Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mai 11, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

*Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Renforcement global de l’euro face à l’ensemble de ses pairs ce matin. Retour de l’EUR/USD à $1,0880.
  • Légère contraction de la livre sterling avant la publication des chiffres de production industrielle et la décision monétaire de la Banque d’Angleterre (Statu quo attendu).
  • Recul de 0,7% du cours EUR/SEK à SEK 9,63 en réaction à des chiffres d’inflation en Suède très largement au-dessus des attentes (1,9% A/A vs 1,7% attendu et 1,3% en mars).
  • Rebond de plus de 1,5% du cours EUR/NZD à NZD 1,59 suite à l’annonce de la RBNZ de maintenir ses taux inchangées pendant une période de temps prolongée.                                                          

*Focus de la veille : Un dollar volatil en réaction au licenciement surprise du directeur du FBI…Trop tôt pour crier victoire selon Draghi, mais amélioration de l’environnement de risque soulignée…Rebond technique des prix des matières premières…La banque centrale suédoise prudente face à un niveau d’inflation toujours fragile

Etats Unis :   Le licenciement par la Maison Blanche dans la nuit de lundi à mardi du directeur du FBI, James Comey, a pris de court les marchés, ainsi que l’intéressé. Alors qu’il lui est reproché sa gestion chaotique de l’affaire des emails d’Hillary Clinton durant la campagne électorale de novembre, plusieurs médias rapportent que cette décision porte le sceau de Donald Trump qui ne goutait peu l’enquête en cours sur une potentielle influence de la Russie sur le résultat de la dernière élection présidentielle. Le dollar américain a subi quelques pertes face à ses pairs en réaction à ce choix surprenant qui vient rappeler l’impétuosité et le caractère imprévisible du président américain avant de se reprendre en fin de séance.

Performance du cours EUR/USD hier : -0,06% - Point haut à $1,0898 / Clôture à $1,0866

BCE : S’exprimant hier devant les parlementaires néerlandais, Mario Draghi a rappelé que le travail de la banque pour ramener l’inflation de manière durable à un niveau de 2,0% n’était pas terminé et qu’il était ainsi trop tôt pour crier victoire. Toutefois il reconnait que les risques sur l’économie se sont considérablement réduits et que des signaux d’accélération du redressement économique de la Zone Euro étaient observés. Si une hausse de taux ou une réduction du rythme de rachat d’actifs n’est pas encore d’actualité, on commence à observer un ajustement de la communication de la BCE qui tend à être plus optimiste que dans le passé. Ce changement de communication pourrait se matérialiser à l’occasion de la réunion monétaire du 7 et 8 prochain. Plusieurs observateurs anticipent que la BCE pourraient retirer les références à une extension de sa politique accommodante actuelle dans l’introduction de son communiqué officiel.

Pétrole : Après avoir multiplié les séances de pertes ces dernières semaines, les prix des matières premières ont très largement rebondi hier dans ce qui apparaît être un mouvement technique eu égard à un point d’entrée attractif sur cette classe d’actifs pour les investisseurs. Cette dynamique a notamment été portée par le rebond des cours du pétrole qui ont enregistré un gain de 3% hier. L’indice Brent a fait son retour au-dessus du seuil des $50 tandis que l’indice WTI a clôturé au-dessus du niveau de $47. Le dollar canadien et la couronne norvégienne a très largement bénéficié de ce renforcement des prix du pétrole et se sont appréciés tous deux de plus de 0,5% face à l’euro. La hausse des prix de l’or qui avait chuté lundi à un plus bas depuis près de deux mois a quant à elle stimulé le rand sud-africain.

