Actualités du marché des devises

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avr. 03, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Marchés chinois fermés aujourd’hui.
  • Nouveau fort recul du rand sud-africain alors que les agences de notation agitent de nouveau la menace d’une dégradation de la note de crédit du pays en « investissement spéculatif ». EUR/ZAR aux portes des ZAR 14,50 ce matin.
  • Léger renforcement de l’euro sur fond de normalisation après l’important recul survenu en fin de semaine dernière successivement à des chiffres d’inflation décevants. +0,1% pour l’EUR/USD & +0,3% pour l’EUR/GBP.
  • Fort rebond de près de 0,5% de la couronne suédoise ce matin suite au fort rebond de l’indice PMI manufacturier à son plus haut niveau depuis mai 2010. Le cours EUR/SEK oscille ce matin au niveau de SEK 9,51.

Focus de vendredi/week-end :  Net ralentissement de l’inflation en Zone Euro…L’UE prête à travailler sur un partenariat avec le Royaume-Uni sous condition…Un membre de la Fed (Dudley) vient calmer l’enthousiasme naissant à l’égard du dollar…L’EUR/ZAR clôture la semaine dans le vert

Zone Euro : On s’y attendait après la publication jeudi de chiffres allemands décevants, la dynamique d’inflation générale en Zone Euro est ressortie vendredi en net recul au mois de mars à 1,5% A/A contre 2,0% en février, soit bien en dessous de la médiane de 1,8% issue des projections des économistes sondés par Reuters. Si ce ralentissement n’est pas surprenant compte tenu de l’important recul des prix des matières premières, et notamment du pétrole, au cours de cette période, ce qui est par contre plus inquiétant est le ralentissement de l’indice sous-jacent excluant les prix de l’énergie et des produits alimentaires de 0,9% A/A à 0,7%, soit le plus bas niveau observé depuis deux ans. Dans ce contexte, il apparaît difficile que la BCE n’évoque, même à demi-mot, tout projet de sortie du cycle accommodant actuel ; un scénario pourtant discuté par les marchés depuis le début d’année. Face à ce constat, les investisseurs ont revu leurs projections de début de sortie du cycle accommodant (ralentissement du QE et/ou hausse de taux), ce qui explique la mauvaise performance de l’euro la semaine dernière face à ses principaux pairs : -1,9% vs GBP & CAD, -1,5% vs AUD, -1,4% vs USD et -1,3% vs JPY & CNH.  

UE vs Royaume-Uni  : Parmi les premières indications suggérées par l’ébauche de feuille de route commune établie par Donald Tusk (président du Conseil Européen) et envoyée vendredi dernier à l’ensemble des dirigeants des 27 membres, l’UE se dit prête à discuter dès cette année les termes d’un futur accord de libre-échange entre les zones économiques à condition cependant que le Royaume-Uni accepte les exigences européennes relatives au ‘Brexit’ telles que payer la facture de ~€60Mds évoquée dans les médias et assurer un droit de résidence au 3Mln de citoyens européens présents actuellement sur le sol britannique. Le texte pondu par Tusk rappelle également que le Royaume-Uni ne pourra en aucun cas bénéficier des même avantages qu’elle disposait en tant que membre de l’UE, et que les négociations à venir se feront au nom de l’UE et non de manière individuelle entre le Royaume-Uni et chacun des membres. 

Etats Unis : Le président de la Fed de New-York, William Dudley, considéré comme un membre éminent et influant du comité directeur de la réserve fédérale américaine est venu vendredi calmer la vague d’enthousiasme naissante à l’égard du dollar suite à la succession durant la semaine de commentaires optimistes de plusieurs membres de la Fed et de la hausse de la confiance des ménages américaine à son plus haut niveau depuis 16 ans d’après l’indice Conference Board. Selon Dudley, il n’y a pas d’urgence à accélérer le rythme de la politique de normalisation monétaire débutée par la Fed en décembre 2015. La forte confiance des ménages américains relevée par plusieurs indices de sentiment ne se retranscrit pas dans les chiffres économiques bruts, comme l’illustre la nouvelle contraction de la croissance de consommation personnelle en février (-0,1% M/M), la seconde consécutive (-0,2% en janvier), qui laisse présager une croissance du PIB pas aussi forte qu’attendu au 1er trimestre 2017 (premières estimations publiées en fin de mois). Pour rappel, la consommation des ménages représente plus de deux tiers du PIB américain, d’où son importance. L’indice DXY a clôturé la séance de vendredi en léger recul (-0,1%) après un rebond de 1,3% enregistré entre mardi et jeudi. 

