Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 22, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond des devises liées aux matières premières alors que les prix du pétrole semblent se stabiliser ce matin. Indice Brent toujours sous $45. Rebond technique après d’importantes pertes accumulées depuis le début de la semaine.
  • Rebond de 1% du ZAR (ZAR 14,47) / de 0,6% du RUB (RUB 67,0) / de 0,4% du MXN (MXN 20,27) / de 0,2% du CAD (C$ 1,4870)
  • Rebond de 0,4% de la NOK face à l’euro (NOK 9,49) alors que la banque centrale norvégienne a réhaussé ses projections de croissance en 2017 et 2018 et annoncé qu’elle n’envisageait plus de réduire ses taux à court terme.                                                               

Focus de la veille -  Les Etats Unis pressent la Chine à jouer les arbitres face à la menace nord-coréenne…Nouvelles spéculations autour d’une prochaine hausse de taux au Royaume-Uni…Le dollar canadien fortement impacté par la nouvelle chute des cours du pétrole…La banque centrale néo-zélandaise n’a pas l’intention de rehausser ses taux avant un certain temps

Corée du Nord : Donald Trump a salué ce mercredi, sur la plateforme de microblogging Twitter, l’aide de la Chine dans la tentative de résolution du conflit avec la Corée du Nord mais reconnu que pour le moment celle-ci n’avait pas les résultats espérés. A l’occasion d’une réunion ministérielle entre responsables américains et chinois de la défense, les Etats Unis incitent la Chine à user de sa position géographique stratégique vis-à-vis de la Corée du Nord et de faire preuve de davantage de pressions diplomatiques et économiques pour pousser le régime de Pyongyang à stopper ces tests balistiques et nucléaires.

Royaume-Uni : Alors que le gouverneur central Mark Carney estimait mardi que l’heure d’une hausse de taux n’avait pas encore sonné, le chef économiste de la banque centrale britannique Andy Haldane, reconnu par les marchés financiers comme étant une « colombe » (ie prudent en termes de normalisation monétaire), a indiqué mercredi qu’il voterait probablement dans les 6 prochains mois en faveur d’un resserrement monétaire. Cette annonce intervient alors que l’on a vu lors de la réunion monétaire de juin deux nouveaux membres du conseil de gouvernance de la Banque d’Angleterre solliciter une hausse de taux pour freiner les pressions inflationnistes actuellement néfastes pour l’économie. Cette prise de position d’Andy Haldane donne du crédit à un scénario d’une première hausse des taux d’intérêt en 10 ans cette année au Royaume-Uni. La livre sterling s’est appréciée de près de 0,5% face à l’euro en réaction à cette annonce mais a vu ses gains progressivement s’effacer alors que l’instabilité politique dans le pays continue d’handicaper la devise britannique. En effet une source anonyme proche du parti unioniste nord-irlandais le DUP a révélé hier qu’un accord de coalition avec le parti conservateur de la première ministre Theresa May ne devrait pas être conclu avant la semaine prochain. Mercredi, c’était la première fois depuis 1978 que l’introduction du nouveau parlement se faisait sans que le parti au pouvoir ne dispose d’une majorité.

Performance du cours EUR/GBP hier : -0,01% - Point bas à $0,8768 (plus bas depuis 3 semaines) / Clôture à $0,8812 

Pétrole : Un nouveau rapport publié mercredi par l’agence d’information sur l’énergie américaine a indiqué mercredi que la production mondiale en gaz et pétrole devrait augmenter de 780k barils/jour en 2017 et de plus de 1Mln de barils/jour en 2018 à cause notamment d’une recrudescence depuis un an d’installation aux Etats Unis de plateforme de forage. Selon l’agence, les Etats Unis absorberaient à eux seuls la moitié de la hausse de la consommation pétrolière en 2017 et 2018. Ces nouveaux signaux d’une surabondance de l’offre pétrolière sur le marché mondial malgré les efforts faits par l’OPEP et la Russie pour réduire les stocks (politique de quota de production) poussent à la baisse les prix du brut. Les cours du baril de pétrole ont reculé mercredi pour la 3ième séance consécutive pour une performance cumulée de plus de -5% depuis le début de la semaine. L’indice Brent a clôturé la séance de mercredi sous le niveau de $45 pour la première fois depuis le 14 novembre 2016. Les devises liées au pétrole, et plus globalement aux matières premières, ont été de nouveau fortement impactées par ce nouveau recul des prix du baril de brut. Le dollar canadien, tout particulièrement, a enregistré sa plus mauvaise performance face à l’euro depuis trois semaines.

