Actualités du marché des devises

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juin 06, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Forte nervosité des marchés au lendemain de l’apparition de nouvelles tensions au Moyen-Orient, des attentats de Londres et en amont des évènements à risque de jeudi (BCE, élections britanniques, audition de l’ex-directeur du FBI)
  • Le yen s’apprécie de 0,8% ce matin et la paire EUR/JPY chute sous le niveau ¥123,5 ce matin. La paire EUR/CHF recule de 0,1% et oscille ce matin à son plus bas niveau depuis le second tour des présidentielles françaises (sous ₣1,0850).
  • Le rand sud-africain abandonne 0,4% face à l’euro sur fond d’aversion au risque.
  • La paire EUR/USD reste stable autour de $1,1250 tout comme les prix du pétrole (Brent sous $49,5 & WTI sous $47,5).

Focus de la veille -  Nouvelles tensions au Moyen-Orient…PMI en Zone Euro stable…Fort rebond du rand suite à la décision de S&P de maintenir sa note de crédit inchangée

Moyen-Orient : Une coalition composée de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte, du Bahreïn et des Emirats Arabes Unis ont décidé de rompre leurs liens diplomatiques et frontaliers avec le Qatar dont ils réprouvent les liens étroits avec les frères musulmans, association considérée comme terroriste par les premiers pays cités, et l’Iran et son pouvoir à prédominance chiite.  Il est difficile de ne pas voir l’ombre américaine derrière cette décision quelques semaines après la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite où il a appelé à isoler l’Iran. Les cours du pétrole ont rapidement augmenté lors de l’annonce de la nouvelle, les investisseurs craignant que de nouvelles tensions au Moyen-Orient ne viennent perturber la dynamique de production pétrolière. L’indice Brent a ainsi observé un pic à $50,7 avant que les prix du brut se stabilisent rapidement en cours de journée et finissent finalement dans le rouge.

Performance du Brent hier : -0,96% - Point haut à $50,7 / Clôture à $49,5

Royaume-Uni : L’activité dans le secteur des services britanniques a ralenti à un rythme plus important qu’attendu au mois de mai (PMI à 53,8 vs consensus à 55,0 et 55,8 en avril), les incertitudes en marge du Brexit et du scrutin du 8 juin ayant très certainement freiné l’investissement et les recrutements dans ce secteur. Le Royaume-Uni est rentrée dans la dernière semaine des campagnes législatives. Le ton est monté d’un cran entre les leaders des deux grands partis politiques traditionnels, à savoir conservateurs et travaillistes. Jeremy Corbyn réclame notamment à Theresa May de démissionner estimant que cette dernière est en partie responsable des évènements terroristes qui viennent de frapper le pays alors que cette dernière a procédé à d’importantes coupes budgétaires lorsqu’elle était à la tête du ministère de l’intérieur.

Performance du cours EUR/GBP hier : -0,31% - Point bas à £0,8691 / Clôture à £0,8720

Afrique du Sud : Après Fitch, c’est l’agence de notation Standard & Poor’s qui a annoncé ce vendredi qu’elle maintenait sa note de crédit sur la dette souveraine du pays inchangée, une décision qui a fortement rassuré les investisseurs.

Performance du cours EUR/ZAR hier : -1,12% - Point bas à ZAR 14,26 / Clôture à ZAR 14,29

Focus de la semaine  - Trois évènements à risque ce jeudi : 1) Réunion de la BCE ; 2) Elections législatives britanniques et 3) Auditions de l’ex-directeur du FBI

BCE : La banque centrale européenne dévoilera ce jeudi les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire ainsi que ses nouvelles projections économiques trimestrielles. Si un changement de politique apparaît aux yeux de nombreux observateurs encore trop prématurés, une majorité table sur un ajustement significatif de la communication des banquiers centraux européens caractérisé par un ton moins accommodant que lors des précédentes réunions. Les progrès affichés par l’économie en Zone Euro et la dissipation des risques dans la région au lendemain des élections françaises pourraient justifier un tel positionnement. Reste cependant la question de l’inflation qui continue à montrer des signes de fragilité de par notamment l’absence de pressions haussières importantes sur les salaires dû en partie à un ralentissement lent du taux de chômage. Plusieurs rapports ont filtré dans les médias ces dernières semaines indiquant que la BCE ajusterait sa communication et pourrait procéder à la suppression de la référence à une potentielle extension de sa politique accommodante actuelle dans son communiqué de presse, ce qui explique l’optimisme général des marchés à l’égard de l’euro. Le cours EUR/USD s’est apprécié de plus de 5% depuis le dévoilement des résultats des élections françaises le 21 avril dernier. Une forte correction pourrait s’observer en cas de discours plus prudent qu’attendu de la BCE tandis qu’à l’inverse le potentiel haussier de la devise européenne apparaît modeste compte tenu des anticipations des marchés.