Afrique du Sud : Le rand sud-africain a reculé à nouveau de 0,9% face à l’euro lors de la séance de vendredi alors que l’agence de notation Fitch a signalé que le remaniement ministériel survenu la semaine dernière, incluant notamment le départ du ministre des finances Pravin Gordhan, alimentait et renforçait les incertitudes politiques à l’égard du pays, faisant ainsi de nouveau planer la menace d’une future dégradation de la note du crédit du pays du statut de «  crédit de qualité » à celui de « crédit spéculatif ». Le cours EUR/ZAR s’est apprécié de 6,5% la semaine dernière et ainsi clôturé la semaine à son plus haut niveau depuis un mois et demi (ZAR 14,30).

Focus de la semaine : Visite du président chinois aux Etats Unis…BCE et Fed publient leur compte rendu de leur réunion de mars…Chiffres de l’emploi américain…Second débat présidentiel en France…Vague de chiffres au Royaume-Uni…Réunion de la RBA (Australie) 

Etats Unis / Chine : Rencontre au sommet programmée ce jeudi et vendredi entre le président américain et le président chinois, pour ce qui est de la première rencontre officielle des deux dirigeants sous l’ère Trump. C’est dans un climat quelque peu tendu que se réalisera cette réunion, Donald Trump ayant déjà planté le décor via un message sur son compte twitter «  la réunion de la semaine prochaine avec la Chine sera complexe car nous ne pouvons plus tolérer un déficit commercial et des pertes d’emplois ». Ce sera ainsi l’occasion de voir si les menaces et attaques proférées par le président américain et son équipe à l’encontre de la Chine qu’ils considèrent comme un partenaire commercial déloyal sont réelles ou de simples provocations. Des tensions apparentes entre les deux pays viendraient alimenter des craintes de « guerre commerciale » à venir et d’une montée d’un mouvement d’isolationnisme mondial. Dans ce contexte, nous pourrions voir quelques mouvements importants sur le yen japonais (risques haussiers) et le dollar américain (risques baissiers). 

BCE/FED : Beaucoup de spéculations ont émergé ces dernières semaines à l’encontre des stratégies monétaires des banques centrales européenne et américaine. Dans les premiers temps, les marchés ont « sur-réagi » à un ajustement de communication de la BCE qui laissait transparaître moins de prudence qu’auparavant. A l’inverse, les investisseurs ont été plutôt déçus de voir que malgré une nouvelle hausse de taux, que l’on attendait initialement pas si tôt dans l’année, la Fed maintient sa stratégie de « normalisation graduelle ». L’EUR/USD a su profiter de cette combinaison d’espoir/déception et atteint récemment un pic depuis plus de quatre mois à $1,09. Cependant la semaine dernière, ces sentiments se sont inversés. La BCE a laissé entendre son incompréhension et souligné la mauvaise interprétation des marchés à l’encontre de sa communication de mars. Tandis que du côté de la Fed, pour plusieurs responsables un scénario de quatre hausse de taux en 2017 est une option envisageable. Le cours EUR/USD a ainsi reculé sous $1,07 en fin de semaine dernière.  Les comptes rendus des réunions de la Fed et de la BCE en mars publiées respectivement mercredi soir (20h00) et jeudi après-midi (13h30) devraient permettre de clarifier les intentions des deux banques centrales, et ainsi définir la direction du cours EUR/USD : stabilisation ou nouveau recul sur fond de désynchronisation monétaire. 

