond du peso mexicain ce lundi (+0,9%) après le sommet du G20

Les trois faits marquants de la séance de vendredi / week-end : #1 Isolement de Donald Trump au G20, #2 Rapport sur l’emploi américain et #3 Les divergences d’orientation monétaire envoient l’EUR/JPY à ¥130 (pic depuis 17 mois)

#1 – Réunion du G20 : Le sommet du G20 qui s’est tenu entre vendredi et samedi dans la ville allemande d’Hambourg a mis en exergue la fracture grandissante qui sépare les Etats Unis de Donald Trump et le reste du monde. Si le premier se targue de rencontres fructueuses et n’hésite pas à utiliser le terme de « succès » pour qualifier ses échanges avec les responsables des principales économies mondiales, la réalité apparait plus nuancée. On attendait un discours ferme du président américain à l’égard de la Russie dont on soupçonne de nombreuses interférences durant l’élection américaine, or le résident à la Maison Blanche a fait preuve d’une certaine complaisance et minimisé le potentiel impact qu’aurait eu Moscou dans le résultat final du scrutin américain. Par ailleurs, la proposition de cyber-alliance américano-russe énoncée par Donald Trump a reçu un accueil très mitigé à Washington. En ce qui concerne la Corée du Nord, les Etats Unis n’ont obtenu aucune assurance de sanctions de la part de la Chine envers son voisin. Seul dissident au sein du groupe des 20 à avoir refusé de ratifier les accords de Paris sur le climat, les Etats Unis ont vu ses alliés demeurer intraitables sur ce sujet. Aucune renégociation n’est envisageable. Sur la question du commerce, les discussions ont été tendues mais les Etats Unis ont cédé à que soit inscrit dans le communiqué final que chacun des membres s’efforcera de maintenir ses marchés ouverts et de lutter contre le protectionnisme. En échange Washington a tout de même reçu l’assurance d’une référence à un droit de légitime défense commerciale, sans pour autant que les conditions de déclenchement de cette défense soient précisées.

#2 - Rapport sur l’emploi aux Etats Unis : Si le marché de l’emploi continue d’enregistrer de solides chiffres de créations d’emploi (+222k en juin vs consensus de 179k et 152k en mai) ; ce qui semble confirmer que malgré un taux de chômage historiquement bas (légère hausse de 4,3% à 4,4% en juin après que le taux ait chuté à son plus bas niveau depuis 16 ans en mai dernier) le marché de l’emploi américain n’est pas encore à un stade de plein emploi ; les salaires peinent quant à eux à progresser. La croissance mensuelle des salaires au mois de juin est ressortie en dessous des attentes du consensus, à 0,2% M/M contre 0,3% attendu, tandis que le chiffre de mai a été révisée à la baisse de 0,2% à 0,1%. Ce rapport vient renforcer les doutes qui subsistaient sur les perspectives d’inflation aux Etats Unis, et donne un peu plus de crédit à la thèse d’une possible pause de la Fed dans sa politique de normalisation des conditions monétaires. Les incertitudes persistantes à l’égard de l’agenda monétaire de la Fed maintiennent le dollar américain sur ses plus bas niveaux depuis 8 mois face à un panier de devises. Le cours EUR/USD a quant à lui clôturé la session de vendredi au niveau de $1,14.

#3 - Divergence monétaire entre l’Europe et le Japon : Alors que la BCE a commencé en juin à ajuster sa communication pour préparer les marchés à une future réduction de son soutien monétaire, suscitant au passage d’importants mouvements de fluctuations autour de la date de l’annonce d’une diminution du volume mensuel de rachat d’actifs (programme QE), la Banque du Japon a rappelé vendredi son soutien indéfectible à l’économie japonaise qui doit toujours faire face à des niveaux d’inflation extrêmement bas (0,4% en juin vs objectif de 2,0% de la BoJ) en annonçant vendredi dernier qu’elle avait l’intention d’acheter un volume illimité d’actifs pour assurer le maintien des taux obligataires 10 ans sous le seuil de 0,1% (ie. moyen de maintenir des taux d’emprunt/prêts à des niveaux bas). Cette divergence émergente, mais croissance, d’orientation monétaire prise par les deux banques centrales monétaires s’observent sur les marchés obligataires où l’écart entre les taux de rendements longs européens et les taux japonais s’accroit significativement, provoquant ainsi un regain d’attractivité de l’euro au détriment du yen japonais. Vendredi, le taux EUR/JPY a franchi, temporairement, le seuil de ¥130 pour la première fois depuis février 2016 (17 mois).

Les trois évènements clés de la semaine : #1 Audition de Janet Yellen au Congrès américain, #2 Réunion monétaire de la Banque du Canada et #3 Rapport sur l’emploi au Royaume-Uni

#1 – Audition de Janet Yellen devant le Congrès (mercredi et jeudi à 16h) : Comme il est d’usage tous les six mois, la présidente de la Fed, Janet Yellen, présentera ce mercredi (Chambre des représentants) et ce jeudi (Sénat) l’évaluation faite par la réserve fédérale américaine des perspectives économiques et monétaires du pays devant les membres du Congrès américain. Ce sera l’occasion de voir si cette dernière maintient une vision optimiste à l’égard de l’économie américaine comme elle en avait fait part lors de sa conférence de presse en juin dernier, et notamment si elle table toujours sur un rattrapage à moyen terme de l’inflation vers l’objectif de long terme de 2% que s’est fixé la banque centrale alors que l’on a vu vendredi dernier ; à l’occasion de la publication du nouveau rapport sur l’emploi en juin ; que la croissance des salaires n’accélère pas malgré un rétrécissement continu du marché du travail américain. Si la Fed devrait vraisemblablement maintenir un statu quo monétaire en juillet, les regards des investisseurs sont tournés vers septembre et les actions qui seront prises à l’issue de cette réunion (lancement du processus de réduction du bilan de la Fed évoqué).