Nouvelle-Zélande: La banque centrale néo-zélandaise a maintenu ses taux directeurs inchangés à 1,75% mercredi soir et indiqué qu’elle comptait conserver une politique monétaire accommodante pendant une période prolongée de temps afin d’assurer un accélération de la croissance économique dans le pays. Les banquiers centraux reconnaissent néanmoins quelques progrès et estiment que l’économie est « sur la bonne voie ».

Performance du cours EUR/NZD hier : +0,54% - Point haut à N$1,5476 (plus haut de la semaine) / Clôture à N$1,5456

Focus du jour  - Theresa May présente sa stratégie de Brexit lors du Sommet Européen à Bruxelles… Le projet de loi d’abrogation de l’Obamacare devant le Sénat américain…Décision monétaire en Norvège (10h00)…Ventes au détail au Canada (14h30)

Etats Unis : Après plusieurs mois de bataille pour faire passer le projet de loi d’abrogation de l’Obamacare devant la Chambre des représentants, Donald Trump passera un nouveau test aujourd’hui avec la présentation du texte devant le Sénat. Le message est clair du côté de la Maison Blanche, il est temps de rattraper le retard pris ces dernières semaines et d’accélérer le rythme des réformes. Il est important pour le gouvernement américain d’acquérir l’approbation du Sénat afin que le Congrès se penche ensuite rapidement sur le projet de réforme fiscal. Néanmoins, pour le conseiller spécial du président dédié aux questions économiques, Gary Cohn, cette réforme ne devrait voir le jour qu’à partir de septembre.

Sommet Européen : Les 27 membres de l’Union Européenne se réunissent ce jeudi à l’occasion d’un sommet européen trimestriel de deux jours. À cette occasion, les responsables européens devraient largement revenir sur leur ambition d’accélérer la coopération européenne dans les secteurs commerciaux, économiques et de la défense. Néanmoins, le thème du Brexit devrait prédominer à Bruxelles alors que l’on attend la visite ce jeudi de la première ministre Theresa May pour y présenter les grandes lignes de sa stratégie de Brexit. Comme il a été convenu ce lundi entre les négociateurs des deux camps, la priorité sera donnée dans un premier temps aux droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni , au montant de la « facture de sortie » et au sort de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord une fois la sortie effective. Cette venue de Theresa May à Bruxelles sera l’occasion pour les européens de voir si celle-ci maintient sa ligne rigide ou compte au contraire assouplir sa position.

Norvège : La banque centrale norvégienne rendra ce matin les conclusions de sa dernière réunion monétaire et pourrait à cette occasion envoyer quelques signaux en faveur d’une resserrement monétaire à venir en 2018 alors que plusieurs signaux semblent indiquer un renforcement significatif des fondamentaux économiques dans le pays. Les récentes enquêtes de confiance publiées par la banque centrale norvégienne souligne une accélération de l’économie sur les trois derniers mois plus importante que prévu. Néanmoins les chiffres décevants de l’emploi publiés hier indiquant une hausse surprise du taux de chômage à un plus haut depuis 5 mois (4,6%) et la chute cette semaine des prix du pétrole à un plus bas depuis 7 mois pourraient pousser les banquiers centraux norvégiens à adopter une communication plus prudente que ce que le marché anticipe.

Canada : Les banquiers centraux canadiens ont envoyé plusieurs signaux la semaine dernière en faveur d’une possible hausse de taux à venir en début d’année prochaine, ces derniers jugeant que les récents progrès réalisés par l’économie canadienne justifient un resserrement des conditions monétaires. Les nouvelles statistiques de ventes au détail publiées cette après-midi et d’inflation publiées demain pourraient, si celles-ci ressortent en hausse, donner davantage de crédit à ce scénario. De solides preuves d’un renforcement des conditions économiques au Canada pourraient alors inciter la Banque du Canada à évoquer officiellement ses velléités de normalisation monétaire à l’occasion de la réunion monétaire du 12 juillet prochain.

