Actualités du marché des devises

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juin 19, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Déficit commercial surprise au Japon en mai de ¥203Mds – Recul du yen de 0,1% ce matin (¥124,30)
  • Recul de la croissance des prix de l’immobilier en Chine à son plus bas niveau depuis 9 mois (10,4% A/A) – Recul de l’AUD de 0,2% ce matin (A$1,4730)
  • Renforcement du franc suisse sur fond de nervosité des marchés européens alors que débute aujourd’hui les discussions sur le Brexit – CHF en hausse de +0,2% (₣1,0880)
  • Renforcement de la livre sterling alors que les risques de conflit entre les deux camps apparaissent minimes compte tenu du consentement du camp britannique à traiter en premier lieu la question des conditions de sorties – La GBP rebondit de 0,1% sous £0,8750

Focus de vendredi & week-end -  Un accord (non-définitif) sur la Grèce rassure les marchés…Chute de la confiance des ménages américains à son plus bas depuis 7 mois…Large majorité absolue pour le partie d’E. Macron, une hégémonie à néanmoins nuancer

Sentiment  : L’annonce d’un accord sur la dette grecque entre créanciers européens et FMI sur un premier versement de €8,5Mds jeudi dernier a été accueilli avec grand soulagement par les marchés européens alors que l’on semblait s’acheminer vers une potentielle nouvelle crise estivale dans la région à mesure que les négociations patinaient. Si ce premier versement va permettre à la Grèce de rembourser son échéance de plus de €7Mds en juillet, la question des allègements de la dette grecque par ses créanciers européens restent encore en suspens. L’Eurogroupe a adopté le plan français selon lequel ces allègements seraient corrélés à la performance économique du pays, cependant l’Allemagne reste encore très frileuse sur ce sujet. Le FMI a conditionné sa participation à ce plan d’aide à une réduction importante de la dette grecque qu’elle juge non-viable tandis que la BCE juge pour le moment prématuré d’inscrire la dette grecque à son plan de rachat d’actifs pour des questions de soutenabilité de cette dernière. On comprend donc ici qu’une première étape a été franchie jeudi dernier, mais que la problématique grecque est encore loin d’être résolue. Pour le moment les marchés des changes restent dans une vision à court terme et apprécient la perspective d’un été plus calme que les précédents en Europe. Cette nouvelle est venue vendredi soutenir l’euro, et à l’inverse pénaliser les valeurs refuges telles que le franc suisse et le yen japonais.

Performance du cours EUR/CHF vendredi dernier : +0,28% - Point haut à ₣1,0905 / Clôture à ₣1,0891 - Performance du cours EUR/JPY vendredi dernier : +0,40% - Point haut à ¥124,45 (point haut depuis 2 semaines) / Clôture à ¥124,12

Etats Unis : Attendu stable par rapport au mois dernier par les économistes, l’indice Michigan de confiance des ménages en juin est ressorti vendredi à son plus bas niveau depuis 7 mois, ce qui laisse craindre un ralentissement de la consommation domestique dans les prochains mois. La lenteur des réformes économiques, la large couverture des enquêtes menées sur le président Donald Trump et ses proches ou encore les récents chiffres économiques décevants dans le pays (croissance modérée au T1 2017 et inflation en recul) semblent peser sur l’optimisme des ménages américains.

Performance du cours EUR/USD vendredi : +0,48% - Point haut à $1,1201 / Clôture à $1,1197

France : La vague a bien eu lieu, celle-ci s’est avérée moins grande que prévu. Le parti du nouveau président français Emmanuel Macron (Les Républicains en Marche) a remporté une nette victoire lors du second tour des élections législatives ce dimanche. Avec 350 sièges (dont 42 pour le Modem), il disposera d’une très large majorité absolue au gouvernement (seuil de 289 sièges), ce qui lui devrait lui permettre de mettre en place rapidement les réformes économiques énoncées durant la campagne. Bien que devançant très largement les autres familles politiques traditionnelles, dont le parti de centre droit Les Républicains (113 sièges) ou le Parti Socialiste (33 sièges), cette victoire s’avère moins écrasante qu’anticipé alors que certains sondages prédisaient à Emmanuel Macron plus de 400 sièges à l’Assemblée Nationale. Ce scrutin est également marqué par une abstention très importante de 57%, ce qui vient quelque peu nuancer l’hégémonie que suggère les résultats de cette élection. Cette légère « déception » pourrait limiter les gains de l’euro en ce début de semaine compte tenu des anticipations préalables des marchés financiers sur une victoire plus nette du parti d’E. Macron.