Performance du cours EUR/ZAR hier : -1,17% - Point bas à ZAR 14,58 (plus bas depuis une semaine) / Clôture à ZAR 14,63 - Performance du cours EUR/NOK hier : -0,81% - Point bas à NOK 9,3431 (plus bas depuis une semaine) / Clôture à NOK 9,3680 - Performance du cours EUR/CAD hier : -0,54% - Point bas à C$ 1,4819 (plus bas depuis 8 séances) / Clôture à C$ 1,4838

Suède : Dans son compte rendu de la réunion monétaire de fin avril durant laquelle il a été décidé de prolonger le programme de rachat d’achat de 6 mois, la banque centrale suédoise justifie sa décision, qui à l’époque avait fortement surpris les marchés financiers, par la fragilité récurrente de l’inflation dans le pays. On dénote un choix de la Riksbank de ne pas s’engager dans un politique de normalisation monétaire avant que la BCE n’ait décidé de son côté à changer d’orientation monétaire. Une désynchronisation monétaire provoquerait une forte appréciation de la couronne suédoise vis-à-vis de l’euro qui pourrait potentiellement remettre en cause les progrès économiques réalisés par la Suède lors des derniers trimestres. Par ailleurs, avec une inflation à « seulement » 1,3% en mars, la Riksbank juge qu’il est important de poursuivre le soutien monétaire afin d’assurer un retour de la dynamique des prix à la consommation vers l’objectif de 2%.

Performance du cours EUR/SEK hier : +0,38% - Point haut à SEK 9,7045 (plus haut de la semaine) / Clôture à SEK 9,6975

*Focus du jour  :  Préparation à une hausse de taux ou inquiétudes soulignées par la Banque d’Angleterre ? (13h00)…Steven Mnuchin présente les réformes économiques américaines à ses collègues du G7…Nouvelles prévisions économiques de la commission européenne…Rapport mensuel de l’OPEP

Banque d’Angleterre : Quelle position pour la Banque d’Angleterre ? Lors de la précédente réunion, le ton se voulait plus optimiste qu’à l’accoutumé alors que l’économie britannique se voulait résiliente face aux incertitudes liées au Brexit. Contrairement aux précédentes réunions, la décision monétaire de maintenir les taux inchangés n’avaient pas été prises à l’unanimité, un membre du conseil du gouvernance (Kristin Forbes) estimant que les conditions étaient réunies pour justifier une hausse de taux. Depuis la donne a quelque peu changé. La croissance britannique a fortement décéléré au premier trimestre (0,3% T/T vs 0,7% au T4 2016) la faute à une consommation domestique freinée par une inflation grimpante et des salaires qui reculent. Par ailleurs, la perspective de premiers échanges tendus entre Londres et Bruxelles sur les conditions de sortie de l’UE est plus que d’actualité si l’on en croit le durcissement de ton des membres de l’UE qui ne semblent pas prêts à faire le moindre cadeau. Dans ce contexte, la Banque d’Angleterre pourrait de nouveau adopter une position prudente et maintenir le flou sur son agenda monétaire. Une décision à l’unanimité d’un statu quo sur les taux et/ou une réduction des projections de croissance pourraient venir mettre la livre sterling sous pression et lui faire abandonner une partie des gains engrangés lors des dernières séances.

G7 : A l’occasion du premier jour du séminaire de trois jours des ministres des finances et banquiers centraux des sept principales économies mondiales à Bari en Italie, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin devrait présenter à ses collègues le détail des réformes économiques que souhaitent mettre en place Donald Trump.

Europe : La commission européenne publiera aujourd’hui ses nouvelles projections économiques des pays européens. Des projections prudentes sur la croissance économique et l’inflation de la Zone Euro pourraient avoir une influence sur le choix de la BCE d’ajuster sa communication dès le mois de juin, ou à l’inverse attendre encore un peu afin de s’assurer que les progrès économiques récents ne sont pas transitoires.

OPEP : L’organisation des producteurs de pétrole publiera au cours de la journée son nouveau rapport mensuel. Celui-ci permettra de faire un nouvel état des lieux du respect ou non de la politique de quota instaurée par l’organisation en novembre dernier.

EUR

L’intervention de Mario Draghi hier laisse toujours planer le doute sur les plans de la BCE (voir Focus de la veille). Ce dernier rappelle que le retour de l’inflation à 2%, et cela de manière durable, reste l’objectif principal de la banque centrale. Si la dynamique générale des prix à la consommation a de nouveau accéléré en avril pour atteindre 1,9% sur douze mois, plusieurs observateurs restent sceptiques sur le maintien de l’indice à ces niveaux. Dans ce contexte, il semble que les premières estimations d’inflation au mois de mai, qui seront publiées le 31 mai, avant la réunion monétaire du 7 et 8 juin prochain auront une importance primordiale sur la stratégie de la BCE. Cette dernière a reproché à maintes reprises l’emballement des marchés face à des légers ajustements de langage, aussi elle ne devrait pas prendre le risque d’alimenter les spéculations si des doutes persistent sur la direction prise par l’inflation. Malgré une tentative de retour au-dessus de $1,09, le cours EUR/USD se maintient toujours dans un couloirs de $1,08-$1,09 alors que les regards semblent s’être détournés de l’Europe pour se poser sur les Etats Unis et la Fed. Les investisseurs semblent observer une pause en matière d’achat d’euros en attendant davantage d’éclaircissement sur l’agenda monétaire de la BCE.

