Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 07, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Fort recul du yen (-0,4%)  ce matin en réaction à l’annonce faite par la Banque du Japon qu’elle rachèterai ce vendredi un volume illimité d’actifs pour assurer un maintien du taux obligataire japonais à 10 ans à 0,1%.
  • La paire EUR/JPY approche du niveau de ¥130 , seuil qui n’a plus été franchi depuis février 2016.
  • Recul des prix du pétrole de plus de 1%  - Brent à $47,5
  • Marché des changes assez stable avant l’ouverture du sommet du G20 et les chiffres de l’emploi US

Focus de la séance de la veille –  Le compte rendu de la BCE conforte la conviction de réduction à venir du programme QE…Nouvelles inquiétudes à l’égard de l’emploi aux Etats Unis…Michel Barnier prévient Londres qu’un Brexit « indolore » n’est pas possible…Donald Trump prêt à riposter contre la Corée du Nord

BCE : On pouvait s’y attendre, la BCE a de nouveau mis le feu aux poudres de l’euro hier à travers la publication de son compte rendu de la réunion monétaire des 7 et 8 juin dernier. Le rapport signale qu’après avoir supprimé en juin de la communication officielle le biais accommodant faisant référence à une potentielle nouvelle baisse de taux, les membres de la BCE ouvrent la porte à progressivement poursuivre cet « ajustement verbal » et supprimer dans les prochains mois le biais accommodant relatif à une augmentation et/ou une extension du programme de rachat d’actifs. Cette décision serait alors un nouveau pas en avant qui nous rapprocherait de l’annonce d’une réduction des rachats mensuels d’actifs. 

Etats Unis : L’impression laissée par la série de chiffres économiques publiés hier est plutôt mitigée. Si la croissance de l’activité des entreprises privées du secteur des services ressort bien au-dessus des attentes et fait son retour sur ses plus hauts niveaux observés depuis la fin d’année 2015 (indice ISM en juin ressorti à 57,4 vs consensus de 56,5 et 56,9 en mai), les nouvelles statistiques du marché de l’emploi déçoivent quelque peu, ce qui fait craindre aux observateurs une stagnation des salaires et donc des pressions inflationnistes qui restent encore trop modestes pour justifier un nouveau resserrement monétaire. Selon le rapport ADP, seulement 158k emplois ont été créés dans le secteur privé, un chiffre bien en deçà des attentes (consensus de 185k) et qui fait partie des plus bas observés depuis l’élection de Donald Trump. Dans le même temps, le volume total de personnes en situation de chômage continu ressort à son plus haut niveau depuis 2 mois. 

Performance du cours EUR/ USD hier : +0,62% - Point haut à $1,1424 / Clôture à $1,1422  

Brexit : Le négociateur en chef sur le Brexit pour l’Union Européenne, Michel Barnier, a prévenu hier Londres que dans tous les cas un divorce tel que le Brexit ne pouvait se faire sans douleur et aura forcément des conséquences néfastes pour l’industrie et les milieux d’affaire dans leur globalité. De cette manière, il prévient le camp britannique que l’Union Européenne se montrera inflexible dans les négociations à venir et qu’un accord commercial ne pourra être conclu sans contraintes. 

Performance du cours EUR/ GBP hier : +0,32% - Point haut à £0,8817 (plus haut niveau depuis une semaine) / Clôture à £0,8804  

Corée du Nord : Le président américain Donald Trump a menacé hier la Corée du Nord d’une « riposte sévère » si cette dernière décidait de poursuivre ses provocations par le biais de ses tests de missiles. Réagissant dans la foulée, la Chine a exprimé son souhait qu’une solution diplomatique soit trouvée afin de ne pas accroître davantage les tensions dans la péninsule coréenne. De leurs côtés, européens et japonais ont appelé la communauté internationale à durcir les sanctions financières et technologiques envers  le régime de Pyongyang. 