Elections législatives britannique : Alors que les instituts de sondage prédisaient une nette victoire pour Theresa May et le parti conservateur le 18 avril dernier lors de l’annonce surprise d’élections législatives anticipées, le vent semble avoir tourné et l’issue de ce scrutin apparaît très incertain. Les récents évènements terroristes qui ont frappé consécutivement les villes de Manchester et Londres ont provoqué un recentrage des débats sur le thème de défense et de l’insécurité. Le parti conservateur semble ces derniers jours payés les pots cassés des failles observées en matière de sécurité intérieure si l’on en croit certaines enquêtes. Des scénarios évoquent une possible perte de la majorité absolue (326 sièges) pour le parti conservateur à l’issue de l’élection de jeudi. Si tel est le cas, le parti travailliste pourrait former une coalition qui enverrait très certainement le leader du parti, Jeremy Corbyn, au 10 Downing Street. Un chamboulement du paysage politique serait accueilli froidement par les investisseurs. La livre sterling pourrait alors être sévèrement pénalisée par la perspective d’une hausse des déficits budgétaires dans le pays (programme de large dépenses sociales et de nationalisation des chemins de fer et des services postaux promis par J.Corbyn) et de nouvelle lenteur dans le processus de négociation de sortie hors de l’UE.

Audition de James Comey : Alors que l’on attendait cette audition la semaine dernière, celle-ci aura finalement lieu ce jeudi. L’ex-directeur du FBI, James Comey, récemment débouté de son poste par Donald Trump pour sa mauvaise gestion de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, sera auditionné par le Sénat américain sur les possibles pressions qu’il a pu recevoir de la part du président américain pour freiner une enquête menée par le FBI sur les liens entretenus par Trump et son entourage avec la Russie. Si James Comey confirme ces pressions dès lors une procédure de destitution à l’encontre du locataire de la Maison Blanche pourrait de nouveau être évoquée dans les médias, ce qui ne manquerait très certainement pas de mettre les actifs américains sous haute pression, dont notamment le dollar américain.

Focus du jour  - Ventes au détail en Zone Euro (11h00)…Baisse de la consommation confirmée au Royaume-Uni…Rapport JOLTs aux Etats-Unis (16h00)…La RBA évoque ses craintes sur la croissance actuelle du pays…Chiffres du PIB au T1 2017 en Afrique du Sud (11h30)

Zone Euro : Les économistes tablent sur un modeste rebond des ventes au détail en Zone Euro au mois d’avril (consensus : +0,2% M/M), ce qui serait alors la quatrième hausse successive, un fait rare pour être noté puisqu’il faut remonter à 2015 pour observer un évènement similaire dans la région. Un tel résultat viendrait conforter l’accélération graduelle et continue des perspectives économiques en Zone Euro. Une hausse de la consommation des ménages serait considérée comme un signe de la bonne santé économique de la région,  un argument non négligeable dans les discussions à venir cette semaine au sein de la BCE.

Royaume-Uni : Une enquête menée conjointement par BRC et KPMG indique ce matin que la dynamique de ventes au détail en glissement annuel s’est à nouveau contractée au mois de mai (-0,4% A/A). Il s’agit de la quatrième dynamique de croissance négative observée en cinq mois, ce qui semble confirmer un important ralentissement de la consommation des ménages britanniques depuis le début d’année 2017.  Le pouvoir d’achat des ménages est très largement impacté une hausse importante de l’inflation provoqué par la forte dépréciation de la livre sterling depuis l’annonce du Brexit couplée à une baisse en parallèle de la croissance des salaires. Cette nouvelle enquête vient raviver de nouvelles incertitudes à l’égard des perspectives économiques au Royaume-Uni.

Etats Unis : Après avoir publié vendredi dernier ses nouvelles statistiques de l’emploi au mois de mai, signalant une baisse du taux de chômage à un plus bas depuis 16 mois mais une ralentissement de la dynamique de créations d’emploi (+138k en mai), les Etats Unis publieront cette après-midi le rapport détaillé JOLTs sur les créations et suppressions d’emploi au mois d’avril. Malgré un rapport sur l’emploi moins fort qu’attendu et l’émergence de nouvelles inquiétudes à l’égard des perspectives d’inflation aux Etats Unis, un scénario de hausse de taux par la Fed la semaine prochaine reste très largement anticipé par les investisseurs (probabilité de 96% d’après l’indice CME FedWatch Tool).