Etats Unis : Dans un contexte dans lequel les investisseurs s’interrogent sur la vigueur de l’économie américaine, et l’évolution du rythme de normalisation monétaire par la Fed qui en découle directement, les nouvelles statistiques de l’emploi aux Etats Unis restent un rendez-vous important pour l’ensemble des observateurs de marché. Outre le nombre de création d’emplois en mars, les investisseurs devraient de nouveau avoir un œil attentif sur les chiffres de croissance des salaires permettant de jauger des perspectives d’inflation dans le pays et de la propension des ménages à consommer. Comme d’habitude le rapport sera publié vendredi en début d’après-midi (14h30). Les économistes sondés par Reuters tablent sur un volume moyen de 180k créations d’emplois (vs 235k en février) et une solide croissance des salaires de +0,3% M/M (vs +0,2% en février). 

France : Ce mardi soir aura lieu le second débat télévisé réunissant cette fois-ci les 11 candidats à l’élection présidentielle française. Ce sera de nouveau l’occasion pour les principaux candidats de se démarquer les uns des autres en abordant des sujets clés tels que l’économie, la santé, l’éducation…Cependant le format à 11 candidats (contre 5 la dernière fois), même si démocratiquement plus juste, devrait limiter le temps de parole de chacun et potentiellement offrir un débat stérile. 

Australie : Mardi matin (~06h00) la banque centrale australienne dévoilera les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire. Les bons fondamentaux économiques et les risques sous-jacents à la forte montée des prix de l’immobilier dans le pays devraient vraisemblablement pousser la banque australienne à maintenir ses taux directeurs inchangés à 1,5%. Le discours du gouverneur P.Lowe un peu plus tard dans la matinée devrait générer le plus d’intérêt, celui-ci revenant plus en détails sur les choix et la stratégie monétaire qu’entend mener la banque centrale.

 

EUR

Il fallait avoir le cœur bien accroché la semaine dernière tant la volatilité sur l’euro fut importante. Face au dollar, la devise européenne a oscillé au sein d’une fourchette large de $1,0649-$1,0904, soit une largeur de 2,4%. L’important ralentissement de l’inflation en Zone Euro (voir Focus de vendredi) a douché le récent enthousiasme des marchés sur la perspective d’une sortie prématurée de la BCE de son cycle ultra-accommodant actuel. Dans un contexte politique hautement incertain eu égard aux échéances à venir (élections en France et en Allemagne), et un contexte économique qui montre toujours des signes de fragilité, la BCE devrait maintenir une position prudente et attendre d’avoir davantage de gages de redressement durable et de solidité économique de la région avant de parler ouvertement d’un changement d’orientation de sa politique. Tous les voyants sont actuellement au vert pour que la réunion monétaire du 27 avril se déroule dans une atmosphère de prudence générale.

Le recul de l’euro matérialise à la fois une déception et un repositionnement des investisseurs à l’égard de la politique monétaire européenne qui devrait rester encore accommodante pendant un certain temps. Si le sentiment des investisseurs à l’égard de la désynchronisation monétaire actuellement en cours entre la BCE et la Fed continue de guider le cours, la volatilité sur le cours EUR/USD pourrait être cette semaine de nouveau très influencée par la politique alors que se tiendra mardi le second débat présidentiel français et qu’en fin de semaine Donald Trump recevra la visite du président chinois.

Ce lundi, l’euro pourrait reprendre un peu de couleur alors que les économistes tablent une chute du taux de chômage en Zone Euro à son plus bas niveau depuis avril 2009 (consensus : 9,5% vs 9,6% en janvier).

Aujourd’hui :   Révision de l’indice PMI manufacturier & taux de chômage en Zone Euro

EUR/USD à 1,0662 (+0,10%)

 

USD

Semaine sous haute tension pour le dollar américain qui devra faire face à des pressions de toute part alors que cette semaine sont attendus la rencontre entre Donald Trump et le président chinois (jeudi & vendredi), le compte rendu de la réunion de la Fed des 14 et 15 mars derniers (mercredi) et les nouveaux chiffres de l’emploi (vendredi). Les investisseurs ont noyé leur déception face aux limites rencontrées par Trump dans la mise en place de son agenda de réformes (échec préliminaire de la tentative d’abrogation de l’Obamacare) dans l’idée qu’une accélération de la politique de normalisation monétaire par la Fed reste toujours envisageable. Un scénario à deux hausses de taux d’ici la fin de l’année est déjà intégré par les marchés, cependant un scénario alternatif à trois hausses commence à être progressivement discuté et ne paraît pas aberrant dans le contexte économique et politique actuel…encore faut-il que les chiffres confirment la bonne santé apparente de l’économie américaine et que les incertitudes politiques ne constituent pas un frein économique. Les investisseurs veulent rester optimistes à l’égard des Etats Unis, et du dollar dont le potentiel haussier reste important aux yeux de plusieurs observateurs, notamment compte tenu de sa dépréciation récente. Cependant comme on l’a vu ces dernières semaines, cette confiance des marchés est désormais friable et peut s’inverser très rapidement en cas de chiffres décevants, de prudence des banquiers centraux dans leur discours ou de montée des incertitudes politiques. 