Focus de la semaine  - Ouverture officielle des négociations sur le ‘Brexit’ ce lundi avant un Sommet Européen programmé ce jeudi…Premières enquêtes PMI de juin en Zone Euro et aux Etats Unis ce vendredi…Un signal indiquant une prochaine hausse de taux en Norvège ? (décision monétaire ce jeudi)…Compte rendu de la réunion de la RBA (mardi)…Ventes au détail et inflation au Canada (jeudi et vendredi)

Ouverture (enfin) des négociations sur le ‘Brexit’ : Plus de deux mois après le lancement officiel du processus de sortie du Royaume-Uni hors de l’UE (29 mars dernier), et alors que l’on célèbrera cette semaine les un an du résultat de ce référendum historique (23 juin), les premières discussions entre européens et britanniques débuteront officiellement ce lundi avec la première rencontre officielle à Bruxelles entre le négociateur européen Michel Barnier et son homologue britannique David Davis (début 11h – Fin 18h). D’après les premiers échos relatés par la presse, le Royaume-Uni semble consentir à la demande européenne de traiter en premier lieu les modalités de sortie, et donc d’aborder les questions de la facture du ‘Brexit’, des droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni et du sort de la frontière entre l’Irlande du Nord (actuellement rattaché au Royaume-Uni) et de la République Démocratique d’Irlande. Ce premier pas fait par le Royaume-Uni pourrait venir dissiper les doutes parmi les investisseurs quant à la perspective d’un potentiel accrochage entre les deux partis. Le point d’orgue de cette première semaine de discussion sera la venue de la première ministre Theresa May au sommet européen, rencontre de deux jours qui débutera ce jeudi à Bruxelles, pour y présenter devant les 27 membres européens sa stratégie sur le Brexit. Ce sera l’occasion pour les responsables européens de voir si Theresa May, suite à son revers électoral lors des élections législatives du 8 juin dernier, a assoupli la ligne directrice de son plan de sortie, ou au contraire maintient sa décision de vouloir quitter le marché unique européen et l’union douanière.

PMI en Europe et Etats Unis : Le calendrier économique sera relativement pauvre en chiffre cette semaine, aussi les premières enquêtes d’activité au mois de juin publiées ce vendredi en Zone Euro et Etats Unis devraient recevoir une attention toute particulière de la part des marchés. Les économistes sondés par Reuters tablent sur un léger ralentissement de l’activité économique en Zone Euro en juin, sans grande incidence cependant sur la dynamique actuelle de redressement de la région. Aux Etats Unis, une légère accélération de l’activité des usines et des entreprises de service est attendue.

Norvège : Ce jeudi, la banque centrale norvégienne (Norges Bank) devrait opter pour un nouveau statu quo monétaire si l’on en croit les 14 économistes sondés par l’agence Reuters la semaine dernière. Cependant, sur la base des récents bons résultats enregistrés par l’économie norvégienne, ils sont plusieurs à penser (5 sur 10) que les banquiers centraux pourraient envoyer de premiers signaux pour préparer les marchés à une première hausse de taux depuis 6 ans en 2018. Un tel positionnement viendrait donner un coup de fouet à la couronne norvégienne qui a chuté en juin à son plus bas niveau depuis près d’un an (point haut recensé sur le cours EUR/NOK à NOK 9,5779 le 7 juin dernier), la faute à un regain d’intérêt pour l’euro et un recul des cours du pétrole à son plus bas niveau depuis plus de 7 mois.

Australie : Ce mardi matin, la banque centrale australienne publiera le compte rendu de sa réunion monétaire du 6 juin dernier. Ce sera de nouveau l’occasion d’avoir une évaluation des perspectives économiques du pays par les banquiers centraux et ses répercussions sur l’agenda monétaire. Lors de la publication du précédent compte rendu, la nuance apportée par la RBA sur les conditions économiques actuelles avaient provoqué un large mouvement baissier sur le dollar australien, les investisseurs estimant que la probabilité d’une baisse de taux à horizon fin 2017 demeurait toujours importante.

Canada : En fin de semaine, le Canada publiera plusieurs statistiques économiques majeures telles que la performance des ventes au détail (jeudi) et de l’inflation au mois de mai (vendredi). Un nouveau rebond robuste des ventes au détail après un fort rebond enregistré en avril (+0,7% M/M) et des signes d’accélération de l’inflation après un net ralentissement de dynamique observé en 2017 pourraient venir soutenir la perspective d’une prochaine hausse de taux par la banque centrale canadienne. Cette idée a été ouvertement évoquée la semaine dernière par un membre du conseil de gouvernance de la Banque du Canada, ce qui a alimenté un rebond de près de 3% du dollar canadien face à l’euro. Le cours EUR/CAD a notamment chuté à un plus bas depuis plus de 6 semaines vendredi dernier à C$1,4755.