Aujourd’hui :   Prévision de la Commission Européenne

EUR/USD à 1,0881 (+0,14%)

 

USD

Le dollar américain fut dans un premier temps mis sous pression par des investisseurs ne goutant peu à la nouvelle décision prise par Donald Trump de licencier le directeur du FBI. Ce choix vient rappeler son imprévisibilité, un trait de caractère généralement guère apprécié par des marchés qui ont tendance à fuir dès qu’ils le peuvent les actifs et régions où résident de l’incertitude. Finalement, la nouvelle poussée des taux d’intérêt américains sur fond de spéculation autour des prochains réunions monétaires de la Fed auront eu raison des pressions baissières observées sur le dollar américain. En effet, si une hausse de taux au mois de juin apparaît être le nouveau scénario central (probabilité de plus de 80% selon l’indice CME FedWatch Tool), de nombreux observateurs commencent à anticiper l’idée d’une troisième hausse de taux dès le mois de septembre en cas de progrès continus de l’économie américaine et de stabilité de l’environnement de risques financiers global. Le dollar américain a ainsi enregistré hier sa troisième séance de hausse consécutive face à un panier de devises, et atteint un nouveau pic depuis plus de deux semaines. Une pause pourrait s’observer aujourd’hui en attendant la publication des nouvelles statistiques d’inflation et de ventes au détail vendredi après-midi.

Aujourd’hui :  Inscriptions aux allocations chômage / PPI

GBP

Malgré une tentative de percée sous le niveau de £0,84 s’est observée hier sur le cours EUR/GBP, les doutes planant sur les choix et la communication de la Banque d’Angleterre ont freiné cette dynamique. La paire devrait rester stable autour de ce niveau clé, voire pourrait éventuellement enregistrer quelques gains ce matin en cas de statistiques décevantes de croissance de la production industrielle et manufacturière au mois de mars, avant la publication officiel de la Banque d’Angleterre. Les marchés auront dans un premier temps un œil attentif sur le rapport de force au sein du conseil de gouvernance. Un statu quo monétaire à l’unanimité réveillerait des pressions baissières sur la livre sterling, tandis qu’à l’inverse l’apparition de nouveaux membres « belligérants » favorables à une hausse de taux viendrait soutenir la dynamique actuellement haussière de la devise britannique. Dans un second temps, les regards se tourneront vers les nouvelles projections économiques de la banque centrale et les commentaires délivrés par le gouverneur central Mark Carney sur la stratégie actuelle et future de la banque.

Aujourd’hui :   Production manufacturière et industrielle / Balance commerciale / Décision monétaire de la Banque d’Angleterre et publication des projections économiques trimestrielles

EUR/GBP à 0,8412 (+0,15%)

CHF

Le franc suisse poursuit sa dégringolade face à l’euro même si l’amplitude du mouvement semble s’essouffler. Le cours EUR/CHF a enregistré un nouveau pic au-dessus du seuil de ₣1,0970 pour le second jour d’affilée mais ne parvient pas pour le moment à franchir véritablement ce palier. Le seuil des ₣1,10 apparait à l’heure actuelle être une marche encore trop importante en l’absence de nouveaux signaux optimistes et/ou interventionnistes de la BCE. La dissipation des incertitudes politiques en Europe, mais également la stabilisation (temporaire ? ) des conflits géopolitiques mondiaux ou encore la mise en retrait des discussions sur le Brexit sont des éléments qui assurent un maintien des pressions haussières sur le cours EUR/CHF.

Aujourd’hui :   Inflation

EUR/CHF à 1,0968 (+0,06%)


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.