Focus du jour –  Ouverture du sommet du G20 dans un climat tendu, rencontre D.Trump/V.Poutine très surveillée par les marchés…Chiffres de l’emploi aux Etats Unis et Canada (14h30)…Benoit Coeuré (BCE) prône la transparence et la prudence en matière de réduction du soutien monétaire…Les nouvelles projections Reuters de juillet signalent un nouvel optimisme marqué à l’égard de l’euro (projection EUR/USD à $1,13 à 12 mois)

G20 : Le sommet politique réunissant les 20 principales économies mondiales débute aujourd’hui à Hambourg en Allemagne et se poursuivra jusqu’à samedi. C’est dans un climat de tension générale que s’ouvrira ce sommet alors que plane le spectre de la menace nord-coréenne. La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé son souhait que les discussions se déroulent sous le signe de la solidarité et de la collaboration et récusent toute rhétorique isolationniste et protectionniste. Un signal fort a été envoyé ce jeudi en matière d’accroissement des liens commerciaux entre pays à travers la signature d’un premier accord définissant le cadre d’un futur de libre-échange entre l’Union Européenne et le Japon. Il sera important de voir si le président américain maintient sa rhétorique protectionniste habituelle ou au contraire assouplit sa position. Le point d’orgue de la journée qui suscitera une attention accrue des marchés financiers sera la première rencontre officielle entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine.

Rapport sur l’emploi aux Etats Unis : Alors que de nombreux doutes subsistent sur la capacité de la Fed à poursuivre sa politique de resserrement des conditions monétaires (hausse de taux et début de réduction de son bilan), les nouveaux chiffres de l’emploi de juin revêtent une importante toute particulière pour les observateurs. Outre le nombre de créations d’emploi, c’est surtout le chiffre de croissance des salaires qui sera particulièrement observé par les marchés des changes cette après-midi. De modestes gains sur les salaires viendraient renforcer les incertitudes à l’égard des perspectives d’inflation aux Etats Unis, et donneraient encore davantage de crédit à un scénario de pause de la Fed. Il ne va sans dire qu’une telle conviction sur les marchés serait très pénalisante pour le dollar américain.

Rapport sur l’emploi au Canada :  Les chiffres de l’emploi pourraient offrir aux banquiers centraux canadiens le dernier signal légitimant une remontée des taux d’intérêt dans le pays alors que se profile jeudi prochain une nouvelle réunion monétaire. Au regard d’un déficit commercial canadien qui a doublé en mai (C$1,1Mds vs C$0,55Mds en avril) et alors que les prix du pétrole suscitent de nouvelles craintes, les investisseurs apparaissent moins optimistes qu’en début de semaine et n’évalue la probabilité d’un scénario de hausse de taux le 12 juillet prochain à seulement 36%.

BCE : Dans un entretien donné aux journaux français et italien, Le Monde et La Stampa, le membre exécutif de la BCE, Benoit Coeuré insiste sur le fait que la reprise économique en Europe est bien présente mais repose principalement sur la politique de soutien monétaire de la banque centrale européenne. Il prévient que la banque centrale n’hésitera pas à ajuster sa politique quand elle le jugera nécessaire mais que le cas échéant ces évolutions se réaliseront avec « prudence et flexibilité » en fonction des perspectives d’inflation qui restent un indicateur clé de l’état et de la solidité du cycle de croissance économique.

Projections Reuters de juillet 2017 : Les nouvelles projections publiées ce vendredi par l’agence Reuters font état d’un nouvel optimisme général des analystes à l’égard de l’euro alors que plusieurs signaux suggèrent une réduction prochaine et progressive de la politique ultra-accommodante de la banque centrale européenne. Ainsi la projection médiane à horizon 12 mois sur la paire EUR/USD est désormais à $1,13 alors qu’elle n’était qu’à $1,10 le mois dernier. La projection à 12 mois sur le cours EUR/CHF reste quant à elle inchangée à ₣1,10. Le flou politique qui entoure le Brexit mais également la position de May à la tête du gouvernement pourraient maintenir la livre sterling sur ses bas niveaux actuels, c’est du moins la conviction d’une majorité des analystes sondés par l’agence Reuters. La projection à 12 mois sur la paire EUR/GBP est donc révisée à la hausse de £0,86 en juin à £0,8825 ce mois-ci.