EUR

Après deux séances consécutives de recul, le cours EUR/USD a enregistré un rebond de 0,3% mercredi et effacé une partie des pertes de la semaine pour faire son retour au-dessus du seuil des $1,1150. Hier la BCE a indiqué dans un nouveau rapport que les risques pesant sur la croissance mondiale avaient reflué l’année dernière mais insisté sur le fait que le redressement de l’économie mondiale restait encore très dépendante du soutien des politiques fiscales et monétaires. La BCE rappelle ici que si l’on s’achemine progressivement vers une fin des politiques ultra-accommodantes, celles-ci restent pour le moment encore nécessaires et qu’il serait imprudent de les stopper de manière abrupte. Une période de transition semble donc s’installer en attendant de possibles changements en 2018. A noter toutefois, le soulagement des marchés en réaction au renoncement du parti populiste italien Mouvement 5 Etoiles de faire du  projet de référendum sur un maintien de l’Italie au sein de l’UE sa priorité. Cette annonce vient conforter le sentiment d’un net reflux des risques politiques en Europe et d’une nouvelle stabilité retrouvée dans la région.  L’absence d’évènements et de données majeurs en Zone Euro rend actuellement la devise européenne sensible au sentiment général de marché. On pourrait néanmoins enregistrer quelques pics de volatilité aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture du Sommet Européen qui se tiendra jusqu’à vendredi à Bruxelles.

Aujourd’hui :   Sommet Européen / Climat des affaires en France

EUR/USD à 1,1163 (-0,03%)

USD

Le dollar américain a corrigé hier face après avoir atteint la veille son plus haut niveau depuis un mois face à un panier de devises. Il semble que la devise américaine ait été victime d’un mouvement baissier sur les marchés actions et de stratégie de prises de bénéfice de la part des investisseurs alors que l’environnement politique et économique aux Etats Unis fait toujours l’objet de doutes de la part des investisseurs. Les taux obligataires à long terme américains (taux 30 ans) ont chuté hier à un plus bas depuis le 9 novembre dernier, date de l’élection du président Donald Trump, ce qui reflète une défiance des investisseurs à l’égard des perspectives de croissance et d’inflation aux Etats Unis. Un regain de confiance vis-à-vis de la devise américaine pourrait néanmoins poindre en cas de signes tangibles d’accélération des réformes dans le pays. L’étude du texte de loi sur l’abrogation de l’Obamacare par les membres du Sénat américain pourrait être ce signal. En cas de blocage du texte de loi par les sénateurs, nous pourrions voir s’installer une nouvelle dynamique baissière sur les devise américaine.

Aujourd’hui :  Audition du membre exécutif de la Fed J. Powell devant le comité bancaire du Sénat / Etude du texte de loi d’abrogation de l’Obamacare par le Sénat

GBP

L’annonce hier du chef économiste de la Banque d’Angleterre de son intention de voter en faveur d’une hausse de taux dans les 6 prochains mois relancent les débats au sein des marchés sur la perspective d’une intervention de la Banque d’Angleterre avant la fin de l’année. Alors que l’on voit progressivement un nouveau rapport de force s’installer au sein de la banque centrale britannique entre les membres favorables à un resserrement monétaire et les membres privilégiant un statu quo sur les taux, les traders questionnent le timing d’un repositionnement à l’achat sur la devise britannique alors que le pays reste en proie à d’importantes instabilités politiques. La paire EUR/GBP se maintient ce matin au-dessus du seuil de £0,88 alors que l’on attend aujourd’hui le dévoilement des grandes lignes stratégiques de Theresa May sur le Brexit devant les 27 membres de l’UE. Des signaux suggérant un assouplissement de sa ligne de conduite initiale pourraient potentiellement venir soutenir la livre sterling.

Aujourd’hui :   Enquête CBI sur la tendance des commandes industrielles / Visite de Theresa May au Sommet Européen

EUR/GBP à 0,8814 (+0,02%)

CHF

La forte chute des cours du pétroles ravive les craintes à l’égard d’un possible fléchissement de la croissance mondiale. Dans ce contexte, les investisseurs ont tendance à conserver leurs positions initiales en franc sans pour autant les accroître significativement compte tenu de la nouvelle stabilité politique observée en Zone Euro. La paire EUR/CHF se consolide sur son niveau support de ₣1,0850 qui apparaît au fil des jours comme un nouveau niveau psychologique clé pour les cambistes. Ce matin, on observe une forte progression du surplus commercial suisse au mois de mai qui atteint son plus haut niveau depuis janvier (₣3,4Mds vs ₣1,96Mds en avril).

Aujourd’hui :   Balance commerciale

EUR/CHF à 1,0859 (+0,01%)


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