Australie : La banque centrale australienne a maintenu ses taux directeurs inchangés à 1,5% ce matin justifiant son choix sur ses craintes à l’égard d’un possible ralentissement de la croissance économique en ce début d’année. Cependant les banquiers centraux restent confiant quant à une accélération graduelle de la croissance vers un niveau de 3% à horizon deux ans. Les statistiques de croissance du PIB au T1 2017 seront publiées demain, aussi on aura une meilleure vue sur la robustesse ou à l’inverse la fragilité actuelle de l’économie australienne. Avant l’ouverture des marchés européens, le dollar australien se dépréciait de 0,3-0,4% face à l’euro, un pic à   $A1,5109 ayant été recensé sur la paire EUR/AUD.

Afrique du Sud : Après la contraction observée en fin d’année dernière, les économistes tablent sur un rebond de 0,9% en rythme annualisé de la croissance économique au 1er trimestre 2017. Néanmoins, la dynamique à 12 mois devrait rester très modeste, les anticipations se portant sur une légère accélération de 0,7 à 1,0%. Le rand pourrait consolider ses gains engrangés ce lundi si ce rebond de l’économie se matérialise.

EUR

La paire EUR/USD a légèrement corrigé hier après avoir atteint un nouveau pic depuis 6 mois à $1,1285 suite à la parution de chiffres de l’emploi plus décevants que prévu. La volatilité sur le cours de change pourrait rester très contenue d’ici jeudi et la réunion de la BCE dont on attend un positionnement plus optimiste eu égard aux récents progrès observés sur l’économie et l’amélioration globale de l’environnement de risque. Quelques gains pourraient être néanmoins engrangés aujourd’hui en cas de nouveau rebond des ventes au détail en avril.

Aujourd’hui :   Ventes au détail en Zone Euro / Indice Sentix en Zone Euro

EUR/USD à  1,1249 (-0,03%)

USD

Bien que le nouvelles statistiques sur l’emploi aient révélé une nouvelle baisse du taux de chômage à un plus bas depuis 16 ans, le ralentissement ces derniers mois des volumes de création d’emploi fait craindre une situation de quasi plein emploi. Une telle situation serait favorablement accueillie par les investisseurs si elle s’accompagnait d’une hausse en parallèle des salaires, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui. Si une hausse de taux la semaine prochaine ne semble pas remise en cause (très large positionnement des marchés en faveur de ce scénario), la perspective d’une accélération du processus de normalisation monétaire apparaît moins évidente qu’il y a quelques mois. D’autant plus que l’agenda de réformes économiques est actuellement au point mort, la Maison Blanche étant polluée par une série de controverses impliquant directement Donald Trump. En l’absence de présence de responsables monétaires dans les médias jusqu’à mercredi prochain et le peu de chiffres économiques clés attendu cette semaine, les projecteurs devraient revenir dans le champ du politique alors qu’est notamment programmé ce jeudi l’audition par les membres du Sénat de l’ex-directeur du FBI, James Comey.

Aujourd’hui :  Rapport JOLTs

GBP

Les pressions baissières sur la livre sterling devraient rester importantes jusqu’à jeudi et le dévoilement de l’issue finale du scrutin de jeudi. Si les conservateurs venaient à voir leur majorité au parlement réduite, et dans le pire des cas perdre cette majorité, dès lors nous pourrions voir un nouveau cycle baissier sur la livre sterling. Après avoir chuté à un plus bas niveau depuis deux mois et demi face à l’euro vendredi dernier, on observe depuis le début de semaine un mouvement de correction sur le cours EUR/GBP. La paire devrait globalement continuer d’osciller dans une fourchette de £0,8650-£0,8750 jusqu’à vendredi et le dévoilement des premières estimations de l’élection législative.

Aujourd’hui :   Enquête BRC sur les ventes au détail

EUR/GBP à  0,8699 (-0,24%)

CHF

La nervosité des investisseurs n amont des évènements de jeudi (BCE, élections britanniques et audition de Comey) couplée aux récents évènements qui ont troublé les marchés et ses acteurs (isolement du Qatar, nouveaux attentats à Londres) viennent alimenter un nouveau regain d’intérêt pour les valeurs refuges telles que le franc suisse ou encore le yen japonais. Ce matin le cours EUR/CHF chute à un plus bas depuis le 8 mai dernier et l’élection du nouveau président français Emmanuel Macron.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/CHF à  1,0847 (-0,10%)


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