Aujourd’hui :  Indice ISM manufacturier / Discours de W/Dudley (Fed New York) & P.Harker (Fed Philadelphie)

GBP

La livre sterling s’est fortement appréciée face à l’euro la semaine dernière bénéficiant simultanément d’une dégradation du sentiment d’optimisme à l’égard de la devise européenne suite à un ralentissement important de l’inflation en Zone Euro et d’un sentiment de soulagement général alors que les premiers échos relatifs à l’annonce officielle du processus de divorce entre l’UE et le Royaume-Uni semblent montrer une volonté des deux camps de ne pas opérer à un bras de fer. L’UE est ouvert à l’idée de discuter des termes d’un accord de libre-échange, mais cela devra se faire sous-condition (voir Focus de vendredi). La livre sterling s’est ainsi appréciée de 2,3% face à l’euro depuis mercredi dernier et le lancement du ‘Brexit’ et le cours EUR/GBP a clôturé la semaine dernière à son plus bas niveau depuis un mois (£0,8486 vendredi). Si les premiers échanges témoignent d’une volonté de trouver des deux camps de trouver un terrain d’entente, ceux-ci pourraient cependant se durcir dans les prochaines semaines alors que l’UE se veut claire qu’elle ne souhaite pas faire de compromis sur certains points, notamment celui de la facture de €60Mds relative aux engagements britanniques auprès de l’UE dans les deux à venir. 

Alors que l’UE devrait continuer de travailler cette semaine sur sa feuille de route en vue des négociations à venir, un document qui ne devrait pas être finalisé avant la fin du mois et le sommet européen programmé le 29 avril prochain, l’attention des marchés devrait être principalement focalisée sur les chiffres économiques publiées cette semaine, dont notamment les trois enquêtes PMI sur les secteurs manufacturier, de la construction et des services, et les statistiques de production industrielle et manufacturière publiées ce vendredi. L’économie britannique a montré quelques signes de faiblesses en ce début d’année, aussi ces nouvelles statistiques permettront de voir si ce ralentissement n’est que temporaire ou au contraire le signe avant-coureur des répercussions économiques du ‘Brexit’.

Aujourd’hui :   Enquête PMI du secteur manufacturier

EUR/GBP à 0,8510 (+0,27%)

CHF

Le franc suisse s’est apprécié face à l’euro la semaine dernière, sous l’impulsion d’une nette faiblesse de l’euro en réaction à des chiffres d’inflation décevants au mois de mars,  mais finalement de manière plutôt modeste par rapport aux autres devises du G10. On observe un niveau support à ₣1,0680 sur la paire EUR/CHF qui semble illustrer une activité de la banque centrale helvète pour contenir un recul trop important du cours EUR/CHF. On observera ce matin les statistiques hebdomadaires des dépôts bancaires auprès de la BNS pour confirmer si le seuil de ₣1,0680 est la nouvelle ligne de défense suivie par les banquiers centraux suisses. De nombreux indicateurs économiques sont à suivre cette semaine en Suisse. Le rebond ce matin des ventes au détail au mois de février (+0,6% A/A vs -1,2% en janvier) et la hausse de l’indice PMI manufacturier à son plus haut niveau depuis plus de 6 ans viennent soutenir un franc fort. Les risques haussiers autour du franc restent importants alors que le climat politique pourrait se tendre alors que l’on attend la première rencontre officielle entre Donald Trump et le président chinois.

Aujourd’hui :   Ventes au détail / Indice PMI manufacturier

EUR/CHF à 1,0684 (+0,01%)


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