#2 – Réunion monétaire de la Banque du Canada (décision rendue publique mercredi à 16h00) : Au cours des dernières semaines, les banquiers centraux canadiens, dont le gouverneur central Stephen Poloz, ont multiplié les sorties publiques dans lesquelles ils suggéraient être favorable à un resserrement des conditions monétaire (ie hausse des taux directeurs). Sur la base d’une bonne performance enregistrée par l’économie canadienne au 1er trimestre 2017 (3,7% en rythme annualisé) et d’une large dissipation au cours des dernières semaines des incertitudes à l’égard d’une possible suppression de l’ALENA (accords de libre-échange nord-Américains) par le président américain, Stephen Poloz a suggéré que les deux réductions de taux réalisées en 2015 avaient totalement rempli leur rôle en soutenant une consolidation de l’économie canadienne dans un environnement de chute des prix du pétrole. Les analystes sondés par l’agence Reuters sont divisés sur la question (14 analystes sur 31 tablent sur une hausse de taux en juillet), cependant le consensus penche plutôt pour un report d’une première hausse de taux en 7 ans au 4ième trimestre 2017 compte tenu des récentes pressions baissières observées sur la dynamique d’inflation. Pour les marchés à terme, il ne fait aucun doute qu’une hausse de taux sera annoncé ce mercredi. La probabilité d’un tel scénario a bondi de 36% à 97% vendredi suite à la publication des nouveaux chiffres de l’emploi indiquant un retour du taux de chômage à son plus bas niveau depuis 8 ans et demi.

#3 – Rapport sur l’emploi au Royaume-Uni (mercredi à 10h30) : La forte montée de l’inflation au Royaume-Uni observée depuis un an, et provoquée par la dépréciation de la livre sterling suite à l’annonce du Brexit, intervient dans un contexte de ralentissement des salaires au Royaume-Uni résultant à la fois d’une politique gouvernementale de plafonnement des salaires publics et de craintes des entreprises dans les perspectives économiques du pays sous le Brexit. En avril, la croissance des salaires réels (ie croissance dont on a ôté les effets de l’inflation) chutait en territoire négatif, et confirmait l’idée très largement relayée par les médias selon laquelle le pouvoir d’achat des ménages britanniques se réduisait de manière significative, et pesait directement sur la consommation domestique…et donc par corolaire sur la croissance économique du pays. Une nouvelle chute des salaires en mai, alors que l’inflation continue de croître et approche les 3% (2,9% en mai), viendrait renforcer le pessimisme actuel des marchés financiers à l’égard des perspectives économiques du Royaume-Uni, et de la livre sterling. Les analystes anticipent un recul de la dynamique à 12 mois des salaires totaux britanniques (incluant les rémunérations variables) à son plus bas niveau depuis 2 ½ ans en mai (consensus 1,8% vs 2,1% en avril) tandis que la croissance du salaire moyen de base (excluant les bonus) pourraient enregistrer son 1er rebond depuis 6 mois (consensus 1,9% A/A vs 1,7% en avril).

La paire à suivre ce lundi 10 juillet : EUR/NOK (-0,3%) – Hausse surprise de l’inflation norvégienne au mois de juin – Dynamique sur 12 mois à son plus haut niveau depuis 5 mois et 1% au-dessus du consensus (2,7% A/A vs 1,7% attendu et 2,1% en mai)

EUR/USD

Pas de grands mouvements attendus aujourd’hui sur la paire EUR/USD compte tenu de l’absence de publications économiques clés dans les deux régions aujourd’hui. Cette dernière pourrait voguer au gré de la volatilité sur les marchés obligataires et des interrogations suscitées par les récents chiffres de l’emploi publiées vendredi dernier et l’analyse faite des annonces et révélations réalisées en marge du G20. La décorrélation observée entre le volume solide de créations d’emplois et la croissance modeste des salaires aux Etats Unis fait craindre une pause, plus ou moins longue, de la Fed et de sa politique de normalisation des conditions monétaires. Aux Etats Unis, toujours, après une semaine de congé, les membres du Sénat se réunissent ce lundi et reprennent les débats sur le projet d’abrogation de l’Obama Care et de nouvelle réforme du système de santé. Les derniers échos révèlent des dissensions parmi les républicains au sujet de la version actuelle du texte. Certains doutent que ce projet de loi puisse être approuvé en juillet dans l’état actuel des choses. Un retard prolongé de mise en place des réformes, associé aux incertitudes liées à l’agenda monétaire de la réserve fédérale américaine, sont deux facteurs qui continuent de peser fortement sur le dollar américain, et qui pourraient assurer le maintien de la paire EUR/USD au sein d’une fourchette haute de $1,13-$1,15.

EUR/GBP

La contraction surprise de la croissance de la production industrielle et manufacturière britannique au mois de mai est venue raviver les craintes et incertitudes à l’égard des perspectives de croissance économique au Royaume-Uni, et a renvoyé la paire EUR/GBP au-dessus du seuil de £0,88. En l’absence de publications économiques clés, la paire pourrait se maintenir sur ses niveaux. Les débats autour du Brexit, ainsi que les spéculations autour d’une possible hausse de taux à venir d’ici la fin de l’année sont malgré tout susceptibles de venir impacter à tout moment le cours de change. Le début de semaine pourrait être très paisible pour la paire de change avant les chiffres de l’emploi ce mercredi et le dévoilement jeudi par Theresa May du grand projet de dilution de la législation européenne dans la législation britannique.


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