EUR

Le retour de l’EUR/USD à $1,14 résulte une nouvelle fois des mouvements sur les marchés obligataires provoqués par les propos de la banque centrale européenne (voir le Focus de la veille). Ce positionnement optimiste de membres de la BCE souhaitant ajuster davantage la communication pour préparer les marchés à une prochaine réduction du soutien monétaire (ie réduction du rythme de rachat mensuel d’actifs) n’est pas une réelle surprise puisque ces intentions avaient déjà filtré dans les médias. Cependant il faut garder en tête que les discussions de juin évoquées dans le compte rendu publié hier de la réunion de juin ne tiennent en aucun cas compte de l’inconfort exprimé par certains membres face à la vive réaction des marchés (EUR/USD vu à un plus haut niveau depuis 14 mois) suite aux propos de Draghi suggérant une prochaine inflexion monétaire. Aussi, à ce stade on ne peut pas réellement tirer de nouvel enseignement dans la perspective de la réunion monétaire de juillet.  

Aujourd’hui :  Production industrielle en Allemagne et en France /  Sommet du G20 en Allemagne

EUR/USD à 1,1414 (-0,07%)

EUR

Le retour de l’EUR/USD à $1,14 résulte une nouvelle fois des mouvements sur les marchés obligataires provoqués par les propos de la banque centrale européenne (voir le Focus de la veille). Ce positionnement optimiste de membres de la BCE souhaitant ajuster davantage la communication pour préparer les marchés à une prochaine réduction du soutien monétaire (ie réduction du rythme de rachat mensuel d’actifs) n’est pas une réelle surprise puisque ces intentions avaient déjà filtré dans les médias. Cependant il faut garder en tête que les discussions de juin évoquées dans le compte rendu publié hier de la réunion de juin ne tiennent en aucun cas compte de l’inconfort exprimé par certains membres face à la vive réaction des marchés (EUR/USD vu à un plus haut niveau depuis 14 mois) suite aux propos de Draghi suggérant une prochaine inflexion monétaire. Aussi, à ce stade on ne peut pas réellement tirer de nouvel enseignement dans la perspective de la réunion monétaire de juillet.

Aujourd’hui : Production industrielle en Allemagne et en France /  Sommet du G20 en Allemagne

EUR/USD à  1,1414 (-0,07%)

USD

C’est avec un certain scepticisme à l’égard des perspectives d’action de la part de la réserve fédérale américaine que les marchés vont observer les nouveaux chiffres de l’emploi cette après-midi. Des chiffres décevants – créations d’emploi inférieures à 100k et croissance des salaires très modestes (0,1%-0,2%) – viendraient conforter la conviction grandissante qu’une pause pourrait être décidée par la Fed dans sa politique de hausse de taux et un report envisagé en ce qui concerne le projet de réduction du bilan financier. Auquel cas, de nouvelles pressions baissières sur le dollar américain pourraient émerger et pousser la paire EUR/USD à tester la barrière des $1,1450. On peut envisager à l’inverse une correction de l’EUR/USD sous le niveau de $1,14 si les chiffres ressortent conformément aux attentes, voire un peu meilleurs, et maintiennent « en vie » la poursuite d’une action de la Fed dans les prochains mois.

Aujourd’hui :  Rapport officiel sur l’emploi

GBP

La livre sterling reste sur des niveaux de valorisation assez bas, la faute principalement à un euro très recherché sur les marchés qui profite des anticipations à l’égard d’une possible réduction à venir du programme de rachat d’actifs, mais également à des fondamentaux économiques décevants cette semaine au Royaume-Uni (enquêtes PMI de juin) qui semblent confirmer une décélération de l’économie britannique en ce début d’année 2017 (croissance économique de seulement 0,2% au T1 2017). Les regards seront attentifs ce matin aux chiffres de production industrielle et manufacturière du mois de mai. Les économistes tablent sur un solide rebond de l’activité des usines britannique sur cette période, ce qui pourrait venir offrir un peu d’air à la livre sterling en cette fin de semaine et permettre potentiellement au cours EUR/GBP de clôturer sous le niveau de £0,88. La volatilité en marge de ces chiffres devrait néanmoins rester modeste alors que l’on revoit surgir sur les marchés un sentiment d’incertitudes à l’égard du Brexit suite aux propos de Michel Barnier hier (voir Focus de la veille) et à l’annonce de Deutsche Bank de vouloir relocaliser ses activités prochainement à Francfort.

Aujourd’hui :   Production industrielle et manufacturière / Balance commerciale

EUR/GBP à  0,8810 (+0,07%)


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