Actualités du marché des devises

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juil. 03, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • L’euro débute le second semestre 2017 sur une note négative. La devise européenne corrige face à l’ensemble de ses pairs
  • Recul de 0,4% face au dollar ($1,1380) et CHF (₣1,0920)
  • Paire EUR/JPY stable  (¥128,50) après l’important revers électoral subi par le parti de Shinzo Abe aux élections locales de Tokyo
  • Fermeture plus tôt aujourd’hui des marchés américains avant le jour férié de mardi (célébration de l’indépendance des Etats Unis). Marchés financiers canadiens fermés.

Focus de la séance de vendredi / week-end –  Des chiffres d’inflation en Zone Euro et aux Etats Unis qui viennent soutenir la dynamique haussière de l’EUR/USD…Donald Trump ne souhaite plus être patient avec la Corée du Nord…Lourde défaite à Tokyo pour le parti du 1er ministre Shinzo Abe…Le président italien ferme la porte à un scénario d’élection anticipée en 2017

Inflation : En Zone Euro, le recul de la dynamique générale d’inflation au mois de juin a été moins important que prévu (1,3% A/A vs 1,2% consensus et 1,4% en mai) mais celle-ci atteint néanmoins son plus bas niveau sur les six derniers mois. L’indice de base qui exclut les prix des produits les plus volatils tel que l’énergie et les produits alimentaires a vu sa dynamique sur 12 mois revenir sur un pic de près de 4 ans, un niveau qui avait déjà été atteint au mois d’avril dernier (1,2% vs 1,0% consensus et 1,0% en mai). C’est un signal important qui vient crédibiliser les propos tenus plus tôt dans la semaine par Mario Draghi selon quoi « des pressions réflationnistes » avaient remplacé le « risque déflationniste » dans la région. Aux Etats Unis, un scénario de pause temporaire de la politique de hausse de taux de la Fed semble se préciser alors que les pressions inflationnistes montrent des signes de fléchissement. L’indice de prix des dépenses de consommation personnelle a vu sa dynamique générale chuter significativement à un plus bas depuis 6 mois en mai (1,4% vs 1,9% en mai tandis que l’indice de base a lui aussi reculé pour atteindre un point bas depuis 17 mois. Ces deux statistiques publiées le même jour viennent soutenir la dynamique haussière sur l’euro, et à l’inverse le sentiment de défiance à l’égard du dollar américain.

Etats Unis vs Corée du Nord : Le président américain a fait savoir sa frustration vis-à-vis de la Corée du Nord et indiqué qu’il avait été assez patient avec le régime de Pyongyang qui ne semble quant à lui pas décidé pour le moment à stopper ces tests balistiques et essais nucléaires malgré les menaces de sanctions économiques et politiques proférées par les Etats Unis. Donald Trump s’est entretenu longuement à ce sujet avec ses homologues chinois et japonais dimanche.

Japon : Lourde défaite électorale pour le parti du premier ministre Shinzo Abe, le Parti Libéral Démocrate, qui a subi à l’occasion du renouvellement de l’assemblée métropolitaine de la ville de Tokyo l’un des plus sévère revers de son histoire. Disposant de 57 sièges depuis 2013 au sein de cette assemblée, le PLD n’a réussi qu’à conserver 23 sièges à l’issue de ce scrutin. Il s’agit là d’un sérieux signal de mécontentement envoyé à Shinzo Abe et son gouvernement.

Italie : Le président italien Mattarella a fermé la porte à l’organisation d’élections générales anticipées en 2017, ce dernier estimant qu’il n’y avait pas de signaux à l’heure actuelle qui crédibilisent un tel scénario. Ces élections devraient selon lui se dérouler entre février et le début du printemps de l’année 2018. Alors que l’Europe se prépare à suivre les élections fédérales allemandes cet automne, la question de la gouvernance de l’Italie ne devrait pas se poser avant 2018, ce qui devrait conforter , du moins encore quelques temps, la nouvelle stabilité politique dont jouit la région depuis le scrutin français et l’accord transitoire conclu pour la Grèce.

Focus de la semaine –  Une semaine chargée en chiffres (PMI au Royaume-Uni, Chômage et ventes au détail en Zone Euro, PMI & Emploi aux Etats Unis)…Les banques centrales toujours au centre des regards : Fed & BCE publient les détails de leur dernière réunion monétaire tandis que Australie et Suède publient les conclusions de leur dernière réunion monétaire…Réunion du G7 en Allemagne en fin de semaine

Economie : Les précédentes semaines avaient été plutôt pauvre en publications économiques d’où une plus forte sensibilité des marchés des changes aux rhétoriques politiques et monétaires. C’est tout le contraire qui nous attend cette semaine. En Zone Euro, après les chiffres d’inflation publiés vendredi dernier, l’attention devrait être portée sur les nouveaux chiffres du chômage (lundi) et de ventes au détail (mercredi). Au Royaume-Uni, outre le Brexit qui occupe tout l’espace médiatique, l’attention sera portée sur les résultats des nouvelles enquêtes d’activité PMI, dans les secteurs manufacturier, de la construction et des services, qui seront publiées entre lundi et mercredi. Enfin aux Etats Unis, si les nouvelles statistiques sur l’emploi seront très attendues ce vendredi alors que de nombreuses questions émergent sur la santé de l’économie américaine et sa capacité à absorber un resserrement des conditions de crédit, un œil attentif sera porté aux résultats des enquêtes d’activité ISM du mois de juin (ISM dans le secteur manufacturier ce lundi et dans le secteur des services ce jeudi).