EUR

La volatilité cette semaine pourrait être davantage alimentée par des facteurs techniques que par les fondamentaux économiques ou les aspects politiques. Cette semaine vient conclure une période de deux semaines durant lesquelles se sont succédés les réunions monétaires des banques centrales des principales économies mondiales (Fed, BCE, BOE et BOJ notamment), les élections législatives britanniques et françaises et un premier accord sur la dette grecque entre créanciers européens et FMI. Le calendrier économique sera très léger cette semaine si l’on exclut les premières enquêtes PMI de juin programmées ce vendredi. Dans ce contexte, l’euro pourrait subir un mouvement correctif sur fond de prises de bénéfices des investisseurs. Ce lundi, la devise européenne subi de légères pertes en réaction à la victoire moins écrasante qu’attendu du président français Emmanuel Macron aux élections législatives françaises et d’une légère nervosité des marchés en amont du début officiel des négociations sur le Brexit ce lundi.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/USD à 1,1193 (-0,04%)

USD

Malgré la nouvelle hausse de taux par la Fed la semaine dernière, les observateurs restent cependant circonspects à l’égard des perspectives économiques aux Etats Unis. Le début d’un fléchissement de la confiance des ménages observé vendredi dernier à travers l’indice Michigan est venu conforter ce sentiment de défiance générale qui freine pour le moment toute tentative de rebond du dollar américain. La Fed apparaît désormais en position d’observation et pourrait désormais débuter une période de pause dans son cycle de hausse de taux tant que l’inflation n’aura pas montré des signes sérieux de redressement . C’est du moins ce qu’affirme le gouverneur de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari qui dispose d’un droit de vote au sein du conseil de gouvernance de la Fed. Comme en Europe, la semaine sera relativement pauvre en publications économiques, aussi l’attention devrait se porter sur les commentaires des banquiers centraux américains (notamment l’audition devant le Sénat du membre permanent au conseil de gouvernance de la Fed Jérome Powell) et sur l’avancée de l’enquête menée sur Donald Trump sur une possible obstruction de la justice américaine. Dans ce contexte, le potentiel haussier de la devise américaine reste très fortement handicapé par un contexte politique défavorable.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

GBP

Le Royaume-Uni devrait accaparer toute l’attention des investisseurs cette semaine alors que débute (enfin) officiellement les discussions sur le Brexit entre négociateurs britanniques et européens. La première rencontre ce lundi à Bruxelles entre les deux négociateurs Michel Barnier (EU) et David Davis (R-U) devrait donner le ton. Du côté européen, on attend avec impatience de savoir la ligne directrice suivie par Theresa May suite à son revers électoral. Les premiers signaux envoyés semblent indiquer une volonté du côté britannique de ne pas débuter les discussions par un conflit, d’où la concession à aborder premièrement les conditions de sortie ; une priorité pour les européens ; plutôt que les problématiques commerciales. Néanmoins, la première ministre britannique doit faire face à un sérieux dilemme. De nombreuses voix se sont élevées, aussi bien au sein de l’opposition que de la propre famille politique de Theresa May, depuis les élections de juin pour pousser la première ministre à assouplir sa position sur le Brexit, le journal le Sunday Telegraph laisse entendre que l’aile la plus rigide du parti conservateur pourrait œuvrer en interne pour un changement de direction ; et donc forcer un départ de Theresa May ; en cas de rétropédalage de cette dernière sur la stratégie de sortie préalablement décidée (sortie de l’union douanière et du marché unique européen). Tout signe d’assouplissement de la part de Theresa May viendrait soutenir un rebond de la livre sterling, mais le potentiel haussier de la livre sterling devrait rester pour le moment modeste compte tenu des incertitudes politiques persistantes dans le pays.

Aujourd’hui :   Rencontre entre D. Davis et M. Barnier à Bruxelles

EUR/GBP à 0,8744 (-0,13%)

CHF

La dissipation globale des risques en Europe après l’accord conclu sur la Grèce a été accueillie avec soulagement par les marchés financiers et renvoyé la paire EUR/CHF vers les niveaux de ₣1,09. Ce rebond ne devrait être que temporaire, la faute au début officiel des négociations sur le Brexit qui devrait maintenir un certain niveau de nervosité sur les marchés financiers tout au long de la semaine. Les premiers échos de l’agenda des premières discussions ce lundi entre Michel Barnier et David Davis, les deux négociateurs en chef sur le Brexit, semblent indiquer que les deux partis ne souhaitent pas débuter ces négociations par un premier conflit. Aussi, le mouvement de recul observé ce lundi matin pourrait rester modeste. Le point majeur cette semaine demeurera la venue de Theresa May à Bruxelles pour y présenter sa stratégie de sortie aux 27 membres de l’UE. Tout signe d’assouplissement de sa stratégie serait accueilli favorablement par les investisseurs, et pourrait potentiellement stimuler la paire EUR/CHF et la renvoyer au-dessus du seuil de ₣1,09.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/CHF à 1,0882 (-0,15%)


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