Banques centrales : Un nouveau sentiment a émergé depuis la semaine dernière sur les marchés financiers. Pour de nombreux observateurs, les propos optimistes des banquiers centraux européen, canadien et britannique dans un intervalle de temps court sont un signal clair que l’on approche progressivement de la fin des politiques monétaires ultra-accommodantes qui se sont succédées sur les 10 dernières années. Les réunions monétaires en Australie et en Suède ce mardi pourraient venir conforter ce sentiment. La semaine dernière a donné lieu à l’émergence de beaucoup de spéculations concernant les agendas monétaires respectifs de la Fed et de la BCE. Les débats devraient se poursuivre cette semaine à l’occasion de la publication des comptes rendus des réunions monétaires de juin de la Fed ce mercredi et de la BCE ce jeudi.

Réunion du G7 : Alors que la volatilité sur les marchés des changes devrait être en fin de semaine fortement influencée par les spéculations en amont des statistiques officielles sur l’emploi américain et les conclusions tirées par la publication successive des Minutes des banques centrales européenne et américaine, un autre évènement pourrait également source de nervosité des investisseurs. Ce vendredi débutera à Hambourg une rencontre de deux jours réunissant les dirigeants des sept principales économies du monde, dont le président américain et le président russe qui ont déjà programmé une rencontre. La chancelière allemande a déjà fait savoir qu’elle souhaitait que cette réunion se déroule sous le signe de l’unité et qu’elle récuse tout discours protectionniste et isolationniste.

EUR

L’euro a enregistré un rebond de plus de 2% la semaine dernière face au dollar suite aux propos de Mario Draghi suggérant de possibles ajustements monétaires à venir de la part de la BCE, ce qui porte la performance de la paire EUR/USD à 8,8% sur le seul semestre 2017. Le cours profite d’un repositionnement massif des investisseurs à l’achat sur l’euro sur fond d’anticipation d’une réduction proche du soutien monétaire de la BCE. Prudence malgré tout alors que les banquiers centraux européens ont fait part de leur incompréhension face à la réaction soudaine des marchés et noté une mauvaise interprétation de ces derniers en ce qui concerne les propos du gouverneur central. L’évènement majeur à suive en Europe cette semaine devrait être la publication du compte rendu de la réunion de la BCE ce jeudi et le sommet du G7 qui débutera ce vendredi à Hambourg (Allemagne).

Aujourd’hui :   Révision de l’indice PMI manufacturier en Allemagne, France, Italie et Zone Euro / Taux de chômage en Zone Euro

EUR/USD à 1,1391 (-0,28%)

USD

Le dollar reste toujours la cible d’un sentiment de défiance des investisseurs qui réagissent négativement aux lenteurs des réformes – vote au Sénat sur la réforme de la santé reporté à la semaine du 10 juillet – et aux signes de fléchissement de l’inflation dans le pays qui pourraient venir remettre en cause l’agenda monétaire de la Fed. Ce dernier point devrait demeurer le fil rouge de la semaine alors que seront publiés le compte rendu de la réunion monétaire de juin ce mercredi et les chiffres de l’emploi ce vendredi. Une hausse de taux est programmée par la Fed au second semestre 2017. A l’heure actuelle, les investisseurs estiment que celle-ci ne devrait pas intervenir avant décembre. Si la présence de Donald Trump à la réunion du G7 en Allemagne pourrait raviver quelques craintes, notamment si ce dernier a recourt à sa rhétorique protectionniste, la volatilité sur la devise américaine devrait être principalement influencée par la solidité des fondamentaux économiques, et leurs conséquences potentielles sur la politique monétaire de la réserve fédérale américaine.

Aujourd’hui :  Indices ISM manufacturier

GBP

Malgré les propos de plusieurs membres éminents de la Banque d’Angleterre, dont Mark Carney, suggérant une possible hausse de taux à venir au Royaume-Uni pour freiner l’expansion de l’inflation, la livre sterling est restée la semaine dernière très faiblement valorisée par rapport à l’euro. Le renforcement significatif de la devise européenne la semaine dernière semble avoir empêché une revalorisation haussière naturelle de la livre sterling, mais ce ne pourrait être que partie remise. Si les résultats des enquêtes d’activité PMI ressortent positives et que le gouvernement britannique parvient à dissiper les doutes quant à une éventuelle obstinance de la part de la première ministre britannique en matière de Brexit, dès lors nous pourrions voir cette semaine un effet de rattrapage qui verrait la paire EUR/GBP reculer modestement vers des niveaux de £0,86-£0,87. Ce lundi, le ministre des finances britannique, Philip Hammond, participera à un diner organisé par la Confédération des Industries Britanniques durant lequel il tentera de rassurer les grands dirigeants d’entreprises et les exhortera à poursuivre leurs investissements malgré le Brexit.  

Aujourd’hui :   Indice PMI manufacturier

EUR/GBP à 0,8764 (-0, 06%)

CHF

La marche des ₣1,0950 semble pour l’heure trop haute pour la paire EUR/CHF, d’autant plus que le récent renforcement de l’euro repose essentiellement sur un sentiment de marché qui ne s’appuie sur aucun fait tangible d’où une certaine prudence des marchés à clôturer trop tôt leurs positions en franc suisse. La stabilité politique dont jouit l’Europe est toute nouvelle, et intervient après près de 10 ans de turbulences. Aussi, la patience semble être privilégiée. Dans le même temps, les bons fondamentaux économiques en Suisse soutiennent un renforcement du franc. Ce matin, l’enquête PMI signale au mois de juin une accélération de l’activité des usines suisses à leur plus haut rythme depuis plus de 6 ans. La croissance annualisée des ventes au détail au mois de mai reste négative mais la contraction demeure moins importante que le mois précédent (-0,3% A/A vs -0,9% en avril).

  Aujourd’hui :   Indice PMI manufacturier et ventes au détail

EUR/CHF à 1,0926 (-0,21%)


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